๐๐ฉ๐ซ๐̀๐ฌ ๐ฎ๐ง ๐ญ๐ซ๐๐ฎ๐ฆ๐๐ญ๐ข๐ฌ๐ฆ๐, ๐จ๐ง ๐ฉ๐๐ซ๐̧๐จ๐ข๐ญ ๐ฅ๐ ๐ฆ๐จ๐ง๐๐ ๐๐ฏ๐๐ ๐ฎ๐ง ๐๐ฎ๐ญ๐ซ๐ ๐ฌ๐ฒ๐ฌ๐ญ๐̀๐ฆ๐ ๐ง๐๐ซ๐ฏ๐๐ฎ๐ฑ ! Bessel van der Kolk
Aprรจs un traumatisme, on perรงoit le monde avec un autre systรจme nerveux !
On concentre son รฉnergie sur la rรฉpression de son chaos intรฉrieur, au lieu de l'investir dans sa vie !
Ces tentatives pour maรฎtriser des rรฉactions physiologiques insoutenables peuvent crรฉer une kyrielle de symptรดmes physiques :
- fibromyalgie,
- รฉpuisement chronique
- autres maladies auto-immunes...
Voilร pourquoi il est crucial que le traitement d'un traumatisme porte sur l'ensemble de l'organisme : cerveau, corps et esprit !
Le traumatisme affecte l'ensemble de l'organisme : corps, esprit et cerveau. Dans le Syndrome de Stress post-traumatique, le corps continue ร se dรฉfendre contre une ' menace ' qui appartient au passรฉ. Surmonter le Syndrome de Stress post-traumatique, c'est rรฉtablir l'รฉquilibre de tout l'organisme en mettant fin ร cette mobilisation constante de stress !
Quand le systรจme d'alarme du cerveau est dรฉclenchรฉ, il lance automatiquement des plans d'รฉvasions programmรฉs dans ses parties les plus archaรฏques.
Comme chez d'autres animaux, les nerfs et les substances chimiques qui forment, chez l'homme, la structure du cerveau primitif disposent d'une connexion directe avec le corps !
Quand ce cerveau-lร prend le dessus, il ferme en partie le cerveau supรฉrieur (l'esprit conscient), et pousse le corps ร fuir, ร se cacher, ร lutter ou, parfois, ร se figer !
Au moment, oรน on est pleinement conscient de la situation, le corps peut dรฉjร รชtre en pleine action.
Si la rรฉaction de lutte/ fuite/ immobilisation aboutit, permettant d'รฉchapper au danger, on retrouve son รฉquilibre intรฉrieur et on reprend ses esprits !
Si pour une raison quelconque, la rรฉaction normale est bloquรฉe - par exemple, quand on est clouรฉ au sol, pris au piรจge ou handicapรฉ, que ce soit lors d'une guerre, d'un accident ou d'un viol - le cerveau continue ร sรฉcrรฉter des hormones de stress et ses circuits รฉlectriques ne cessent de s'enflammer inutilement !
Longtemps aprรจs que le danger est passรฉ, le cerveau peut continuer ร envoyer des signaux au corps pour qu'il รฉchappe ร une menace qui n'existe plus !
รtre capable de bouger et d'agir pour se protรฉger est un facteur crucial pour dรฉterminer si une expรฉrience horrible laissera des traces durables.
L'action efficace versus l'immobilisation :
L'action efficace, fruit de la rรฉponse de lutte ou de fuite, dissipe la menace. L'immobilisation maintient le corps dans un รฉtat de choc inรฉluctable et dans l'impuissance apprise ainsi. Confrontรฉ au danger, on secrรจte automatiquement des hormones de stress pour assurer la rรฉsistance et l'รฉvasion.
Le cerveau et le corps sont programmรฉs pour qu'on s'enfuie chez soi, oรน on retrouvera la sรฉcuritรฉ et oรน les hormones du stress pourront s'apaiser. Un exemple : aprรจs l'ouragan Katrina, les taux d'hormones du stresse restent รฉlevรฉs et se retourne contre eux, avec pour effet d'une peur constante, la dรฉpression, la rage et la maladie...
La tรขche la plus importante du cerveau consiste ร assurer la survie de l'individu, mรชme dans les pires conditions !
Pour y parvenir, le cerveau doit :
- Lancer des signaux internes indiquant ce dont son corps a besoin : comme la nourriture, le repos, une protection ou un refuge.
- Crรฉer une carte du monde pour lui montrer oรน satisfaire ces besoin !
- Produire l'รฉnergie et les actions nรฉcessaires pour l'y conduire !
- Le prรฉvenir des dangers et des possibilitรฉs prรฉsents sur sa route (chemin) !
- Adapter ses actes aux exigences du moment.
Comme les humains sont des mammifรจres, des รชtres qui ne peuvent survivre et prospรฉrer qu'en groupe, tous ces impรฉratifs nรฉcessitent une coordination et une collaboration.
Lire mes articles :
Des problรจmes psychologiques surviennent quand leur signaux internes ne marchent plus :
- leurs cartes ne les mรจnent pas, oรน ils doivent (veulent) aller;
- ils sont trop paralysรฉs pour bouger;
- leur actes ne correspondent pas ร leurs besoins;
- leurs liens avec leur entourage se brisent !
Toutes les structures cรฉrรฉbrales dont je parle ont un rรดle ร jouer dans ces fonctions essentielles et, comme nous le verrons, le traumatisme peut nuire ร chacune d'entre elles !
** tous ce qu'interprรจte ce mรฉdecin est relativement correct, mais j'ai tendance ร ne pas tout valider. Les moments de crises sociales et รฉconomiques que nous connaissons. Mais est-ce que les 'Crises Sociรฉtales' en elles mรชmes ne reprรฉsentent-elles pas en elles seules, un traumatisme collectif et mรชme parfois inconscient, parce que beaucoup de gens refusent encore d'observer certaines vรฉritรฉs de l'รฉtat traumatique du monde ? **
Je vous partage un texte d'un autre de mes articles :
Le cerveau rationnel, cognitif, est en fait la partie la plus rรฉcente de l'encรฉphale et n'occupe qu'environ un tiers du crรขne. Il s’intรฉresse avant tout au monde extรฉrieur, pour comprendre comment les choses et les gens fonctionnent, trouver comment atteindre nos buts, organiser notre temps et sรฉrier nos actes !
Sous le cerveau rationnel se trouvent deux cerveaux plus anciens dans l'histoire de l'รฉvolution, distincts jusqu'ร un certain point, qui se chargent de tout le reste :
- l'enregistrement et la gestion du fonctionnement du corps;
plus l'identification de divers paramรจtres :
- de confort,
- de sรฉcuritรฉ,
- de menace,
- de faim,
- d'รฉpuisement,
- de dรฉsir,
- d'envie,
- d'excitation,
- de plaisir,
- et de douleur !
Le cerveau est construit de bas en haut ! Il se dรฉveloppe strate par strate chez l'enfant dans l'utรฉrus, comme au cours de l'รฉvolution !
Sa partie primitive, celle qui est dรฉjร opรฉrationnelle ร la naissance, est le cerveau animal archaรฏque, souvent appelรฉ ' Cerveau Reptilien '.
Elle se situe dans le tronc cรฉrรฉbral, juste au dessus du point d'entrรฉe de la moelle รฉpiniรจre dans le crรขne. Le cerveau reptilien est chargรฉ de tout ce que peuvent faire les nouveaux nรฉs :
- Respirer,
- Pleurer,
- Manger,
- Dormir,
- Se rรฉveiller,
- Sentir la tempรฉrature,
- Ressentir la faim, l'humiditรฉ et la douleur...
- Et mรชme, se dรฉbarrasser des toxines par les selles et l'urine.
Ensemble, le tronc cรฉrรฉbral et l'hypothalamus (qui se trouve directement au dessus de lui ) contrรดlent les niveaux d'รฉnergie du corps !
Ils coordonnent le fonctionnement du cลur et des poumons, ainsi que les systรจmes endocrinien et immunitaire, prรฉservant toutes ces structures de maintien de la vie dans l'รฉquilibre interne assez stable appelรฉ : ' Homรฉostasie '
Respirer, dormir et manger sont des fonctions tellement basiques qu'on nรฉglige aisรฉment leur importance quand on considรจre les complexitรฉs du comportement et de l'esprit !
Pourtant, si on a le sommeil perturbรฉ, toujours faim, ou si le moindre excรจs donne envie de hurler comme c'est souvent le cas chez les personnes traumatisรฉes, tout l'organisme se dรฉsรฉquilibre !
De nombreux problรจmes psychologiques ont pour effet des troubles du sommeil, de l'appรฉtit, du toucher, de l'excitation et de la digestion !
Un traitement efficace du traumatisme, doit ainsi prendre en compte ces fonctions รฉlรฉmentaires lors d'une thรฉrapie !
Juste au dessus du ' cerveau reptilien ' se trouve le systรจme limbique, รฉgalement nommรฉ ' cerveau mammalien ', car tous les animaux qui vivent en groupe et nourrissent leurs petits en ont un !
Cette partie du cerveau ne commence ร se dรฉvelopper qu'aprรจs la naissance !
C'est :
- le siรจge des รฉmotions;
- le dรฉtecteur de dangers;
- le juge de ce qui plaisant ou effrayant;
- l'arbitre de ce qui importe pour la survie.
C'est aussi un poste de commandement central pour relever les dรฉfis de la vie dans nos rรฉseaux sociaux complexes !
Le systรจme limbique se forme en rรฉponse ร l'expรฉrience et en lien avec la constitution gรฉnรฉtique et le tempรฉrament innรฉ du bรฉbรฉ !
Tout ce qui arrive ร un nouveau nรฉ contribue ร tracer la carte รฉmotionnelle et perceptive du monde, crรฉรฉ par son cerveau en dรฉveloppement.
Comme l'explique mon collรจgue Bruce Perry : « le mode de formation du cerveau dรฉpend de son utilisation ! »
C'est une dรฉfinition parmi d'autres de la ' neuroplasticitรฉ ' : la dรฉcouverte assez rรฉcente du fait que : « Les neurones excitรฉs en mรชme temps se connectent »
Quand un circuit s'allume ร maintes reprises, il peut devenir un rรฉglage par dรฉfaut :
la rรฉaction la plus probable.
- Si on se sent aimรฉ et en sรฉcuritรฉ, le cerveau se spรฉcialise dans l'exploration, le jeu, et la coopรฉration;
- si on est effrayรฉ et non dรฉsirรฉ, il se consacre ร la rรฉgularisation des sentiments de peur et d'abandon !
Pendant la petite enfance, on dรฉcouvre le monde en remuant, en saisissant, en rampant, et en apprenant ce qui se passe quand on pleure, sourit ou proteste !
Le bรฉbรฉ fait sans cesse l'expรฉrience de son environnement !
Ces premiรจres explorations faรงonnent les structures limbiques dรฉvolues aux รฉmotions et ร la mรฉmoire, mais ces structures peuvent รชtre aussi notablement modifiรฉes par des expรฉriences ultรฉrieures : pour le meilleur, par une amitiรฉ proche ou un premier amour idyllique; pour le pire, par une agression violente ou des brimades incessantes !
Ensemble, le cerveau reptilien et le systรจme limbique forment ce que j'appelle le ' cerveau รฉmotionnel '.
Le cerveau รฉmotionnel est au cลur du systรจme nerveux central, et sa tรขche principale consiste ร veiller ร notre bien-รชtre !
S'il dรฉtecte un danger ou une occasion spรฉciale - comme un partenaire prometteur - il nous alerte en libรฉrant une giclรฉe d'hormones.
Les sensations viscรฉrales qui en rรฉsultent ( allant d'une lรฉgรจre nausรฉe ร la panique) interfรฉreront avec ce qui nous absorbe sur le moment, en amenant notre corps - et notre esprit - ร se rรฉorienter !
Ces sensations, si subtiles soient-elles, ont une รฉnorme influence sur les grandes et petites dรฉcisions de la vie :
- ce qu'on choisit de manger,
- oรน on aime dormir et avec qui,
- quelle musique on prรฉfรจre,
- qui on dรฉteste et avec qui on de lie (s'associe) !
Le cerveau รฉmotionnel possรจde une organisation cellulaire et une biochimie plus simples que celles du 'nรฉocortex ', le cerveau rationnel jauge les nouvelles informations de faรงon plus globale.
De ce fait, il procรจde ร des conclusions hรขtives fondรฉes sur de vagues ressemblances, contrairement au cerveau rationnel, qui est conรงu de maniรจre ร trier une gamme complexe de choix ! - un exemple - bondir de terreur ร la vue d'un serpent, avant de s’apercevoir que c'est juste une corde enroulรฉe !
Le cerveau รฉmotionnel lance des plans d'รฉvasion prรฉprogrammรฉs, comme les rรฉponses de lutte ou de fuite. Ces rรฉactions musculaires et physiologiques sont automatiques, dรฉclenchรฉes sans pensรฉe ni calcul. Les capacitรฉs conscientes, rationnelles, les comprendront plus tard, souvent aprรจs l'extinction de la menace !
Nous arrivons enfin ร la strate supรฉrieur du cerveau : le ' nรฉocortex '
L'homme la partage avec d'autre mammifรจres mais, chez les humains, elle est bien plus รฉpaisse.
Dans la deuxiรจme annรฉe de la vie, les lobes frontaux, qui forment l'essentiel du nรฉocortex, commencent ร se dรฉvelopper ร un rythme rapide.
Aux yeux des philosophes antiques, sept ans รฉtait "l'รขge de raison" !
Pour nous, le cours prรฉparatoire est le prรฉlude ร l'avenir, d'une vie organisรฉe atour des capacitรฉs du lobe frontal :
- se sentir tranquille;
- pouvoir utiliser des mots au lieu d'agir;
- comprendre des idรฉes abstraites et symboliques;
- faire des projets pour le lendemain;
- รชtre en accord avec ses enseignants et ses camarades...
Les lobes frontaux permettent aussi de planifier et de rรฉflรฉchir, d'imaginer et de jouer de futurs scรฉnarios.
Ils aident ร prรฉdire ce qui arrivera si on prend certaines mesures (comme postuler ร un nouvel emploi) ou si on nรฉglige d'autres (ne pas payer le loyer.)
Ils permettent de choisir et sont au fondement de la prodigieuse crรฉativitรฉ de l'humanitรฉ !
Des gรฉnรฉrations de lobes frontaux ont en รฉtroite collaboration, crรฉรฉ la culture, qui nous a conduits des canoรซs primitifs aux e-mails en passant par les charrettes ร cheval, les avions ร rรฉaction et les voitures hybrides...
Les lobes frontaux, qui sont essentiels pour la comprรฉhension du traumatisme, sont รฉgalement le siรจge de l'empathie : la capacitรฉ ร รฉprouver les sentiments d'autrui !
Une des dรฉcouvertes vraiment sensationnelles des neurosciences modernes s'est produite en 1994, quand, par un heureux hasard, un groupe de chercheurs italiens a identifiรฉs des 'cellules spรฉcialisรฉes dans le cortex : les ' Neurones Miroirs !
Les chercheurs avaient fixรฉs des รฉlectrodes sur des cellules nerveuse de l'aire prรฉmotrice d'un singe, puis configurรฉ un ordinateur pour voir quels neurones รฉtaient excitรฉs quand le singe prenait une cacahuรจte ou une banane !
ร un moment donnรฉ, en plaรงant des boulettes de nourriture dans une caisse, un chercheur a levรฉ les yeux vers l'ordinateur. Les cellules nerveuses du singe รฉtaient excitรฉes ร l'endroit mรชme oรน se trouvaient les neurones de commande moteurs. Mais le singe n'รฉtait pas en train de manger ni de bouger !
Il regardait l'homme, en reflรฉtant ses actes !
Cela a donnรฉ lieu ร de trรจs nombreuses expรฉriences tout autour du globe. Trรจs vite, celles-ci ont rรฉvรฉlรฉ que les neurones miroirs expliquaient beaucoup d'aspects jusqu'alors mystรฉrieux de l'esprit comme :
- L'empathie,
- l'imitation,
- la synchronie,
- le dรฉveloppement du langage.
Un auteur les a comparรฉ au Wi-Fi neuronal - nous captons non seulement les mouvements des autres, mais aussi leurs intentions et leurs รฉtats รฉmotionnels !
J'en dirai davantage sur ces neurones dans la suite de ce livre, car les traumatisรฉs ont presque toujours l'impression de ne pas รชtre vu, reflรฉtรฉs et pris en compte (et entendu !)
Sans lobes frontaux souples et actifs, les hommes deviennent des crรฉatures d'habitude, aux relations routiniรจres et superficielles.
L'invention et l'innovation, la dรฉcouverte et l'รฉmerveillement - tout รงร leur fait dรฉfaut !
Le danger fait partie de la vie !
Et le cerveau est chargรฉ de le dรฉtecter et d'organiser la rรฉponse ร l'organisme !
L'information sensorielle sur le monde extรฉrieur arrive par les yeux, les oreilles, la peau et le nez.
Ces sensations convergent dans le ' thalamus ' - une zone du systรจme limbique qui se comporte comme le ' Cuisinier ' du cerveau, les touillant dans une soupe autobiographique pour former une expรฉrience cohรฉrente, intรฉgrรฉe !
Aprรจs quoi, ces sensations sont retransmises dans deux directions :
vers l’amygdale, les deux structures en forme d'amandes situรฉes plus profondรฉment dans le cerveau limbique, inconscient;
et vers les lobes frontaux, oรน elles atteignent l'esprit conscient.
Le traitement par le thalamus peut nรฉanmoins se dรฉtraquer !
Des sensations auditives, olfactives, visuelles ou tactiles sont alors encodรฉes comme des fragments isolรฉs, dissociรฉs, et le traitement normal de la mรฉmoire se dรฉsintรจgre.
La principale fonction de l’amygdale, que j'appelle - le dรฉtecteur de fumรฉe - d'incendie - du cerveau !
Ce dรฉtecteur consiste ร identifier si une perception est liรฉe ร la survie !
Elle le fait rapidement et automatiquement, aidรฉe par le feedback de l'hippocampe, une structure voisine qui compare cette nouvelle sensation aux expรฉriences passรฉes !
Si l’amygdale flaire une menace - une collision possible avec une voiture; un passant ร l'air dangereux dans la rue...
Elle envoie aussitรดt un message ร l'hypothalamus et au tronc cรฉrรฉbral, mobilisant le systรจme des hormones du stress et le systรจme nerveux autonome pour orchestrer une rรฉponse au corps entier !
Comme l’amygdale traite l'information qu'elle reรงoit du thalamus plus vite que les lobes frontaux, elle dรฉcide s'il s'agit d'une menace pour la survie avant mรชme que l'on soit conscient du danger ! Au moment, oรน on comprend ce qui se passe, le corps peut dรฉjร รชtre en action !
Une fois le danger passรฉ, le corps retourne assez vite ร l'รฉtat normal !
Mais quand son rรฉtablissement est bloquรฉ, il cherche ร se dรฉfendre, ce qui crรฉe une sensation d'agitation et d'excitation !
Si l’amygdale est le dรฉtecteur de fumรฉe du cerveau, considรฉrez les lobes frontaux - surtout le cortex prรฉfrontal mรฉdian situรฉ juste au dessus des yeux - comme la tour de guet, qui offre une vue d'en haut sur la scรจne !
D'ordinaire, les facultรฉs exรฉcutives du cortex prรฉfrontal permettent d'observer ce qui se passe, de prรฉdire ce qui va arriver, et d'opรฉrer un choix conscient !
Riposter ou fuir ?
Quand ce systรจme tombe en panne, on devient comme un animal conditionnรฉ : dรจs qu'on dรฉtecte un danger, on se met automatiquement en mode lutte ou fuite !
Dans le syndrome de stress post-traumatique, l'รฉquilibre crucial entre l'amygdale (le dรฉtecteur de fumรฉe) et le cortex prรฉfrontal mรฉdian (la tour de guet) change radicalement, ce qui rend bien difficile de contrรดler ses รฉmotions et ses rรฉflexes !
Des รฉtudes de neuro-imagerie conduites sur des hommes en รฉtat d'รฉmotion extrรชme rรฉvรจlent qu'une peur, une tristesse, ou une vive colรจre augmente l'activation des zones sous-corticales du cerveau, surtout dans le cortex prรฉfrontal mรฉdian !
On peut sursauter au moindre bruit, piquer une crise pour des frustrations parfois mineures, ou se raidir quand on nous touche !
** on peut aussi dรฉcrire ce phรฉnomรจne de sensibilitรฉ ou et d'hypersensibilitรฉ, ce que l'auteur du livre, n'a pas l'air de considรฉrer ? **
Je tiens, pour le moment, ร souligner que l'รฉmotion n'est pas opposรฉe ร la raison; l'รฉmotion attribue une valeur ร l'expรฉrience et forme ainsi le fondement de la raison !
Quand ces deux systรจmes sont pondรฉrรฉs, on se sent soi-mรชme !
Toutefois, quand la survie est en jeu, il peuvent fonctionner de maniรจre assez indรฉpendante !
Le neuroscientifique Paul MacLean, qui a dรฉveloppรฉ la description en trois parties du cerveau, a comparรฉ la relation entre le cerveau rationnel et le cerveau รฉmotionnel ร celle - d'un cavalier plus ou moins douรฉ avec son cheval indocile !
Tant que le temps est calme, et la piste rรฉguliรจre, le cavalier peut maรฎtriser parfaitement sa monture !
Mais un bruit inquiรฉtant ou l'arrivรฉe d'un animal menaรงant peut pousser le cheval ร s'emballer, forรงant le cavalier ร se cramponner !
Chaque fois que le systรจme limbique tient une chose pour une question de - vie ou de mort -, ses voies de communication avec les lobes frontaux deviennent รฉtroites.
Les psychologues tentent souvent d'aider leurs patients ร utiliser la comprรฉhension et l'intuition pour maรฎtriser leur comportement !
Or, les recherches des neurosciences ont montrรฉ que trรจs peu de problรจmes psychologiques sont dus ร des failles de comprรฉhension du traumatisรฉ : la plupart tiennent ร des pressions de zones situรฉes plus profondรฉment dans le cerveau, qui rรฉagissent l'attention et la perception !
Quand le sonnette d'alarme du cerveau รฉmotionnel ne cesse de signaler qu'on est en danger, aucune intuition, si grande soit-elles, ne la fera taire !
Quand nos cerveaux รฉmotionnel et rationnel sont en conflit (par exemples - lorsqu'on est furieux contre un proche, effrayรฉ par un humain dont on dรฉpend, ou si l'on dรฉsire un partenaire inaccessible...), un bras de fer s'engage !
La bataille se joue en grande partie dans le thรฉรขtre de notre expรฉrience viscรฉrale :
le cลur, les entrailles, les poumons et elle crรฉe ร la fois un mal-รชtre physique et une souffrance psychologique !
Dissociation et reviviscence
La dissociation est l'essence mรชme du traumatisme !
L'expรฉrience bouleversante est clivรฉe et fragmentรฉe :
- les รฉmotions,
- les sensations,
- et les pensรฉes,
qui y sont liรฉes prennent une vie autonome !
Les fragments de mรฉmoires sensoriels s'immiscent dans le prรฉsent, oรน ils sont vรฉcus littรฉralement.
Tant que le traumatisme n'est pas rรฉsolu, les hormones du stress que le corps sรฉcrรจte pour se protรฉger continuent ร circuler, et la personne ne cesse de rejouer les gestes dรฉfensifs par des rรฉponses รฉmotionnelles.
Toutefois, beaucoup de gens peuvent ne pas รชtre conscients du rapport entre leurs rรฉactions et leurs perceptions, face aux รฉvรฉnements traumatiques qu'ils rรฉpรจtent !
La reviviscence et les flash-back sont, ร certains รฉgards, pires que le traumatisme !
** un exemple simple perso : je rencontre quelqu'un que je n'ai pas revu depuis des annรฉes. Il me pose une question « Eddy, comment va-ton pรจre ? » Punaise, une question complexe ร rรฉpondre, parce que mon pรจre n'est pas le gars trรจs sympathique que lui percevait dans le passรฉ. La reviviscence dans ce cas pour moi, relรจve des images conscientes que dรฉveloppe mon esprit ! Mais par honte, je vais chercher une รฉchappatoire mensongรจre ou pas d'exprimer ma rรฉalitรฉ et l'image rรฉelle que j'ai de mon pรจre **
Logiquement, un รฉvรฉnement traumatique a un dรฉbut et une fin - ร un moment donnรฉ, il s'achรจve !
Mais pour les traumatisรฉs, un flash-back peut survenir ร tout moment, qu'ils dorment ou qu'ils veillent !
Ils n'ont pas moyen de savoir quand il se reproduira, ni pendant combien de temps !
Souvent, les personnes qui souffrent de flash-back organisent leur vie autour de leurs tentatives pour s'en protรฉger !
Quelques sujets que j'ai dรฉjร traitรฉs :
Des personnes qui ont รฉtรฉ violรฉes dans leur enfance peuvent anesthรฉsier leur sexualitรฉ et avoir atrocement honte si elles sont excitรฉes par des sensations qui leur rappellent leur agression - mรชme quand ces derniรจres sont normalement des plaisirs naturels, liรฉs ร certaines parties du corps !
Si on force des victimes de traumatisme ร parler de ce qu'elles ont traversรฉ, l'une peut rรฉagir par une hausse de tension artรฉrielles, une autre par un dรฉbut de migraine !
D'autres encore peuvent se fermer รฉmotionnellement, sans en avoir clairement conscience !
** Trop rรฉguliรจrement vรฉcu ร titre perso, l'accompagnant : mรฉdecins, coachs, psychologues cliniciens ou pas, thรฉrapeutes certifiรฉs ou pas... ne sont pas bienveillants avec leurs patients traumatisรฉs. Donc il est important que cela match entre celui qui รฉcoute et celui qui pleure souvent des malheurs de la vie qui รฉtaient enfouis juste par honte ! **
Mais en laboratoire, on dรฉtecte facilement que le cลur s'emballe et que les hormones du stress bouillonnent dans le corps !
Certaines rรฉactions peuvent รชtre irrationnelles ร la maรฎtrise, des impulsions et des รฉmotions intenses, ร peine contrรดlable, peuvent rendre fou - ou conscient ! Et donner l'impression de ne pas รชtre humain !
La honte devient souvent l'รฉmotion dominante et cacher la vรฉritรฉ, le souci majeur !
** je reviens ร mes deux remarques prรฉcรฉdentes : lorsqu'un accompagnants contredit avec presque une perception intuitive que vous pensez qu'il pense que vous - racontez des histoires - tellement - c'est tabou d'exprimer ร un professionnel que votre pรจre est un criminel et que lui invoque le pardon ou mรชme l'exaspรฉration !? Qui est dans l'erreur d'interprรฉtation ? Ce n'est pas un bon accompagnant. **
On touche alors rarement du doigt le fait que ces sensations tirent leurs origines d'une expรฉrience traumatique !
C'est lร que la thรฉrapie intervient :
les thรฉrapeutes peuvent aider ร observer les รฉmotions et les sensations en pleine conscience, et ร entrer en contact avec le contexte d'oรน elles sont tirรฉes !
Mais l'essentiel, est que le systรจme cรฉrรฉbral de perception de la menace a changรฉ, et que les rรฉactions physiques sont dictรฉes par l'empreinte du passรฉ !
Le traumatisme qui avait commencรฉ - hors de soi - se joue maintenant sur le champ de bataille du corps, en gรฉnรฉral sans lien conscient entre ce qui a eu lieu autrefois et ce qui surgit soudain en soi !
Le dรฉfi n'est pas tant d'essayer d'accepter les choses terribles que l'on a subies que d'apprendre ร maรฎtriser ses sensations et ses รฉmotions !
- Percevoir,
- nommer,
- identifier,
ce qui se passe en soi est le premier pas vers la guรฉrison !
Il est important d'avoir un ' dรฉtecteur de fumรฉe ' efficace !
On ne veut pas รชtre pris au dรฉpourvu par un incendie ravageur. Mais si on se met dans tous ses รฉtats chaque fois qu'ont sent de la fumรฉe, cela devient trรจs perturbant !
Certes, on a besoin de dรฉtecter si quelqu'un nous en veut, mais si votre amygdale s'emballe, on peut contracter la peur chronique que les gens, nous haรฏssent, ou croire qu'ils veulent notre peau !
Une hypersensibilitรฉ aprรจs un accident ou et un traumatisme, donne ร penser que le cortex prรฉfrontal s'efforce de maintenir un contrรดle face au stress. Le flash-back peut provoquรฉ une rรฉaction plus extrรชme !
Les deux zones blanches ร l'avant du cerveau correspondent aux aires droite et gauche du cortex prรฉfrontal dorsolatรฉral.
Quand elles sont dรฉsactivรฉes, on perd la notion du temps et on reste bloquรฉ dans l'instant, sans conscience du passรฉ, du prรฉsent ni de l'avenir !
Deux systรจmes cรฉrรฉbraux participent au traitement psychique du traumatisme :
Ceux qui traitent de l'intensitรฉ รฉmotionnelle et du contexte.
L'intensitรฉ รฉmotionnelle est dรฉfinie par le dรฉtecteur de fumรฉe (l'amygdale), et par contrepoids, le tour de guet (le cortex prรฉfrontal mรฉdian).
Le contexte et le sens d'une expรฉrience sont dรฉterminรฉs par un systรจme qui comprend l'hippocampe et le cortex prรฉfrontal dorsolatรฉral. Celui-ci se trouve sur le cรดtรฉ du cerveau antรฉrieur, alors le cortex prรฉfrontal mรฉdian est situรฉ au centre.
Les structures centrales du cerveau sont consacrรฉes ร l'expรฉrience intรฉrieur de soi, et les structures latรฉrales se chargent quant ร elles des relations avec l'entourage !
Le cortex prรฉfrontal dorsolatรฉral, nous informe en quoi une expรฉrience prรฉsente est liรฉe au passรฉ, et comment elle peut affecter l'avenir - considรฉrez-le comme le ' Chronomรจtre ' du cerveau !
Savoir qu'une รฉpreuve est normalement limitรฉe, et qu'elle prendra fin tรดt ou tard, la rend gรฉnรฉralement tolรฉrable !
Le contraire est aussi vrai : une situation devient insupportable si on la trouve interminable !
Revisiter le passรฉ en thรฉrapie doit se faire quant les patients traumatisรฉs sont, biologiquement parlant, fermement ancrรฉs dans le prรฉsent et aussi calmes, en sรฉcuritรฉ avec le thรฉrapeute !
L'arrรชt complet du thalamus explique pourquoi, on se rappelle surtout le traumatisme, non pas comme une histoire - un rรฉcit avec un dรฉbut, un milieu et une fin - mais sous forme d'empreintes sensorielles isolรฉes : des images, des sons et des sensations accompagnรฉs d'รฉmotions intenses - en gรฉnรฉral, par de la terreur ou et de l'impuissance !
Pendant que vous lisez cet article, vous pouvez entendre un fond de musique, le grondement de la circulation, oรน un lรฉger tiraillement dans votre estomac indiquant qu'il est temps de prendre un-en-cas !
Si vous รชtes capable de rester concentrรฉ sur cette page, votre thalamus vous aide ร distinguer les informations sensorielles pertinentes des sensations que vous pouvez ignorer tranquillement !
Les personnes atteintes du syndrome de stress post-traumatique ont leurs vannes grandes ouvertes ! Privรฉes de filtres, elles sont constamment en surcharge sensorielle.
Pour le supporter, elle tentent de se fermer en dรฉveloppant une vision รฉtroite et une concentration totale.
Si elles n'arrivent pas naturellement, elles peuvent recourir ร de multiples routines, ร l'alcool, et aux surdoses de mรฉdicaments particuliรจrement les anxiolytiques et parfois mรชme aux drogues ou et un tabagisme sans fin !
Le drame, c'est que ces ' stratรฉgies ' - est une fermeture qui exclut aussi les sources de plaisir et de joie !
Tous ceux qui soignent des hommes et des femmes ou des enfants traumatisรฉs, sont, tรดt ou tard, confrontรฉs ร des esprits absents ou ร des regards vides : le signe extรฉrieur d'un blocage physiologique appelรฉ : dรฉpersonnalisation !
La dรฉpersonnalisation est un symptรดme de la dissociation massive causรฉe par le traumatisme.
Dans ce cas, les flash-back รฉtaient dus ร des efforts contrariรฉs d'รฉchapper ร un accident du passรฉ, toutes les sensations et les รฉmotions sont fragmentรฉes, induites par le scรฉnario d'une patiente traumatisรฉe, qui revenaient brutalement dans le prรฉsent ! La patiente s'รฉtait dissociรฉe de sa peur et n'รฉprouvait rien !
Dans mon cabinet, je vois rรฉguliรจrement des dรฉpersonnalisations lorsque des patients me racontent des atrocitรฉs sans aucunes รฉmotions !
** moi, j'ai vรฉcu des expรฉriences cauchemardesques avec des thรฉrapeutes mรชmes cliniciens et pignon sur rue, presque cรฉlรจbres, froids et qui eux-mรชmes, font de la dรฉpersonnalisation de mon rรฉcit traumatique ! **
Mais si revivre le traumatisme est dramatique, effrayant, et potentiellement autodestructeur, un manque de prรฉsence peut devenir encore plus nocif !
** cela ne devrait pas รชtre le cas, si le thรฉrapeute est douรฉ d'empathie et de bienveillance avec son patient ! **
Ceux qui extรฉriorisent leur souffrance ont tendance ร se faire remarquer; les enfants absents, eux, ne dรฉrangent personne et continuent ร dรฉmolir peu ร peu leur avenir !
** c'est aussi valable pour un adulte quel que soit son รขge, un traumatisme n'a pas d'รขge, il peut vous tomber dessus sans connaรฎtre le jour J !**
** un traumatique, un burn-out doit รชtre pris en charge immรฉdiatement, il faut juste trouver un accompagnant bienveillant, empathe et douรฉ qui aidera le patient vers une guรฉrison parfois longue mais bรฉnรฉfique **
lire mon article : Quand le burn-out me mรจne ร l’introspection de moi-mรชme vers le monde tel qu’il est... par Vonck Eddy
Le problรจme, dans le traitement du traumatisme, n'est pas seulement d'affronter le passรฉ, mais, plus encore, d'amรฉliorer la qualitรฉ de la vie quotidienne !
L'une des raisons pour lesquelles les souvenirs traumatiques finissent pas dominer le syndrome de stress post-traumatique est qu'il est extrรชmement difficile de se sentir pleinement vivant dans le prรฉsent !
Quand on ne peut pas รชtre tout ร fait prรฉsent, on se replie quelque part oรน on a eu l'impression d'รชtre vivant - mรชme si cet endroit est plein d'horreur et de souffrance !
Beaucoup d'approches thรฉrapeutique du syndrome de stress post-traumatique se concentrent sur la 'dรฉsensibilisation 'au passรฉ, dans l'espoir que la rรฉexposition au traumatisme diminuera les explosions รฉmotionnelles et les flash-back !
ร mon avis ** la mienne aussi **, ces mรฉthodes sont fondรฉes sur une incomprรฉhension de ce qui se passe dans le stress traumatique de l'individu ! Nous devons, avant tout, aider les patients ร vivre pleinement et en sรฉcuritรฉ dans le prรฉsent !
Pour y arriver, ils nous faut retrouver les structures cรฉrรฉbrales sont ils ont รฉtรฉ coupรฉs quand le traumatisme les a submergรฉs !
« Si tu croques un citron, tu feras l'expรฉrience de l'aciditรฉ du citron; si tu as vรฉcu un lourd traumatisme dans la vie, tu es la seule personne ร savoir ce qui s'est rรฉellement passรฉe pour que tu deviennes conscient ou pas de l'aciditรฉ de ce trauma ! » Eddy Vonck
Bessel van der Kolk
** Eddy Vonck *** en rรฉactions
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Le sujet est vaste, je vous invite si vous avez lu cet article, jusqu'au bout, de dรฉbattre et de commenter ci-dessous, merci !
Eddy Vonck
Rรฉdacteur bรฉnรฉvole de Psycho'Logiques











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