𝐋𝐞𝐬 𝐭𝐡𝐞́𝐫𝐚𝐩𝐞𝐮𝐭𝐞𝐬 𝐜𝐫𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐮𝐫 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐟𝐞𝐫 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐜𝐚𝐩𝐚𝐜𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐮 𝐯𝐞𝐫𝐛𝐞 𝐚̀ 𝐫𝐞́𝐬𝐨𝐮𝐝𝐫𝐞 𝐥𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐮𝐦𝐚𝐭𝐢𝐬𝐦𝐞 ! par Bessel van der Kolk
Les thérapeutes crient dur comme fer à la capacité du verbe à résoudre le traumatisme !
Cette conviction remonte à 1893, l'année où Freud et son mentor : Breuer écrivaient que les ' symptômes du trauma disparaissaient ' immédiatement et sans retour quant on réussissait à mettre en pleine lumière le souvenir de l'incident déclenchant, à éveiller l'affect lié à ce dernier et quand, ensuite, le malade décrivait ce qui lui était arrivé de façon forte détaillée et en donnant à son émotion une expression verbale !
Ce n'est, malheureusement, pas aussi simple !
Les événements traumatiques sont presque impossibles à verbaliser. C'est valable pour tout le monde, et pas seulement pour les victimes d'un syndrome de stress post-traumatique.
Les empreintes initiales des attentats du 11 septembre n'étaient pas des histoires, mais des images : des gens courant éperdument dans la rue, couverts de cendres; un avion fonçant sur la première tour du World Trade Center...
Ces images ont repassé en boucle à la télévision et dans nos esprits, jusqu'au moment où les médias nous ont aidés à créer un récit commun !
Dans les ' sept piliers de la sagesse ', l'auteur T.E. Lawrence a parlé ainsi de son expérience de la guerre :
nous apprenions qu'il y avait des souffrances trop vives, des peines trop profondes, des extases trop intenses pour que mon Moi limité puisse les engranger ! Quand l'émotion atteignait, cette extrémité, l'esprit se fermait; et la mémoire s'effaçait jusqu'à ce que les circonstances soient à nouveau banales !Alors que le traumatisme rend muet de stupeur, la voie de la guérison est pavée de mots, soigneusement assemblés, un à un, jusqu'à ce que toute l'histoire puisse re révéler !
Briser le silence :
- Le silence est la mort ! -
Ne pas parler du ' traumatisme ' mène aussi à la mort - celle de l'âme !
Le silence renforce l'isolement maudit du traumatisme. Pouvoir dire à voix haute :
- j'ai été violé(e) !
- Mon mari (ou quelqu'un) me battait !
- où je me m'en sors plus depuis... (un événement traumatique.)
est signe que la guérison peut commencer !
On croit peut-être vaincre sa terreur, son chagrin, ou sa honte en gardant le silence, mais nommer offre une forme de maîtrise différente !
Si l'on a été blessé, il faut reconnaître ce qui nous est arrivé !
Se sentir écouté et compris change la physiologie; pouvoir exprimer une impression complexe et voir ses sentiments reconnus est une révélation pour le cerveau limbique.
Au contraire, se heurter à l'incompréhension et au silence tue l'esprit !
' Ce que l'enfant ne peut pas verbaliser à sa mère, il ne peut pas se le formuler à lui-même ' Bowlby
Si on occulte le fait qu'un oncle nous a sexuellement agressé dans notre enfance, une multitude de signaux nous feront réagir comme un animal sentant l'orage, par une réponse du corps entier aux hormones qui nous crient : DANGER !
Sans language ni contexte, la conscience peut se limiter à cette seule impression : j'ai peur !
Mais à force de garder son calme, on risque d'éviter tout ce qui nous rappelle, même vaguement, ce traumatisme !
On peut, sans savoir pourquoi, passer alternativement d'un état d'inhibition à une attitude crispée, réactive ou explosive !
Tant qu'on se cache la vérité, on est foncièrement en guerre contre soi-même !
Étouffer ses sentiments profonds absorbe énormément d'énergie, et empêche de poursuivre des buts salutaires, et peut même épuiser et nous pousser au mutisme et à l'enfermement !
Entre-temps, les hormones du stress, continuant à inonder notre corps, provoquent :
- des maux de tête,
- des douleurs musculaires,
- et même des problèmes sexuels...
Et ces comportements (** incompris) parfois irrationnels peuvent nos gêner ou même heurter nos proches !
Ce n'est qu'après avoir identifié la cause de ces réactions que l'on peut commencer à comprendre que les sentiments sont, parfois des signes révélateurs de problèmes criants !
Ignorer sa réalité intérieure sape aussi :
- le sentiment du Moi,
- l'identité,
- et la motivation...
L'étape crucial consiste à se permettre de reconnaître ce que l'on sait au fond de soi ! Cela demande énormément de courage !
Mettre sa terreur en perspective et la confier aux autres peut peut-être rétablir le sentiment d'appartenance à l'espèce humaine !
** logiquement et en théorie - parler de ses terreurs ou de ce qui peut-être tabou à entendre aux autres et en famille où même en société - semble facile pour l'auteur du livre ? Mais est-ce que notre société très obéissante et très cadrée, nous permet-elle de pouvoir dire les choses telles quelles sont tout le temps ? - moi, je dit ' non '**
Lire mon article : 𝗙𝗮𝘂𝘁-𝗶𝗹 𝗲̂𝘁𝗿𝗲 𝗯𝗶𝗲𝗻𝘃𝗲𝗶𝗹𝗹𝗮𝗻𝘁 𝗲𝘁 𝗲𝗺𝗽𝗮𝘁𝗵𝗲 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝘁𝗼𝘂𝘁 𝗹𝗲 𝗺𝗼𝗻𝗱𝗲 𝗲𝘁 𝘁𝗼𝘂𝘁𝗲𝘀 𝗰𝗵𝗼𝘀𝗲𝘀 ? par Eddy Vonck
Quand, dans un groupe thérapeutique, les vétérans du Vietnam que je soignais ont pu parler des horreurs qu'ils avaient vues et commises, ils ont commencé à ouvrir le coeur !
Dire sa réalité intérieure peut être un processus angoissant !
Quiconque se lance dans une thérapie du type ' cure par la parole ', se heurte tout de suite aux limites du language !
J'en ai moi-même fait l'expérience au début de mon analyse. J'ai beau parler facilement, mais je me suis vite aperçu qu'il m'était très difficile d'éprouver profondément mes sentiments et surtout, de les confier à autrui !
Quand, je touchais aux moments les plus intimes, les plus pénibles ou les plus déroutants de ma vie; j'étais souvent forcé de faire un choix :
je pouvais me concentrer sur l'évocation des scènes du passé et me laisser aller à ressentir ce que j'avais éprouvé à l'époque, soit en faire un récit rationnel à mon analyse !
Quand, j'optais pour la dernière solution, je perdais rapidement contact avec moi-même et commençais à penser uniquement aux avis (** souvent erronés) sur mes paroles ! Le moindre signe de ' jugement ' ou de doute me poussait à me fermer ou et à me résigner aux perceptions (** erronées) de l'autre ! ** petit rappel : les opinions des autres, leurs appartiennent, il faut désapprendre à se faire tout le temps conditionné par des formes de perceptions et de jugement souvent très erronées sur soi ! ** Ainsi, je ne songeais (** par peurs) plus qu'à regagner l'approbation de l'autre !
De même, beaucoup de patients me parle d'une famille heureuse où ils ont grandi, alors qu'ils ont la voix tendue et le dos voûté. Le premier système crée une histoire destinées aux autres (** un faux récit ou et embellissement), si on la raconte assez souvent, on peut finir par croire notre propre mensonge ! Et on peut finir à croire qu'elle contient toute la vérité.
Mais le second reflète une autre vérité :
Comment on vit les choses au plus profond de soi ? C'est à celui-ci qu'ont doit accéder, qu'il faudra accepter et avec lequel, il faudra pactiser !
Pour nouer de vraies relations, il faut pouvoir considérer les autres comme des êtres distincts, chacun avec ses propres motivations. Il est, certes, nécessaire de se défendre lorsque cela est urgent et utile pour soi; mais il faut arriver aussi à reconnaître que les autres (y compris la société civile**) ont leurs propres objectifs personnels de survie !
Sources : Bessel van der Kolk
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Le sujet est vaste, je vous invite si vous avez lu cet article, jusqu'au bout, de débattre et de commenter ci-dessous, merci !
** mes interventions et commentaires perso !
Eddy Vonck
Rédacteur bénévole de Psycho'Logiques

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