𝑻𝒐𝒖𝒕𝒆𝒔 𝒍𝒆𝒔 𝒈𝒓𝒂𝒏𝒅𝒆𝒔 𝒆́𝒄𝒐𝒍𝒆𝒔 𝒅𝒆 𝒑𝒔𝒚𝒄𝒉𝒐𝒍𝒐𝒈𝒊𝒆 𝒓𝒆𝒄𝒐𝒏𝒏𝒂𝒊𝒔𝒔𝒆𝒏𝒕 𝒍'𝒆𝒙𝒊𝒔𝒕𝒆𝒏𝒄𝒆 𝒅𝒆 - 𝒔𝒐𝒖𝒔-𝒑𝒆𝒓𝒔𝒐𝒏𝒏𝒂𝒍𝒊𝒕𝒆́ - Bessel van der Kolk
L'esprit est une mosaïque !
Nous, humains, sommes tous faits de plusieurs parties !
En ce moment même, une part de moi souhaite par exemple faire une sieste. Une autre, encore, blessée par e-mail ou une conversation choquante, brûle de cliquer sur - répondre - pour envoyer une réplique mordante, et une troisième préfère laisser tomber !
Les gens qui me connaissent ont pu observer mes côtés extrêmes, irritables et sincères; certains ont rencontré ce petit chien hargneux qui vit en moi !
Mes enfants, par exemple, eux, se souviennent de moi en vacances sous mes dehors espiègles et aventureux !
Quand, vous arrivez au bureau le matin, et que vous observez un nuage s'accumuler au-dessus de la tête de votre patron, vous savez parfaitement à quoi vous attendre !
Votre patron a une voix, un langage et une posture caractéristiques, très différents, hier, il vous partageait des photos de ses enfants, maintenant, il vous crie dessus !
Les parties qui nous composent ne sont pas seulement des sentiments, mais des façons d'être, chacune avec ses convictions, ses intentions et son rôle dans l'écologie de notre existence !
La manière dont on s'entend avec soi-même dépend largement d'un talent de - Leadership intérieur - : de l'aptitude à écouter toutes les partie de sa personnalité, et à veiller à ce qu'elles se sentent choyées en évitant qu'elles s'écharpent...
Chacune paraît souvent entière, alors qu'elle n'est qu'un élément d'une constellation de pensées, de sensations et d'émotions !
Toutes les grandes écoles de psychologie reconnaissent l'existence de - sous-personnalités - et leur donne différents noms !
« Il faut admettre que... toute la conscience possible peut-être divisée en parties qui coexistent, mais s'ignorent mutuellement en se partageant les objets de la connaissance ! » William James - 1890
« la Psyché est un système qui s'autorégule et maintient son équilibre exactement de la même façon que le corps ! »
Carl Gustaaf Jung
Pour Jung, l'état naturel du psychisme humain consiste en une foire d'empoigne entre des composantes et l'attitude contradictoire, si bien que concilier ces contraires est un problème majeur !
L'adversaire n'est donc, au fond, que « l'autre moi !? »
Les neurosciences modernes ont confirmé l'idée que l'esprit s'apparente à une société !
Pour Michel Gazzaniga, qui a conduit une recherche novatrice sur le cerveau divisé, l'esprit est formé de modules au fonctionnement semi-autonome, qui ont chacun un rôle distinct !
Dans son livre : Le cerveau social (1987), il écrit :
« Et si le Moi n'était pas un être unifié ? S'il pouvait exister en nous, plusieurs domaines de conscience ? Nos études - sur le cerveau divisé - font naître l'idée nouvelle qu'il existe littéralement plusieurs moi, et qu'ils ne dialoguent pas forcément ! »
Marvin Minsky, un pionnier de l’intelligence artificielle, avance quant à lui :
« La légende du Moi unique ne peut que nous détourner du but de cette recherche ! »
« Il serait logique de penser que notre cerveau est habité par une société d'esprits différents. Tout comme les membres d'une famille, ils peuvent collaborer pour s'entraider, en gardant chacun leurs expériences mentales dont les autres ne savent rien ! »
Regina Goulding et Richard Schwartz
Les thérapeutes qui, par leur formation, observent les humains comme des êtres complexes, dotés de caractéristiques et des potentialités multiples - peuvent aider leurs patients à explorer leurs sous-personnalités et à veiller sur les facettes blessées !
Il existe plusieurs approches thérapeutiques de ce type, notamment :
la ' Théorie de la dissociation structurelle de la personnalité '
la ' Thérapie du Système Familial Intérieur ou IFS' de Richard Schwartz.
C'est grâce à Richard Schwartz que j'ai pleinement compris la métaphore - de la famille - employée par Minsky, laquelle s'est avérée un moyen précieux de travailler avec les parties dissociées qui naissent du traumatisme !
L'IFS repose sur l'idée que l'esprit de chaque être humain ressemble à une famille, dont les membres n'ont pas le même niveau de maturité, de sagesse et de souffrance !
Ces parties forment un réseau ou un système, où le changement de l'une influe sur toutes les autres...
Cette théorie m'a aidé à comprendre que la dissociation s'inscrit dans un continuum. Au moment du traumatisme, le Moi s'effondre, et ses différentes (** autres) parties se polarisent et se font parfois la guerre.
La haine (** où la honte) de soi coexiste (et lutte) avec la mégalomanie, l'affection, l'hostilité, l'engourdissement et la passivité avec ou sans agressivité et colère
Ce sont ces parties extrêmes qui portent le fardeau du traumatisme !
Le traumatisme insuffle à ces différentes parties des émotions et des croyances qui peuvent détourner la vocation naturelle !
Par exemple : chacun a en soi, des côtés drôles et enfantins !
Quand, on nous maltraite, ce sont ceux-là (** les parties de nous) qui sont le plus blessés et qui en arrivent à se figer, sous l'effet de la terreur de l'agression et la douleur de la trahison !
Lorsqu'on les bannis de nous, l'IFS, les appelle les - exilés !
Chaque partie dissociée recèle des croyances, des sensations et des souvenirs différents : certaines abritent la honte, d'autres la colère, l'une le plaisir et l'excitation... Une autre, la solitude ou la soumission : tous les aspects de l'expérience de la maltraitance.
L'idée essentielle est que toutes ces parties ont la même fonction - protéger le Moi contre la terreur et l'anéantissement !
Vouloir maîtriser le comportement d'un enfant (** idem pour un adulte traumatisé) sans aborder le problème sous-jacent - les violences qu'il a subies - mène à des (** mauvais) traitements (** ou diagnostic) qui sont, au mieux, inefficaces et, au pire, délétères.
Quand cet enfant grandit - les parties de son esprit ne s'intègrent pas spontanément pour former une personnalité cohérente, mais continuent à garder une existence complexe !
Les patients, eux aussi, peuvent ne pas aimer leurs parties extérieures : celle qui sont en colère, destructrices, ou critiques.
Mais l'IFS offre un cadre qui aide à les comprendre !
Pour nouer de vraies relations, il faut pouvoir considérer les autres comme des êtres distincts, chacun avec ses propres motivations. Il est, certes, nécessaire de se défendre lorsque cela est urgent et utile pour soi; mais il faut arriver aussi à reconnaître que les autres (y compris la société civile) ont leurs propres objectifs personnels de survie !
Sources : Bessel van der Kolk
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Le sujet est vaste, je vous invite si vous avez lu cet article, jusqu'au bout, de débattre et de commenter ci-dessous, merci !
** mes interventions et commentaires perso !
Eddy Vonck
Rédacteur bénévole de Psycho'Logiques






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