Liste des mots clรฉs des articles

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La Communautรฉ Psycho'Logiques

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๐Ÿšซ avant de lire cette partie 4, il est impรฉratif que vous lisiez ร  votre aise, les chapitres prรฉcรฉdent 1&2&3  Eddy

๐Ÿ“Œ ๐—ฃ๐—ฎ๐—ฟ๐—ฎ๐—บ๐—ฒ̀๐˜๐—ฟ๐—ฒ๐˜€ ๐—ฑ๐—ฒ ๐—น๐—ฎ ๐—ฐ๐—ผ๐—ป๐˜€๐—ฐ๐—ถ๐—ฒ๐—ป๐—ฐ๐—ฒ ๐—ฒ๐—ป ๐—ฃ๐˜€๐˜†๐—ฐ๐—ต๐—ผ๐˜€๐˜†๐—ป๐˜๐—ต๐—ฒ̀๐˜€๐—ฒ ๐—ฑ๐—ฒ ๐—ฅ๐—ผ๐—ฏ๐—ฒ๐—ฟ๐˜๐—ผ ๐—”๐˜€๐˜€๐—ฎ๐—ด๐—ถ๐—ผ๐—น๐—ถ - partie 1 - ( la prise de conscience)

๐Ÿ“Œ(partie 2) - (niveaux de conscience / sur la voie du centre) 

 ๐Ÿ“Œ(partie 3) - (Ouverture ร  l’inconscient)

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli 

Psychosynthรจse : Bien plus fondamental que la dรฉcouverte de l'espace cosmique est celle de notre identification et potentiel, donnant lieu ร  l'รฉlargissement de la conscience. 

Le prรฉsent chapitre concerne directement les items quatre, cinq et six du diagramme de l'ล“uf prรฉsentรฉ, c’est-ร -dire le champ de la conscience et ses niveaux, et le centre mรชme de cette conscience nommรฉ le moi personnel ou alors le Soi transpersonnel, y considรฉrant respectivement les domaines personnel et transpersonnel.

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4. Le champ de la conscience
5. Le moi conscient ou soi personnel
6. Le Soi supรฉrieur, spirituel ou transpersonnel

les autres items sont 

1. L'inconscient infรฉrieur
2. L'inconscient moyen
3. L'inconscient supรฉrieur ou supraconscient

7. L'inconscient collectif 

 ๐Ÿ“Œ Le classement et les nomenclatures des niveaux de conscience varient selon les diffรฉrentes รฉcoles et auteurs en Psychosynthรจse.

La rรฉfรฉrence ร  des niveaux ou stades de conscience ne doit pas รชtre comprise dans le sens linรฉaire du terme. Il ne s'agit pas d'une localisation ร  proprement dite. On peut cependant imaginer le domaine conscient comme un spectre dont le rayonnement se prรฉsente avec des couleurs et intensitรฉs diffรฉrentes ! 

C'est dans cette perspective que l'on doit considรฉrer les niveaux distinctement identifiรฉs en psychosynthรจse par le biais du diagramme de l'ล“uf oรน il est question des domaines conscient et inconscient ร  des niveaux et dimensions distincts.

Le fait de considรฉrer diffรฉrentes prises de conscience plus ou moins amples ou et intenses et toujours passibles de modification ! Il y a, chez n’importe qui, possรจde des domaines ou stades plus ou moins conscients dont on doit tenir compte. Mais il ne serait pas correcte d'exprimer qu'il y aurait des individus, les uns conscients et les autres dรฉpourvus de conscience ???

Celle-ci est commune ร  tous, quoique les degrรฉs soient diffรฉrents concernant la prise de conscience de chacun !

๐Ÿšซ avant de lire cette partie 4, il est impรฉratif que vous lisiez ร  votre aise, les chapitres prรฉcรฉdent 1&2&3  Eddy

๐Ÿ“Œ ๐—ฃ๐—ฎ๐—ฟ๐—ฎ๐—บ๐—ฒ̀๐˜๐—ฟ๐—ฒ๐˜€ ๐—ฑ๐—ฒ ๐—น๐—ฎ ๐—ฐ๐—ผ๐—ป๐˜€๐—ฐ๐—ถ๐—ฒ๐—ป๐—ฐ๐—ฒ ๐—ฒ๐—ป ๐—ฃ๐˜€๐˜†๐—ฐ๐—ต๐—ผ๐˜€๐˜†๐—ป๐˜๐—ต๐—ฒ̀๐˜€๐—ฒ ๐—ฑ๐—ฒ ๐—ฅ๐—ผ๐—ฏ๐—ฒ๐—ฟ๐˜๐—ผ ๐—”๐˜€๐˜€๐—ฎ๐—ด๐—ถ๐—ผ๐—น๐—ถ - partie 1 - ( la prise de conscience)

๐Ÿ“Œ(partie 2) - (niveaux de conscience / sur la voie du centre) 

๐Ÿ“Œ(partie 3) - (Ouverture ร  l’inconscient) 

Ici, commence la partie 4


Chapitre 5 - Fonctions psychologiques

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli

L'intรฉrรชt pour ce qui regarde les fonctions psychologiques semble universel et vient de loin. D’abord, elles furent considรฉrรฉes, surtout ร  l’intรฉrieur de la philosophie !

Elles y ont รฉtรฉ traitรฉes et classรฉes diffรฉremment selon les auteurs, en accord avec leurs systรจmes (modรจles) psychologiques. 

Pour ce qui concerne la psychosynthรจse, Roberto Assagioli offre une approche basรฉe sur une considรฉration intรฉgrale de tous les รฉlรฉments et fonctions de la psychรฉ.

Il s’agit de facultรฉs bio-psychologiques plus ou moins distinctes, et en mรชme temps complรฉmentaires, qui peuvent se manifester ร  diffรฉrents niveaux de conscience, tout en incluant aussi des รฉlรฉments inconscients.

1 - Identification et classement

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli

Si l’on recule assez loin dans le temps, on trouve dรฉjร  chez Boรจce de Dacie la distinction de quatre facultรฉs ou degrรฉs d'รฉlรฉvation dans l'รขme : 

  • sensus, (sensation)
  • imaginatio, (imagination)
  • ratio (raison)
  • et intellectus (intellect) 

Isaac y ajoute un cinquiรจme, l'intelligentia (intelligence). 

Bonaventure de Bagnoregio, quant ร  lui, s’occupe de stades de la dรฉmarche psychologique ou degrรฉs de la conscience qu'il nomme : 

  • les sensations, 
  • l'imagination, 
  • la raison, 
  • l'intellect 
  • et intelligence 

et encore...

le degrรฉ de la conscience illuminรฉe, considรฉrรฉe le sommet de l'รขme, dรฉsignรฉ en latin apex mentis, ou synderesis scintilla.

Il n'est pas question pour lui de fonctions psychologiques, ร  proprement dite, dans la mesure oรน il semble distinguer seulement deux facultรฉs dans l'รขme : l'intellect et la volontรฉ.

Selon Emmanuel Kant, il y a trois fonctions ร  l'intรฉrieur de la psychรฉ : 

  • la sensation, 
  • l’effort 
  • et la pensรฉe.

Jean de la Croix tient compte trois puissances de l’รขme :

  • l’entendement, 
  • la mรฉmoire 
  • et la volontรฉ.

Pour ce qui concerne les temps modernes et avant Roberto Assagioli, la classification la plus remarquable des fonctions psychologiques revient ร  Carl Gustaaf Jung. 

Il s'agit fondamentalement d'un classement quaternaire constituรฉ par :

  • la sensation, 
  • le sentiment, 
  • la pensรฉe 
  • et l'intuition.

L’objectif visรฉ, c’est l’identification, le classement et la prรฉsentation des fonctions psychologiques telles que
conรงues et รฉlaborรฉes par le concepteur de la psychosynthรจse, tout en plaรงant ce sujet dans un certain contexte l’historique et idรฉologique, de faรงon ร  mieux comprendre les fondements, les caractรฉristiques et la portรฉe de l’approche assagiolienne.

Dans une esquisse de psychologie individuelle prรฉsentรฉe en 1932, Assagioli parle de quatre "centres vitaux" correspondant aux quatre fonctions prรฉsentรฉes par Jung :

  • le centre physique, 
  • le centre รฉmotif, 
  • le centre mental 
  • et le centre intuitif.

Dans un autre document plus รฉlaborรฉ, il tient compte d'un domaine psychologique "amorphe", encore inexploitรฉ, et d'un autre "diffรฉrentiรฉ" dont les รฉlรฉments psychiques se trouvent comme enregistrรฉs.

Assagioli les a ordonnรฉ dans les trois sรฉries suivantes :

- Une sรฉrie cognitive formรฉe par les sensations, les images, les concepts concrets, les concepts abstraits et les idรฉes universelles;

- une sรฉrie รฉmotive constituรฉe par les passions, les รฉmotions, les sentiments personnels, les sentiments esthรฉtiques et moraux, et les sentiments universels;

 - une sรฉrie active comprenant les instincts, les impulsions, les tendances, les dรฉsirs, les aspirations, la volontรฉ personnelle et la volontรฉ spirituelle ou transpersonnelle.

2 - Modรจle septรฉnaire 

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli

En 1958, tout en allant vers un classement plus รฉlaborรฉ, Assagioli commence pour tenir compte de cinq fonctions psychologiques, ร  savoir :

  • Les sensations, 
  • les รฉmotions, 
  • la pensรฉe 
  • et l'intuition, 

c'est ร  dire, les quatre fonctions du modรจle jungien, tout en y ajoutant celle de : 

  • la volontรฉ !

Plus tard et en termes dรฉfinitifs, il offre un classement constituรฉ par sept fonctions psychologiques gravitant autour du Soi transpersonnel, ou centre de conscience.

C’est le modรจle septรฉnaire que l’on passe ร  considรฉrer selon les dรฉsignations et l'ordre indiquรฉs par le diagramme assagiolien de l'รฉtoile, ou รฉtoile des fonctions

C’est le modรจle septรฉnaire que l’on passe ร  considรฉrer selon les dรฉsignations et l'ordre indiquรฉs par le diagramme Assagiolien de l'รฉtoile, ou รฉtoile des fonctions illustrรฉ.

Il inclut les quatre fonctions de la classification jungienne, (sensation, รฉmotion, pensรฉe et intuition), tout en y ajoutant non plus seulement une, mais les trois fonctions suivantes : impulsion, imagination et volontรฉ.

1. Sensation
2. ร‰motion
3. Impulsion
4. Imagination
5. Pensรฉe
6. Intuition
7.Volontรฉ
8. Soi

Mรชme si le Soi figure dans le diagramme de l’รฉtoile, il faut bien noter qu'il s'agit lร  du point de rรฉfรฉrence et non pas d'une fonction psychologique. 

« Les fonctions psychologiques sont des expressions du Soi. »

Celui-ci, quoique distinct de n’importe quelle fonction psychosomatique, n’en n’est jamais sรฉparรฉ.

Roberto Assagioli dit :

« Le Soi est la rรฉalitรฉ permanente et sans changement, un centre stable de la vie ร  son propre niveau; il a des fonctions, mais il n'est pas une fonction. »

Dรฉjร  Thรฉrรจse d’Avila se montrait convaincue du fait que :

« L'ร‚me est quelque chose diffรฉrente de ses facultรฉs ou fonctions [potencias], et que tout n’y est pas la mรชme chose.»

Elle considรจre les fonctions, les “sens et potentialitรฉs naturelles” comme รฉtant les “serviteurs [vassalos] de l’รขme !

Les fonctions psychologiques sont ses instruments de perception et d’action plus ou moins aptes ร  fonctionner ! Il va sans dire que le schรฉma des sept fonctions n'exclut pas d’autres classifications possibles.

Mรชme chez Assagioli, on rencontre d'autres รฉlรฉments pouvant conduire ร  des classements diffรฉrents ou plus dรฉtaillรฉs. 

ร€ propos de la sexualitรฉ par exemple, il tend ร  la considรฉrer comme fonction biopsychologique distincte reliรฉe ร  toutes les autres.

On peut dire de mรชme ร  propos du rรชve, qui induit y voir une activitรฉ en termes de fonction onirique.

En plus de celle-ci, on peut alors considรฉrer รฉgalement fonctions psychologiques, ou bio-psychologiques d'autres facultรฉs : 

  • comme la fonction du langage, 
  • la fonction motrice, 
  • la fonction sexuelle, 
  • et tout particuliรจrement celle de la mรฉmoire, 
  • la fonction mnรฉmonique, qui est plus souvent considรฉrรฉe une fonction psychologique distincte.

Cette facultรฉ semble cependant constituer plutรดt une fonction psychologique gรฉnรฉrale reliรฉe aux sept fonctions habituellement considรฉrรฉes en psychosynthรจse.

Jung y voit : la somme des souvenirs et la facultรฉ de reproduire des matรฉriaux antรฉrieurement enregistrรฉs.

 

« Mรฉmoire et souvenir ne sont pas toujours considรฉrรฉs comme des synonymes. Tandis que la mรฉmoire se limite ร  des enregistrements du passรฉ, dans le souvenir il y a leur รฉvocation alliรฉe ร  une nouvelle signification. »

Jean-Claude Breton, Approche contemporain de la vie spirituelle.

Chez Assagioli, elle s’avรจre parfois au rang des fonctions psychologiques, mais il semble l'identifier plutรดt l'imagination reproductrice !

« La mรฉmoire n’existe pas; il existe un centre qui se souvient. » Roberto Assagioli 

Il s'agit effectivement d'une opรฉration surtout mentale reliรฉe aux domaines conscient et inconscient, tout en ayant un rapport รฉtroit avec l'imagination.

Selon Bonaventure : la mรฉmoire retient le passรฉ, reรงoit le prรฉsent et prรฉvoit le futur !

ร€ propos du classement septรฉnaire d'Assagioli, ordinairement adoptรฉ en psychosynthรจse. Il y est plus clair de faire la distinction des fonction ร  l'intรฉrieur de la psychรฉ que d’รฉtablir l'ordre qui figure dans le diagramme de l'รฉtoile.

Mรฉdiatrice entre les autres fonctions et le centre de conscience, la volontรฉ se voit assignรฉe par Assagioli un rรดle fondamental.

Mรฉdiatrice entre les autres fonctions et le centre de conscience, la volontรฉ se voit assignรฉe par Assagioli un rรดle fondamental.

Assagioli tient que : 

« les diverses fonctions psychologiques peuvent s’interpรฉnรฉtrer et interagir” et que la volontรฉ est dans une position permettant de diriger leur interpรฉnรฉtration et leur interaction ».

Cette exposรฉ sera accompagnรฉ de quelques pistes d'application pratique.

2.1 Sensation

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli

Cette fonction biopsychique nous permet de communiquer non seulement avec l'environnement, mais aussi avec nous-mรชmes. 

Aristote y voit la porte d’entrรฉe pour l’intellect : « Rien n’est dans l’intellect sans รชtre d’abord dans la sensation ! »

Frank Haronian considรจre la sensation comme une fonction proto-psychologique faisant le lien entre l'environnement physique de l'individu et de sa personnalitรฉ, ce qui donne lieu, dans son classement, ร  placer la sensation au niveau prรฉpersonnel.

Selon la sensation, elle est agrรฉable ou dรฉsagrรฉable, il y a de l’aisance ou du malaise, du plaisir ou de la douleur.

Celle-ci, tout en รฉtant synonyme de souffrance, reste compatible avec la joie, de mรชme que le plaisir ne s’oppose pas nรฉcessairement au sentiment de tristesse !

Une sensation ou un sentiment dรฉsagrรฉable n’รฉcartent pas la joie dont ils peuvent devenir de vraies sources.

Roberto Assagioli mets en รฉvidence : 

« Ce n’est pas la mรชme chose d’avoir de la joie et de se sentir joyeux. Nous ne pouvons nous sentir joyeux tout le temps, mais nous pouvons avoir la joie intรฉrieure sans en ressentir le sentiment ! »

La satisfaction du dรฉsir peut รชtre plus ou moins conscient et peut produire le plaisir, mais pas nรฉcessairement la joie.

On exprimerait que la satisfaction est reliรฉe ร  la modalitรฉ « avoir », alors que la joie, ร  considรฉrer plus loin, traduit celle de « l’รชtre », tout en comprenant celui-ci plus que la sensation.

Contrairement ร  l’apatheia** de la philosophie stoรฏcienne en Occident et la virรขga de la philosophie orientale qui semblent prรฉconiser l’indiffรฉrence totale face autant au plaisir qu’ร  la douleur ?!

** l'apathie  

L’indiffรฉrence de l’apatheia opposรฉe au pathos, compulsif et dรฉpendant, est passรฉ au Judaรฏsme et surtout au Christianisme particuliรจrement comme idรฉal รฉthique souvent fort cultivรฉ par les Pรจres de l’ร‰glise et les Pรฉlagiens.

Roberto Assagioli donne comme exemple que le plaisir sexuel et celui de manger sont loin d'รชtre des poisons, ce sont des "gratifications saines" reliรฉes aux objectifs de la vie et de l'amour et qui ne peuvent pas, remarque-t-il, servir de fondements prรฉtendument objectifs de culpabilitรฉ.

Il tient toutefois que :

« la recherche du plaisir et du bonheur comme finalitรฉs en eux-mรชmes est l'erreur et l'illusion caractรฉristiques d'une conception hรฉdonistique et รฉgoรฏste de la vie ! »

Certes, le plaisir et le bonheur sont souhaitables, voire mรชme un droit, mais comme rรฉsultat et non pas comme une prรฉmisse inconditionnelle, ni comme maรฎtrise et non pas comme esclavage . C’est l’attachement au plaisir qui coupe la capacitรฉ de jouissance !

Avec Assagioli, il faut noter non seulement l’amoralitรฉ du plaisir comme tel, mais aussi le fait que « la jouissance des besoins supรฉrieurs n’exclut pas le plaisir ร  tous les autres niveaux ! »

Tout en remarquant qu’il relรจve du sophisme de classifier nรฉgativement d’รฉgoรฏste toute forme de plaisir, il fait la distinction entre : 

  • ‘รฉgoรฏsme รฉgoรฏste’ (le plaisir centrรฉ sur l’autosatisfaction) 
  • et ‘รฉgoรฏsme altruiste’ (le plaisir de plaire aux autres).

Il dรฉnonce ainsi l’erreur du moralisme qui tend ร  confondre jouissance et attachement !

Alexander Lowen fait voir que volontรฉ et plaisir peuvent devenir antinomiques : 

« Il est dans la nature du plaisir qui plus on le poursuit, plus il dรฉjoue nos poursuites. Il est indissociablement liรฉ ร  la rรฉalisation : une vie sans rรฉalisations est รฉgalement dรฉpourvue de plaisir ! »

Autant le refoulement que l'assouvissement nous empรชchent de trouver le vrai sens du plaisir !

« Les gens essayent de refouler leurs dรฉsirs mais ne rรฉussissent qu’ร  les nourrir de l’รฉnergie de leur propre abnรฉgation. Aprรจs qu’un dรฉsir a รฉtรฉ รฉtouffรฉ un certain temps, il revient radicalement, รฉmerge sous une forme diffรฉrente ou semble simplement avoir disparu, mais, de faรงon inaperรงue, il contrรดle en rรฉalitรฉ l’individu qui a essayรฉ de l’รฉliminer. »

Piero Ferrucc

« Souvent en vous refusant le plaisir vous ne faites qu’accumuler le dรฉsir dans le replis de votre รชtre. »

Kahlil Gibran

De son cรดtรฉ, l’assouvissement nรฉvrotique nous dรฉpouille du plaisir trouvรฉ et fait รฉchapper la jouissance que l’on recherche !

Le vrai plaisir est en mรชme temps expression naturelle et gratification spontanรฉe.

Abraham Maslow tient compte d’une certaine dรฉsapprobation ร  l’รฉgard du plaisir qui peut crรฉer :

“un certain embarras, une dissimulation ร  son propos, ce qui aboutit finalement ร  l’incapacitรฉ d’en faire une expรฉrience authentique.”

Alors, retrouver la capacitรฉ de percevoir ses propres plaisirs est le meilleur moyen de redรฉcouvrir la partie de soi que l'on a sacrifiรฉe, mรชme ร  l’รขge adulte.

C’est dans ce sens que Maslow prรดne la thรฉorie de la croissance par le plaisir. Il s’y sent identifiรฉ avec les psychologies dynamiques y incluant explicitement celle d’Assagioli.
C’est dans ce sens que Maslow prรดne la thรฉorie de la croissance par le plaisir. Il s’y sent identifiรฉ avec les psychologies dynamiques y incluant explicitement celle d’Assagioli.

Le plaisir est le fruit spontanรฉ d’un bien accompli ou reรงu, mais il ne doit jamais รชtre le mobile รฉgoรฏste de nos actions (objectifs). 

« le plaisir n’est pas le but de nos aspirations, mais la
consรฉquence de les avoir comblรฉ !
» Viktor Frankl

Alors, par la voie de consรฉquence :

« plus on s’efforce pour le plaisir, moins on devient capable de l’obtenir. » Viktor Frankl

Cela porte ร  dรฉcouvrir dans l’hรฉdonisme un piรจge. Au lieu de jouir du plaisir qui provient de la vie, l’hรฉdoniste sacrifie la vie au plaisir. Il aime donc plus le plaisir que la vie !

« Plus on a de plaisir, plus on est capable d’aimer. Et en offrant notre amour, nous augmentons notre plaisir ! »

Alexandre Lowen

Dans le faux plaisir il y a un sens de sรฉparation, alors que le vrai plaisir en augmente le sens.

Comment distinguerons-nous ce qui est bon dans le
plaisir et ce qui ne l’est pas ?
Posรฉ par
Khalil Gibran

Kahlil Gibran « Allez ร  vos champs et ร  vos jardins et vous apprendrez le plaisir de l’abeille de butiner le miel de la fleur. Mais c’est aussi le plaisir de la fleur de cรฉder son miel ร  l’abeille. Car pour l’abeille une fleur est une source de vie, et pour la fleur une abeille est une messagรจre d’amour, et pour tous les deux, abeille et fleur; donner et recevoir le plaisir sont un besoin et une extase. »

Et il passe ร  la rรฉponse en ton d’exemple : 

« Allez ร  vos champs et ร  vos jardins et vous apprendrez le plaisir de l’abeille de butiner le miel de la fleur. Mais c’est aussi le plaisir de la fleur de cรฉder son miel ร  l’abeille. Car pour l’abeille une fleur est une source de vie, et pour la fleur une abeille est une messagรจre d’amour, et pour tous les deux, abeille et fleur; donner et recevoir le plaisir sont un besoin et une extase. »

Avec lui, on doit considรฉrer le plaisir comme un moyen et non pas comme un but. 

« Le plaisir est un chant de libertรฉ, mais il n’est pas la libertรฉ ! Il est l’รฉclosion de vos dรฉsirs, mais il n’est pas leur fruit. »

Tout le plaisir, y incluant le plaisir sensoriel hors d'une recherche sybaritique², peut dรฉpasser les contraintes du principe hรฉdoniste*, porter de la joie, et atteindre l'extase de la communion de l'amour agapรจ**.

² Qui a pour but la recherche d'un plaisir raffinรฉ.

* L’hรฉdonisme est une doctrine philosophique attribuรฉe ร  Aristippe de Cyrรจne selon laquelle la recherche de plaisirs et l'รฉvitement de souffrances constituent le but de l'existence humaine.

** Agapรจ est un concept philosophique qui dรฉsigne l'amour « divin », « inconditionnel », celui des principes. L'agapรจ est souvent comparรฉe ร  la charitรฉ chrรฉtienne.

Pour qu’une perception sensorielle, soit-elle plaisante ou non, devienne assez consciente et bien assimilรฉe, elle a besoin du concours et d'une complรฉmentaritรฉ de toutes les autres fonctions psychologiques, notamment de la volontรฉ, de faรงon ร  demeurer le temps suffisant dans le champ de la conscience, sans quoi elle sera plutรดt partiale et imparfaite.

ร€ cette fin, on pourra utiliser l’exercice de dรฉsidentification.

Cependant, la formule assagiolienne 

« j’ai des sensations, mais je ne suis pas mes sensations ! » 

s’avรจre assez radicale et ร  saveur dualiste. 

Cette autre proposรฉe par John Firman

« je suis distinct mais non sรฉparรฉ de mes sensations ! »

semble plus adรฉquate et en conformitรฉ avec le processus
psychosynthรฉtique. 

Le stress est devenu un terme commun pour exprimer une tension et un malaise au niveau des sensations. 

Il faut d’abord et avant tout le prendre comme une expression saine de la vie, en tant qu’alarme sensorielle. 

Le caractรจre biopsychique de la sensation fait appel ร  une attention toute particuliรจre de notre corps !

Face ร  la tension, on peut obtenir de la relaxation par le biais de plusieurs techniques :

  • la gymnastique, 
  • la mรฉditation, 
  • le massage 
  • et l’entraรฎnement autogรจne...

Toutes les fonctions psychologiques se trouvant en rapport mutuel, il y faut souligner le rรดle de l’acte volitif, ce qui porte Assagioli ร  remarquer que 

« la volontรฉ doit intervenir afin de diriger, de rรฉgulariser, et d’utiliser au meilleur avantage la fonction sensorielle. »

Chaque sensation peut crรฉer en nous une expรฉrience de co-existence et l'รฉlargissement de l'รชtre !

« รฉprouver une sensation, c'est vraiment devenir en quelque maniรจre la chose sentie ! » Gabriel Marcel

En effet, le monde de la sensation concerne et mets en rapport toutes les dimensions et niveaux de conscience considรฉrรฉs par la psychosynthรจse, y incluant l’apport de
chacune des autres fonctions psychologiques.

 

Roberto Assagioli - Il y a une distinction ร  faire entre l’รฉmotion et la sensation, malgrรฉ leurs connotations.

2.2 ร‰motion

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli

Il y a une distinction ร  faire entre l’รฉmotion et la sensation, malgrรฉ leurs connotations. 

- Si l’on est dรฉrangรฉ par le tabac (la fumรฉe de la cigarette), il y a une sensation. Mais lorsque cela nous rage, il y a une รฉmotion !

Ce ne sont pas les รฉvรจnements qui causent les รฉmotions, mais les perceptions et les idรฉes que l’on a ร  leur รฉgard.

Renรฉ le Senne considรจre l’รฉmotion comme un รฉbranlement plus ou moins fort provoquรฉ dans la vie organique et psychologique ร  partir d'une perception ou d'une pensรฉe !

La vie รฉmotionnelle est aussi, en revanche, une source de pensรฉe(s) !

Henri Bergson qui dรฉfinit l'รฉmotion comme :

« un รฉbranlement affectif de l'รขme qui tient compte de la teneur active des รฉmotions en tant que "gรฉnรฉratrices de la pensรฉe" et d'une sorte d’รฉnergie crรฉatrice. »

Roberto Assagioli place la source d'une รฉmotion dans une sensation, une idรฉe, et aussi dans une autre รฉmotion.

Diffรฉrents รฉlรฉments donnent lieu alors ร  des รฉmotions diffรฉrentes. 

Il voit une action rรฉciproque entre les รฉmotions et les sentiments d'un cรดtรฉ, et les dรฉsirs et les impulsions de(s) l'autre(s) !

Il considรจre en plus l’interaction entre l'รฉmotion et les autres fonctions bio-psychologiques, particuliรจrement son rapport avec l'imagination, puisque les รฉmotions et les impressions ont tendance ร  susciter et ร  intensifier les idรฉes et images correspondantes, ou avec lesquelles elles se trouvent associรฉes.

« Si tu ne croques pas une pomme, tu ne peux pas en connaรฎtre l'รฉmotion de croquer cette pomme, tant que tu n'auras pas goรปtรฉ ร  ce fruit, tu ne pourras pas vraiment le dรฉfinir. »

Eddy Vonck 

Souvent il y a un rapport direct avec la pensรฉe et l'imagination.

Ainsi, Assagioli considรจre que les idรฉes et les images tendent ร  susciter des รฉmotions et des sentiments qui lui correspondent.

Il y lร  une prise de position contraire ร  la thรจse physiologique reprise par Thรฉodule Ribot qui rรฉduit ร  la vie vรฉgรฉtative la source de tous les sentiments.

Celui-ci, tout en traitant les sentiments dans la perspective de la psychologie expรฉrimentale, distingue les รฉmotions ร  caractรจre religieux, moral, intellectuel et esthรฉtique. 

Le terme รฉmotion dรฉrive littรฉralement du latin motus (mouvement) et emovere (dรฉplacer, perturber). Ce terme finit pour remplacer en psychologie moderne le mot passion (passio) avant utilisรฉ, tout en mettant alors en รฉvidence le caractรจre dynamogรจne, de faรงon ร  รฉviter ainsi une connotation plutรดt passive.

Assagioli considรจre que les sentiments sont « des forces de vie », et les passions, « le charbon blanc » qui produit les forces motrices, fรฉcondatrices et distributives de la vie humaine.

P.M. Bonacina voit dans l’รฉmotion :

« un signe qui ouvre la voie a un programme psychique et physique, psychologique et somatique, lorsque l’on vรฉrifie des divergences positives ou nรฉgatives dans les attentes. »

Il associe la passion ร  une situation plus ou moins hors le contrรดle de la raison et de la volontรฉ, c’est ร  dire : 

« tout ce qui chez l’homme (humain) n’est pas raison calculรฉ, mais une tension irrรฉsistible, un dรฉsir oรน/et une convoitise indomptable. »

La rรฉciprocitรฉ entre รฉmotion et sentiment fait que ces deux termes soient parfois prรฉsentรฉs comme les deux pรดles, l'รฉmotion รฉtant reliรฉe au plexus solaire, et le sentiment au cล“ur !

La rรฉciprocitรฉ entre รฉmotion et sentiment fait que ces deux termes soient parfois prรฉsentรฉs comme les deux pรดles, l'รฉmotion รฉtant reliรฉe au plexus solaire, et le sentiment au cล“ur !

En pratique, 'รฉmotion' et 'sentiment' sont pris la plupart du temps pour des synonymes !

Chez Assagioli, il est question parfois d'un terme, parfois de l'autre. Occasionnellement, il emploie le terme 'passion' dans le sens de la dyade รฉmotion-sentiment.

La prรฉfรฉrence pour le terme รฉmotion, tout en ayant le but de simplifier, se doit aussi au fait de sa plus grande neutralitรฉ, รฉtant donnรฉ que le sentiment se trouve parfois alliรฉ ร  l’idรฉe d’un sentimentalisme, portant donc une connotation passionnelle plus ou moins dรฉprรฉciative. 

De toute faรงon, le sentiment est une sorte de musique dont les notes sont les รฉmotions. 

On peut dire que le sentiment se nourrit des รฉmotions comme le corps se nourrit des aliments.

Carl Gustav Jung, au contraire de ceux qui croient que :

« le sentiment n’est qu’une pensรฉe inachevรฉe », considรจre que « nous ne devons pas mรฉlanger pensรฉe et sentiment ! »

Pour lui, un jugement รฉmis par le sentiment jouit en soi de la mรชme รฉvidence, de la mรชme validitรฉ qu’un jugement intellectuel et logique !

Roberto Assagioli - Les รฉmotions et les sentiments vont de pair et se complรจtent, comme les mots et la musique

Les รฉmotions et les sentiments vont de pair et se complรจtent, comme les mots et la musique !

Il semble y avoir, gรฉnรฉralement une tendance ร  connecter la vie รฉmotive avec les impulsions physiques, tout en donnant aux sentiments une coloration ร  caractรจre spirituel ou plutรดt amoureux, ce qui n’empรชche pas de considรฉrer l’amour, ร  la fois, ou en mรชme temps, comme un sentiment et comme une รฉmotion !

Tout en sauvegardant l’utilitรฉ des distinctions, il faut noter qu'il n'y a pas d'รฉtat affectif isolรฉ, mais toujours reliรฉ ร  des images et reprรฉsentations, formant un ensemble auquel les psychologues ont attribuรฉ la dรฉsignation de «complexe" et qu'Assagioli dรฉsigne par le terme de "constellation"

Assagioli remarque que la fonction รฉmotion couvre un champ qui va de manifestations destructrices telles que la colรจre, le rage et la convoitise, jusqu'aux sphรจres les plus รฉlevรฉes de l'amour altruiste.

C’est ร  distinguer, avec lui, entre les รฉmotions ร  caractรจre dรฉpressif :

  • peur,
  • mรฉfiance, 
  • sens d'infรฉrioritรฉ, 
  • jalousie, 
  • rage, 
  • angoisse, 
  • irritation, etc.

et les รฉmotions ร  caractรจre dynamogรฉnique, tel que :

  • la confiance, 
  • l'รฉmerveillement,
  • la joie...

Les premiรจres sont des รฉlรฉments corrosifs (toxiques), tandis que les autres constituent le ciment de l'ล“uvre psychosynthรฉtique.

On parle des รฉmotions nรฉgatives de nature corrosive (toxique) au niveau de l’estomac et du plexus solaire, tout en menant ร  la dรฉpression, alors que les รฉmotions positives rรฉchauffent le cล“ur et portent ร  stimuler et embrasser la vie et le monde. 

En effet, les aspects nรฉgatifs ou positifs concernent non pas les รฉmotions comme telles, mais les rรฉactions ร  leur รฉgard. 

La peur constitue une รฉmotion autant commune que complexe. Elle mรฉrite alors une attention particuliรจre !

Assagioli conรงoit la peur comme une rรฉaction biologique et psychologique fondamentalement dรฉterminรฉe par l’instinct de conservation compris dans son sens le plus ample.

« La chose la plus importante est celle de ne pas รชtre effrayรฉ de la peur ! C’est une condition normale des personnalitรฉs. » Exprime Assagioli !

La peur, techniquement dรฉsignรฉe sous le terme de phobie. Se dire affranchi de toute peur s’avรจre plutรดt une faรงon d’exprimer la peur de la peur.

Il y a l'illusion et l’apparence d'une maรฎtrise de soi qui est en mรชme temps l'incapacitรฉ d'accepter le fait de nos insรฉcuritรฉs et la leรงon de nos propres limites (fragilitรฉs, vulnรฉrabilitรฉs...)

Thรฉrรจse d'Avila avertit que  « nous ne connaรฎtrons jamais sur cette terre une sรฉcuritรฉ complรจte ! »

 

Plus que dans d’autres domaines, il y a tout un nombre de facteurs biopsychiques qui prรชtent ร  la vie รฉmotionnelle des variations d’intensitรฉ. Telle que dans l’รฉchelle musicale, l’harmonie peut et doit se faire dans la conjugaison de notes plus en haut ou en bas de l’รฉchelle !
Plus que dans d’autres domaines, il y a tout un nombre de facteurs biopsychiques qui prรชtent ร  la vie รฉmotionnelle des variations d’intensitรฉ. Telle que dans l’รฉchelle musicale, l’harmonie peut et doit se faire dans la conjugaison de notes plus en haut ou en bas de l’รฉchelle !

Ce sont les dissonances, comme : 

  • l’anxiรฉtรฉ, 
  • la colรจre 
  • et la peur panique, 

que l’on y doit รฉviter ou traiter. 

En effet, la peur reprรฉsente une partie de nous-mรชmes qui prรดne l’accueil et jamais le rejet (le dรฉni). 

 

Plus on essaie d’รฉloigner la peur, plus elle devient proche et dรฉsagrรฉable. Avouer et embrasser la peur est un moyen de l'apaiser !
Plus on essaie d’รฉloigner la peur, plus elle devient proche et dรฉsagrรฉable. Avouer et embrasser la peur est un moyen de l'apaiser !

Au niveau du Soi il n’y a plus de place pour la peur !

Cela n’empรชche pas la conscience de son existence au niveau de la personnalitรฉ qui nous pousse souvent ร  la contrรดler, tout en passant des manifestations ร  ses origines !

Il y a la peur de quelque chose, face ร  une myriade de dangers, et aussi la peur de quelqu’un en rapport avec le rejet et l’isolement, donnant aussi et parfois le sentiment de d’abandon et de d’insรฉcuritรฉ.

Il y a la peur de quelque chose, face ร  une myriade de dangers, et aussi la peur de quelqu’un en rapport avec le rejet et l’isolement, donnant aussi et parfois le sentiment de d’abandon et de d’insรฉcuritรฉ.

« La peur de perdre son travail par exemple, n'a pas le mรชme ressenti qu'un parent autoritaire qui vous maltraite. Ce sont bien deux peurs mais elles sont relativement diffรฉrentes mais aussi complexes au niveau du ou des traumatismes causรฉs. »

Eddy Vonck  


Plus fondamentalement, il y a la peur de ne pas รชtre, laquelle est reliรฉe : 

  • ร  toutes les limitations de la souffrance, 
  • de l’insรฉcuritรฉ, 
  • de la perte d’identitรฉ,
  • et plus encore ร  celle de l’anรฉantissement radical traduit par la perception ordinaire de la mort !

Il y a aussi la peur de la vie (de vivre), ou et un manque de confiance qui tend ร  rรฉprimer la manifestation de potentialitรฉs. 

Cette peur est souvent reliรฉe ร  la conception d’un idรฉal utopique, non rarement associรฉe ร  un sentiment de culpabilitรฉ fruit d’une รฉducation sรฉvรจre, surtout en termes de perfectionnisme qui est souvent le fruit d’un moralisme d'un paire (narcissique) et รฉcrasant.

Le sentiment de culpabilitรฉ y est alors trรจs frรฉquent ou parfois dรฉniรฉ.

Celui-ci peut signifier tout simplement la conscience et le sens de responsabilitรฉ face au mal commis ou omis, mais il se trouve souvent alliรฉ ร  la peur basรฉe sur un jugement nรฉgatif en provenance de soi-mรชme ou des autres, souvent alliรฉ ร  un excรจs de sรฉvรฉritรฉ et ร  de l’intransigeance.

Assagioli mentionne, comme modalitรฉ de la peur : 

« la prรฉoccupation concernant l’opinion (la vision) des autres »

Tout en remarquant que malgrรฉ l’รฉvidence de l’impossibilitรฉ de plaire ร  tout le monde

« Un grand nombre de gens empoisonnent leurs vies avec l’anxiรฉtรฉ tout en essayant d’รฉviter tout forme de reproche ou criticisme ! »

Fondamentalement il y a le manque de confiance en soi-mรชme, voire la peur de soi-mรชme. 

Fondamentalement il y a le manque de confiance en soi-mรชme, voire la peur de soi-mรชme.

« La culpabilitรฉ humaine est plus souvent une culpabilitรฉ nรฉvrotique qu’une culpabilitรฉ rรฉelle. » remarque Abraham Maslow 

« Je suis l'antithรจse, et si nous apprenions aussi ร  accepter de n'avoir plus confiance en l'autre et en la sociรฉtรฉ ! N'est-ce pas un dรฉbut de conscience d'arrรชter de nier qu'il y a des personnes en sociรฉtรฉ qui ne nous respectent pas dans notre intรฉgritรฉ d'รชtre nous-mรชmes ? » Eddy Vonck

 

Tel que pour la maladie physique, la peur est contagieuse et commune ร  tout รชtre humain.

Tel que pour la maladie physique, la peur est contagieuse et commune ร  tout รชtre humain. 

Bien qu'ร  des degrรฉs diffรฉrents, "tout le monde a peur", remarque Assagioli.

Mais il n'en demeure pas moins pour autant que la peur est le fruit d'une erreur d'attitude au niveau de la personnalitรฉ. 

Source de dรฉgradation de l'รฉnergie biopsychologique, cette erreur d'attitude est surtout manifeste dans les diffรฉrentes phobies qui peuvent prendre les formes et les prรฉtextes les plus variรฉs, tout en ayant leurs racines dans l'insรฉcuritรฉ par rapport ร  nous-mรชmes, par rapport aux autres et par rapport ร  la vie. 

La peur provoque parfois l'immaturitรฉ, et parfois des รฉtats de rรฉgression psychologique !

Malheureusement elle peut รชtre cultivรฉe et dissรฉminรฉe
comme un armement de domination,
devenant alors un flot socialement fort contagieux qui peut associer obsession, la paralysie et parfois la dรฉpendance.

Sans faire de la peur, une amie, il faut bien รฉviter de l'observer comme ennemie !  

Le besoin d’รฉviter le danger devient alors si prรฉpondรฉrant qu’il peut neutraliser l’attrait du bien dรฉsirรฉ !

La peur crรฉe la dรฉpendance non seulement du rรฉel, mais aussi de l'imaginaire. 

« Combien nous nous torturons avec un si grand nombre de malheurs qui n'arrivent jamais !? », s'exclame Assagioli.

Pour lui, la peur est une des causes majeures de la souffrance et des erreurs de conduite dans nos sociรฉtรฉs !

Il parle de la peur "aiguรซ et concentrรฉe" dont les manifestations sont : 

  • l’anxiรฉtรฉ, 
  • l'angoisse 
  • et les tensions psycho-physiques, 

tout en voyant l’anxiรฉtรฉ comme « une forme aiguรซ et 'concentrรฉe' de la peur, et en remarquant qu’elle est presque toujours accompagnรฉe d'angoisse, de contraintes (douleurs) psychophysique. 

« L'asthme, comme toutes les maladies pulmonaires sont un indice d'un dysfonctionnement, d'une sclรฉrose qui affecte le cล“ur, en soi, il y a quelques choses en vous, qui sont en colรจres mais qui ne s'expriment pas. Alors votre corps holistique (corps, รขme, esprit) exprime une quinte de toux, une crise jusqu'ร  ce qu'un jour, comme pour moi, je comprends mon traumatisme et que mes besoins familiaux n'รฉtaient pas respectรฉs ni comblรฉs parce que mon รชtre, ร  six ans, mon enfant (intรฉrieur) ne pouvaient pas affirmer que quelques choses en moi รฉtaient malheureuses dans ma famille de naissance. »  Eddy Vonck

« L'asthme, comme toutes les maladies pulmonaires sont un indice d'un dysfonctionnement, d'une sclรฉrose qui affecte le cล“ur, en soi, il y a quelques choses en vous, qui sont en colรจres mais qui ne s'expriment pas. Alors votre corps holistique (corps, รขme, esprit) exprime une quinte de toux, une crise jusqu'ร  ce qu'un jour, comme pour moi, je comprends mon traumatisme et que mes besoins familiaux n'รฉtaient pas respectรฉs ni comblรฉs parce que mon รชtre, ร  six ans, mon enfant (intรฉrieur) ne pouvaient pas affirmer que quelques choses en moi รฉtaient malheureuses dans ma famille de naissance. »

Eddy Vonck 

« Un petit enfant ne peut pas comprendre que son papa est violent avec lui et sa famille, si en plus son papa ordonne et le petit enfant que j'รฉtais, obรฉissais inconsciemment, le risque est qu'ร  l'รขge adulte, l'enfant n'aura appris que la violence et le non-amour de ses parents et privilรฉgiera une obรฉissance presque aveugle comprenant plus tard tous les ordres de la sociรฉtรฉ civile ! »

Eddy Vonck 


Il s’agit alors de « formes morbides de la peur ».

Assagioli compare cette peur ร  un "smog" qui envahit la psychรฉ et ร  un "virus" par rapport auquel nous devons nous dรฉsidentifier sous peine des pires ravages intรฉrieurs. 

Tout en commenรงant pour admettre la rรฉalitรฉ d'une telle expรฉrience, mais il avertit :  

« Ne vous identifiez pas avec la peur; ne la supprimez pas. Surtout, n'ayez pas peur de la peur ! »

Au lieu de combattre la peur, il faut bien la reconnaรฎtre et, en plus, l’accueillir, tant qu’elle subsiste, comme un instrument qui perce la personnalitรฉ et donne l’accรจs aux bas-fonds de notre existence !

C’est en passant par la peur que l’on arrive ร  la surmonter !

La pratique bouddhiste du Tonglen apprend ร  maรฎtriser la peur tout en lui manifestant notre estime. Il y a un appel ร  notre propre vulnรฉrabilitรฉ et au fait de l’inter-vulnรฉrabilitรฉ !

Assagioli considรจre la peur comme รฉtant essentiellement une rรฉaction de dรฉfense, souvent inadรฉquate et ร  effet contraire, de l’instinct de conservation, non exclusivement biologique, mais aussi de la sous-personnalitรฉ qui se sent menacรฉe !

Alors, c’est nรฉcessaire de dรฉcouvrir quelle est la sous-personnalitรฉ qui a peur et de quoi ? Et ainsi on pourra la dissoudre graduellement.

Il distingue la « forme morbide de la peur de la “peur ordinaire” d’origine soit innรฉe soit acquise ! 

Celle-ci tend ร  tuer la volontรฉ et ร  paralyser l’action. 

Roberto Assagioli y voit « un poison largement rรฉpandu » et « la cause principale de la souffrance humaine » comparรฉe ร  une sorte de paralysie qui arrรชte le pied du voyageur, ร  qui ont lui enlรจve les forces et le courage d'avancer !

La peur panique risque effectivement d’รฉtouffer la volontรฉ et de paralyser parfois la mise en action !

Assagioli croit que la peur est vraiment l'รฉmotion la plus rรฉpandue. 

Pour moi, la peur peut รชtre subliminale et dangereuse et traumatisante si on ne la conscientise pas ! Notre sociรฉtรฉ moderne en perpรฉtuelle crises รฉconomiques et de guerres programmรฉes par nos รฉlites, est le pire crime contre notre humanitรฉ ! Ces dominants-lร  ont des intรฉrรชts que nous restons des humains peureux ou et vulnรฉrables qui obรฉissent aveuglement ร  des doctrines devenues dictatures. Osez dire le terme "dictature" en ce bas monde, il faut du courage pour le crier haut et fort aux autres citoyens. Moi, j'ai choisis mon camps, c'est la conscience d'observation dualiste des ombres et de la lumiรจre qui font duel en quelques choses en moi qui ne vous souhaite qu'une chose : la paix uni vers elle - vers Nous Tous, Humains et Citoyens de la Terre et du Monde ! Pour cela, l'enjeu sera une nouvelle dรฉmocratie ร  reconstruire autrement. Nous vivons pour certains et certaines ce traumatisme (maux) collectif en essayant de comprendre (conscientiser) ces mรฉcanismes de haines, de guerres, de conflits... par la conscience.  Eddy Vonck

Pour moi, la peur peut รชtre subliminale et dangereuse et traumatisante si on ne la conscientise pas ! Notre sociรฉtรฉ moderne en perpรฉtuelle crises รฉconomiques et de guerres programmรฉes par nos รฉlites, est le pire crime contre notre humanitรฉ ! Ces dominants-lร  ont des intรฉrรชts que nous restons des humains peureux ou et vulnรฉrables qui obรฉissent aveuglement ร  des doctrines devenues dictatures. Osez dire le terme "dictature" en ce bas monde, il faut du courage pour le crier haut et fort aux autres citoyens. Moi, j'ai choisis mon camps, c'est la conscience d'observation dualiste des ombres et de la lumiรจre qui font duel en quelques choses en moi qui ne vous souhaite qu'une chose : la paix uni vers elle - vers Nous Tous, Humains et Citoyens de la Terre et du Monde ! Pour cela, l'enjeu sera une nouvelle dรฉmocratie ร  reconstruire autrement. Nous vivons pour certains et certaines ce traumatisme (maux) collectif en essayant de comprendre (conscientiser) ces mรฉcanismes de haines, de guerres, de conflits... par la conscience.

Eddy Vonck


Tout en y voyant un facteur de dรฉsintรฉgration de la personnalitรฉ et un des obstacles au progrรจs spirituel,  Assagioli considรจre que la libรฉration de la peur est fondamentale, puisque seulement qui s'est libรฉrรฉ de la peur devient vraiment libre. 

Cette libertรฉ, incompatible avec la peur nรฉvrotique, va de pair avec ce que l’on considรจre la peur saine ร  mieux dire la prudence face aux dangers rรฉels qu’il faut bien craindre et donc รฉviter et essayer d’รฉliminer.

Celle-ci provient de l’instinct de conservation. 

C’est le rejet de la peur qui nous fait tomber dans le cercle vicieux d’avoir peur de la peur. 

Pour s’en sortir, il faut bien reconnaรฎtre, voire aimer la peur en tant que dynamisme et partie de nous-mรชmes faisant appel 

  • ร  l’acceptation, 
  • ร  la transformation 
  • et ร  l’intรฉgration ! 

Moins on accepte la peur, plus il y a un besoin exagรฉrรฉ de commande qui conduit au fracas et ร  la panique. Celle-ci est Pan, associรฉ ร  Phobos, deux divinitรฉs de la mythologie grecque.

Nous sommes tous concernรฉs par la prรฉsence de la force รฉmotive et sentimentale. 

Il s’agit d’un domaine qui met en รฉvidence notre vulnรฉrabilitรฉ, aussi bien que notre potentialitรฉ.

Souvent les gens tombent dans l'attitude erronรฉe d'y voir une faiblesse et d'en avoir peur, 

  • faisant semblant de l'ignorer, 
  • ou alors cherchant ร  s'en dรฉbarrasser, 

sans se rendre compte que l’on est ainsi en train de s'identifier ร  ce que l’on mรฉprise !

Tout ร  fait au contraire, Assagioli prรดne pour l’accueil des รฉmotions et croit qu'il faut les sentir intensรฉment !

Il y a lieu pour un processus qui se prรชte autant ร  l’รฉvolution qu’ร  l’involution, dont l’importance de l’รฉducation de la fonction psychologique รฉmotion-sentiment.

C’est ร  remarquer donc qu’il ne s’agit pas de sentir tout court, mais de le faire de faรงon consciente et contrรดlรฉe.

Le soi-disant ‘sang froid’ peut alors signifier la maรฎtrise d’un potentiel d’abord acceptรฉ, identifiรฉ et bien utilisรฉ. 

En effet, remarque Assagioli : les passions ร  l'รฉtat naturel sont comme des torrents et des fleuves ร  la fois bรฉnรฉfiques et nรฉfastes.

Leur utilisation par la volontรฉ est trรจs insuffisante !

L’expรฉrience mystique reprรฉsente le sommet de la vie รฉmotive qui atteint le niveau transpersonnel. 

Il est important d’identifier non seulement ce qui nous arrive, mais aussi quels sont nos sentiments face aux รฉvรฉnements. Le vrai courage est compatible avec la peur !

La force de la personnalitรฉ ne peut jamais nier un
point faible quelconque, le talon d’Achille toujours exposรฉ. 

Il n’y est pas question de nier l’insรฉcuritรฉ ni de mรฉpriser l’effroi que l’on peut sentir. 

Il s’agit de l’affrontement de la situation avec confiance en soi, tout en invoquant la sรฉrรฉnitรฉ du Soi.

Assagioli fait voir comment la peur existe avant tout dans l’entitรฉ physique

c’est l’instinct de conservation biologique qui s’accroche dรฉsespรฉramment ร  la vie et, en tant que tel, il y a une fonction utile.

Pour contrecarrer ce sens d’insรฉcuritรฉ, il conseille d’avoir
toujours prรฉsent le principe fondamental que le Soi n’a pas peur !

ร€ l’image de la mer, il est propre au moi superficiel de s’agiter dans la panique, mais au niveau du Moi profond, le Soi, il y a la sรฉrรฉnitรฉ permanente caractรฉrisรฉe par : 

  • l’empathie, 
  • la bienveillance, 
  • la solidaritรฉ 
  • et l’amour inconditionnel 

qui รฉcartent la crainte et l’hostilitรฉ. ร€ ce niveau, nous sommes tous courageux et libres de la peur panique caractรฉrisรฉe par la terreur.

Tel que mentionnรฉ plus haut, Robert Desoille a mis en รฉvidence les frustrations gรฉnรฉralisรฉes provenant de ce qu'il appelle "la rรฉpression du sublime".

Abraham Maslow inclut dans sa psychologie la notion de "complexe de Jonas", signifiant la peur panique de l'รชtre humain devant la grandeur de ses possibilitรฉs et de sa mission, et qui cherche ร  se soustraire ร  la responsabilitรฉ personnelle face aux appels de son รขme.

Au niveau du Soi, il peut avoir une sorte de crainte face au sublime

Cette crainte est plutรดt une rรฉaction humblement respectueuse. 

Maslow parle alors de “peur agrรฉable” lorsqu’il tient compte de ce sentiment face aux expรฉriences paroxystiques.

Il s’agit plutรดt d’un sentiment d’humilitรฉ. 

L’รฉvocation du Soi favorise la sรฉrรฉnitรฉ et la confiance. 

Tout en caractรฉrisant le Soi de « spectateur dรฉtachรฉ et souriant », Assagioli รฉvoque la figure du Bouddha avec son sourire plein de compassion, un sourire nรฉ de la certitude que la voie du salut existe, et que tous les individus du genre humain, tรดt ou tard, atteindront la libรฉration et la bรฉatitude.

Une autre รฉmotion difficile ร  comprendre et dure d’accepter c’est la colรจre !

Une autre รฉmotion difficile ร  comprendre et dure d’accepter c’est la colรจre !

Dรฉsignรฉe autrefois une “courte folie”, elle ne contient pas nรฉcessairement un aspect nรฉgatif, tout en รฉtant une rรฉaction normale y considรฉrant la correspondance et la juste proportion entre cause et effet. 

Le sentiment de rage est tout ร  fait normal comme รฉlรฉment informatif ! Il demande de s’exprimer en tristesse et sans reprรฉsailles, conduisant ainsi au soulagement.

Une fois refoulรฉ, il y a la dramatisation reliรฉe ร  l’agressivitรฉ qui se traduit en colรจre qui implique (parfois) de la vengeance. Il y a alors un manque de maรฎtrise de soi, fruit d'un paroxysme รฉmotionnel oรน les autres facultรฉs restent รฉclipsรฉes, ou alors dominรฉes de faรงon ร  justifier l'รฉtat รฉmotionnel. 

Le refus d’une รฉmotion ne fait que l’aggraver. 

Cela rend difficile le processus de dรฉsidentification et auto-identification, et empรชche, par la voie de consรฉquence, l’intรฉgration ( la reconnaissance en soi ) de l’รฉmotion ressentie.

Lorsqu'il y a des manifestations dรฉsagrรฉables ร  caractรจre รฉmotif, il est recommandable d'appliquer la technique de l’acceptation, consistant celle-ci ร  crรฉer un nouveau canal diffรฉrent de l'รฉnergie รฉveillรฉe, tout en leur dispensant d’abord le soin d’un accueil empathique !

Chaque รฉmotion constitue autant une manifestation de notre intimitรฉ que l’invitation a un abord intimement respectueux. 

L’enseignement tantrique fait appel ร  la colรจre sans haine celle du vajrayana (adamantine) dont la teneur dynamique est ร  la fois invincible et accueillante. 

Il y a une invitation ร  la transmutation de l’รฉnergie qui passe par l’observation de nous-mรชmes, en termes de dรฉsidentification, voire d’humour par rapport ร  nos sentiments et nos rรฉactions. 

Il s’agit de l’accueil bienveillant qui s’oppose ร  toute forme de refoulement. Chรถgyman Trungpa remarque : 

« Nous sommes agressifs envers nos รฉmotions, nous essayons d’atteindre la paix ou la bontรฉ par la force. Une fois que nous cessons d’รชtre agressifs envers nos รฉmotions, d’essayer de les changer, une fois que nous en avons une expรฉrience correcte, alors la transmutation peu prendre place. » 

L’รฉmotion est fondamentalement une information d’abord sur nous-mรชmes. Elle mรฉrite toujours l’accueil et le respect !

Le monde des รฉmotions est souvent instable et contradictoire. 

William James observe

« Parfois aucun รฉtat รฉmotionnel est souverain, mais plusieurs se mรชlent ensemble contrairement les uns aux autres. Dans le cas รฉchรฉant, on entend tous les deux, les ‘oui’ et les ‘non’, et alors la ‘volontรฉ’ y est appelรฉe pour rรฉsoudre le conflit.»

Une bonne intervention de la volontรฉ ne doit rien avoir de combatif ou de dรฉprรฉciatif. 

Le mot grec apatheia a รฉtรฉ souvent traduit et utilisรฉ dans le sens d'indiffรฉrence et supรฉrioritรฉ face aux รฉmotions, ce qui n’est pas non plus la voie recommandable !

Il doit dรฉsigner plutรดt le dรฉtachement, c’est-ร -dire la dรฉsidentification par rapport ร  nos รฉmotions.

Un tel dรฉtachement n’a rien ร  voir avec la philosophie stoรฏcienne qui donne aux รฉmotions une connotation fonciรจrement nรฉgative. L’apathie en tant qu’indiffรฉrence engendre la cruautรฉ et constitue une dรฉfense par rapport ร  l’anxiรฉtรฉ.

Rejeter notre vulnรฉrabilitรฉ c'est dรฉtruire notre intรฉgritรฉ !

Nier notre fragilitรฉ c'est augmenter nos dรฉfenses. Souvent la vie รฉmotive est perรงue comme un dรฉrรจglement ร  รฉviter ou ร  dรฉguiser !

L’accueil des รฉmotions devient l’attitude fondamentale pour bien les apprรฉcier, les intรฉgrer. 

Seulement une volontรฉ accueillante rรฉussit d’apaiser les รฉmotions et sentiments qui s’entrechoquent au niveau du moi personnel. 

La plupart de l'humanitรฉ semble dominรฉe par la vie รฉmotionnelle, soit elle est caractรฉrisรฉe par un feu sacrรฉ, par le mirage des illusions, ou par un conflit entre sentiment et raison. Dans la lutte รฉternelle contre la raison, le sentiment n’a jamais รฉtรฉ vaincu, remarque Gustave Le Bon.

En tant que potentiel humain, il est fort digne de considรฉration. Il y a un danger lorsqu’on est aux prises des jugements portant ร  les sous estimer.

On doit cependant tenir compte, dans le domaine des รฉmotions-sentiments des attitudes ร  caractรจre nรฉgatif, comme : 

  • l'indiffรฉrence, 
  • la jalousie,
  • l'intolรฉrance, 
  • le fanatisme, 
  • l'orgueil, 
  • la gรชne.

Celle-ci se manifeste souvent dรจs la premiรจre enfance reliรฉe ร  une image moins positive et manque de confiance en soi-mรชme.

C’est tout une autre chose un malaise ressenti, une fois alliรฉ au sens bien fondรฉ de la propre culpabilitรฉ, laquelle devient nรฉgative une fois refoulรฉe ou rendue obsessive

Pour le cas รฉchรฉant, Assagioli fait voir que la solution consiste dans l’acceptation de nos propres imperfections et dans la reconnaissance que toute l’erreur et mรชme le crime peuvent รชtre rรฉparรฉs, neutralisรฉs par le biais d’actions et de comportements contraires.

Ce sont les situations conflictuelles qui conduisent souvent le monde รฉmotif dans une situation chaotique d'ambivalence, de doute, de scrupule, de phobie et de refoulement...

De pair avec les instincts refoulรฉs, les conflits jouent aussi un rรดle important en rapport ร  l'รฉtiologie des troubles physiques, comme l'asthme, l'artรฉriosclรฉrose, l'eczรฉma, etc..

Malheureusement il y a bien des prรฉjugรฉs au sujet de la vie รฉmotive qui conduisent au mรฉpris, au reproche et au refoulement des รฉnergies lesquelles, au lieu d'รชtre appliquรฉes de faรงon constructive, se dรฉforment ร  l'intรฉrieur de la personnalitรฉ opprimรฉe. 

Un tel refoulement peut atteindre la pathologie d’un blocage รฉmotif dรฉsignรฉ alexitymia, caractรฉrisรฉe par l’incapacitรฉ d’exprimer ses propres sentiments !

Les รฉmotions semblent souvent s’exprimer hors et contre la raison, d’oรน l’appel ร  la dyade rationnel-รฉmotif. 

La raison peut donc apporter une forte contribution, pourvu qu’elle ne dรฉpasse pas ses limites et s’abstienne de rationaliser la vie รฉmotive.

Une telle contribution provient d’un accueil bienveillant reliรฉ au processus de dรฉsidentification, plutรดt que d’un contrรดle rationnel tel que parfois compris et adoptรฉ, faisant l’abstraction de l’intuition, voire en niant mรชme cette fonction, de mรชme que le Soi.

C’est lร  la tentation d’adopter la rationalisation comme le pivot magique qui prรฉtend de maรฎtriser la vie รฉmotive. 

On peut remarquer avec Martha Crampton que

« les approches comme la psychanalyse, l’analyse transactionnelle et la thรฉrapie Rogerienne mettent l’accent sur le lien mental รฉmotionnel; d’autres comme la Gestalt, la bioรฉnergรฉtique et la thรฉrapie primale utilisent principalement le lien entre le corps et les รฉmotions. »

L’originalitรฉ de la psychosynthรจse dans l’utilisation รฉventuelle des techniques mentionnรฉes consiste dans le fait d’y privilรฉgier le rapport de chacun de ces รฉlรฉments avec le centre de la conscience aux niveaux soit personnel soit transpersonnel !

Bien du monde se sent mal ร  l’aise avec ses รฉmotions tout en ayant le sentiment de ne pas les exprimer adรฉquatement.

Il peut y avoir soit une atrophie² de la fonction รฉmotive, soit tout simplement une difficultรฉ de la verbaliser.

²un รฉtouffement  

La complexitรฉ de la vie รฉmotive se prรชte ร  embarras et peut porter regrettablement ร  mettre de cรดtรฉ sa propre richesse, et de mรฉpriser l’รฉmotivitรฉ en la considรฉrant comme une sorte de faiblesse.

Pourtant la vie รฉmotive a un rรดle important ร  jouer dans le processus psychosynthรฉtique individuel et social. 

Il s’agit d’un potentiel immense qu’il faut maรฎtriser tout en รฉvitant cependant la tendance ร  gรฉnรฉraliser, et absolutiser ces รฉtats d’รขme qui sont effectivement subjectifs et transitoires.

C’est ร  noter, avec Assagioli, que  

« tout sentiment ou รฉmotion pรฉnible รฉveille le dรฉsir et le besoin d’en รฉliminer la cause. En contrepartie, les รฉmotions heureuses et agrรฉables invitent ร  perpรฉtuer ce qui les produit. »

Toutes ses forces forment un rรฉservoir de manifestations de l'รฉnergie psychologique !

Celle-ci, comme n'importe quelle รฉnergie, constitue un potentiel moralement neutre. 

Il appartient ร  la volontรฉ d'en faire l'utilisation convenable, et d'abord de la reconnaรฎtre. 

Il s’agit ainsi des รฉnergies ร  identifier, ร  cultiver, ร  actualiser, parfois ร  transformer et ร  sublimer, mais jamais ร  refouler.

Le fait de les ignorer, de les exclure ou de les rรฉprimer devient source de manifestations pathologiques et un vรฉritable obstacle ร  l'รฉpanouissement psychologique.

Une des manifestations la plus commune et normale est celle des larmes fruit autant de la joie que de la peine !

Assagioli est d'avis que la plupart des troubles nerveux sont reliรฉs ร  des situations รฉmotives violentes provenant de conflits entre tendances opposรฉes, souvent entre vie intรฉrieure et vie extรฉrieure.

Il propose donc un traitement รฉducatif ร  caractรจre psycho-spirituel qui tient compte en mรชme temps des fonctions psychologiques et de l'รฉveil des รฉnergies de l'รขme.

Tout au dรฉbut de sa carriรจre professionnelle, il proposait ร  cet รฉgard l'รฉducation par la maรฎtrise et jamais par la rรฉpression : 

« Les รฉmotions et les sentiments sont effectivement les idรฉes-forces les plus puissantes et aussi les plus dangereuses; alors, il est inutile d'insister sur l'importance capitale de les contrรดler et de les cultiver. »

Il est aussi dangereux de nier les รฉmotions que d'en รชtre esclave !

Pour le fondateur de la psychosynthรจse, sentir une รฉmotion signifie plus que la subir; d'oรน l'avertissement: 

« Tu ne dois pas suivre tes รฉmotions [...]. Ce sont tes รฉmotions qui doivent te suivre. »

Loin donc de concevoir l’รฉmotion comme une fonction spontanรฉe hors de l’hypothรจse de contrรดle, Assagioli croit au besoin et possibilitรฉ d'une maรฎtrise dans ce domaine.

Un premier pas pour y arriver c’est la dรฉsidentification, comme remarque Nella Assagioli Ciapetti, son รฉpouse :
 

«Nous devons apprendre ร  nous distancier de nos รฉmotions et de nos expรฉriences, y incluant celles qui sont ร  caractรจre spirituel. » 

Il n'est pas question d’un รฉloignement ร  proprement dire, mais plutรดt d’un rapprochement vers le Soi, et la source de la sรฉrรฉnitรฉ.

Tel que rรฉfรฉrรฉ, les รฉmotions-sentiments sont dotรฉs d'un potentiel รฉnergรฉtique qui tend ร  s'exprimer et ร  se rรฉpandre !

Assagioli classifie ce potentiel de "contagieux" !

Lorsqu'il y a un conflit d'expression entre les รฉtats affectives, le plus fort tend ร  dominer aux dรฉpens des plus faibles. 

Pris par la force d'une รฉmotion ou d'un sentiment, nous sommes tentรฉs de nous identifier ร  l'รฉbranchement expรฉrimentรฉ et d'oublier ainsi, en les rรฉprimant, toutes les autres expรฉriences affectives.

Certes, comme remarque Piero Ferrucci, 

« le fait est qu’il devient dangereux de suivre sans discrimination nos รฉmotions comme si elles รฉtaient des oracles.” Mais, d’un autre cรดtรฉ, nous ne devons pas non plus les nier parce que cela refoulerait une dimension prรฉcieuse de notre รชtre. »

« Il nous faut alors trouver la bonne perspective, celle du Soi transpersonnel ce qui nous permet alors de voir un sentiment particulier dans sa dimension rรฉelle. Nous pouvons ainsi constater que les รฉmotions et les sentiments sont les ingrรฉdients nรฉcessaires de la vie de chacun: ils sont la source inรฉpuisable de la joie, ils facilitent la communication, ils ajoutent la couleur ร  tout ce que nous faisons; ils vivifient nos idรฉes et font intensifier l’activitรฉ intuitive. »

Telle est la perspective de l’approche psychosynthรฉtique axรฉe sur le centre de la conscience autant au niveau du moi personnel que du Soi transpersonnel.

L’insรฉcuritรฉ et l’anxiรฉtรฉ vont de pair et deviennent un obstacle ร  l’รฉpanouissement et ร  la crรฉativitรฉ. 

Elles traduisent un รฉtat de mise en garde et reprรฉsentent un manque d’identification avec le Soi transpersonnel, donnant lieu ร  une vraie coupure avec soi-mรชme et les autres.

La lutte contre les รฉmotions est toujours dรฉconseillรฉe. 

Leur accueil devient condition pour ouvrir un canal permettant la dรฉcompression de l’รฉnergie et la possibilitรฉ de son utilisation en termes de crรฉativitรฉ.

Pour maรฎtriser les รฉmotions, il est fondamental de les reconnaรฎtre et de les distinguer de nous-mรชmes !

Il y a donc toute une dynamique reliรฉe autant au drame qu’ร  la dรฉdramatisation. 

Le dรฉtachement n'a rien ร  voir avec l'indiffรฉrence et l'opposition n'est pas du tout un rejet. 

Accueillir les sentiments sans les juger est un signe de maturitรฉ.

Un sentiment fondamental c’est la compassion, laquelle, tout loin d'un simple sentiment de pitiรฉ, provient en mรชme temps d’une co-identification existentielle et de la conscience d’une (un besoin) harmonie essentielle.

On comprend alors pourquoi Alberti conรงoit le sentiment comme : 

« l’expression de la libertรฉ de l’รขme », au point d’y voir
« l’essence et la voix de l’รขme humaine. »

L’รฉmotion la plus fondamentale et satisfaisante est celle d’รชtre en contact intime avec soi-mรชme, c’est-ร -dire : de vivre l’expรฉrience de l’auto- identification qui mรจne ร  la co identification avec tout et tous.

La fonction รฉmotion-sentiment nous rend conscients du rapport รฉtroit entre la vie extรฉrieure et la vie intรฉrieure, souvent marquรฉ par des conflits entre l'une et l'autre.

Le monde des รฉmotions et sentiments est plein de manifestations et potentialitรฉs, mais la grande majoritรฉ des gens semblent ร  leur merci.

Les domaines รฉmotionnel et sentimental se prรชtent aisรฉment autant ร  des pratiques idolรขtres qu’ร  des exploitations (humaines), soient-elles d’ordre politique, pseudo religieux (sectaires), sportif ou autre...

Pour รฉviter que l’on soit ร  la prise de nos รฉmotions et nos sentiments, Assagioli propose l’exercice de dรฉsidentification du moi par rapport aux รฉtats psychologiques toujours changeants, tout en pouvant utiliser d’abord la formule devenue classique en psychosynthรจse : 

« J’ai une vie affective, mais je ne suis pas mes รฉmotions, ni mes sentiments ! »

 Il y aura encore un pas en avant, dans le sens d’y observer une manifestation de notre identitรฉ qui mise sur l’intรฉgration.

Au lieu de subir nos รฉmotions et nos sentiments, il devient passionnant de les mettre au service d'un idรฉal dans lequel ils ont non seulement leur place mais aussi un rรดle effectif.

Parmi les รฉtats supรฉrieurs des รฉtats รฉmotifs, Assagioli mentionne : 

  • l'idรฉalisme, 
  • l'esprit de sacrifice, 
  • la gรฉnรฉrositรฉ, 
  • le courage et l'audace, 

aussi bien que :

  • l'apprรฉciation de la beautรฉ, la contemplation,
  • le sens de l'honneur.

Plus que de mettre l’accent sur les sentiments nรฉgatifs comme : 

  • l’orgueil, 
  • l’avarice, 
  • la jalousie

il devient alors important de dรฉcouvrir et de cultiver les vertus opposรฉes de l’humilitรฉ, de la gรฉnรฉrositรฉ et de la magnanimitรฉ.

La fonction รฉmotion est d'abord et avant tout une expรฉrience de la rencontre avec nous-mรชmes.

Accueillir l’รฉmotion sans la juger est un signe de maturitรฉ. La compassion y est le sentiment le plus fondamental.

Bien plus qu'un simple sentiment de pitiรฉ, celle-ci signifie la conviction profonde de l’harmonie essentielle.

Le sentiment d’รชtre quelqu’un est plus fondamental que celui de sentir ou d'imaginer quelque chose. 

Il conviendra d’insister sur le fait que l’รฉmotion la plus significative est celle d’รชtre en contact intime avec soi-mรชme, c’est-ร -dire de vivre l’expรฉrience profonde de l’auto- identification. 

Le sentiment d’รชtre quelqu’un est plus fondamental que celui de sentir quelque chose. L’extase y reprรฉsente le comble de la vie รฉmotive expรฉrimentรฉe au niveau transpersonnel.

 

 

2.3 Impulsion

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli

La fonction impulsion est constituรฉe par ce que l’on nomme aussi les “ forces vitales ”, distinctes de que l’on a dรฉsignรฉ les “ forces aveugles ” existantes dans la nature dite inanimรฉe, telles que l’รฉlectricitรฉ et l'รฉnergie atomique.

Il s'agit d'รฉnergies biopsychiques, effectivement mal identifiรฉes et dont on ne connaรฎt pas encore ni la nature exacte ni mรชme le nombre.

Au sens le plus large, on partage cette fonction avec tous les รชtres vivants y incluant le royaume vรฉgรฉtal dans la mesure oรน il y a des tendances ร  conserver et ร  exprimer la propre vitalitรฉ.

Par rapport ร  l’รชtre humain, il y a un caractรจre ormique, qui regroupe toutes les รฉnergies biopsychiques invitant ร  l'action, lequel se trouve identifiรฉ sous les noms :  

  • d’attraction, 
  • de rรฉpulsion, 
  • de tendance, 
  • d'instinct, 
  • d'aspiration 
  • et d'inspiration.

On peut alors parler de pulsions ou impulsions ordinairement considรฉrรฉes comme des tendances ou des rรฉactions biopsychiques en rapport avec quelque chose ou quelqu'un. 

Faisant usage d'un terme anglais, on les nomme souvent des "drives" biopsychiques .

Assagioli voit dans les impulsions ou instincts des tendances spontanรฉes qui nous mobilisent ou qui tendent ร  le faire.

Les termes ‘impulsion’ et 'instinct' portent chez lui une signification plus ou moins synonyme : 

« Nous pouvons appeler instinctives les impulsions, les actes, les tendances, les rรฉactions qui รฉclatent de notre inconscient hors l’action de la volontรฉ, et parfois contre celle-ci. »

Il tient compte de cinq instincts fondamentaux : 

  • L’instinct de conservation, 
  • l’instinct de reproduction, 
  • l’instinct grรฉgaire ou social, 
  • l’instinct d’auto-affirmation, 
  • et l’instinct de connaissance.

La classification de l'agressivitรฉ comme sixiรจme instinct reste une question controversรฉe .

De toute faรงon, on doit considรฉrer ร  l’intรฉrieur de l’impulsion autant l’attraction que la rรฉpulsion.
 

C’est ainsi que Abraham Maslow tient compte : 

  • de la “pulsion de refus” 
  • et de la “pulsion d’acceptation.”

Il y a des pulsions ร  tous les niveaux tant de la conscience que de l’inconscient, et elles se trouvent en rapport avec toutes les autres fonctions vitales.

Les pulsions ou impulsions biopsychiques de teneur sensorielle sont en relation directe avec les besoins physiologiques et l'instinct de sรฉcuritรฉ

Elles semblent avoir leurs racines surtout au niveau de
l'inconscient infรฉrieur.

La philosophie orientale place leur siรจge ร  la hauteur des trois premiers ‘chakras’, les centres d’รฉnergie situรฉs au niveau infรฉrieur du tronc.

Quelles que soient ces รฉnergies, il y a lieu de les utiliser ou de transformer, mais jamais on peut les รฉliminer.

Souvent, les instincts sont considรฉrรฉs primitifs et classรฉs d'infรฉrieurs, quelque chose que l’รชtre humain a en commun avec les animaux. 

Henri Bergson soutient que l’instinct est une forme prรฉalable de l’intelligence.

Assagioli tient compte d’une sorte d'รฉnergie ร  l'รฉtat sauvage : 

« Il existe en nous tous, des รฉlรฉments infรฉrieurs ร  caractรจre instinctif que nous devons connaรฎtre et maรฎtriser sans nous laisser perturber et troubler. Leur existence ne constitue pas en elle-mรชme un 'mal'; l'important c'est de les reconnaรฎtre et d'en faire un usage digne. »

Toutefois, comme il remarque :

« l'instinct n'est 'bon' ni 'mauvais' en soi.»

ร€ son avis, il serait alors un contresens de chasser ou de rรฉprimer n’importe quel instinct : 

« Les instincts, les passions et les habitudes que nous essayons de maรฎtriser rรฉsistent ordinairement ร  nos efforts et รฉchappent facilement ร  notre contrรดle en se cachant dans l'obscuritรฉ de l'inconscient d'oรน ils s'insinuent subtilement en nous ou nous prennent de surprise par assaut violent ! »

En fait, la force attractive ou rรฉpulsive de l’instinct qui demande notre attention ne constitue jamais une imposition. Il y a une รฉnergie qui nous confronte avec nous-mรชmes. 

Les dรฉsirs appartiennent au domaine des impulsions ร  caractรจre plus ou moins conscient

Il y a tout un rang de manifestations au niveau des dรฉsirs. 

Lorsqu'on parle de dรฉsir, on pense ordinairement ร  une attraction en vue d'une possession et jouissance, mais il peut aussi traduire soit l’amour altruiste soit le souhait du mal, ou encore tout simplement la tendance ร  avouer quelque chose ou ร  quelqu'un.

Tandis que chez Freud se confondent l'instinct de conservation physique en rรฉaction contre la mort et la tendance ร  dรฉtruire et ร  tuer !

Chez Assagioli il y a une vraie distinction. Il dรฉfinit le dรฉsir comme : " une force dynamique qui pousse ร  l'action ".

Selon lui : 

« tous les besoins รฉvoquent des pulsions tendant ร  les satisfaire ! »

Pourtant, une distinction doit รชtre faite entre 'besoins' et 'dรฉsirs'. 

Ceux-ci, malgrรฉ leur dynamisme qui pousse ร  l’action, ne correspondent pas toujours ร  de vrais besoins !

Faire disparaรฎtre les dรฉsirs n’est ni souhaitable ni possible !

L’idรฉe de tuer les dรฉsirs doit รชtre comprise mรฉtaphoriquement au sens les apaiser, de mรชme qu’on ne tue la faim que l’on apaise, sans pourtant se dispenser d’un bon critรจre concernant la nourriture choisie, et sans condamner l’appรฉtit.

Ils constituent effectivement des expressions de notre vitalitรฉ, faisant appel ร  un accueil bienveillant.

Alors, si l’on ne peut pas tuer le dรฉsir, que l’on ne doit pas ignorer, il nous reste la possibilitรฉ de l’accueillir, et alors de le transformer, s’il en est le cas, tout en lui offrant une attraction supรฉrieure.

Plus qu’une rรฉalitรฉ ร  constater et que l’on doit accepter, le dรฉsir est lร  pour รชtre cultivรฉ et intรฉgrรฉ jusqu’au niveau transpersonnel.

Au niveau du Soi, le dรฉsir individuel n’est plus en compรฉtition avec le dรฉsir des autres. 

Au comble de la rรฉalisation, la bรฉatitude ou nirvana, la flamme du dรฉsir n’est plus nรฉcessaire et s’รฉteint.

Prendre indistinctement ses dรฉsirs pour des besoins ร  satisfaire est une erreur. Il y a place ici pour un discernement qui peut รชtre facilitรฉ par l'exercice de dรฉsidentification et par le rรดle de la volontรฉ qui doit accueillir et satisfaire ou sublimer les dรฉsirs, sans jamais les rejeter ni les refouler.

Ils sont ร  la fois fruit et source d’รฉnergie faisant appel ร  รชtre utilisรฉe mais jamais gaspillรฉe !

Bien souvent, le dรฉsir et la volontรฉ se trouvent en conflit !

 « nous devons considรฉrer la volontรฉ non comme un refus du dรฉsir, mais comme une incorporation du dรฉsir ร  un niveau de conscience plus รฉlรจve. »  Rollo May

La volontรฉ donne au dรฉsir l'orientation, la libertรฉ et la maturitรฉ. Si quelqu'un possรจde le dรฉsir sans la volontรฉ, il est un รชtre humain poussรฉ et tiraillรฉ, non libre, infantile; devenu adulte, et peut devenir homme-robot. Rollo May

Les dรฉsirs nous donnent conscience de nos limitations, aussi bien que de nos possibilitรฉs vers leur dรฉpassement.

Il y a non seulement la tendance, mais aussi l’exigence d'expression, sous peine de refoulement donnant lieu ร  des troubles autant psychiques que physiques.

Freud y voit la naissance et prรฉdominance du ‘surmoi’ sur le ‘moi’.

Toutefois, il devient important d’y choisir l’expression adรฉquate et, en partant, de faire la distinction entre dรฉsirer et vouloir !

Le dรฉsir en soi n'implique aucun engagement, tandis que l'acte volitif s'attache ร  un choix ou dรฉcision, tout en prรชtant attention aux motivations qui nous impulsent ร  agir, faute de quoi l’on resterait ร  la merci de nos impulsions.

La rรฉpression qui donne lieu ร  l’inhibition est une impulsion restrictive ร  caractรจre nรฉgatif.

Ce n’est pas la mรชme chose dรฉsirer et aimer !

L’amour exclu toute forme de dรฉsir possessif.

En effet, ce n’est pas le dรฉsir comme tel que l’on doit รฉviter, mais l’attachement au rรฉsultat alliรฉ au dรฉsir.

Au niveau de la personnalitรฉ, le dรฉsir fait appel ร  l’alignement avec le Soi transpersonnel, source de l’abondance et royaume oรน la volontรฉ et l’amour se fondent.

Assagioli remarque : 

« Ceux qui ont une conception rigidement dualiste et
sรฉparatiste considรจrent les instincts et les passions comme รฉtant quelque chose fondamentalement mauvaise et impure et ils tendent donc ร  les considรฉrer avec horreur, faisant tout effort pour les rรฉprimer et supprimer. Mais cette attitude donne lieu ร  des graves inconvรฉnients. L'observation
psychologique prouve comment les forces vivantes qui existent en nous ne peuvent pas รชtre supprimรฉes, ni tuรฉes. C’est seulement par l’emploi de mรฉthodes rรฉpressives d’intensitรฉ รฉquivalente que l’on peut empรชcher leurs
manifestations extรฉrieures et les paralyser, mais une telle inhibition forcรฉe ne constitue pas une solution adรฉquate et satisfaisante. Elle exige un grand gaspillage d'รฉnergie qui รฉpuise et dรฉprime les autres activitรฉs, en donnant lieu ร  une forte tension intรฉrieure qui peut donner origine des crises ou
troubles autant nerveux que psychiques.
»

La rรจgle d'or est la maรฎtrise sans refoulement. Il y a alors de la place pour l'expression de l'รฉnergie identifiรฉe ou รฉveillรฉe, une fois transmutรฉe et sublimรฉe.

L'impulsion se rapporte habituellement ร  la vie instinctive bio- psychologique, au niveau de la conscience prรฉlogique, et elle se trouve reliรฉe ร  des comportements parfois violents !

Cela peut porter ร  croire qu'il s'agit d'une fonction psychologique primitive ร  caractรจre uniquement rudimentaire !

Effectivement toutes les fonctions psychologiques peuvent se trouver et manifester en rapport avec des รฉtats de conscience plus ou moins รฉlรฉmentaire, y incluant des situations rรฉgressives.

En rรฉalitรฉ les impulsions considรฉrรฉes infรฉrieures, peuvent atteindre les plus hauts niveaux d'expression reliรฉs ร  une conscience fort รฉclairรฉe. 

Au lieu de parler d’impulsions ou d’instincts primitifs, il est prรฉfรฉrable de les considรฉrer comme de la matiรจre premiรจre faisant appel ร  la transformation !

Par le fait de reconnaรฎtre le caractรจre spontanรฉ de nos pulsions, on ne veut pas dire que la volontรฉ ne puisse pas รชtre effective lors des manifestations instinctives. 

Celles-ci comprennent et tendent ร  se manifester dans toutes les dimensions de l’humain, dรจs les rรฉactions hormonales jusqu’ร  l’instinct spirituel. On ne doit pas confondre ces tendances ร  l’expression avec l'acte volitif.

Il s'agit de deux fonctions psychologiques dont Assagioli souligne la diffรฉrence, tout en notant cependant que l'รฉquilibre psychologique s'opรจre par une sorte de contrat permanent entre l'une et l'autre.

Chez l’รชtre humain, l’impulsion-dรฉsir concerne directement la vie instinctive prรฉsente ร  tous les niveaux de l'inconscient et dont l'inconscient moyen est ordinairement, mais pas toujours la premiรจre porte d'accรจs.

On peut y voir la gรฉnรฉralisation d’une rรฉaction nรฉgative pour ce qui concerne les instincts, donnant lieu, une fois maintenue, ร  un processus rรฉgressif vraiment regrettable.

La thรฉorie pavlovienne des rรฉflexes conditionnรฉs vรฉhicule une conception de la vie qui tend ร  rรฉduire les pulsions instinctives ร  des tropismes mรฉcanistes soumis au binรดme stimulus-rรฉaction.

Il y a certainement des vrais conditionnements ร  considรฉrer, mais sans jamais oublier le libre-arbitre et l'intervention de la volontรฉ.

L’opposรฉ de l’impulsion : l’incitation ou l'excitation, ou dans d'autres termes : l’inhibition oรน les stimulations sont contrรดlรฉes par les prรฉjugรฉs, et surtout par la peur qui engendre la difficultรฉ et de la mรฉfiance !

Cela peut se manifester en termes d’opposition ร  la nature instinctuelle. 

Il y a alors de la rรฉsistance qui mรจne (parfois) au refoulement qui engendre des tensions face aux manifestations pulsionnelles.

« Refouler une impulsion, c’est la condamner ! » Exprime Roberto Assagioli 

Dans la mesure oรน le dรฉsir est refoulรฉ, il n’existe plus comme tel au niveau conscient et la volontรฉ de le combler disparaรฎt, tout en donnant place ร  de la rรฉpression ร  teneur nรฉvrotique.

Lorsque la volontรฉ se soumet au dรฉsir, il a les comportements compulsifs d’ordre instinctuel qui peuvent aller aussi jusqu’ร  la nรฉvrose obsessionnelle. 

Que conseiller face aux instincts ?

Assagioli prรดne pour une expression modรฉrรฉe et harmonieuse, fruit de leur transformation et de leur sublimation, particuliรจrement en ce qui concerne les instincts combatifs !

C’est ร  noter qu’il peut y avoir un mรฉcanisme de refoulement dans la rationalisation des impulsions instinctives, lorsqu'il y a un sophisme mental masquรฉ par l'illusion d'une victoire de la raison.  C'est un mรฉcanisme de dรฉfense utilisรฉ dans la structure d'un symptรดme psychopathologique portรฉ ร  nier et refouler les instincts au lieu de les accepter.

Ce que l’on vient de dire se trouve en rapport avec la loi psychologique suivante prรฉsentรฉe plus loin dans le chapitre consacrรฉ ร  la volontรฉ : 

« Les instincts, les impulsions, les dรฉsirs et les รฉmotions tendent ร  s’exprimer et demandent que leur expression ! »

Les รฉnergies du supraconscient peuvent descendre et รฉveiller les impulsions les plus รฉlรฉmentaires qui sont encore endormies, tout en donnant lieu ร  des situation conflictuelles, en absence de leur maรฎtrise.

Assagioli tient compte d'une loi psychodynamique selon laquelle : 

« les impulsions, les besoins, les mobiles et les dรฉsirs tendent ร  soulever les images, les idรฉes et les รฉmotions correspondantes ! »

Il y a une interaction apte ร  la crรฉativitรฉ, mais aussi la possibilitรฉ du conflit et d'un esclavage**. (**routines, une mauvaise habitude par exemple.)

Assagioli souligne en particulier le danger de la rationalisation accompagnรฉe de "pseudo-raisons", face auxquelles doivent intervenir le discernement et la volontรฉ !

Il tient compte aussi de la « fascination de l'horreur »  en provenance  « l'attraction vers les bas-fonds » des aspects et manifestations instinctuelles de la nature humaine ร  l’รฉtat primitif, attraction qu’il considรจre clairement rรฉvรฉlรฉe dans la diffusion des รฉcrits, des films et des spectacles qui expriment la violence avec des รฉtats/ scรจnes morbides.

Tout en admettant le besoin d'explorer les bas-fonds de l'inconscient et de laisser ses รฉlรฉments affleurer ร  la conscience, Assagioli considรจre une erreur d'arrรชter le processus ร  ce niveau de l'analyse psychologique sans le contrecarrer avec des aspects supรฉrieurs qui donnent lieu ร  ce qu’Hermann Keyserling nomme l‘irruption de l'Esprit !

Ces aspects supรฉrieures il les voit parmi les impulsions, dรฉsirs et aspirations les plus รฉlevรฉs, reconnus par de nombreux psychologues, tout en y considรฉrant : 

« l'impulsion de l'expression de soi; le besoin de connaรฎtre ou comprendre le sens de la vie; l'amour dans ses aspects les plus hauts de compassion et d'altruisme; l'aspiration de communion avec des rรฉalitรฉs plus larges et plus รฉlevรฉs; la prise de conscience et expression de valeurs supรฉrieures de nature รฉthique, esthรฉtique et religieuse. »

La psychosynthรจse postule l'existence d'une catรฉgorie d'instincts supรฉrieurs qui ne sont pas seulement le fruit de la sublimation des instincts infรฉrieurs.

Ces instincts supรฉrieurs sont considรฉrรฉs par Assagioli, lorsqu'il tient compte de l'instinct de transcendance.

Il y considรจre aussi le danger de leur refoulement : Il y a une rรฉpression claire des impulsions supรฉrieures qui est tout ร  fait semblable ร  celle des instincts infรฉrieurs dรฉcouverts par la
psychanalyse.

Il fait encore la remarque suivante

« Les hommes ont peur du sublime, parce qu'ils ne le connaissent pas; s'ils admettaient la rรฉalitรฉ de valeurs supรฉrieures, ils seraient tenus de se conduire plus noblement ! » 

« l'impulsion vers le sublime exige de nous l'intรฉrรชt pour les autres, le besoin de communiquer avec eux ร  travers le meilleur de nous-mรชmes, tout en trouvant notre satisfaction la plus profonde dans le service rendu. » observe Frank Haronian.

Il y est alors question d’identifier et de donner suite au dรฉsir altruiste !

Dans l'รฉducation de la fonction impulsion, la volontรฉ joue un rรดle capital. 

En plus de la reconnaissance de nos tendances spontanรฉes, elle est appelรฉe ร  les maรฎtriser et ร  les conduire vers un but qui les valorise.

C’est toutefois l'amour qui catalyse et qui porte au sommet du vrai sens toutes les impulsions, dรฉsirs, tendances, aspirations et inspirations de l'รชtre humain.

L'amour vrai est le fruit de tous ces รฉlรฉments sublimรฉs. 

Puisque l'impulsion peut provenir autant des instincts รฉlรฉmentaires que des instincts supรฉrieurs, il tient compte de ce qu'il appelle "l'action inspirรฉe" provenant du Soi transpersonnel en tant qu'impulsion dรฉterminante d'action et de communication !

La psychosynthรจse propose une dynamique รฉvolutive qui peut conduire, dans les domaines de l’impulsion, n'importe quelle รฉnergie biopsychique ร  une vraie floraison de l'esprit !

2.4 Imagination

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli

Il y a une sorte de culte de l’imagination dรฉjร  dans les civilisations anciennes, soit en Orient (en Chine et aux Indes), soit en Occident (ร‰gypte et Grรจce).

Dรฉjร  Platon et les nรฉo-platoniciens, tels que Plotin, se sont particuliรจrement intรฉressรฉs ร  l'imagination ou fantaisie

L’on trouve chez les tribus amรฉrindiennes des techniques ancestrales ร  teneur chamanique reliรฉes ร  l’รฉvocation symbolique de l’animal totem surtout accolรฉes ร  des pouvoirs de guรฉrison. 

De nos jours, depuis Thรฉodore Ribot, et plusieurs psychologues ont mis en รฉvidence le pouvoir de l'imagination, notamment en rapport avec la suggestion et l'autosuggestion.

Assagioli a pris l'imagination au sรฉrieux, au point de la considรฉrer expressรฉment une authentique fonction psychologique : 

« Nous estimons que l'imagination, ou fantaisie, reprรฉsente une fonction distincte. »

La Fantaisie en provenance du grec 'phantasia', plutรดt alliรฉe ร  l’irrรฉgularitรฉ des dรฉsirs et aux caprices de la volontรฉ, se rรฉfรจre, tout particuliรจrement chez Aristote, ร  l’imagination reproductrice des images dรฉjร  perรงues. 

Tout en remarquant que la plupart des psychologues n'ont pas consacrรฉ assez d'attention et d'รฉtude ร  cette fonction, oubliant ainsi l'importance de son rรดle dans la vie psychique, Assagioli trouve tout ร  fait รฉtrange que cette fonction psychologique ne soit pas considรฉrรฉe comme telle par Jung, surtout en sachant qu’il accorde aux images et aux symboles une grande importance !

Il faut cependant reconnaรฎtre, pour les temps modernes, le fait d’une plรฉiade de pionniers traitant spรฉcifiquement de la fonction imaginative, en tenant en compte notamment les travaux de Pierre Janet, Francis Galton, Alfred Binet, Pierre Clark, Anna Freud, Carl Happich, Marc Guillerey, de mรชme que Thรฉodule Ribot, dรฉjร  rรฉfรฉrรฉ, Virel et Frรฉtigny, et encore Carl Jung avec la mรฉthode de l’ « imagination active »

Il y a aussi la contribution de Robert Desoille , auteur du « rรชve รฉveillรฉ dirigรฉ. »

L'imagination est la fonction psychologique qui a pour rรดle soit de reproduire les images captรฉes par les sens, soit de crรฉer de nouvelles images.
L'imagination est la fonction psychologique qui a pour rรดle soit de reproduire les images captรฉes par les sens, soit de crรฉer de nouvelles images.

Elle est ordinairement la fonction la plus active et dont l’activitรฉ, loin de se limiter ร  l’รฉtat de veille, s’avรจre plus fort et plus libre pendant le sommeil.

C’est une fonction psychologique par laquelle l'inconscient directement s'exprime, notamment au cours de l'activitรฉ onirique.

Loin de se limiter ร  subir des influences, elle est ร  la fois active et activatrice, tout en ayant un rรดle important en tant que stimulateur des autres fonctions, รฉtant donnรฉ l'efficacitรฉ de sa force propulsive.

Assagioli remarque : 

« L’imagination est une fonction qui peut opรฉrer simultanรฉment ร  diffรฉrents niveaux : les niveaux des sensations, des impulsions et des dรฉsirs, des sentiments, de la pensรฉe et de l'intuition. En un certain sens, elle combine toutes ces fonctions en proportions variรฉes. »

Le potentiel latent de l’imagination semble inรฉpuisable et ses manifestations ont l’air incontrรดlables, mais il n’y a rien ร  craindre !

Comme le remarque Assagioli : 

« l'imagination est en elle-mรชme neutre ! »

 Selon lui, il admet aussi l’imagination vaine et illusoire, cette fonction psychologique constitue une activitรฉ normale du mรฉcanisme psychologique humain, tout en รฉtant notoirement active chez les enfants.

Assagioli croit que, chez les enfants, l'imagination peut couvrir jusqu'ร  90% de la vie psychologique, un fait rรฉel rarement considรฉrรฉ par les mamans. Des recherches rรฉcentes vont jusqu'ร  dรฉcouvrir l'activitรฉ imaginative dans la vie intra-utรฉrine.

Toutefois, รฉtant donnรฉ son interfรฉrence apparemment indisciplinรฉe sur les autres fonctions comprenant la volontรฉ, il y a une tendance ร  la considรฉrer comme "la folle du logis".

Effectivement, l’imagination est une force intรฉrieure aussi prรฉcieuse que difficile ร  maรฎtriser !

« Je vous demande de fermer les yeux et d'observer un รฉlรฉphant rose, l'avez-vous vu ? Si Oui, qui ร  observer en vous cet รฉlรฉphant rose ? » Eddy Vonck 

L'imaginaire n’est pas le synonyme d'une abstraction. 

Selon l'expression de Goethe, reprise par Gabriello Cirenei :

« l'image mentale d'un chรขteau est aussi rรฉelle que le chรขteau lui-mรชme ! Elle est rรฉelle en tant qu'expรฉrience subjective, et aussi au sens oรน elle constitue la condition prรฉliminaire pour la construction du chรขteau. »

L'on trouve chez Georges Duby et Guy Lardreau un lieu assez parallรจle : 

« La trace d'un rรชve n'est pas moins 'rรฉelle' que celle d'un pas, ou d'un sillon d'une charrue dans la terre. Je crois que l'imaginaire a autant de rรฉalitรฉ que le rรฉel ! »

L’imaginaire n’est pas non plus synonyme de fiction, ni de stรฉrilitรฉ. Il tient compte des souvenirs et elle les dรฉpasse.

Comme le fait noter Pier M. Bonacina

 « l’imagination non seulement apporte les souvenirs du passรฉ, mais aussi elle annonce et construit le futur. »

L’imagination puise des images des archives de la mรฉmoire tout en รฉtant aussi un laboratoire soit de transformation soit de crรฉation de nouvelles images.

La porte de l’imaginaire s’ouvre alors sur la rรฉvรฉlation du rรฉel !

Ce sont en plus des rรฉalitรฉs ร  la portรฉ d’un contrรดle effectif et d’applications concrรจtes !

Tel que signalรฉ par Assagioli :

« il ne s'agit donc pas de quelque chose d'arbitraire comparable au rรชve, mais d'un procรฉdรฉ bien dรฉfini qui peut รชtre appliquรฉ volontairement et avec mรฉthode. »

Il remarque que cette fonction psychologique n'opรจre pas dans le vide. La crรฉativitรฉ de l'imagination se manifeste par de nouvelles combinaisons d'รฉlรฉments prรฉsents. 

L'imagination crรฉatrice est un assemblage, la crรฉation de nouvelles combinaisons ร  partir d'รฉlรฉments existants.

Elle est donc imagination reproductrice qui puise des mรฉmoires des archives autant du conscient que de l’inconscient, et de l'imagination crรฉatrice qui produit des donnรฉes nouvelles ร  partir du monde des virtualitรฉs.

L'imagination crรฉatrice est un assemblage, la crรฉation de nouvelles combinaisons ร  partir d'รฉlรฉments existants.
L’imagination est la mรจre de la crรฉativitรฉ !

Assagioli fait alors voir que :

« l’imagination crรฉatrice prรฉcรจde toujours l’expression crรฉatrice. »

Dans l'imagination reproductive, il y a une sorte d'activitรฉ automatique faisant passer les images de l'inconscient au conscient.

L’aspect crรฉateur peut se manifester spontanรฉment, autant dans l'รฉtat de veille que dans les rรชves.

« l’imagination crรฉatrice prรฉcรจde toujours l’expression crรฉatrice. »  Dans l'imagination reproductive, il y a une sorte d'activitรฉ automatique faisant passer les images de l'inconscient au conscient.  L’aspect crรฉateur peut se manifester spontanรฉment, autant dans l'รฉtat de veille que dans les rรชves.
Il peut bien aussi รชtre cultivรฉ en utilisant des exercices adรฉquats, comme l'imagination guidรฉe ou rรชve รฉveillรฉ dirigรฉ. 

Comme le remarque Assagioli

« quand on parle d'imagination, on se rapporte gรฉnรฉralement aux images visuelles. Mais l'imagination comprend aussi d'autres sortes d'images : 

  • auditives, 
  • tactiles, 
  • olfactives,
  • gustatives,
  • kinesthรฉsiques, etc.. 

Dans l'exercice de l'imagination et son usage, on doit tenir compte de toutes ces variรฉtรฉs, sรฉparรฉment ou combinรฉes entre elles.»

Penser mal de l’imagination devient un contresens. Elle est une auxiliaire des autres fonctions psychologiques, surtout de la pensรฉe. Le mot idรฉe provient du mot grec 'eidos' qui signifie image. 

L'imagination et la fantaisie sont tenues ordinairement comme synonymes par Assagioli.

Toutefois, il semble parfois tenir ร  une certaine distinction, tandis que l'imagination se limite ร  l'รฉvocation et ร  la rรฉception des images, la fantaisie coordonne ces images ร  partir d'รฉlรฉments nouveaux en provenance du monde des impulsions, des รฉmotions et de la pensรฉe.

De toute faรงon, il s'agit de deux termes habituellement complรฉmentaires, l’imagination รฉtant ainsi une fonction รฉvocatrice et crรฉatrice !

Assagioli spรฉcifie le rรดle ร  la fois passif et actif de l'imagination par les lois psychologiques suivantes : 

  • Les besoins, 
  • les instincts, 
  • les impulsions et les dรฉsirs tendent ร  produire des images, des idรฉes et des รฉmotions correspondantes"; ร  leur tour, les images et les idรฉes suggรจrent les actions correspondantes.

Assagioli place l'imagination en relation รฉtroite avec l'intuition !

Tellement dans leur rapport il y a un lien รฉtroit, que souvent les gens les prennent l’une pour l’autre !

L’imagination rรฉvรจle un potentiel de vie, pouvant en mรชme temps signifier le processus de croissance et promouvoir l’รฉquilibre de la santรฉ. 

Sans imagination, il n’y a pas de crรฉativitรฉ

Sans imagination, il n’y a pas de crรฉativitรฉ !
Par la fantaisie, l'imagination crรฉatrice est reliรฉe ร  la fois ร  l'inconscient et aux diffรฉrentes fonctions psychologiques, y incluant l'intuition !

L'imagination รฉvocatrice, par l'intermรฉdiaire de la volontรฉ ou alors spontanรฉment, peut prรฉsenter ร  la conscience des images dรฉjร  connues puisรฉes aux archives de la mรฉmoire.

Il s'agit alors de l'imagination reproductive. (ce qui est connu par soi !)

L'imagination crรฉatrice donne en plus l’origine ร  des images nouvelles.

Comme l'observe Assagioli, il est plus facile d'รฉvoquer une image assez complexe que de crรฉer une image nouvelle, mรชme la plus simple. 

L'objectif de l'imagination n'est pas de remplacer la rรฉalitรฉ mais de la crรฉer, d'oรน l'importance qui est accordรฉe par Assagioli ร  l'imagination crรฉatrice !

C'est pour cela qu’il considรจre que l'imagination au sens prรฉcis de fonction รฉvocatrice d'images, est une des fonctions les plus importantes et les plus spontanรฉment actives, sous les deux aspects conscient et inconscient.

La psychosynthรจse, basรฉe sur les lois de la psychodynamique, admet que chaque image contient une รฉnergie crรฉatrice et voit dans l'imagination la source des symboles.

La psychosynthรจse, basรฉe sur les lois de la psychodynamique, admet que chaque image contient une รฉnergie crรฉatrice et voit dans l'imagination la source des symboles. 

Il arrive que les gens se sentent conduit / (รฉconduit) par l'imagination. Parfois, ils craignent cette fonction plus ou moins anarchique comme d'un hรดte fou (oรน quelques choses d'inconfortables physiques ou et matรฉrielles) qu'il faut faire semblant d'ignorer ! (pour moi le terme 'ignorer' devrait รชtre remplacer par 's'en dรฉbarrasser' ou 'faire comme si rien n'y รฉtait' surtout lors de rรชves confus ou de cauchemars.)

Pourtant, au lieu d'รชtre mรฉprisรฉe ou tolรฉrรฉe, l'imagination doit รชtre aimรฉe !

Pour Assagioli : l'imagination doit รชtre rรฉhabilitรฉ si elle a รฉtรฉ refoulรฉe, elle doit รชtre dรฉveloppรฉe si elle n'est pas suffisante, elle doit รชtre disciplinรฉe si elle est exubรฉrante !

Il appartient ร  la volontรฉ de la contrรดler et de la rendre efficace, ce qui n'est possible que par le biais d'une volontรฉ sage, et jamais par la force d’une confrontation.

Quoi qu’il en soit, l’imagination reste une fonction prรฉcieuse et puissante ร  considรฉrer dans tous les domaines de l’expression et de l’รฉducation. 

Que l’on pense par exemple : 

  • ร  la peinture, 
  • ร  la musique, 
  • au thรฉรขtre 
  • et surtout ร  la littรฉrature...

dans les domaines de la mythologie, 

  • des lรฉgendes, 
  • des fables 
  • et du roman...

Le grand obstacle dans la vie psychologique c'est souvent que l'imagination semble perรงue abusivement omniprรฉsente et envahissante.

Pourtant, elle ne doit pas รชtre considรฉrรฉe comme une sorte d’enfant sautillant et rebelle toujours ร  surveiller et ร  contrรดler, mais comme fonction psychologique ร  prendre au sรฉrieux, de pair avec les autres !

En remarquant combien le manque de contrรดle de l’imagination peut nous rendre prisonniers de la rรชverie et nous faire perdre le sens de la rรฉalitรฉ, Pier M. Bonacina commence par relever la portรฉe de son rรดle ร  la fois passif et
actif : 

« Elle intรจgre, elle collabore, elle guide les autres fonctions et d’elles reรงoit le guidage. »

La bonne ou mauvaise utilisation de l’imaginaire n’affecte pas la fonction comme telle.

L’imagination est en mรชme temps un รฉcran, une lumiรจre, et un miroir de l’รขme. 

Dรปment acceptรฉe, valorisรฉe et utilisรฉe, elle peut atteindre la sphรจre du supraconscient et apporter ร  la conscience ordinaire l'inspiration et les "insights" (visions pรฉnรฉtrantes) venus du Soi transpersonnel, plus ou moins proches de l’intuition et sรปrement en rapport รฉtroit de complรฉmentaritรฉ et d’รฉgalitรฉ avec n’importe quelle autre fonction psychologique.

 La psychosynthรจse privilรฉgie les exercices conduisant ร  l'imagination crรฉatrice et en ouvrant cette fonction psychologique ร  l'influx du Soi transpersonnel.

Les exercices les plus souvent utilisรฉs dans l'รฉducation de l'imagination sont : 

  • ceux de l'observation, 
  • du dessin libre, 
  • des mots รฉvocateurs, 
  • du modรจle idรฉal, 
  • de la satisfaction symbolique, 
  • de la concentration, 
  • de l’imagerie mentale, 
  • du rรชve รฉveillรฉ dirigรฉ, 
  • de l'รฉpanouissement de la rose, 
  • et de la mรฉditation.

 

Les techniques de mรฉditation s'avรจrent particuliรจrement efficaces pour calmer, rendre silencieuse et intรฉgrer harmonieusement la facultรฉ imaginative.
Les techniques de mรฉditation s'avรจrent particuliรจrement efficaces pour calmer, rendre silencieuse et intรฉgrer harmonieusement la facultรฉ imaginative.

La lecture peut aussi ร  stimuler l’imagination !

Psychosynthรจse - La visualisation due ร  l’รฉvocation d’images est par excellence le fruit de l’imagination.   La vie quotidienne est pleine de suggestions que l'on peut utiliser avec un peu d'imagination et de bonne volontรฉ !
La visualisation due ร  l’รฉvocation d’images est par excellence le fruit de l’imagination. 

La vie quotidienne est pleine de suggestions que l'on peut utiliser avec un peu d'imagination et de bonne volontรฉ !

Celle-ci lui peut rendre service tout en essayant d’arrรชter l’ล“il mental sur l’image choisie. 

Au lieu de se laisser aller dans la fantaisie, on peut s’en servir comme fables qui, de par son caractรจre dynamique et synthรฉtique, peuvent faire le pont avec une rรฉalitรฉ intรฉrieure.

Lorsqu’il y a la tendance ร  survaloriser le raisonnement et que celui-ci se montre incapable d’arriver ร  une situation satisfaisante, notamment dans un travail de groupe, il y a le recours ร  la technique du « brain storming » oรน l’imagination peut prendre la relรจve. La visualisation et la concentration de la pensรฉe y offrent un cadre oรน l’imagination peuvent habilement รชtre utilisรฉes et effectivement apprรฉciรฉes.

2.5 Pensรฉe 

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli

L’emploi des termes : 
  • pensรฉe, 
  • raison, 
  • intellect, 
  • esprit, 
  • intelligence, 
  • mental,

reste assez arbitraire et se prรชte ร  des confusions.

Surtout les termes 'mental' et “intellect” varient de sens d’une รฉcole ร  l’autre.

Parfois, il y a chez des auteurs, tels que Maรฎtre Eckhart, un รฉlargissement dans leur application qui dรฉpasse le rationnel, tout en signifiant plutรดt une saisie immรฉdiate ร  caractรจre intuitif.

C’est ร  noter qu’au Moyen ร‚ge, on considรจre le mental comme le sommet de l’รขme et le siรจge de la pensรฉe.

Dans la philosophie mรฉdiรฉvale, l’intellect est utilisรฉ comme synonyme soit de l’esprit ou vision spirituelle, soit de la raison (ratio) ou de son discours, alors que le terme mental y est utilisรฉ comme synonyme de l’รขme, notamment chez Bonaventure dans son Itinerarium. 

Antoine de Lisbonne le conรงoit comme la maison des pensรฉes.

Tel est aussi la conception bouddhiste qui voit dans les รฉmotions et dans les pensรฉes l’expression du mental, prise alors comme synonyme du centre de la conscience. C’est dans ce sens que le Bouddhisme est considรฉrรฉ et dรฉsignรฉ comme รฉtant une « science du mental ».

En Orient, autant le bouddhisme que le taoรฏsme semblent en mรชme temps valoriser et relativiser le raisonnement intellectuel.

Assagioli considรจre que le grand pionnier de l’utilisation du mental a Franรงois Bacon, qu’il voit comme le prรฉcurseur de la sรฉmantique moderne. 

Celle-ci tend ร  identifier le mental avec le raisonnement ou discours de la pensรฉe qui essaye de tout expliquer, sans mรชme pouvoir offrir l’explication d’elle-mรชme.

L’axiome cartรฉsien : « je pense donc je suis » constitue l’exemple d’une appropriation au dรฉtriment des autres fonctions psychologiques, tant qu’il fait de la pensรฉe le pivot par excellence de l’identitรฉ humaine.

Assagioli remarque : 

« L'intellect a de la difficultรฉ ร  admettre l'existence de rรฉalitรฉs et valeurs non rationnels; il est portรฉ ร  confondre le supra-rationnel avec ce que l'on considรจre irrationnel, ou mรชme antirationnel ! »

Il met en cause la dรฉfinition : d’animal rationnel, par rapport ร  l’รชtre humain, tout en considรฉrant qu’il s’agit plutรดt d’un animal qui parfois raisonne. 

La pensรฉe, fruit du mental, est reliรฉe ร  l'action, de sorte qu'on peut dire que l'on pense quand le mental devient en mรชme temps raison et intellect, lumiรจre et lecture. 

Il y a, simultanรฉment, l’introspection et la rรฉflexion, permettant de penser au sujet de nos propres pensรฉes !

Assagioli compare le mental au lit d'un fleuve, tout en voyant dans la pensรฉe l'expรฉrience psychologique de ce courant mental.

Mais il ne semble pas que tout le monde utilise effectivement ce flot de la pensรฉe. En tenant compte du vrai caractรจre de cette fonction, il commente : 

« Certaines personnes au dรฉveloppement psychologique limitรฉ ne pensent jamais, au vrai sens du terme ! »

Bien sรปr, penser est plus que d'avoir un mental. 

Selon sa remarque :

« une grande partie de notre activitรฉ mentale ordinaire ne mรฉrite alors pas le terme de ‘pensรฉe’. Ce n’est que lorsqu’un intรฉrรชt dominant appuyรฉ par une volontรฉ dรฉcidรฉe et ferme est capable de maintenir l’esprit concentrรฉ sur une idรฉe quil s’agit vraiment de ‘pensรฉe’, et nous pouvons dire que l’esprit rรฉflรฉchit, qu’il mรฉdite. » 

Qu’il soit le singe, le lac ou le fleuve..., le mental demande d’รชtre maรฎtrisรฉ, soignรฉ et libรฉrรฉ de la poussiรจre qu’il mรชme tend ร  fixer et catalyser, de faรงon ร  devenir le miroir transparent et l’objet, plutรดt que le sujet rรฉvรฉlateur de l’identitรฉ humaine.

Il n’est pas le point de dรฉpart, ni le terme concernant le saisissement de la rรฉalitรฉ. Il en a les propriรฉtรฉs d’un rรฉcepteur, mais il n’est pas le gรฉnรฉrateur

Il n’est pas question de dรฉvaloriser la raison, mais de dรฉnoncer le rationalisme qui en fait constitue un accaparement dรฉraisonnable d’une fonction psychologique qui le dรฉpasse.

En plus de ne pas utiliser le raisonnement, ou de ne pas s’en servir jusqu’au bout, il y a le danger de le croire au sommet de toutes les fonctions psychologiques, ce qui constitue une faรงon mauvaise de l’utiliser.

Ce n’est pas raisonnable de toujours donner le primat ร  la raison !

Assagioli remarque : 

« C’est tors de croire que la raison est tout. Elle est une valeur supรฉrieure ร  la passion, ร  l’impulsion, mais infรฉrieure par rapport au superconscient, et au spirituel. »

Tout en faisant voire que le critรจre de la raison n’est pas toujours le plus rassurant, il cite ainsi Stacchini :

« L’รขge supposรฉe d’รชtre l’รขge de la raison est celle oรน on commence ร  commettre de graves bรชtises. »

Comme remarquรฉ par Larry Dossey, 

« nous ne pouvons pas รฉchapper ร  l’utilisation de la raison, de mรชme que nous ne pouvons pas รฉchapper ร  notre propre ombre. Nous devons employer la logique, dans un certain degrรฉ, en chaque essai de comprendre en notre vie les รฉvรจnements, mรชme en concluant que tels รฉvรจnements peuvent รชtre compris seulement de faรงon intuitive et non-logique. » 

Le monde du Soi transcende le domaine de la raison. Celle-ci y est pour collaborer et non pas pour diriger.

Comme le reconnaรฎt Assagioli :

« La raison donne seulement une connaissance partielle, et schรฉmatique de la rรฉalitรฉ ! »

Il parle soit de la fonction psychologique de la pensรฉe, soit de la fonction mentale, soit du mental comme fonction psychologique en rapport avec les autres fonctions de la psychรฉ.

Il emploie aussi l'expression "vie mentale' pour signifier l'ensemble de la conscience !

En d’autres termes et selon Francesco Brunelli, il s’agit de :

« la somme de l’activitรฉ psychique consciente et inconsciente ! »

Parfois Assagioli donne au mental un sens plus large reliรฉ ร  une sorte d'atmosphรจre psychologique comprenant non seulement les idรฉes, mais aussi les images, tout en faisant, par exemple, la distinction entre « les idรฉes et les images ou les figures mentales.»

On peut voir ici le fondement de sa distinction entre imagination et pensรฉe.

Puisque dans le langage commun, les termes : 

  • 'mental', 
  • 'raison', 
  • 'idรฉe',
  • 'intellect', 
  • 'rรฉflexion', 
  • ‘pensรฉe' 
  • et ‘prise de conscience’ 

sont employรฉs souvent dans un sens plus ou moins รฉquivalent, il y a une clarification sรฉmantique ร  faire en vue de prรฉciser le sens des termes utilisรฉs.

La conscience est plus que la pensรฉe !

Celle-ci est une forme d’รฉnergie vitale exprimรฉe soit par la conscience en รฉtat de veille ou non. 

Il faut bien la distinguer de la prise de conscience et de la connaissance.

La pensรฉe est un outil de la conscience parmi d'autres: la connaissance provient de la raison, mais aussi d'autres sources. 

'La pensรฉe' est synonyme de l'idรฉe, tandis que 'les pensรฉes' sont synonymes des idรฉes.

Celles-ci sont considรฉrรฉes comme des entitรฉs vivantes, รฉtant donnรฉ leur caractรจre dynamique

En tenant compte de leur caractรจre รฉnergรฉtique, Alfred Fouillรฉ emploie l'expression : "idรฉe-force"

Si la pensรฉe est le fruit de l’activitรฉ mentale, il ne semble pas adรฉquat de les prendre comme des synonymes.

La pensรฉe est mentale, mais tout le mental ne fait pas partie de la pensรฉe.

Celle-ci est un genre de mental canalisรฉ et dirigรฉ en fonction de la rรฉflexion et de l'examen d'un argument dans ses ramifications, ou distinctions et implications.

La pensรฉe ne se limite pas ร  l'activitรฉ et au potentiel conscients. Elle y est ร  la fois un rรฉcepteur, un crรฉateur et un transformateur !

Comme le note Luisa Lunelli ร  la suite d'Assagioli :

cette fonction psychologique a pour rรดle non seulement d'accueillir les donnรฉes de l'expรฉrience personnelle et de celle de l'humanitรฉ, mais aussi de rรฉflรฉchir sur ces donnรฉes en fonction de nouvelles รฉlaborations, synthรจses et applications.

Cette activitรฉ rรฉflexive et crรฉatrice de la pensรฉe fait partie tout autant du processus onirique que de l'รฉtat de veille; d'oรน l'importance de considรฉrer le discours rรฉflexif tant au niveau inconscient qu'au niveau conscient. 

Les grandes idรฉes ร  caractรจre gรฉnial proviennent du niveau transpersonnel et arrivent au domaine mental par l’entremise de l’intuition. La pensรฉe n’est qu’un des piliers du pont qui donne l’accรจs au niveau transpersonnel oรน la fonction intuitive semble prรฉdominante !

Il y a toujours de la complรฉmentaritรฉ entre les diffรฉrentes fonctions psychologiques, pourvu qu’elles ne s’annulent mutuellement, dรป au fait de mauvaises appropriations et de conjugaisons.

On trouve chez Carl Jung la remarque suivante : 

« Comme on le sait, la nature n’est pas tellement prodigue de ses dons, et il est rare qu’elle ajoute ร  une haute intelligence les dons du cล“ur. »

En rรจgle gรฉnรฉrale, lร  oรน l’un est donnรฉ, l’autre manque, et lร  oรน une facultรฉ s’est dรฉveloppรฉe, c’est le plus souvent au dรฉtriment de toutes les autres.

« Dans cette perspective, un point particuliรจrement dรฉlicat est la disharmonie qui existe souvent entre le secteur de la pensรฉe et celui du sentiment chez un รชtre; car l’expรฉrience a montrรฉ que ces fonctions s’entendent mal et se contrecarrent ! » C. G. Jung

L’intellect risque de limiter et de distordre la rรฉalitรฉ, surtout dans la mesure oรน il est absolutisรฉ et se remet aux prises des illusions

Parmi les dangers d'une pensรฉe mal orientรฉe, il y a la rationalisation รฉgoรฏste qui tend ร  justifier les tendances infรฉrieures !

Le recours au sophisme constitue un abus de la raison.

C'est dans ce sens que l'on peut accepter la remarque de Karl
Rahner en disant que : 

« La raison raisonnante trouve toujours des arguments nรฉcessaires pour justifier ce qu'elle a secrรจtement dรฉjร  dรฉcidรฉ. »

Assagioli en tient compte lorsqu'il รฉcrit : 

Utilisons notre raison, mais ne nous en rendons ni esclaves ni victimes ! 

Tout en regrettant que la pensรฉe soit si souvent appliquรฉe ร  la crรฉativitรฉ en vue de buts d'ordre personnel, tels que ceux de la richesse et du succรจs, il propose une รฉducation de cette fonction en la mettant au service de l'humanitรฉ !

L'impact du rationalisme cartรฉsien sur la pensรฉe moderne est traduit autant par l’intรฉrรชt dรปment consacrรฉ ร  la fonction pensรฉe que par la prรฉpondรฉrance d'une suprรฉmatie acquise aux dรฉpens des autres fonctions psychologiques.

Il y a alors un dรฉsรฉquilibre psychologique.

Le mรฉdecin Sergio Bartoli classifie d' "artรฉriosclรฉrose existentielle" la situation de quelqu'un dont le mental soumet ร  la rigiditรฉ d'une programmation intellectuelle toutes les manifestations de la vie, du sensoriel jusqu'au spirituel !

Quiconque rรฉduit la psychรฉ ร  la raison, pratique le rรฉductionnisme psychologique et risque de passer ร  cรดtรฉ de l’essentiel par rapport ร  la perception de la rรฉalitรฉ.

« La raison saine reconnaรฎt elle ? ses limites » , note Assagioli.

Elle cherche aussi ailleurs l’information ร  acquรฉrir la/ les rรฉponse(s) ร  ses problรจmes. 

Une pensรฉe vraiment รฉclairรฉe tient toujours compte de la complรฉmentaritรฉ de lumiรจres autres que la sienne.

Les adeptes du Zen vont jusqu'ร  rรฉpรฉter des phrases absurdes ร  fin de contrarier la pensรฉe rationnelle.

Souvent les mystiques font appel ร  la nuditรฉ intellectuelle comme condition prรฉalable ร  la contemplation. 

Il y a lร  le sens non pas du mรฉpris de la pensรฉe, mais de la relativisation et du dรฉtachement par rapport ร  nos idรฉes.

Le rationalisme tend ร  se placer non seulement au-dessus, mais outre les phases de conscience ร  caractรจre magique et mythologique, et donc ร  les exclure au lieu de les reconnaรฎtre tout en essayant d’en faire une lecture plus appropriรฉe et de les intรฉgrer.

La rรฉalitรฉ transcende toujours la pensรฉe logique.

La conscience dรฉpasse la raison !

Pourtant elle ne l’exclut pas. Assagioli considรจre que : 

« le rรดle de la raison est de coordonner, de systรฉmatiser, d'รฉclairer, d'interprรฉter, de diriger, et d'aider dans le travail de la maรฎtrise des instincts, des passions et des รฉmotions. »

En effet, ce rรดle appartient plutรดt ร  la volontรฉ, mais la pensรฉe raisonnante y est appelรฉe ร  collaborer, dans le sens de la spรฉcificitรฉ et de la complรฉmentaritรฉ propres ร  toutes les fonctions psychologiques !

Un grand piรจge pour la pensรฉe, c'est une sorte d'autosuffisance de la raison qui s'isole dans le narcissisme de ses propres lumiรจres, sans tenir compte ni des autres fonctions psychologiques ni de la valeur de la pensรฉe des autres.

L'arrogance intellectuelle et le criticisme dรฉmolisseur en sont des fruits. 

La Bhagavad Gita va jusqu’ร  considรฉrer la pensรฉe ou fonction mentale comme l’assassin du Rรฉel. 

Ce n’est pas la rรฉalitรฉ que nous pouvons adapter ร  notre forme de penser, mais le contraire. 

Rien de nรฉgatif s’attache ร  l’adjectif ‘rationnel’ fruit du raisonnement logique, et non plus ร  l’attitude ‘raisonnable’ fruit d’un comportement considรฉrรฉ adรฉquat. 

Mais le fait de ‘rationaliser’ est dans la terminologie freudienne, l’indicatif d’une mauvaise utilisation de la raison contre elle-mรชme. 

La raison, comme telle, n’est pas ร  dรฉnigrer ni ร  absolutiser, mais tout simplement ร  valoriser. 

Elle est prรฉcieuse en tant que fonction intรฉgrative du vรฉcu, y incluant les expรฉriences ร  teneur spirituelle.

La rรฉalitรฉ outrepasse la pensรฉe logique !

Celle-ci a besoin des mots pour s'exprimer, mais une telle expression, comme remarque Kahlil Gibran, n'est jamais adรฉquate : 

« La pensรฉe est un oiseau de l'espace. Une fois dans la cage des mots, elle peut en effet ouvrir ses ailes, mais elle ne peut pas voler. »

La dรฉsignation « รขge de la raison » est devenu un lieu commun pour signifier le stade oรน l’enfant atteint un raisonnement critique qui traduit en mรชme temps une premiรจre dรฉsidentification par rapport ร  la collectivitรฉ et la prise de conscience de sa propre identification comme individu. 

Il y a le passage de la phase prรฉ-critique ร  la phase critique !

Mais, dans ce processus รฉvolutif, il y aussi la possibilitรฉ et l’appel ร  la phase post-critique, celle-ci nommรฉe par Paul Ricล“ur la :

« deuxiรจme naรฏvetรฉ » 

apparemment semblable, mais fonciรจrement diffรฉrente de la « premiรจre naรฏvetรฉ », celle du stade prรฉ-critique !

Une telle deuxiรจme naรฏvetรฉ traduit l’รฉtat vraiment adulte, oรน la raison compte toujours, mais ร  l’intรฉrieur de sa spรฉcificitรฉ et de ses bornes, ayant ainsi contribuรฉ pour une synthรจse qui la dรฉpasse. 

Admettre le mystรจre, c’est avoir conscience des limites de la raison jamais capable d’รฉpuiser le contenu et le sens de la rรฉalitรฉ.

Le mental constitue une manifestation de l’รฉnergie vitale reliรฉe ร  la conscience de laquelle il est une manifestation et un outil, mais il ne doit pas se confondre avec la conscience en elle-mรชme !

Tout en y distinguant les aspects concret et abstrait, Assagioli considรจre le mental comme รฉtant un "sixiรจme sens" ou le "sens commun" qui synthรฉtise et interprรจte les messages des cinq sens.

C’est face ร  l'attachement aux idรฉologies fausses, unilatรฉrales et sclรฉrosรฉes, qu’il fait appel ร  " la purification du monde mental. "

Loin de dรฉvaloriser l'รฉnergie mentale de la pensรฉe, et en tenant compte du dynamisme รฉnergรฉtique des idรฉes, il y voit un pouvoir plus puissant pour modifier le monde extรฉrieur que l'activitรฉ musculaire.

Cette รฉnergie a la tendance ร  s'exprimer, y incluant le rapport avec la dimension physique, d'oรน le principe ou loi psychodynamique ainsi prรฉsentรฉe dans son systรจme : 

Les images ou reprรฉsentations mentales et les idรฉes tendent ร  produire les รฉtats physiques et les actes qu’y correspondent !

Selon Assagioli, la cybernรฉtique et la sรฉmantique en voie de dรฉveloppement pourront rendre de grands services dans l'intensification de l'activitรฉ mentale qui, d'aprรจs lui : exige une connaissance plus รฉprouvรฉe et plus vaste du mental lui-mรชme, et une meilleure capacitรฉ de contrรดler, de diriger et de s'en servir de faรงon adรฉquate !

Avec Sebastiano Tilli, on peut concevoir la psychosynthรจse comme รฉtant, avant tout, l'analyse du dynamisme de la vie mentale, analyse articulรฉe autour d'un pivot central constituรฉ par l'idรฉe d'un principe vital portant ร  l'รฉveil, la croissance et l'accomplissement.

Cet รฉlรฉment propulsif ร  l'intรฉrieur de la psychรฉ, nous pouvons le cultiver et l'รฉduquer.

N’importe quelle idรฉe reprรฉsente un potentiel psychique jamais destinรฉ ร  sa suppression !

Pour ce qui nous semble une pensรฉe nรฉgative, la bonne attitude est le remplacement par une idรฉe positive, selon la loi de substitution, au lieu d'une tentative de l’รฉliminer oรน mรชme de la nier !)

En plus de l’occurrence spontanรฉe de la pensรฉe, il y a la pensรฉe active fruit de l’acte volitif !

Penser par nous-mรชmes est ร  la fois un droit et un besoin.

L’autonomie va de pair avec la capacitรฉ et l'indรฉpendance corrรฉlativement ร  la pensรฉe.

Toutefois, tant en thรฉorie que dans la pratique, il faut รฉviter de trop axer la psychosynthรจse sur le mental, sous peine d'un rรฉductionnisme appauvrissant.

Rien ne doit pas nous empรชcher de cultiver une science du mental, mais il devient dangereux de faire du mental le pivot de toutes les sciences !

Malgrรฉ l'importance de son rรดle, le mental n'est qu'une partie de la psychรฉ. Le mental est un organe de connaissance du monde soit intรฉrieur soit extรฉrieur, et un instrument ร  la fois de recherche et d'expression !

Pourtant il ne doit pas รชtre identifiรฉ ร  la conscience dont il constitue une expression parmi d’autres. 

Le mental sert ร  nous รฉclairer, mais il se borne ร  la surface de nos problรจmes existentiels, sans atteindre leurs racines et moins encore la totalitรฉ de l’รชtre !

C’est au niveau du Soi que l’on atteint le cล“ur de la rรฉalitรฉ !

Il n’est pas question d’y exclure le mental, mais ร  ce niveau, il devient plus adรฉquat de parler du supra-mental. 

Sri Aurobindo nous fait voir que : 

« les forces fondamentales de la vie humaine, ses causes profondes, sont, au-dessous irrationnelles, et au-dessus supra-rationnelles. »

Cela ne veut pas dire que l’aspect rationnel soit mis de cรดtรฉ dans le processus psychosynthรฉtique. Il y reste toujours comme un pilier fonctionnel et jamais comme un รฉlรฉment ร  considรฉrer superflu et dispensable.

Dans l'รฉducation de la pensรฉe en tant qu'activitรฉ mentale, il n'est pas moins important de considรฉrer la qualitรฉ des idรฉes que leur quantitรฉ !

L'abondance des idรฉes peut faire de quelqu'un un savant, mais c'est leur qualitรฉ qui fait de lui un sage !

Tant que l’on n’arrive pas ร  bien utiliser la facultรฉ de penser, on peut รชtre ร  la merci d’un courant de pensรฉe qui nous conduit.

En d’autres mots, dans le cas รฉchรฉant ce n’est pas nous qui pensons, mais la pensรฉe qui pense en nous !

L’objectif de bien penser est donc plus important que celui de beaucoup penser. En plus de ne pas penser du tout, il y a le danger de mal penser, oรน de penser au mal !

En fait, remarque Assagioli : 

« tout le monde croit qu'il sait penser; en rรฉalitรฉ, cependant, penser est un art que l'on apprend ! »

Il distingue l'activitรฉ mentale : 

  • positive, 
  • organique, 
  • concentrรฉe 
  • et crรฉative, 

de l'activitรฉ mentale automatique, confuse, dispersรฉe !

N’importe quelle pensรฉe reprรฉsente une forme de concentration mentale, mais il y faut faire la distinction entre la pensรฉe spontanรฉe qui se dรฉveloppe ร  sa guise, et la pensรฉe dirigรฉe qui est le fruit de l’acte volitif offrant des motivations capables de retenir et d’orienter le processus mental.

Le monde des idรฉes est ร  la fois immense, riche, variรฉ, souvent contradictoire, tout en allant : 

  • de la rigiditรฉ ร  l’arbitraire, 
  • de la rรฉvรฉlation ร  l’absurditรฉ, 
  • de la simplicitรฉ ร  la multiplicitรฉ, 
  • de l’ordre a la confusion, 
  • du concret ร  l’abstrait, 
  • de la pondรฉration ร  la superficialitรฉ, 
  • de l’efficacitรฉ ร  la nullitรฉ, 
  • de la crรฉativitรฉ au ravage, 
  • du bon sens ร  la sottise, 
  • de l’รฉducation ร  l’insanitรฉ.

Pier M. Bonacina offre ร  propos la caricature des dรฉviances dans ce domaine qui semblent encore prรฉdominer, et peut-รชtre plus que jamais dans la vie actuelle : 

« La fonction mentale, quoiqu’elle soit la fonction la plus utilisรฉe par l’homme moderne, est aujourd’hui celle qui est moins contrรดlรฉe et contrรดlable. Des idรฉes nรฉgatives, rรฉpรฉtitives, ou insignifiantes prolifรจrent comme des petits insectes ou parasites, tout en se transformant, non
rarement, en authentiques blattes rรฉpugnantes, cause de viscositรฉ inconfortable. »

Comme le feu, l’รฉnergie mentale doit รชtre mise en valeur, mais toujours en contrรดle et dans un climat d’hygiรจne mentale.

Mais il faut aller encore plus loin.

L’expression ou l’adhรฉsion au monde des idรฉes peut donner lieu ร  une doctrine abstraite, voire ร  un dogme รฉtouffant. 

C’est seulement quand et dans la mesure oรน chaque idรฉe correspond ร  l’expรฉrience du vรฉcu qu’il y a lieu pour faire de la pensรฉe une fonction psychologique bien intรฉgrรฉe.

Dans la pensรฉe, il faut tenir compte et distinguer notre monde, et celui des autres en particulier, et encore le monde de la pensรฉe anonyme, รฉtant celui- ci constituรฉ par toutes sortes de pensรฉes plus ou moins programmรฉes en fonction d'une sociรฉtรฉ automate oรน, on dispense les gens de penser, ou bien on les encourage d’adopter et de suivre une pensรฉe dictรฉe/ directive de l’extรฉrieure.

Tel est la fixitรฉ paralysante de l’endoctrinement dogmatique,
quel qu’il en soit, lequel en plus de nous dispenser de l’effort de penser s’oppose mรชme ร  la libertรฉ de le faire. Il y a lร  une dictature du savoir qui alimente et s’alimente de la paresse intellectuelle !

Comme Assagioli le note :

« en rรฉalitรฉ, rares sont ceux qui 'pensent' vraiment;  penser est quelque chose d'inconfortable et de fatigant, qui force ร  la concentration et exige donc une volontรฉ persistante. »

Il cite, ร  ce propos, cette phrase de Lamartine : 

« Ce n'est pas moi qui pense; ce sont les idรฉes qui pensent en moi ! »

La pensรฉe a le pouvoir de toujours percer des frontiรจres de nos limites, d’รฉlargir le champ de la conscience et d’accroรฎtre le potentiel humain, d’oรน le principe selon lequel l’รฉnergie suit la pensรฉe.

Le fait de penser constitue ร  la fois un droit universel, une obligation commune et une responsabilitรฉ inaliรฉnable. La pensรฉe produit une sorte d'irradiation qui produit ses effets dans l'espace autant intรฉrieur qu'extรฉrieur !

Ce fait est reliรฉ ร  la loi psychologique prรฉsentรฉe par Assagioli dans les termes suivants : 

« Les images ou figures mentales et les idรฉes tendent ร  produire des conditions physiques et des actions extรฉrieures correspondantes. » 

Le pouvoir de la pensรฉe permet l'utilisation d'idรฉes-forces pour toute sortes d'objectifs, dรจs la formation du caractรจre jusqu'ร  la manipulation idรฉologique la plus aliรฉnante !

Le discernement devient donc nรฉcessaire face au monde de la pensรฉe, en y incluant la nรดtre. 

Sans que l’on justifie ร  cet รฉgard l’adoption d’une attitude dรฉfensive, il y a lieu cependant pour la mise en garde et l’avis venus de Piero Ferrucci : 

« Dans un monde rempli de prรฉjugรฉs et d'irrationalitรฉs, de manipulations d'opinion et d'attitudes standardisรฉes, d’endoctrinements et de persuasions occultes, rien n'est plus important qu'un esprit douรฉ de capacitรฉ critique, ouvert et indรฉpendant ! »

ร€ l'intรฉrieur du mal-penser, il y a le fait de 'trop-penser', lorsqu’on est mentalement trop stimulรฉ.

Avec l'agrรฉment de l'acte volitif, les excรจs de la pensรฉe se manifestent dans l’obstination et le dogmatisme portant ร  des extrรชmes de fanatismes et d’absolutismes.

Les รฉcoles ou systรจmes doctrinaux connus par les noms de Science du Mental et Penser, tout en valorisant la pensรฉe, tendent ร  le faire en termes aux risquent de l’absolutiser comme รฉtant une fonction psychologique douรฉe / รฉgotique d'une suprรฉmatie plus dogmatique, sectaire et parfois dangereuse pour celui qui est en recherche ou en quรชte !

Certes, il est fort important de cultiver la pensรฉe !

Une pensรฉe primitive ou mal รฉduquรฉe est source d'รฉquivoques au niveau personnel, et la proie facile d'influences dรฉpersonnalisรฉes (voire sectaires).

Comme le note Luce Sannangelatonio :

« pour une personne ou un groupe peu รฉvoluรฉ et mal รฉclairรฉ, de mรชme que pour un schizophrรจne, il est difficile ou mรชme impossible d'รฉtablir la diffรฉrence entre le subjectif et l'objectif, entre le particulier et le collectif, entre la partie et le tout; en d'autres termes, de passer du monde prรฉlogique au monde logique ! »

Tout en suivant les appellations de Paulo Freire :

« il y a ici le rapport direct avec les รฉtats de "conscience intransitive" ร  caractรจre magique qui contraste avec la conscience transitive critique ! »

Il faut bien distinguer entre nos idรฉes fruit d’une expรฉrience propre, ayant ainsi un caractรจre existentiel, et celles simplement empruntรฉes aux autres. 

Ceux qui pensent en deuxiรจme main sont comparรฉs par le Bouddha ร  des bergers qui soignent les vaches des autres !

Une idรฉe-force ร  retenir ร  l'intรฉrieur du processus รฉducatif est celle du besoin et de la possibilitรฉ de l'รฉducation de la pensรฉ !

Dans le processus รฉducatif visant ร  l'รฉquilibre psychologique, il est important que la pensรฉe soit ouverte ร  l'intuition et en rapport รฉtroit avec toutes les autres fonctions psychologiques, sans les envahir par la voie du raisonnement. 

Trop rationaliser rend la vie irrationnelle !

L'รชtre humain identifiรฉ ร  son mental devient un robot programmรฉ !

Le danger est lร  aussi en ce qui concerne la psychosynthรจse. Toute en valorisant la pensรฉe en tant que fonction psychologique, le crรฉateur de l’approche psychosynthรฉtique fait la remarque suivante : 

Nous ne sommes pas - et j'espรจre nous ne le serons jamais - une รฉcole de pensรฉe !

La pensรฉe ou fonction rationnelle, une fois mal appropriรฉe ou absolutisรฉe, peut devenir une pierre d’achoppement sur la voie du Soi.

Cette voie peut bien รชtre รฉclairรฉe et interprรฉtรฉe par la raison, mais c’est le Soi et non pas la pensรฉe qui constitue la voie de la libรฉration. 

La fonction mentale est tout ร  fait importante, pouvant elle-mรชme constituer une voie vers la transcendance.

Le danger persiste lorsque l’on en fait un absolu, sans l’ouvrir a toutes les autres, notamment ร  la fonction intuitive. 

Jung fait lร -dessus le commentaire suivant :

« Comme l’ร‰tat tente de ‘saisir l’individu', ainsi l’individu s’imagine aussi avoir ‘saisi’ son รขme; oui, il en a fait mรชme une science, en admettant absurdement que l’intellect, qui n’est cependant que partie et fonction de la psychรฉ, suffirait pour saisir la totalitรฉ bien plus รฉtendue de l’รขme. En rรฉalitรฉ c’est la psychรฉ qui est la mรจre, qui est le sujet et la condition mรชme du conscient. »

Tout en valorisant la pensรฉe, Assagioli voit dans l'intuition une fonction cognitive supรฉrieure, la seule capable d'atteindre une comprรฉhension directe et plus intime de la rรฉalitรฉ.

Cela signifie non pas, quant ร  lui, que l'intuition soit anti-rationnelle, mais qu'elle est supra-rationnelle !

Il fait la mรชme considรฉration lorsqu'il s'agit de la dimension spirituelle proprement dite : 

Le spiritualisme n'est pas anti-rationnel, mais supra-rationnel !

Notre pensรฉe n’est pas adรฉquate ร  ce qui va au-delร  de la pensรฉ

La pensรฉe humaine est limitรฉe aux catรฉgories de temps et d’espace et donc n’a pas de voix au sujet de ce qui est illimitรฉ, infini et รฉternel !

Le mystรจre reste toujours un dรฉfi pour la pensรฉe, dans la mesure oรน il lui impose des frontiรจres.

Le Soi transpersonnel peut servir d’exemple en tant que rรฉalitรฉ toujours plus ou moins mystรฉrieuse pour cette fonction psychologique qui n’as pas le rรดle de dรฉvoiler le mystรจre qui la dรฉpasse, mais qui, ร  la lumiรจre du Soi, peut mieux identifier ses propres lumiรจres et bien d’autres, tout en gardant le sens de leur complรฉmentaritรฉ. 

Assagioli va jusqu’ร  considรฉrer que le Soi a toujours raison !

Bien penser n’est pas toujours facile, et trop penser peut devenir inconfortable, lorsqu’on a le sentiment d’รชtre ร  la merci d’une agitation frรฉnรฉtique qui semble nous mettre ร  la merci de tout un tourbillon d’idรฉes. 

Il y a alors un appel ร  la discipline intรฉrieure, non pas dans le sens d'une rรฉpression, mais de rendre effectif l’acte de penser et d’en faire un art !

L’exercice d’observation portant ร  la visualisation d’une sรฉrie d’objets suivie de leur description constitue un exemple de la pensรฉe dirigรฉe.

Le mental a autant besoin de repos que d’exercice. 

Les auteurs mystiques parlent du « silence mental », oรน le flux de la pensรฉe s’arrรชte pour donner lieu aux manifestations supรฉrieures de l’รขme humaine, telles que :

  • l’intuition, 
  • l’illumination 
  • et la contemplation.

Le silence y est d’une efficacitรฉ plus remarquable que le sommeil !

La mรฉditation peut ร  la fois constituer le perfectionnement de la pensรฉe dont l’importance du dรฉtachement. 

Dans l'รฉducation de l’intellect ou pensรฉe, la psychosynthรจse valorise la mรฉditation thรฉmatique rรฉflexive. Elle privilรฉgie l'exercice de dรฉsidentification par rapport au courant des pensรฉes pouvant y inclure celles qui รฉchappent ร  la volontรฉ.

On peut utiliser alors la formule assagiolienne

“J’ai un intellect, mais je ne suis pas mon intellect.” 

Ou : " J’ai un intellect, mais je suis plus que mon intellect ". 

Il y a un processus de dรฉsidentification, dans la mesure oรน nous avons la capacitรฉ de penser au sujet de nos pensรฉes !

Le fait de localiser la pensรฉe dans le cerveau et d’y distinguer des caractรฉristiques et traits dominants dans l’un et les autres de ses hรฉmisphรจres, ne doit pas mener ร  la conclusion que soit seule la tรชte est le lieu de la pensรฉe, ni mรชme ร  la conviction de pouvoir la localiser n’importe oรน. 

L’organe de la pensรฉe est la conscience dont les manifestations incluent et dรฉpassent les propriรฉtรฉs d’ordre physique. 

La psychosynthรจse y voit une fonction du corps et de l’รขme tout en ayant son pivot au niveau de l’esprit, le Soi humain. 

Celui-ci, que l’on peut imaginer ร  deux visages tels que Janus, le dieu romain, inclut et dรฉpasse les polaritรฉs, tout en faisant leur synthรจse.

Ainsi, la pensรฉe fait appel non seulement ร  la concentration mais aussi ร  une dรฉmarche vers le Soi, le noyau de la conscience !

La volontรฉ y a un rรดle important ร  jouer, particuliรจrement pour garder la pensรฉe ร  l’intรฉrieur de ses limites afin de la rendre permรฉable aux donnรฉes de toutes les fonctions psychologiques, notamment ร  celles de l'intuition.

La volontรฉ y a un rรดle important ร  jouer, particuliรจrement pour garder la pensรฉe ร  l’intรฉrieur de ses limites afin de la rendre permรฉable aux donnรฉes de toutes les fonctions psychologiques, notamment ร  celles de l'intuition.

2.6 Intuition

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli 

Trรจs tรดt, autant dans ses recherches que dans sa carriรจre professionnelle, Assagioli tient compte des conceptions les plus globalisantes et spiritualistes, soit de l'Occident (les psychologues chrรฉtiens et les "newthinkers" anglo-amรฉricains), soit de l'Orient (les รฉcoles psychologiques hindoues, brahmanique et bouddhiste).

 

Trรจs tรดt, autant dans ses recherches que dans sa carriรจre professionnelle, Assagioli tient compte des conceptions les plus globalisantes et spiritualistes, soit de l'Occident (les psychologues chrรฉtiens et les "newthinkers" anglo-amรฉricains), soit de l'Orient (les รฉcoles psychologiques hindoues, brahmanique et bouddhiste).    Assagioli leur reconnaรฎt le mรฉrite d'avoir prรฉsentรฉ des mรฉthodes permettant non seulement de perfectionner les facultรฉs psychiques normales, mais aussi d'arriver ร  ce qu'il considรจre :   « une nouvelle et merveilleuse facultรฉ nommรฉe diffรฉremment :       'intuition spirituelle',      'conscience mystique',      'conscience cosmique',      'vision spirituelle',      'vision intรฉrieure',       'foi',   et ainsi de suite. »  Tout en remarquant que dans un passรฉ plus lointain l'intuition a mรฉritรฉ une place spรฉciale en Occident comme en Orient, Assagioli dรฉplore que dans les temps modernes, la psychologie soi-disant scientifique ait mis de cรดtรฉ cette fonction si importante !
Assagioli leur reconnaรฎt le mรฉrite d'avoir prรฉsentรฉ des mรฉthodes permettant non seulement de perfectionner les facultรฉs psychiques normales, mais aussi d'arriver ร  ce qu'il considรจre : 

« une nouvelle et merveilleuse facultรฉ nommรฉe diffรฉremment : 

  • 'intuition spirituelle', 
  • 'conscience mystique', 
  • 'conscience cosmique', 
  • 'vision spirituelle', 
  • 'vision intรฉrieure', 
  •  'foi', 

et ainsi de suite. »

Tout en remarquant que dans un passรฉ plus lointain l'intuition a mรฉritรฉ une place spรฉciale en Occident comme en Orient, Assagioli dรฉplore que dans les temps modernes, la psychologie soi-disant scientifique ait mis de cรดtรฉ cette fonction si importante !

Il s’agit d’une facultรฉ qui a รฉtรฉ effectivement nรฉgligรฉe et non rarement mรฉconnue, ou encore niรฉe, surtout par un certain positivisme. 

On doit d'abord ร  Carl Jung en psychologie, de mรชme qu'ร  Henri Bergson et Henri Keyserling en philosophie, le mรฉrite d'avoir contrรฉ la tendance positiviste en revalorisant l'intuition et en reconnaissant le rรดle de cette vรฉritable fonction psychologique !

En 1994, Assagioli se rรฉjouit alors du fait que l'intuition devient reconnue et distinguรฉe en tant que vรฉritable fonction psychologique, un moyen direct d'accรจs ร  la connaissance.

Il place Henri Bergson parmi les grands avocats de l'intuition.

Il y a chez Bergson, un des auteurs proche d’Assagioli, une perspective plutรดt philosophique qui revalorise l’intuition et fait face au rationalisme dominant.

Carl Gustaaf Jung a eu le mรฉrite de proclamer l’existence et de mettre en รฉvidence cette fonction psychologique ร  la fois analytique et synthรฉtique.

« Mon expรฉrience de psychologue – tรฉmoigne-t-il - m’a montrรฉ toujours ร  nouveau que certains contenus proviennent d’une psychรฉ plus complรจte que le conscient. Frรฉquemment, ils font preuve d’une puissance d’analyse, d’introspection ou de connaissance que le conscient correspondant n’รฉtait pas capable de fournir. Nous possรฉdons un mot adรฉquat pour dรฉsigner ces phรฉnomรจnes : l’intuition. »

Tout en suivant de trรจs prรจs la pensรฉe de Jung ร  ce sujet, Assagioli lui attribue le mรฉrite de rรฉaffirmer l'existence et la validitรฉ de l'intuition en tant que fonction psychologique spรฉcifique et autonome.

Avec Jung, il considรจre l'intuition comme une vraie fonction cognitive spรฉcifique et autonome qui correspond ร  une perception intรฉrieure immรฉdiate de la nature de la rรฉalitรฉ, dans son essence.

Elle peut se manifester en rapport avec n'importe quelle outre fonction psychologique.

Il tient que la connaissance intuitive est celle qui est ร  la fois la plus directe et la plus rassurante, de telle faรงon que l'activitรฉ logique lui doit รชtre subordonnรฉe .

Assagioli apporte des prรฉcisions et aussi des divergences qu'il importe de relever. 

Tandis que pour Jung : l'intuition offre une sorte de produit fini, parfait, complet et instantanรฉ tant au niveau personnel qu'au niveau transpersonnel de l'intuition platonique.

Pour le thรฉoricien de la psychosynthรจse, mรชme si l'intuition est aussi une fonction synthรฉtique et directe, il faut tenir compte du fait que son produit ne se prรฉsente pas toujours complรจtement au niveau de la personnalitรฉ !

 

Intuition : Sa source reste au niveau du Soi transpersonnel, d’oรน le caractรจre comprรฉhensif et synthรฉtique de cette fonction psychologique considรฉrรฉe par Sebastiano Tilli comme « une fonction typiquement spirituelle ! »
Sa source reste au niveau du Soi transpersonnel, d’oรน le caractรจre comprรฉhensif et synthรฉtique de cette fonction psychologique considรฉrรฉe par Sebastiano Tilli comme « une fonction typiquement spirituelle ! »

La mentalitรฉ analytique a souvent mis de cรดtรฉ l’intelligence intuitive. On a dรฉjร  remarquรฉ la tendance moderne ร  faire de la raison le pivot du fonctionnement psychologique.

Nรฉanmoins, comme le reconnaรฎt Albert Einstein, la raison reste bien limitรฉe par rapport ร  l’intuition, tout en รฉtant celle-ci l’organe de connaissance le plus parfait : 

« Il y a certaines lois dans la nature et dans le cosmos lequel l'homme ne peut pas comprendre avec la raison, mais seulement avec l'intuition ! »

ร€ l'instar d'Einstein, Assagioli reconnaรฎt que l'intuition : 

est un moyen de connaissance supรฉrieur ร  l'intelligence !

Il en donne la raison

« Tandis que celle-ci nous porte ร  connaรฎtre surtout les caractรฉristiques extรฉrieures d'une chose en vue de l'utilisation pratique, l'intuition fait pรฉnรฉtrer dans la nature intime de la rรฉalitรฉ. »

Et Baruch Spinoza lui attribue alors le caractรจre de « science divine ».

Tout en accordant place aux distinctions, Assagioli insiste sur la complรฉmentaritรฉ de leur rรดle : 

« L'intuition reprรฉsente l'aspect crรฉatif de la connaissance, le contact direct avec la rรฉalitรฉ. »

Au contraire, l'intellect a avant tout la fonction d'interprรฉter, c'est-ร -dire de traduire en termes mentaux les donnรฉes de l'intuition; ensuite d'en contrรดler et vรฉrifier la validitรฉ; enfin; de coordonner et d'inclure ces donnรฉes dans le corps des connaissances dรฉjร  acquises. 

Assagioli se rรฉjouit du fait que l’on dรฉbute ร  admettre que l’intuition soit un moyen direct et gรฉnuine de connaissance et que l’illumination spirituelle et l’inspiration proviennent d’un niveau supรฉrieur de l’inconscient : le superconscient !

Une fois comprises dans leur complรฉmentaritรฉ, on pourra vรฉrifier avec Francesco Racanelli : la raison ne tue pas l'intuition mais peut s'y approfondir.

Assagioli se rรฉfรจre au pouvoir discriminatoire de la raison capable de reconnaรฎtre et d’interprรฉter correctement les intuitions lorsque appariรฉe dans le champ de la conscience.

On tend ร  situer le raisonnement dans l’hรฉmisphรจre gauche du cerveau et l’intuition dans l’hรฉmisphรจre droit. 

La tendance ร  localiser et faire de l’intuition une propriรฉtรฉ exclusive de l’hรฉmisphรจre cรฉrรฉbral droit, portant ร  la thรจse psychologique du doublement cรฉrรฉbral, est loin de conquรฉrir l’unanimitรฉ des experts.

Quoi qu’il en soi, le plus important c’est de cultiver harmonieusement touts les deux et de souligner leur complรฉmentaritรฉ. 

C’est fondamental de ne jamais placer les fonctions psychologiques en situation de compรฉtition ou en contradiction. 

En ce qui concerne le rapport raison-intuition, c’est ร  considรฉrer que le caractรจre mรฉta-logique de la deuxiรจme ne s’oppose ni dispense pas l’apport logique de la premiรจre Loin de nier ou de faire de l’intellect table rase, l'intuition favorise l’acuitรฉ et la clartรฉ mentales accrues de la simplicitรฉ qui provient de l’esprit de synthรจse.

Jung attribue ร  l’intuition un caractรจre irrationnel !

Mais le terme ultra-rationnel ou spirituel semble plus adรฉquat. 

La raison prend ses racines dans le conscient, alors que l’intuition les plonge dans l’inconscient !

La raison prend ses racines dans le conscient, alors que l’intuition les plonge dans l’inconscient !

Elle constitue la vision au niveau de l’esprit, oรน il y a la perception supra rationnelle, non mรฉdiatisรฉe, synthรฉtique et comprรฉhensive de la rรฉalitรฉ. 

Il s’agit effectivement d’une comprรฉhension suprasensible et d’une perception para-sensorielle dรฉpassant les donnรฉes des cinq sens, ainsi que le raisonnement logique.

Cela dรฉborde le raisonnement logique, plutรดt analytique, ainsi que les limites d’espace et temps. 

Il s’agit d’une prise de conscience ร  caractรจre transpersonnel, synthรฉtique, ordinairement passagรจre, quoique permanent dans ses effets, en provenance directe du Soi transpersonnel !

C’est une vision intรฉrieure, dite aussi la connaissance infuse. 

Il y a une saisie directe de la rรฉalitรฉ qui dรฉpasse autant la connaissance sensible que la connaissance rationnelle.

Assagioli y voit une comprรฉhension 'supra-rationnelle' de la rรฉalitรฉ et une forme de vision plus รฉlevรฉe comparรฉe ร  un 'rayon de lumiรจre' qu'illumine momentanรฉment, ou dans un espace de temps plus ou moins long, la conscience de veille !

Il faut bien y tenir compte que l’intuition ne se dispense d’aucune fonction psychologique, nommรฉment la raison. Son caractรจre trans-rationnel n’est jamais antirationnel.

L’intuition est l'organe de la vision supรฉrieure, celle de la connaissance directe permettant une comprรฉhension immรฉdiate, intรฉgrale et trans-rationnelle de la rรฉalitรฉ et de son essence, ร  ne pas confondre avec la tรฉlรฉpathie ou la clairvoyance.

Celles-ci sont plutรดt en rapport respectivement avec la sensibilitรฉ et avec la vision intรฉrieures, alors que l’intuition est la fonction psychologique synthรฉtique par excellence, reliรฉe ร  la contemplation.

Elle est la source et la dispensatrice de la rรฉvรฉlation.

Tout en y considรฉrant le caractรจre d’une 'fonction synthรฉtique' dans le sens que, par elle, on perรงoit la totalitรฉ d’une situation ou d’une rรฉalitรฉ psychologique.

Assagioli remarque l'intuition ne procรจde pas selon la logique inductive de la partie au tout, mais elle perรงoit une totalitรฉ directement en tant que rรฉalitรฉ existante en soi.

ร€ l'intรฉrieur de cette fonction, il y a encore des distinctions ร  faire : 

une intuition mathรฉmatique a des caractรฉristiques diffรฉrentes d'une intuition mystique, par exemple. 

Il en est de mรชme pour les intuitions scientifiques, philosophiques, mystiques, artistiques et autres. 

Assagioli fait la distinction et voit "une grande diffรฉrence" entre l'intuition des philosophes et celle des mystiques, รฉtant la premiรจre plutรดt reliรฉe ร  la raison, tandis que la deuxiรจme semble avoir un caractรจre plus spirituel !

Comme pour toutes les autres fonctions psychologiques, il y a lieu pour des manifestations de l’intuition, soit au niveau de la personnalitรฉ, soit au niveau transpersonnel. 

Les intuitions supรฉrieures ร  caractรจre transcendant รฉlรจvent et intรจgrent la personnalitรฉ au niveau du Soi transpersonnel !

L’intuition fait partie de l’expรฉrience ordinaire ร  ne pas confondre avec les รฉtats altรฉrรฉs de conscience. 

Il s’agit de la fonction psychologique ordinairement la plus proche du centre de la conscience, tant au niveau du moi personnel que du Soi transpersonnel, la source de l’inspiration et de la crรฉativitรฉ.

Son expression la plus haute est l'illumination. 

Tandis que l'intellect, faisant une sorte de lecture intรฉrieure, suit la voie indirecte de la logique inductive et dรฉductive : 

l'intuition se tourne vers l'intรฉrieur, y regardant, contemplant, et manifestant la rรฉalitรฉ, sans les รฉcarts du raisonnement qui donnent place ร  l'interprรฉtation et au doute.

Il y a clairement le savoir de quelque chose, mรชme sans comprendre le comment. 

Elle ne s’explique pas; elle รฉchappe ร  tous les concepts. 

Carl Gustaaf Jung offre ร  ce commentaire : 

« En le prononรงant [ce nom] la plupart des gens รฉprouvent l’agrรฉable sentiment d’avoir rรฉglรฉ une question รฉpineuse. Ils ne tiennent jamais compte du fait qu’on ne fabrique pas ร  volontรฉ une intuition ! » « Au contraire, c’est l’intuition qui vient vers vous : vous avez une idรฉe, nรฉe d’elle-mรชme, et vous ne la saisissez que si vous รชtes assez prompt pour l’attraper. »

Une des caractรฉristiques de l’intuition est sa spontanรฉitรฉ qui ne dรฉpend pas de la rรฉflexion, sans pourtant la mettre de cรดtรฉ !

Elle peut constituer une rรฉponse au questionnement de la raison, mais elle peut aussi offrir des solutions prรฉalables au questionnement !

Il faut distinguer la fonction de son produit. Souvent on parle indistinctement de mon intuition ou de mes intuitions.

Celles-ci ne sont pas nรฉcessairement un fruit de la fonction intuitive !

Il s'agit ordinairement d'inspirations plus ou moins proches de ce que l'on dรฉsigne en anglais par "insights", sorte de vision et communion avec la rรฉalitรฉ, ayant cependant un caractรจre plus ou moins fragmentaire et passager.

L'inspiration reprรฉsente une descente des รฉnergies du supraconscient ร  l'intรฉrieur du champ de conscience ordinaire, ce qui peut arriver par le biais de l'intuition ou d'une autre fonction psychologique.

L’intuition est diffรฉrente aussi des pressentiments ou impressions psychiques concernant des gens ou des รฉvรจnements. 

Dans l'acte purement intuitif, c'est l’ouverture ร  la lumiรจre du centre de conscience qui se manifeste, tout en donnant l'expรฉrience et de la vision, de l'union et de l'identification. 

Comme l'observe Assagioli : 

« l’intuition conduit effectivement ร  l'identification avec ce que est vu et contemplรฉ, et ร  la reconnaissance de l'unitรฉ intrinsรจque entre l'objet et le sujet ! »

Il s’agit d’une fonction psychologique qui saisit la rรฉalitรฉ immรฉdiatement et dans son essence.

Du mรฉcontentement face ร  l’intellectualisme aride est nรฉ au dix-neuviรจme siรจcle le transcendantalisme amรฉricain faisant appel ร  l’intuition dรฉsignรฉe alors la “raison transcendantale”. 

Mais cette transcendance est la voie de communication directe avec toutes les fonctions psychologiques, en termes de complรฉmentaritรฉ plutรดt que de dรฉpassement. 

C'est ainsi que l'on peut avoir aussi des intuitions sensorielles, de mรชme que des intuitions spirituelles .

Cela n’affecte pas la fonction intuitive comme telle. 

Assagioli remarque que :  « l'intuition, dans sa manifestation la plus pure, est dรฉpourvue de sentiment, de rรฉactions รฉmotionnelles, positives ou nรฉgatives, envers l'objet apprรฉhendรฉ ! »

Il y a effectivement une complรฉmentaritรฉ de rรดle entre toutes les fonctions psychologiques, y compris l'intuition. 

L'important est de distinguer le rรดle spรฉcifique de chacune, de respecter leur domaine d'action, et de promouvoir leur interaction. 

Il peut arriver, par exemple, que des sensations et des rรฉactions รฉmotives envahissent le champ de la conscience et empรชchent l'accรจs aux lumiรจres de l'intuition. 

Celle-ci constitue une sorte d'antenne psychologique permettant ร  l'รชtre humain de dรฉpasser les lieux communs de son existence, tout en mettant ร  la portรฉe des autres fonctions des rรฉalitรฉs qui les transcendent. 

 

Tel que pour l’eurรชka (j’ai trouvรฉ) d’Archimรจde, chaque intuition constitue une lumiรจre grรขce ร  laquelle il y a une rรฉvรฉlation quelconque immรฉdiatement saisie par la conscience.

Tel que pour l’eurรชka (j’ai trouvรฉ) d’Archimรจde, chaque intuition constitue une lumiรจre grรขce ร  laquelle il y a une rรฉvรฉlation quelconque immรฉdiatement saisie par la conscience.

Au dire de Carl Gustaaf Jung : 

« les rรชves prรฉmonitoires, les tรฉlรฉpathies et tous les faits de cet ordre sont des intuitions. »

Face ร  cette fonction psychologique qui dรฉpasse toute conception intellectuelle, Jung avoue : 

« ne pas savoir au fond comment l’intuition opรจre ? »

tout en ajoutant que : 

« nous devons รชtre trรจs reconnaissants au ciel de possรฉder une fonction qui nous octroi certaines lumiรจres sur ce qui est 'par-delร  des choses' ! »

Il la considรจre cependant :

« une fonction trรจs naturelle, parfaitement normale et nรฉcessaire. »

L'intuition est une fonction normale ร  la fois rรฉceptive et crรฉatrice. 

L'intuition est une fonction normale ร  la fois rรฉceptive et crรฉatrice.      Il s’agit d’une sorte d’ล“il spirituel ou d’antenne transpersonnelle qui capte et transmet synthรฉtiquement de l’information.

Il s’agit d’une sorte d’ล“il spirituel ou d’antenne transpersonnelle qui capte et transmet synthรฉtiquement de l’information.

L’intuition est considรฉrรฉe le sens synthรฉtique tandis que le mental est le sens commun. 

La facultรฉ intuitive est plus proche de l’instinct que l’intention, quoiqu’il n’y a pas d’incompatibilitรฉ et d’exclusion entre l’un et l’autre !

Tout en รฉtant hors de contrรดle direct de la volontรฉ, elle nous rรฉvรจle non pas l’information que nous voulons avoir, mais celle dont nous en avons besoin. 

Cette information ร  caractรจre immรฉdiat est donnรฉe plus en fonction de l’ici et maintenant que du futur. 

En d’autres mots, elle est plus vision qu'une prophรฉtie !

Il faut toujours se rappeler que l'intuition n'est pas un produit de la volontรฉ, bien qu'elle soit en rapport avec elle aussi.

Une des caractรฉristiques de l'intuition est d'รชtre fonciรจrement spontanรฉe, libre et imprรฉvue.

Assagioli est pรฉremptoire lร -dessus : 

« La volontรฉ n'a aucun pouvoir direct sur la fonction intuitive; celle-ci รฉchappe ร  toute action volitive laquelle produirait l'effet contraire ! »

Il y a cependant une action indirecte trรจs utile qui peut รชtre exercรฉe de la part de la volontรฉ : elle peut crรฉer et maintenir libre le 'canal de communication' par lequel descendent les impressions intuitives, pouvant aussi freiner ou empรชcher temporairement les activitรฉs perturbatrices des autres fonctions psychologiques. 

Le rรดle de la volontรฉ consciente par rapport ร  l'intuition doit รชtre alors celui d'une action indirecte, qui lui prรฉpare le chemin en รฉliminant les obstacles, en faisant monter l'รฉtat de conscience et en invoquant l'action de l'inconscient supรฉrieur qui est le siรจge du sens intuitif.

L’intuition demeure alors une facultรฉ gratuite qui ne provient pas de la volontรฉ, est une fonction spontanรฉe qui ignore les contraintes, sans cependant nous dispensez de l’identifier et d’offrir notre collaboration volontaire. 

Au dire d’Assagioli : « au cล“ur de chaque homme/ humain se cache la fleur de l’intuition. »

Le premier pas c’est d’accepter son existence chez nous et chez les autres !

Tout en considรฉrant les intuitions comme des messages du Soi ร  la personnalitรฉ, Assagioli veut que l'on donne une place centrale et une grande valeur au dรฉveloppement de l'intuition ! 

L'รฉducation de cette fonction psychologique ne constitue pas en soi un problรจme. 

ร€ proprement parler, elle ne fait l'objet direct d'une action รฉducative.

L'intuition est une sorte d'รฉchelle de Jacob de la psychรฉ qui s'en sert soit pour la descente des รฉnergies supรฉrieures, soit pour faire monter toutes les facultรฉs jusqu'au niveau du supraconscient. 

ร‰duquer l'intuition, ou mieux dit s’รฉduquer ร  l’intuition, c'est prendre soin de cette รฉchelle !

Alors le problรจme de l'รฉducation vise dans la pratique un contrรดle de toutes les autres fonctions psychologiques, comportent le danger d'envahir ou de prรฉtendre remplacer la voie de l'intuition.

Toutefois celle-ci ne peut pas se dispenser des autres fonctions psychologiques. 

Il serait donc une erreur de se remettre ร  l’intuition en termes de lui attribuer complรจte autonomie ou une certitude absolue. 

Il se peut que les mystiques ont tendance ร  privilรฉgier l’intuition, alors que les savants donnent leur prรฉfรฉrence ร  la connaissance intellectuelle. 

Mais le vrai mystique estime le discours de la pensรฉe, de mรชme que le vrai savant garde place pour le concours de l’intuition.

Quoique l'intuition ne constitue pas un fruit de la volontรฉ et รฉchappe ร  son contrรดle de mรชme qu'ร  celui des autres fonctions psychologiques, elle reste cependant conditionnรฉe au niveau de son acceptation et de ses
manifestations !

On ne peut pas la programmer, mais on peut toujours la favoriser et l’entraรฎner !

Tout en admettant qu'il s'agit d’une des fonctions les moins reconnues et apprรฉciรฉes, Assagioli croit que pour cette raison, elle est gรฉnรฉralement peu dรฉveloppรฉe ou refoulรฉe.

Mรชme si l'intuition a un caractรจre libre et spontanรฉ, cela ne nous exempte pas de la collaboration dans l'exploration de l'inconscient. 

Cette exploration opรจre l'รฉlargissement de la conscience et facilite ainsi les manifestations de la fonction intuitive et l'accueil de ses donnรฉes.

L'รฉvocation symbolique et l’invocation des รฉnergies supraconscientes sont des exercices particuliรจrement recommandรฉs en vue de favoriser la fonction intuitive.

Le langage de l’intuition est plutรดt symbolique. 

L’utilisation de la symbolique est la voie royale de liaison ร  l’intuition.

Alors la lecture au sujet du symbolisme et l'effort pour
comprendre le langage symbolique constituent une des principales mรฉthodes pour le dรฉveloppement de l'intuition.

Les mantras utilisรฉs dans le contexte de la mรฉditation sont sensรฉs avoir le pouvoir d’รฉveiller la conscience humaine en l’ouvrant ร  la comprรฉhension intuitive !

Au niveau des manifestations intuitives, il semble y avoir un lien รฉtiologique avec la psychologie diffรฉrentielle : 

Il y a des individus plus ou moins disposรฉs ร  valoriser, ou alors ร  mettre de cรดtรฉ le facteur intuitif. 

Selon Assagioli :

« l'intuition en tant que fonction se trouve derriรจre et au-dessus de chaque diffรฉrence typologique, mais elle agit diffรฉremment selon les types psychologiques ! »

Tout en tenant compte du fait que l'intuition ne constitue pas l'objet direct de l'รฉducation, la psychosynthรจse s'attarde cependant non seulement ร  reconnaรฎtre son rรดle, mais aussi ร  en faciliter la tรขche !

Elle est, selon Assagioli : 

« L'intuition est une fonction normale de la psychรฉ, et son activation est produite principalement par l'รฉlimination des divers obstacles empรชchant son fonctionnement !  »

Il y a une sorte de feu que l'on ne peut pas allumer ร  partir d'un acte volitif, mais que l'on peut apprรฉcier, accueillir et activer. 

L’intรฉrรชt plus rรฉcent portรฉ en Occident pour ce qui regarde l’idรฉologie orientale vรฉhiculรฉe notamment par l’hindouisme, le taoรฏsme, le bouddhisme, ainsi que pour le soufisme et les arts martiaux, font preuve de la recherche d’une approche ร  caractรจre plutรดt intuitif. 

Un moyen important de donner place ร  l'intuition est celui de faire taire les autres fonctions psychologiques, notamment celle de la raison, tout en crรฉant ainsi le silence intรฉrieur.

Einstein affirme que les grandes dรฉcouvertes scientifiques arrivent lorsque la raison se tait, et que l’on fait confiance ร  l'intuition !

Assagioli est d'avis que : 

« les personnes qui ont le plus grand besoin de dรฉvelopper et d'employer l'intuition sont les intellectuels, tout spรฉcialement ceux dont l'activitรฉ mentale est trรจs intense et qui sont trรจs fiers de leur intelligence brillante, avec laquelle ils s'identifient ! »

Il ajoute la remarque suivante : 

« Ces intellectuels ont souvent un dรฉveloppement unilatรฉral et par lร , ils ont grand besoin d'une psychosynthรจse ainsi que de l'activation des autres fonctions qui ne sont pas chez eux, gรฉnรฉralement, suffisamment dรฉveloppรฉes ! »

Il faut bien revenir au fait que l'intuition ne remplace pas, exclue ni dรฉvalorise les autres fonctions psychologiques, y compris la raison et l'imagination.

C'est d’ailleurs son rรดle de les inclure, de les intรฉgrer et de faciliter leurs tรขches particuliรจres.

L'action de l'intuition devient donc indispensable pour atteindre une vraie psychosynthรจse autant : 

  • individuelle, 
  • qu'interindividuelle, 
  • ou sociale, 

surtout au niveau transpersonnel !

Assagioli considรจre alors cette fonction psychologique comme รฉtant : « l’organe de perception de la vรฉritรฉ. » 

Selon lui : seule l'intuition apporte une vรฉritable comprรฉhension psychologique, aussi bien de soi-mรชme que des autres !

ร€ cette perception de la vรฉritรฉ, il ne donne pas pourtant l’apanage de l’infaillibilitรฉ !!

En effet, quelle que soit la valeur de l’intuition, elle ne devrait รชtre employรฉe qu’en concomitance et harmonie avec les autres fonctions psychologiques.

Douglas Russell, ร  la suite d'Assagioli et de F. Clark, tient compte de cinq stades ou รฉlรฉments reliรฉs au processus intuitif : 

  • l’alignement (syntonisation du moi personnel avec le Soi transpersonnel); 
  • l'รฉlรฉvation (montรฉe et รฉlargissement de la conscience);
  • la rรฉception (ouverture et accueil); 
  • l'enregistrement (annotation, surtout par รฉcrit); 
  • la vรฉrification (examen,distinction et discernement par rapport ร  chaque message reรงu.)
Assagioli propose la mรฉditation, avec la pratique du "silence mental", en vue de purifier le champ de la conscience, et de le vider de tous les contenus qui empรชchent les manifestations intรฉrieures ร  caractรจre intuitive.  Il รฉvoque une phrase tirรฉe d’un hymne des mystรจres grecs :   « Soyez silencieuses, cordes, pour qu’une nouvelle mรฉlodie circule en moi. »

 
Assagioli propose la mรฉditation, avec la pratique du "silence mental", en vue de purifier le champ de la conscience, et de le vider de tous les contenus qui empรชchent les manifestations intรฉrieures ร  caractรจre intuitive.

Il รฉvoque une phrase tirรฉe d’un hymne des mystรจres grecs

« Soyez silencieuses, cordes, pour qu’une nouvelle mรฉlodie circule en moi. » 

Lorsqu’en terminologie mystique on parle de la "contemplation nรฉgative", on y considรจre le vide intรฉrieur oรน il y a de la place pour des rรฉvรฉlations supรฉrieures. 

Le silence et la priรจre sont souvent prรฉsentรฉes comme des moyens privilรฉgiรฉs pour crรฉer la syntonie intรฉrieure qui favorise l’รฉclatement de l’intuition. 

C’est ร  considรฉrer aussi le service socialement rendu, tout en tenant compte l’aspect inclusif et altruiste qui caractรฉrise cette fonction psychologique.

Personne n’est dรฉpourvu de l’intuition, laquelle doit รชtre considรฉrรฉ en termes de qualitรฉ et non pas de quantitรฉ. 

L’intรฉrรชt vouรฉ ร  l’intuition doit donc viser non pas son augmentation, mais l’amรฉlioration au sens de sa reconnaissance et de son accueil !

Faire de l’intuition un alibi pour la raison reste un รฉcartement paresseux face au besoin de coordonner et valoriser toutes les fonctions psychologiques.

Il faut bien remarquer leur importance en termes d’รฉgalitรฉ, aussi que leur interpรฉnรฉtration, tout en รฉvitant de les concevoir l’une ร  l’intรฉrieur de l’autre en guise d'exemple de la poupรฉe Babouchka russe. 

Ce qui donne la qualitรฉ ร  n’importe quelle fonction psychologique c’est l’รฉtat de conscience !

Au niveau du Soi il y aura : 

  • leur accueil inconditionnel, 
  • la transparence de l’รขme
  • l’humilitรฉ face ร  nos limites, 
  • et une attitude de souplesse, sans attachements ni contraintes.

C’est le modรจle septรฉnaire que l’on passe ร  considรฉrer selon les dรฉsignations et l'ordre indiquรฉs par le diagramme Assagiolien de l'รฉtoile, ou รฉtoile des fonctions illustrรฉ.  Il inclut les quatre fonctions de la classification jungienne, (sensation, รฉmotion, pensรฉe et intuition), tout en y ajoutant non plus seulement une, mais les trois fonctions suivantes : impulsion, imagination et volontรฉ.  1. Sensation 2. ร‰motion 3. Impulsion 4. Imagination 5. Pensรฉe 6. Intuition 7.Volontรฉ 8. Soi  Mรชme si le Soi figure dans le diagramme de l’รฉtoile, il faut bien noter qu'il s'agit lร  du point de rรฉfรฉrence et non pas d'une fonction psychologique.   « Les fonctions psychologiques sont des expressions du Soi. »

Un rappel avant le prochain sujet de cette partie 4

C’est le modรจle septรฉnaire que l’on passe ร  considรฉrer selon les dรฉsignations et l'ordre indiquรฉs par le diagramme Assagiolien de l'รฉtoile, ou รฉtoile des fonctions illustrรฉ.

Il inclut les quatre fonctions de la classification jungienne, (sensation, รฉmotion, pensรฉe et intuition), tout en y ajoutant non plus seulement une, mais les trois fonctions suivantes : impulsion, imagination et volontรฉ.

1. Sensation
2. ร‰motion
3. Impulsion
4. Imagination
5. Pensรฉe
6. Intuition
7.Volontรฉ
8. Soi

Mรชme si le Soi figure dans le diagramme de l’รฉtoile, il faut bien noter qu'il s'agit lร  du point de rรฉfรฉrence et non pas d'une fonction psychologique !

« Les fonctions psychologiques sont des expressions du Soi. »

3 – Carrefour de l’รฉtoile

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli 

๐Ÿ“Œ Avant que l’on passe ร  de rรฉflexions finales sur le rapport et la complรฉmentaritรฉ des sept fonctions psychologiques que l’on vient de prรฉsenter, il sera question de considรฉrer la sexualitรฉ humaine. Cela dรป au fait qu’il y a dans ce domaine un rapport et un apport importants mis en รฉvidence non seulement par la psychanalyse, mais aussi et de faรงon
รฉloquente par l’approche assagiolienne.

 

Psychosynthรจse - Il revient donc ร  l'รฉducation de faire accรฉder au niveau dit supรฉrieur tous les instincts, de les intรฉgrer, de les transformer et de les sublimer.

3.1 Apport de la sexualitรฉ

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli 

Assagioli relie l'impulsion sexuelle non seulement aux instincts, mais aussi ร  toutes les autres fonctions psychologiques !

Lร  oรน Freud fait du rรฉductionnisme, Assagioli dรฉcouvre un sens d'รฉlargissement. 

Il s’agit d’un domaine sacrรฉ sรปrement important et souvent mal comprit !

Il fait noter combien le thรจme de la sexualitรฉ est un sujet :

  • ample, 
  • complexe 
  • et dรฉlicat !

Tout en รฉtant lui-mรชme un mรฉdecin, il considรจre la mรฉdecine naturaliste incompรฉtente en matiรจre de l’รฉducation sexuelle !

C’est pourquoi il fait un appel dans le sens de donner aux รฉtudiants de la facultรฉ de mรฉdicine « une prรฉparation psychologique et morale au sujet des questions sexuelles. »

La sexualitรฉ est en mรชme temps une caractรฉristique individuelle et un don de la vie !

ร€ partir de 1910 et de ses รฉtudes psychanalytiques reliรฉes ร  la pensรฉe de Freud, le fondateur et thรฉoricien de la psychosynthรจse accorde, dans ses รฉcrits, une attention particuliรจre ร  l'รฉducation sexuelle.

Bien que loin du pansexualisme freudien, il se trouve proche de Freud en reconnaissant et dรฉnonรงant les vieux tabous reliรฉs ร  une fausse conception de la sexualitรฉ, lorsque puretรฉ et ignorance, pudeur et hypocrisie sont devenues presque synonymes. 

Assagioli distingue entre :

  • instruction sexuelle,
  • et รฉducation sexuelle !

La premiรจre tombe souvent dans l'erreur de rรฉduire la sexualitรฉ ร  un simple instinct physique et de la sรฉparer des autres composantes de la personnalitรฉ, notamment l'affection.

En contrepartie, il y a aussi le danger de tomber dans une sorte d'รฉducation abstraite qui se rรฉfugierait dans le rรชve d'un monde idรฉalisรฉ et ferait abstraction du rรฉalisme cru et nu de certains aspects de la vie instinctive.

Alors qu'en psychanalyse freudienne toutes les fonctions psychologiques semblent รชtre sous la dรฉpendance de la sexualitรฉ, en psychosynthรจse, c'est la sexualitรฉ qui est au service des fonctions biopsychologiques et en constitue une de leurs expressions !

On peut dire qu'il s'agit d'une fonction spรฉcifique ร  caractรจre gรฉnรฉralisรฉ.

En fait, la sexualitรฉ mรฉrite d'รชtre considรฉrรฉe comme une super fonction vitale, dans la mesure oรน elle comprend les dimensions

  • physique, 
  • psychologique, 
  • et spirituelle.

Malheureusement, cette triple dimension n'est pas toujours harmonisรฉe.

Au dire d'Assagioli : une des erreurs les plus graves souvent commises par ceux qui s'occupent de la question sexuelle est celle d'รฉtudier le cรดtรฉ instinctif et psychique de la sexualitรฉ sรฉparรฉment de ses aspects รฉmotif, mental et spirituel !

Assagioli fait appel ร  la puretรฉ du cล“ur en disant : 

« pour les purs tout est pur ! »

Ni l’activitรฉ sexuelle ni l’alimentation sont en elles-mรชmes des poisons. Ce sont des fonctions naturelles et elles sont en soi nรฉcessaires ร  la prรฉservation de l’individu et ร  la vie mรชme de l’humanitรฉ !

Le plaisir dรฉcoulant de leur saine gratification est bon, et l’on peut en jouir de bon cล“ur, sans aucun sentiment de culpabilitรฉ !

Lorsque je parle de ‘poison’, je parle d’un attachement qui
conduit aux excรจs, et par-dessus tout de l’exploitation relevant de fins commerciales qui peuvent conduire ร  de tels excรจs.

Le fait de prendre la sexualitรฉ au sรฉrieux n’exclut pas la gaietรฉ. Notamment au niveau des rituels amoureux, la joie y est un รฉlรฉment spontanรฉment partagรฉ.

Assagioli avertit au sujet de l’erreur fondamentale de considรฉrer l’aspect physique et instinctuel de la sexualitรฉ de faรงon sรฉparรฉe et indรฉpendante des nombreux aspects psychologiques qui la caractรฉrisent, parmi lesquels les aspects affectifs !

L'apologie des instincts peut devenir une รฉpรฉe ร  deux tranchants.

Comme l'observe Sergio Bartoli, la valorisation exagรฉrรฉe et des instincts suscitรฉes par l'รฉcole freudienne peuvent donner prise ร  un processus rรฉgressif conduisant ร  des comportements primitifs traduit par l'homicide, et l'instinct sexuel, par la violence !

Tout en regrettant le mรชme fait, Abraham Maslow considรจre qu'il a eu non pas 'sacralisation', mais 'dรฉsacralisation' du sexe. Il propose donc la re-sacralisation de cette fonction par l'attribution de toutes les valeurs dont elle a รฉtรฉ dรฉpouillรฉe.

Comme facteurs d’une telle situation, Abraham Maslow identifie la rรฉaction aux facteurs rรฉpressifs, le matรฉrialisme dominant et le cynisme de la commercialisation de la sexualitรฉ.

Il revient donc ร  l'รฉducation de faire accรฉder au niveau dit supรฉrieur tous les instincts, de les intรฉgrer, de les transformer et de les sublimer. 

Assagioli offre ร  propos, la considรฉration suivante :

« Quant ร  l’insistance exagรฉrรฉe sur la sexualitรฉ, l’antidote le plus efficace est l’amour vรฉritable. Il s’agit non pas de ne pas aimer ou d’aimer moins, mais d’aimer mieux ! »

La sexualitรฉ ne se limite pas au domaine des pulsions et non plus ร  celui des besoins physiques !

Avec Piero Ferrucci, on doit souligner le rapport existant entre la sexualitรฉ et le besoin d’aimer et d’รชtre aimรฉ !

Victor Frankl remarque combien une sexualitรฉ vidรฉe d’amour conduit ร  une dรฉpersonnalisation !

C’est au niveau transpersonnel, autant chez nous-mรชmes que chez les autres, que l’on doit chercher la pleine signification sur  la portรฉe de la sexualitรฉ !

Il va dans ce sens l’affirmation d’Assagioli en disant que : 

« le Soi tient compte de l’identitรฉ essentielle de tous les autres Soi ! »

Il y a lร  le sens et le respect autant de l’individualitรฉ que de l’altรฉritรฉ.

De pair avec la dรฉsidentification concernant l’รฉlan sexuel, on doit toujours revenir ร  l’identification, dans le sens que le sexe n’est pas quelque chose que l’on a, mais quelqu’un que l’on est !

Assagioli propose une conception intรฉgrale de la sexualitรฉ y considรฉrant simultanรฉment les dimensions physique, รฉmotionnelle, mentale et spirituelle, sans quoi il y aura un appauvrissement, voire une perversion et la dรฉgradation de l’humain !

Puisque l’information n’est pas synonyme d’รฉducation, Assagioli  remarque le besoin d’adapter les enseignements au degrรฉ de l’รฉvolution : «Souvent, quoiqu’en ayant de bonnes intentions, on peut faire beaucoup de mal en donnant des enseignements prรฉcoces. »

L'รฉducation psychosynthรฉtique choisit une mรฉthode d'intรฉgration et non pas d'exclusion y compris en matiรจre sexuelle !

La rรจgle d’or est celle de la voie du milieu, tout en considรฉrant les dangers autant de dรฉbauche que de la suppression !

Assagioli fait la distinction entre la stimulation exagรฉrรฉe et artificielle du dรฉsir sexuel et de l’instinct naturel, spontanรฉ et sain, ceci donnant lieu ร  “une saine gratification.”

En tant qu'instinct de reproduction, la pulsion sexuelle tend naturellement ร  la crรฉation d'un รชtre nouveau !

Le surplus est utilisรฉ pour la satisfaction sensuelle ou affective plus ou moins lรฉgitime !

Malheureusement, comme le remarque Erich Fromm : 

« les partenaires sont souvent si narcissiques, si รฉgoรฏstes et si possessifs que l’on ne peut pas parler toujours d’un plaisir simultanรฉ mais non partagรฉ ! »

La dรฉsidentification est fondamentale par rapport ร  n’importe quel dรฉsir, soit-il d’ordre sexuel ou d’un autre. On peut alors utiliser la formule assagiolienne suivante : 

« J’ai des dรฉsirs, mais je ne suis pas mes dรฉsirs ! »

Les dรฉsirs sont รฉveillรฉs par des incitations et d’autres influences physiques et รฉmotives. Ils sont souvent changeants et contradictoires, en alternance d’attraction et rรฉpulsion; ils ne sont pas vous !

Ou encore la formule suivante : 

‘J’ai des dรฉsirs, ils sont une partie de moi, mais je suis plus que mes dรฉsirs ! ’

Il y aura alors une certaine dรฉsidentification non pas biaisรฉe par le dualisme et la rupture, mais ouverte ร  l’accueil, sans quoi l’intรฉgration de la sexualitรฉ reste impossible, ainsi que l’entiรจretรฉ de notre vraie identification.

D’oรน l’avis d’Assagioli : 

« Ne sรฉparez pas le sexe des autres parties de la nature humaine ! »

La sexualitรฉ regarde l’ensemble des fonctions psychologiques, et englobe, sans exclusion ni discrimination, toutes les dimensions de l’humain.

Conclusion, dans la vraie รฉducation sexuelle, le tabou donne place ร  la spontanรฉitรฉ, la cupiditรฉ est remplacรฉe par le respect, la peur est enlevรฉe par l’amour, la particularitรฉ est intรฉgrรฉe dans le tout.


3.2 Sens de la complรฉmentaritรฉ

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli

Carl Jung remarque : 

« certaines fonctions sont en nous particuliรจrement dรฉveloppรฉes et diffรฉrentiรฉes, particuliรจrement en honneur,
particuliรจrement actives et productives, tandis que d’autres ne dรฉpassent pas le stade embryonnaire de leur dรฉveloppement ! »

Dans la dรฉmarche psychosynthรฉtique, il devient fondamental de tenir compte de chaque fonction psychologique en particulier et de lui dispenser toute l'attention adรฉquate, sous peine de laisser l'une ou l'autre s'atrophier.

Assagioli note comme un fait รฉvident celui du peu de maรฎtrise que nous avons sur nos fonctions psychologiques !

En termes pratiques, il conseille alors de dรฉvelopper toutes les fonctions de faรงon รฉquilibrรฉe et de donner plus d'attention ร  celles moins dรฉveloppรฉes, et jamais le contraire, sous peine de provoquer ou d’accentuer un manque d'รฉquilibre. 

Il reconnaรฎt le besoin d ‘analyser quelles sont les fonctions dรฉficientes et quelles sont celles qui sont en excรจs, de faรงon ร  apporter l’harmonie entre elles !

Un des buts fondamentaux de la psychosynthรจse selon lui :

« l'organisation harmonieuse des diffรฉrentes fonctions psychologiques ! »

ร€ l'intรฉrieur de chaque fonction, il รฉnumรจre encore quatre facteurs : 

  • la direction, 
  • la modalitรฉ active, 
  • la modalitรฉ passive 
  • et la qualitรฉ.

Une fonction psychologique bien utilisรฉe se perfectionne et nous perfectionne. Une fois arrรชtรฉe ou refoulรฉe, elle se dรฉtรฉriore et nous dรฉforme !

Alors, toute fonction humaine qui n’est pas utilisรฉe s’atrophie et toute fonction mal cultivรฉe se dรฉgrade.

Le dรฉveloppement harmonieux de toutes les fonctions psychologiques constitue une condition prรฉalable et fondamentale de l'ล“uvre psychosynthรฉtique !

Il faut bien tenir compte autant de nos potentialitรฉs que de nos limites. 

Tel que l’on a mentionnรฉ plus haut, Carl Jung fait voir que : 

« la nature n’est pas tellement prodigue de ses dons, et qu'il est rare qu’elle ajoute ร  une belle intelligence les dons du cล“ur. »

En rรจgle gรฉnรฉrale, lร  oรน l’un est donnรฉ, l’autre manque, et lร  oรน une facultรฉ s’est dรฉveloppรฉe, c’est le plus souvent au dรฉtriment de toutes les autres. 

C’est important de tenir compte du sens de la complรฉmentaritรฉ et de la coordination en vue de la synthรจse des diffรฉrentes fonctions psychologiques !

Plus concrรจtement, Assagioli observe que cette ล“uvre reste axรฉe sur le centre de la conscience qui agit par le biais de la volontรฉ !

C’est ร  noter et ร  ne pas oublier que la place du Soi est au cล“ur du diagramme de l’รฉtoile !

C’est ร  noter et ร  ne pas oublier que la place du Soi est au cล“ur du diagramme de l’รฉtoile !

Assagioli explique : 

Le Soi, ร  travers la volontรฉ, atteint, utilise, joue, contrรดle, met en action ou place dans le rรฉfrigรฉrateur** une fonction donnรฉe !

Selon son propos :

ร‡a c’est de la psychosynthรจse : l’attitude qu’il y a un Soi, c'est qu'il veut/ peut contrรดler toute la dynamique spontanรฉe ou pas des fonctions et des รฉnergies psychologiques.

**je remplacerais ce mot par par PLACARD (mettre quelque(s) chose(s) ou quelqu'un ร  l'รฉcart, ou mรชme รฉcarter ou s'รฉcarter de quelques(s) chose(s) qui dรฉrange(nt)!

Tout en faisant voir que la volontรฉ n’a pas le rรดle d’imposer mais bien de rรฉguler et de guider, ce qui ne confรจre aucune suprรฉmatie ร  l’acte volitif.

l’erreur, est celle de chercher d’imposer la volontรฉ aux autres fonctions psychologiques, lesquelles justement se rebelleront !

Assagioli souligne en plus que c’est toujours au niveau du Soi que les fonctions psychologiques expriment idรฉalement le potentiel humain : 

« Qui n’admet pas ce Soi, ce Centre spirituel, non seulement ne reconnaรฎt pas l‘homme en ce qu’il a de vraiment humain, au sens le plus haut de la parole, mais qui ne peut pas non plus comprendre la vraie nature des faits et des fonctions psychiques. »

Il y a diffรฉrents niveaux de fonctionnement pour chaque fonction psychologique en correspondance avec les รฉtats de conscience. 

C'est ainsi que, par exemple, Assagioli fait la distinction entre : 

  • imagination infรฉrieure, 
  • imagination moyenne,
  • et imagination supรฉrieure,

reliant celle-ci ร  l'activitรฉ supraconsciente !


 

ร€ l'intรฉrieur de chaque fonction, il y a une รฉchelle de manifestations, des plus primitives ou/ au plus รฉlรฉmentaires jusqu'aux plus รฉlevรฉes et plus raffinรฉes. 

L'objectif de l'รฉducation est de les faire atteindre le niveau supรฉrieur d'expression.

Il faut noter, en plus, qu'ร  tous les niveaux de chaque fonction, il peut y avoir des tendances opposรฉes. 

Ainsi au niveau le plus haut de la pensรฉe, il y a place pour l'humilitรฉ du saint de mรชme que pour l'orgueil d’un pervers !

Si l'on considรจre le niveau le plus รฉlรฉmentaire des instincts, il y a la possibilitรฉ de la dรฉpravation, mais aussi celle de rรฉvรฉler  le mystรจre et les merveilles de la nature !

Les instincts comme tels sont neutres. 

Leurs classifications, en termes d’infรฉrieurs, supรฉrieures ou autres n’ont rien ร  voir avec un systรจme moral de valeur.

Il convient remarquer que les fonctions psychologiques, que l’on considรจre siรฉgeant au niveau conscient, ont des racines et appartiennent, en grand partie, au monde mystรฉrieux de l'inconscient qui รฉchappe ร  tout contrรดle direct.

Assagioli observe : 

« En gรฉnรฉral, nous ne sommes pas directement conscients des fonctions psychiques qui se dรฉroulent en nous; nous pouvons seulement intervenir sur elles ร  partir de leurs produits conscients. »

Il fait voir que toutes les diffรฉrentes fonctions et leur multiples combinaisons en complexes et de sous-personnalitรฉs tendent ร  la rรฉalisation de leurs buts en dehors de notre conscience, indรฉpendamment et mรชme parfois contre notre volontรฉ consciente.

Psychosynthรจse -  Il y a donc lieu de tenir compte de deux sortes d'intentionnalitรฉ ou champs de volontรฉ :       l'une consciente,      l'autre inconsciente
 Il y a donc lieu de tenir compte de deux sortes d'intentionnalitรฉ ou champs de volontรฉ

  • l'une consciente, 
  • l'autre inconsciente. 

Les orientations et objectifs de cette derniรจre ne sont pas toujours univoques; leurs forces s'opposent et se neutralisent mรชme, parfois, et peuvent รชtre ร  l'origine de conflits plus ou moins manifestes. 

L’harmonisation et la bonne utilisation des sept fonctions psychologiques caractรฉrisent, selon Assagioli, la psychosynthรจse au niveau personnel !

Souvent, un travail de rรฉรฉducation et de rรฉajustement des fonctions psychologiques doit d'abord รชtre effectuรฉ. 

Mais l'รฉducation de la psychรฉ ne se limite pas, en psychosynthรจse, ร  des moyens de prรฉvention et ร  des applications thรฉrapeutiques. 

Il y a tout un ensemble de potentialitรฉs ร  dรฉcouvrir, de conquรชtes ร  faire qui mรจnent au-delร  de la prise en considรฉration du pathologique !

En plus de valoriser chaque fonction psychologique en particulier, il est important de toujours tenir compte de la psychรฉ comme un tout. 

On peut sรฉparer thรฉoriquement chaque fonction psychologique, mais dans la pratique elles sont toujours insรฉparables.

La psychologie devient nรฉcessairement rรฉductionniste, lorsqu’elle perd de vue leur ensemble

Les rapports ou interactions entre les fonctions psychologiques s'รฉtablissent soient spontanรฉment soit intentionnellement.

Au niveau du Soi, toutes les fonctions se conjuguent. 

Antoine de Lisbonne, mystique du Moyen-ร‚ge explique :

« Malgrรฉ ses diverses fonctions, l'รขme est une; elle prend divers noms selon les effets qu'elle produit : 

  • รขme, elle anime le corps; 
  • volontรฉ, elle commande; 
  • esprit, elle vit; 
  • raison, elle juge; 
  • souffle, elle pousse; 
  • sens, elle รฉprouve plaisir et douleur ! » 

"Saint Antoine de Padoue"

Il y a l'expรฉrience existentielle qui mรจne Assagioli ร  s'exclamer avec Sainte Hildegarde : 

Symphonica est anima 

l'รขme est symphonique !

Il appartient au centre de la conscience, par le biais de la volontรฉ, autant d'accueillir et d'harmoniser les fonctions psychologiques que de les faire jouer la vraie symphonie de la vie.
Il appartient au centre de la conscience, par le biais de la volontรฉ, autant d'accueillir et d'harmoniser les fonctions psychologiques que de les faire jouer la vraie symphonie de la vie. 

C’est grรขce au centre de la conscience, que nous pouvons les identifier et harmonieusement les conjuguer dans le kalรฉidoscope de la conscience. 

ร€ la lumiรจre du Soi se manifeste et monte alors, dans le champ de la conscience, toute la beautรฉ, l’arc-en-ciel des sept fonctions psychologiques.

Un rappel des fonctions psychologiques en Psychosynthรจse

C’est le modรจle septรฉnaire que l’on passe ร  considรฉrer selon les dรฉsignations et l'ordre indiquรฉs par le diagramme Assagiolien de l'รฉtoile, ou รฉtoile des fonctions dรฉjร  illustrรฉ.

Il inclut les quatre fonctions de la classification jungienne, (sensation, รฉmotion, pensรฉe et intuition), tout en y ajoutant non plus seulement une, mais les trois fonctions suivantes : impulsion, imagination et volontรฉ.

1. Sensation
2. ร‰motion
3. Impulsion
4. Imagination
5. Pensรฉe
6. Intuition
7.Volontรฉ
8. Soi

Mรชme si le Soi figure dans le diagramme de l’รฉtoile, il faut bien noter qu'il s'agit lร  du point de rรฉfรฉrence et non pas d'une fonction psychologique !

« Les fonctions psychologiques sont des expressions du Soi. »

Pour ce qui concerne la complรฉmentaritรฉ, tout en considรฉrant l’identitรฉ biopsychique, Matilde Santandrea remarque : 

« Alors que les fonctions physiques tendent ร  diminuer progressivement, suivant une parabole descendante, les fonctions psychiques, au contraire peuvent continuer ร  รฉvoluer, dans la direction ascendante, et nous donner le sens
d’une conquรชte pรฉrenne et d’une progression qui transforme notre vie et lui donne une signification profonde, jusqu’au dernier jour ! » 

La volontรฉ, que l’on passe ร  considรฉrer, tient un rรดle
stratรฉgique,
en rapport avec l'intentionnalitรฉ qui porte toutes et chacune de ces fonctions ร  se dรฉployer harmonieusement dans la synthรจse de la vie !

ร€ SUIVRE !

๐Ÿ“Œ ๐—ฃ๐—ฎ๐—ฟ๐—ฎ๐—บ๐—ฒ̀๐˜๐—ฟ๐—ฒ๐˜€ ๐—ฑ๐—ฒ ๐—น๐—ฎ ๐—ฐ๐—ผ๐—ป๐˜€๐—ฐ๐—ถ๐—ฒ๐—ป๐—ฐ๐—ฒ ๐—ฒ๐—ป ๐—ฃ๐˜€๐˜†๐—ฐ๐—ต๐—ผ๐˜€๐˜†๐—ป๐˜๐—ต๐—ฒ̀๐˜€๐—ฒ ๐—ฑ๐—ฒ ๐—ฅ๐—ผ๐—ฏ๐—ฒ๐—ฟ๐˜๐—ผ ๐—”๐˜€๐˜€๐—ฎ๐—ด๐—ถ๐—ผ๐—น๐—ถ - partie 1 - ( la prise de conscience)

๐Ÿ“Œ(partie 2) - (niveaux de conscience / sur la voie du centre) 
 ๐Ÿ“Œ(partie 3) - (Ouverture ร  l’inconscient)

Fin de la retranscription de la partie 4, la partie 5 suivra mais patience...

๐Ÿ’ซ Lร , je prends le relais en tant que blogueur, le travail de recherche personnelle que je vous partage ร  un but, aussi, c'est le « partage et la collaboration », il est clair, que ces concepts ne sont pas simples ร  intรฉgrer, un conseil, prenez le temps de digรฉrer le contenu sans le mentaliser. Ce Blog comme d'autres, ont un but premier, « votre participation », en laissant des commentaires ou en posant des questions sur le lien oรน en bas du blog par le biais du formulaire, ainsi vous participez aux travaux, cela prend du temps que j'offre gratuitement parce que pour le moment, sur Psycho'Logiques, je ne vous vends rien, merci.

Eddy Vonck - Fondateur du Blog Psycho'Logiques

Eddy Vonck - Fondateur du Blog Psycho'Logiques

 

 









 






















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