𝐀𝐩𝐫𝐞̀𝐬 𝐮𝐧 𝐭𝐫𝐚𝐮𝐦𝐚𝐭𝐢𝐬𝐦𝐞, 𝐨𝐧 𝐩𝐞𝐫𝐜̧𝐨𝐢𝐭 𝐥𝐞 𝐦𝐨𝐧𝐝𝐞 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐮𝐧 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞 𝐬𝐲𝐬𝐭𝐞̀𝐦𝐞 𝐧𝐞𝐫𝐯𝐞𝐮𝐱 ! Bessel van der Kolk
Après un traumatisme, on perçoit le monde avec un autre système nerveux !
On concentre son énergie sur la répression de son chaos intérieur, au lieu de l'investir dans sa vie !
Ces tentatives pour maîtriser des réactions physiologiques insoutenables peuvent créer une kyrielle de symptômes physiques :
- fibromyalgie,
- épuisement chronique
- autres maladies auto-immunes...
Voilà pourquoi il est crucial que le traitement d'un traumatisme porte sur l'ensemble de l'organisme : cerveau, corps et esprit !
Le traumatisme affecte l'ensemble de l'organisme : corps, esprit et cerveau. Dans le Syndrome de Stress post-traumatique, le corps continue à se défendre contre une ' menace ' qui appartient au passé. Surmonter le Syndrome de Stress post-traumatique, c'est rétablir l'équilibre de tout l'organisme en mettant fin à cette mobilisation constante de stress !
Quand le système d'alarme du cerveau est déclenché, il lance automatiquement des plans d'évasions programmés dans ses parties les plus archaïques.
Comme chez d'autres animaux, les nerfs et les substances chimiques qui forment, chez l'homme, la structure du cerveau primitif disposent d'une connexion directe avec le corps !
Quand ce cerveau-là prend le dessus, il ferme en partie le cerveau supérieur (l'esprit conscient), et pousse le corps à fuir, à se cacher, à lutter ou, parfois, à se figer !
Au moment, où on est pleinement conscient de la situation, le corps peut déjà être en pleine action.
Si la réaction de lutte/ fuite/ immobilisation aboutit, permettant d'échapper au danger, on retrouve son équilibre intérieur et on reprend ses esprits !
Si pour une raison quelconque, la réaction normale est bloquée - par exemple, quand on est cloué au sol, pris au piège ou handicapé, que ce soit lors d'une guerre, d'un accident ou d'un viol - le cerveau continue à sécréter des hormones de stress et ses circuits électriques ne cessent de s'enflammer inutilement !
Longtemps après que le danger est passé, le cerveau peut continuer à envoyer des signaux au corps pour qu'il échappe à une menace qui n'existe plus !
Être capable de bouger et d'agir pour se protéger est un facteur crucial pour déterminer si une expérience horrible laissera des traces durables.
L'action efficace versus l'immobilisation :
L'action efficace, fruit de la réponse de lutte ou de fuite, dissipe la menace. L'immobilisation maintient le corps dans un état de choc inéluctable et dans l'impuissance apprise ainsi. Confronté au danger, on secrète automatiquement des hormones de stress pour assurer la résistance et l'évasion.
Le cerveau et le corps sont programmés pour qu'on s'enfuie chez soi, où on retrouvera la sécurité et où les hormones du stress pourront s'apaiser. Un exemple : après l'ouragan Katrina, les taux d'hormones du stresse restent élevés et se retourne contre eux, avec pour effet d'une peur constante, la dépression, la rage et la maladie...
La tâche la plus importante du cerveau consiste à assurer la survie de l'individu, même dans les pires conditions !
Pour y parvenir, le cerveau doit :
- Lancer des signaux internes indiquant ce dont son corps a besoin : comme la nourriture, le repos, une protection ou un refuge.
- Créer une carte du monde pour lui montrer où satisfaire ces besoin !
- Produire l'énergie et les actions nécessaires pour l'y conduire !
- Le prévenir des dangers et des possibilités présents sur sa route (chemin) !
- Adapter ses actes aux exigences du moment.
Comme les humains sont des mammifères, des êtres qui ne peuvent survivre et prospérer qu'en groupe, tous ces impératifs nécessitent une coordination et une collaboration.
Lire mes articles :
𝐥𝐞𝐜𝐭𝐮𝐫𝐞 Philosophique « 𝐥’𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐢𝐝𝐞, 𝐥’𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐨𝐢𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐣𝐮𝐧𝐠𝐥𝐞 » 𝐝𝐞 𝐏𝐚𝐛𝐥𝐨 𝐒𝐞𝐫𝐯𝐢𝐠𝐧𝐞
Des problèmes psychologiques surviennent quand leur signaux internes ne marchent plus :
- leurs cartes ne les mènent pas, où ils doivent (veulent) aller;
- ils sont trop paralysés pour bouger;
- leur actes ne correspondent pas à leurs besoins;
- leurs liens avec leur entourage se brisent !
Toutes les structures cérébrales dont je parle ont un rôle à jouer dans ces fonctions essentielles et, comme nous le verrons, le traumatisme peut nuire à chacune d'entre elles !
** tous ce qu'interprète ce médecin est relativement correct, mais j'ai tendance à ne pas tout valider. Les moments de crises sociales et économiques que nous connaissons. Mais est-ce que les 'Crises Sociétales' en elles mêmes ne représentent-elles pas en elles seules, un traumatisme collectif et même parfois inconscient, parce que beaucoup de gens refusent encore d'observer certaines vérités de l'état traumatique du monde ? **
Je vous partage un texte d'un autre de mes articles :
Le cerveau rationnel, cognitif, est en fait la partie la plus récente de l'encéphale et n'occupe qu'environ un tiers du crâne. Il s’intéresse avant tout au monde extérieur, pour comprendre comment les choses et les gens fonctionnent, trouver comment atteindre nos buts, organiser notre temps et sérier nos actes !
Sous le cerveau rationnel se trouvent deux cerveaux plus anciens dans l'histoire de l'évolution, distincts jusqu'à un certain point, qui se chargent de tout le reste :
- l'enregistrement et la gestion du fonctionnement du corps;
plus l'identification de divers paramètres :
- de confort,
- de sécurité,
- de menace,
- de faim,
- d'épuisement,
- de désir,
- d'envie,
- d'excitation,
- de plaisir,
- et de douleur !
Le cerveau est construit de bas en haut ! Il se développe strate par strate chez l'enfant dans l'utérus, comme au cours de l'évolution !
Sa partie primitive, celle qui est déjà opérationnelle à la naissance, est le cerveau animal archaïque, souvent appelé ' Cerveau Reptilien '.
Elle se situe dans le tronc cérébral, juste au dessus du point d'entrée de la moelle épinière dans le crâne. Le cerveau reptilien est chargé de tout ce que peuvent faire les nouveaux nés :
- Respirer,
- Pleurer,
- Manger,
- Dormir,
- Se réveiller,
- Sentir la température,
- Ressentir la faim, l'humidité et la douleur...
- Et même, se débarrasser des toxines par les selles et l'urine.
Ensemble, le tronc cérébral et l'hypothalamus (qui se trouve directement au dessus de lui ) contrôlent les niveaux d'énergie du corps !
Ils coordonnent le fonctionnement du cœur et des poumons, ainsi que les systèmes endocrinien et immunitaire, préservant toutes ces structures de maintien de la vie dans l'équilibre interne assez stable appelé : ' Homéostasie '
Respirer, dormir et manger sont des fonctions tellement basiques qu'on néglige aisément leur importance quand on considère les complexités du comportement et de l'esprit !
Pourtant, si on a le sommeil perturbé, toujours faim, ou si le moindre excès donne envie de hurler comme c'est souvent le cas chez les personnes traumatisées, tout l'organisme se déséquilibre !
De nombreux problèmes psychologiques ont pour effet des troubles du sommeil, de l'appétit, du toucher, de l'excitation et de la digestion !
Un traitement efficace du traumatisme, doit ainsi prendre en compte ces fonctions élémentaires lors d'une thérapie !
Juste au dessus du ' cerveau reptilien ' se trouve le système limbique, également nommé ' cerveau mammalien ', car tous les animaux qui vivent en groupe et nourrissent leurs petits en ont un !
Cette partie du cerveau ne commence à se développer qu'après la naissance !
C'est :
- le siège des émotions;
- le détecteur de dangers;
- le juge de ce qui plaisant ou effrayant;
- l'arbitre de ce qui importe pour la survie.
C'est aussi un poste de commandement central pour relever les défis de la vie dans nos réseaux sociaux complexes !
Le système limbique se forme en réponse à l'expérience et en lien avec la constitution génétique et le tempérament inné du bébé !
Tout ce qui arrive à un nouveau né contribue à tracer la carte émotionnelle et perceptive du monde, créé par son cerveau en développement.
Comme l'explique mon collègue Bruce Perry : « le mode de formation du cerveau dépend de son utilisation ! »
C'est une définition parmi d'autres de la ' neuroplasticité ' : la découverte assez récente du fait que : « Les neurones excités en même temps se connectent »
Quand un circuit s'allume à maintes reprises, il peut devenir un réglage par défaut :
la réaction la plus probable.
- Si on se sent aimé et en sécurité, le cerveau se spécialise dans l'exploration, le jeu, et la coopération;
- si on est effrayé et non désiré, il se consacre à la régularisation des sentiments de peur et d'abandon !
Pendant la petite enfance, on découvre le monde en remuant, en saisissant, en rampant, et en apprenant ce qui se passe quand on pleure, sourit ou proteste !
Le bébé fait sans cesse l'expérience de son environnement !
Ces premières explorations façonnent les structures limbiques dévolues aux émotions et à la mémoire, mais ces structures peuvent être aussi notablement modifiées par des expériences ultérieures : pour le meilleur, par une amitié proche ou un premier amour idyllique; pour le pire, par une agression violente ou des brimades incessantes !
Ensemble, le cerveau reptilien et le système limbique forment ce que j'appelle le ' cerveau émotionnel '.
Le cerveau émotionnel est au cœur du système nerveux central, et sa tâche principale consiste à veiller à notre bien-être !
S'il détecte un danger ou une occasion spéciale - comme un partenaire prometteur - il nous alerte en libérant une giclée d'hormones.
Les sensations viscérales qui en résultent ( allant d'une légère nausée à la panique) interféreront avec ce qui nous absorbe sur le moment, en amenant notre corps - et notre esprit - à se réorienter !
Ces sensations, si subtiles soient-elles, ont une énorme influence sur les grandes et petites décisions de la vie :
- ce qu'on choisit de manger,
- où on aime dormir et avec qui,
- quelle musique on préfère,
- qui on déteste et avec qui on de lie (s'associe) !
Le cerveau émotionnel possède une organisation cellulaire et une biochimie plus simples que celles du 'néocortex ', le cerveau rationnel jauge les nouvelles informations de façon plus globale.
De ce fait, il procède à des conclusions hâtives fondées sur de vagues ressemblances, contrairement au cerveau rationnel, qui est conçu de manière à trier une gamme complexe de choix ! - un exemple - bondir de terreur à la vue d'un serpent, avant de s’apercevoir que c'est juste une corde enroulée !
Le cerveau émotionnel lance des plans d'évasion préprogrammés, comme les réponses de lutte ou de fuite. Ces réactions musculaires et physiologiques sont automatiques, déclenchées sans pensée ni calcul. Les capacités conscientes, rationnelles, les comprendront plus tard, souvent après l'extinction de la menace !
Nous arrivons enfin à la strate supérieur du cerveau : le ' néocortex '
L'homme la partage avec d'autre mammifères mais, chez les humains, elle est bien plus épaisse.
Dans la deuxième année de la vie, les lobes frontaux, qui forment l'essentiel du néocortex, commencent à se développer à un rythme rapide.
Aux yeux des philosophes antiques, sept ans était "l'âge de raison" !
Pour nous, le cours préparatoire est le prélude à l'avenir, d'une vie organisée atour des capacités du lobe frontal :
- se sentir tranquille;
- pouvoir utiliser des mots au lieu d'agir;
- comprendre des idées abstraites et symboliques;
- faire des projets pour le lendemain;
- être en accord avec ses enseignants et ses camarades...
Les lobes frontaux permettent aussi de planifier et de réfléchir, d'imaginer et de jouer de futurs scénarios.
Ils aident à prédire ce qui arrivera si on prend certaines mesures (comme postuler à un nouvel emploi) ou si on néglige d'autres (ne pas payer le loyer.)
Ils permettent de choisir et sont au fondement de la prodigieuse créativité de l'humanité !
Des générations de lobes frontaux ont en étroite collaboration, créé la culture, qui nous a conduits des canoës primitifs aux e-mails en passant par les charrettes à cheval, les avions à réaction et les voitures hybrides...
Les lobes frontaux, qui sont essentiels pour la compréhension du traumatisme, sont également le siège de l'empathie : la capacité à éprouver les sentiments d'autrui !
Une des découvertes vraiment sensationnelles des neurosciences modernes s'est produite en 1994, quand, par un heureux hasard, un groupe de chercheurs italiens a identifiés des 'cellules spécialisées dans le cortex : les ' Neurones Miroirs !
Les chercheurs avaient fixés des électrodes sur des cellules nerveuse de l'aire prémotrice d'un singe, puis configuré un ordinateur pour voir quels neurones étaient excités quand le singe prenait une cacahuète ou une banane !
À un moment donné, en plaçant des boulettes de nourriture dans une caisse, un chercheur a levé les yeux vers l'ordinateur. Les cellules nerveuses du singe étaient excitées à l'endroit même où se trouvaient les neurones de commande moteurs. Mais le singe n'était pas en train de manger ni de bouger !
Il regardait l'homme, en reflétant ses actes !
Cela a donné lieu à de très nombreuses expériences tout autour du globe. Très vite, celles-ci ont révélé que les neurones miroirs expliquaient beaucoup d'aspects jusqu'alors mystérieux de l'esprit comme :
- L'empathie,
- l'imitation,
- la synchronie,
- le développement du langage.
Un auteur les a comparé au Wi-Fi neuronal - nous captons non seulement les mouvements des autres, mais aussi leurs intentions et leurs états émotionnels !
J'en dirai davantage sur ces neurones dans la suite de ce livre, car les traumatisés ont presque toujours l'impression de ne pas être vu, reflétés et pris en compte (et entendu !)
Sans lobes frontaux souples et actifs, les hommes deviennent des créatures d'habitude, aux relations routinières et superficielles.
L'invention et l'innovation, la découverte et l'émerveillement - tout çà leur fait défaut !
Le danger fait partie de la vie !
Et le cerveau est chargé de le détecter et d'organiser la réponse à l'organisme !
L'information sensorielle sur le monde extérieur arrive par les yeux, les oreilles, la peau et le nez.
Ces sensations convergent dans le ' thalamus ' - une zone du système limbique qui se comporte comme le ' Cuisinier ' du cerveau, les touillant dans une soupe autobiographique pour former une expérience cohérente, intégrée !
Après quoi, ces sensations sont retransmises dans deux directions :
vers l’amygdale, les deux structures en forme d'amandes situées plus profondément dans le cerveau limbique, inconscient;
et vers les lobes frontaux, où elles atteignent l'esprit conscient.
Le traitement par le thalamus peut néanmoins se détraquer !
Des sensations auditives, olfactives, visuelles ou tactiles sont alors encodées comme des fragments isolés, dissociés, et le traitement normal de la mémoire se désintègre.
La principale fonction de l’amygdale, que j'appelle - le détecteur de fumée - d'incendie - du cerveau !
Ce détecteur consiste à identifier si une perception est liée à la survie !
Elle le fait rapidement et automatiquement, aidée par le feedback de l'hippocampe, une structure voisine qui compare cette nouvelle sensation aux expériences passées !
Si l’amygdale flaire une menace - une collision possible avec une voiture; un passant à l'air dangereux dans la rue...
Elle envoie aussitôt un message à l'hypothalamus et au tronc cérébral, mobilisant le système des hormones du stress et le système nerveux autonome pour orchestrer une réponse au corps entier !
Comme l’amygdale traite l'information qu'elle reçoit du thalamus plus vite que les lobes frontaux, elle décide s'il s'agit d'une menace pour la survie avant même que l'on soit conscient du danger ! Au moment, où on comprend ce qui se passe, le corps peut déjà être en action !
Une fois le danger passé, le corps retourne assez vite à l'état normal !
Mais quand son rétablissement est bloqué, il cherche à se défendre, ce qui crée une sensation d'agitation et d'excitation !
Si l’amygdale est le détecteur de fumée du cerveau, considérez les lobes frontaux - surtout le cortex préfrontal médian situé juste au dessus des yeux - comme la tour de guet, qui offre une vue d'en haut sur la scène !
D'ordinaire, les facultés exécutives du cortex préfrontal permettent d'observer ce qui se passe, de prédire ce qui va arriver, et d'opérer un choix conscient !
Riposter ou fuir ?
Quand ce système tombe en panne, on devient comme un animal conditionné : dès qu'on détecte un danger, on se met automatiquement en mode lutte ou fuite !
Dans le syndrome de stress post-traumatique, l'équilibre crucial entre l'amygdale (le détecteur de fumée) et le cortex préfrontal médian (la tour de guet) change radicalement, ce qui rend bien difficile de contrôler ses émotions et ses réflexes !
Des études de neuro-imagerie conduites sur des hommes en état d'émotion extrême révèlent qu'une peur, une tristesse, ou une vive colère augmente l'activation des zones sous-corticales du cerveau, surtout dans le cortex préfrontal médian !
On peut sursauter au moindre bruit, piquer une crise pour des frustrations parfois mineures, ou se raidir quand on nous touche !
** on peut aussi décrire ce phénomène de sensibilité ou et d'hypersensibilité, ce que l'auteur du livre, n'a pas l'air de considérer ? **
Je tiens, pour le moment, à souligner que l'émotion n'est pas opposée à la raison; l'émotion attribue une valeur à l'expérience et forme ainsi le fondement de la raison !
Quand ces deux systèmes sont pondérés, on se sent soi-même !
Toutefois, quand la survie est en jeu, il peuvent fonctionner de manière assez indépendante !
Le neuroscientifique Paul MacLean, qui a développé la description en trois parties du cerveau, a comparé la relation entre le cerveau rationnel et le cerveau émotionnel à celle - d'un cavalier plus ou moins doué avec son cheval indocile !
Tant que le temps est calme, et la piste régulière, le cavalier peut maîtriser parfaitement sa monture !
Mais un bruit inquiétant ou l'arrivée d'un animal menaçant peut pousser le cheval à s'emballer, forçant le cavalier à se cramponner !
Chaque fois que le système limbique tient une chose pour une question de - vie ou de mort -, ses voies de communication avec les lobes frontaux deviennent étroites.
Les psychologues tentent souvent d'aider leurs patients à utiliser la compréhension et l'intuition pour maîtriser leur comportement !
Or, les recherches des neurosciences ont montré que très peu de problèmes psychologiques sont dus à des failles de compréhension du traumatisé : la plupart tiennent à des pressions de zones situées plus profondément dans le cerveau, qui réagissent l'attention et la perception !
Quand le sonnette d'alarme du cerveau émotionnel ne cesse de signaler qu'on est en danger, aucune intuition, si grande soit-elles, ne la fera taire !
Quand nos cerveaux émotionnel et rationnel sont en conflit (par exemples - lorsqu'on est furieux contre un proche, effrayé par un humain dont on dépend, ou si l'on désire un partenaire inaccessible...), un bras de fer s'engage !
La bataille se joue en grande partie dans le théâtre de notre expérience viscérale :
le cœur, les entrailles, les poumons et elle crée à la fois un mal-être physique et une souffrance psychologique !
Dissociation et reviviscence
La dissociation est l'essence même du traumatisme !
L'expérience bouleversante est clivée et fragmentée :
- les émotions,
- les sensations,
- et les pensées,
qui y sont liées prennent une vie autonome !
Les fragments de mémoires sensoriels s'immiscent dans le présent, où ils sont vécus littéralement.
Tant que le traumatisme n'est pas résolu, les hormones du stress que le corps sécrète pour se protéger continuent à circuler, et la personne ne cesse de rejouer les gestes défensifs par des réponses émotionnelles.
Toutefois, beaucoup de gens peuvent ne pas être conscients du rapport entre leurs réactions et leurs perceptions, face aux événements traumatiques qu'ils répètent !
La reviviscence et les flash-back sont, à certains égards, pires que le traumatisme !
** un exemple simple perso : je rencontre quelqu'un que je n'ai pas revu depuis des années. Il me pose une question « Eddy, comment va-ton père ? » Punaise, une question complexe à répondre, parce que mon père n'est pas le gars très sympathique que lui percevait dans le passé. La reviviscence dans ce cas pour moi, relève des images conscientes que développe mon esprit ! Mais par honte, je vais chercher une échappatoire mensongère ou pas d'exprimer ma réalité et l'image réelle que j'ai de mon père **
Logiquement, un événement traumatique a un début et une fin - à un moment donné, il s'achève !
Mais pour les traumatisés, un flash-back peut survenir à tout moment, qu'ils dorment ou qu'ils veillent !
Ils n'ont pas moyen de savoir quand il se reproduira, ni pendant combien de temps !
Souvent, les personnes qui souffrent de flash-back organisent leur vie autour de leurs tentatives pour s'en protéger !
Quelques sujets que j'ai déjà traités :
Des personnes qui ont été violées dans leur enfance peuvent anesthésier leur sexualité et avoir atrocement honte si elles sont excitées par des sensations qui leur rappellent leur agression - même quand ces dernières sont normalement des plaisirs naturels, liés à certaines parties du corps !
Si on force des victimes de traumatisme à parler de ce qu'elles ont traversé, l'une peut réagir par une hausse de tension artérielles, une autre par un début de migraine !
D'autres encore peuvent se fermer émotionnellement, sans en avoir clairement conscience !
** Trop régulièrement vécu à titre perso, l'accompagnant : médecins, coachs, psychologues cliniciens ou pas, thérapeutes certifiés ou pas... ne sont pas bienveillants avec leurs patients traumatisés. Donc il est important que cela match entre celui qui écoute et celui qui pleure souvent des malheurs de la vie qui étaient enfouis juste par honte ! **
Mais en laboratoire, on détecte facilement que le cœur s'emballe et que les hormones du stress bouillonnent dans le corps !
Certaines réactions peuvent être irrationnelles à la maîtrise, des impulsions et des émotions intenses, à peine contrôlable, peuvent rendre fou - ou conscient ! Et donner l'impression de ne pas être humain !
La honte devient souvent l'émotion dominante et cacher la vérité, le souci majeur !
** je reviens à mes deux remarques précédentes : lorsqu'un accompagnants contredit avec presque une perception intuitive que vous pensez qu'il pense que vous - racontez des histoires - tellement - c'est tabou d'exprimer à un professionnel que votre père est un criminel et que lui invoque le pardon ou même l'exaspération !? Qui est dans l'erreur d'interprétation ? Ce n'est pas un bon accompagnant. **
On touche alors rarement du doigt le fait que ces sensations tirent leurs origines d'une expérience traumatique !
C'est là que la thérapie intervient :
les thérapeutes peuvent aider à observer les émotions et les sensations en pleine conscience, et à entrer en contact avec le contexte d'où elles sont tirées !
Mais l'essentiel, est que le système cérébral de perception de la menace a changé, et que les réactions physiques sont dictées par l'empreinte du passé !
Le traumatisme qui avait commencé - hors de soi - se joue maintenant sur le champ de bataille du corps, en général sans lien conscient entre ce qui a eu lieu autrefois et ce qui surgit soudain en soi !
Le défi n'est pas tant d'essayer d'accepter les choses terribles que l'on a subies que d'apprendre à maîtriser ses sensations et ses émotions !
- Percevoir,
- nommer,
- identifier,
ce qui se passe en soi est le premier pas vers la guérison !
Il est important d'avoir un ' détecteur de fumée ' efficace !
On ne veut pas être pris au dépourvu par un incendie ravageur. Mais si on se met dans tous ses états chaque fois qu'ont sent de la fumée, cela devient très perturbant !
Certes, on a besoin de détecter si quelqu'un nous en veut, mais si votre amygdale s'emballe, on peut contracter la peur chronique que les gens, nous haïssent, ou croire qu'ils veulent notre peau !
Une hypersensibilité après un accident ou et un traumatisme, donne à penser que le cortex préfrontal s'efforce de maintenir un contrôle face au stress. Le flash-back peut provoqué une réaction plus extrême !
Les deux zones blanches à l'avant du cerveau correspondent aux aires droite et gauche du cortex préfrontal dorsolatéral.
Quand elles sont désactivées, on perd la notion du temps et on reste bloqué dans l'instant, sans conscience du passé, du présent ni de l'avenir !
Deux systèmes cérébraux participent au traitement psychique du traumatisme :
Ceux qui traitent de l'intensité émotionnelle et du contexte.
L'intensité émotionnelle est définie par le détecteur de fumée (l'amygdale), et par contrepoids, le tour de guet (le cortex préfrontal médian).
Le contexte et le sens d'une expérience sont déterminés par un système qui comprend l'hippocampe et le cortex préfrontal dorsolatéral. Celui-ci se trouve sur le côté du cerveau antérieur, alors le cortex préfrontal médian est situé au centre.
Les structures centrales du cerveau sont consacrées à l'expérience intérieur de soi, et les structures latérales se chargent quant à elles des relations avec l'entourage !
Le cortex préfrontal dorsolatéral, nous informe en quoi une expérience présente est liée au passé, et comment elle peut affecter l'avenir - considérez-le comme le ' Chronomètre ' du cerveau !
Savoir qu'une épreuve est normalement limitée, et qu'elle prendra fin tôt ou tard, la rend généralement tolérable !
Le contraire est aussi vrai : une situation devient insupportable si on la trouve interminable !
Revisiter le passé en thérapie doit se faire quant les patients traumatisés sont, biologiquement parlant, fermement ancrés dans le présent et aussi calmes, en sécurité avec le thérapeute !
L'arrêt complet du thalamus explique pourquoi, on se rappelle surtout le traumatisme, non pas comme une histoire - un récit avec un début, un milieu et une fin - mais sous forme d'empreintes sensorielles isolées : des images, des sons et des sensations accompagnés d'émotions intenses - en général, par de la terreur ou et de l'impuissance !
Pendant que vous lisez cet article, vous pouvez entendre un fond de musique, le grondement de la circulation, où un léger tiraillement dans votre estomac indiquant qu'il est temps de prendre un-en-cas !
Si vous êtes capable de rester concentré sur cette page, votre thalamus vous aide à distinguer les informations sensorielles pertinentes des sensations que vous pouvez ignorer tranquillement !
Les personnes atteintes du syndrome de stress post-traumatique ont leurs vannes grandes ouvertes ! Privées de filtres, elles sont constamment en surcharge sensorielle.
Pour le supporter, elle tentent de se fermer en développant une vision étroite et une concentration totale.
Si elles n'arrivent pas naturellement, elles peuvent recourir à de multiples routines, à l'alcool, et aux surdoses de médicaments particulièrement les anxiolytiques et parfois même aux drogues ou et un tabagisme sans fin !
Le drame, c'est que ces ' stratégies ' - est une fermeture qui exclut aussi les sources de plaisir et de joie !
Tous ceux qui soignent des hommes et des femmes ou des enfants traumatisés, sont, tôt ou tard, confrontés à des esprits absents ou à des regards vides : le signe extérieur d'un blocage physiologique appelé : dépersonnalisation !
La dépersonnalisation est un symptôme de la dissociation massive causée par le traumatisme.
Dans ce cas, les flash-back étaient dus à des efforts contrariés d'échapper à un accident du passé, toutes les sensations et les émotions sont fragmentées, induites par le scénario d'une patiente traumatisée, qui revenaient brutalement dans le présent ! La patiente s'était dissociée de sa peur et n'éprouvait rien !
Dans mon cabinet, je vois régulièrement des dépersonnalisations lorsque des patients me racontent des atrocités sans aucunes émotions !
** moi, j'ai vécu des expériences cauchemardesques avec des thérapeutes mêmes cliniciens et pignon sur rue, presque célèbres, froids et qui eux-mêmes, font de la dépersonnalisation de mon récit traumatique ! **
Mais si revivre le traumatisme est dramatique, effrayant, et potentiellement autodestructeur, un manque de présence peut devenir encore plus nocif !
** cela ne devrait pas être le cas, si le thérapeute est doué d'empathie et de bienveillance avec son patient ! **
Ceux qui extériorisent leur souffrance ont tendance à se faire remarquer; les enfants absents, eux, ne dérangent personne et continuent à démolir peu à peu leur avenir !
** c'est aussi valable pour un adulte quel que soit son âge, un traumatisme n'a pas d'âge, il peut vous tomber dessus sans connaître le jour J !**
** un traumatique, un burn-out doit être pris en charge immédiatement, il faut juste trouver un accompagnant bienveillant, empathe et doué qui aidera le patient vers une guérison parfois longue mais bénéfique **
lire mon article : Quand le burn-out me mène à l’introspection de moi-même vers le monde tel qu’il est... par Vonck Eddy
Le problème, dans le traitement du traumatisme, n'est pas seulement d'affronter le passé, mais, plus encore, d'améliorer la qualité de la vie quotidienne !
L'une des raisons pour lesquelles les souvenirs traumatiques finissent pas dominer le syndrome de stress post-traumatique est qu'il est extrêmement difficile de se sentir pleinement vivant dans le présent !
Quand on ne peut pas être tout à fait présent, on se replie quelque part où on a eu l'impression d'être vivant - même si cet endroit est plein d'horreur et de souffrance !
Beaucoup d'approches thérapeutique du syndrome de stress post-traumatique se concentrent sur la 'désensibilisation 'au passé, dans l'espoir que la réexposition au traumatisme diminuera les explosions émotionnelles et les flash-back !
À mon avis ** la mienne aussi **, ces méthodes sont fondées sur une incompréhension de ce qui se passe dans le stress traumatique de l'individu ! Nous devons, avant tout, aider les patients à vivre pleinement et en sécurité dans le présent !
Pour y arriver, ils nous faut retrouver les structures cérébrales sont ils ont été coupés quand le traumatisme les a submergés !
« Si tu croques un citron, tu feras l'expérience de l'acidité du citron; si tu as vécu un lourd traumatisme dans la vie, tu es la seule personne à savoir ce qui s'est réellement passée pour que tu deviennes conscient ou pas de l'acidité de ce trauma ! » Eddy Vonck
Bessel van der Kolk
** Eddy Vonck *** en réactions
Autres sujets du livre :
𝐋'𝐞𝐱𝐩𝐨𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐮 𝐭𝐫𝐚𝐮𝐦𝐚𝐭𝐢𝐬𝐦𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞 𝐃𝐨𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐁𝐞𝐬𝐬𝐞𝐥 𝐯𝐚𝐧 𝐝𝐞𝐫 𝐊𝐨𝐥𝐤
𝑳𝒆 𝒑𝒔𝒚𝒄𝒉𝒊𝒂𝒕𝒓𝒆 𝑩𝒆𝒔𝒔𝒆𝒍 𝒗𝒂𝒏 𝒅𝒆𝒓 𝑲𝒐𝒍𝒌, 𝒕𝒉𝒆́𝒓𝒂𝒑𝒆𝒖𝒕𝒆 𝒂 𝒑𝒂𝒔𝒔𝒆́ 𝒒𝒖𝒂𝒓𝒂𝒏𝒕𝒆 𝒂𝒏𝒔 𝒂̀ 𝒔𝒐𝒊𝒈𝒏𝒆𝒓 𝒅𝒆𝒔 𝒔𝒖𝒓𝒗𝒊𝒗𝒂𝒏𝒕𝒔
𝗟𝗲 𝘁𝗿𝗮𝘂𝗺𝗮𝘁𝗶𝘀𝗺𝗲: 𝘁𝗿𝗮𝗰𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗽𝗲𝗿𝘁𝗲 𝗱𝗲 𝗽𝗼𝘂𝘃𝗼𝗶𝗿 ! - Neurologie
Autres sujets :
Le sujet est vaste, je vous invite si vous avez lu cet article, jusqu'au bout, de débattre et de commenter ci-dessous, merci !
Eddy Vonck
Rédacteur bénévole de Psycho'Logiques











.jpg)



Commentaires
Enregistrer un commentaire