𝐓𝐡𝐞́𝐫𝐚𝐩𝐢𝐞 - 𝐏𝐒𝐘𝐂𝐇𝐎-𝐂𝐎𝐑𝐏𝐎𝐑𝐄𝐋𝐋𝐄 𝐩𝐚𝐫 𝐁𝐞𝐬𝐬𝐞𝐥 𝐯𝐚𝐧 𝐝𝐞𝐫 𝐊𝐨𝐥𝐤
Traiter les souvenirs du traumatisme est une chose, mais se confronter au vide intérieur, aux failles laissées dans l'âme par le fait de n'avoir pu ni voulu dire la vérité est bien différent !
Si le visage de nos parents ne s'est jamais éclairé en nous contemplant, il sera difficile de savoir ce que - c'est d'être aimé ! -
Si, on vient d'un monde incompréhensible où dominent les secrets (** de familles, y compris les non-dits et les tabous...), il est presque impossible de trouver les mots pour dire (** avouer, cracher...) ce que l'on a subi !
Si on a grandi dans une famille indifférente ou même dans le rejet, on a un mal fou à développer un sentiment viscéral d'autonomie et d'estime de soi !
Mes recherches que j'ai menée, a montré que mes patients qui ne s'étaient pas sentis désirés ou qui n'avaient eu personne pour les rassurer dans leur enfance, ne tiraient pas pleinement parti d'une thérapie traditionnelle, sans doute, parce que ces personnes traumatisées ne pouvaient pas activer - le souvenir d'avoir été choyés !
J'ai constaté cela même chez mes patients les plus inventifs dans la thérapie et qui pouvaient s'exprimer très clairement !
Et malgré, leurs réussites personnelles et professionnelles, ces personnes étaient pourtant incapables d'effacer les traces laissées par un père (** autoritaire) qui aurait préféré qu'ils ne soient pas nés ou par une mère trop déprimée pour remarquer leurs enfants traumatisées ou et blessées !
Il est clair, que leur vie aurait changé du tout au tout s'ils avaient pu - redessiner - ces cartes implicites -
Mais comment ? Comment peut-on aider ces gens à acquérir viscéralement des sentiments qui leur ont manqué au début de leur vie ?
Albert Pesso, m'a dit qu'il avait trouvé un moyen de changer radicalement le rapport des gens à leur Moi fondamentalement, somatique !
Son enthousiasme était contagieux mais je lui ai demandé, sceptique, s'il pouvait modifier les réglages de l'amygdale !
Sans se laisser démonter par le fait que personne n'avait encore testé scientifiquement sa méthode, il a acquiescé !
Albert Pesso anime des ateliers de - thérapie psycho-corporelle -, et il m'a offert d'y assister...
Son travail ne ressemblait à rien de ce que j'avais vu jusqu'alors !
Il s'est assis sur une chaise face à une femme qu'il a qualifiée de - protagoniste -, tandis que les autres participants (** les témoins) s'installaient sur des coussins autour d'eux !
Puis, il a demandé à cette patiente : Nancy, de parler de ses problèmes, en profitant parfois de ses pauses pour - témoigner - de ce qu'il observait : un témoin, notait-il par exemple, peut voir (en Nancy) que vous êtes abattue quand vous dites que votre père a abandonné votre famille !
J’étais impressionné par la finesse avec laquelle Albert Pesso détectait ses subtils changements de posture, de regard et de ton : y compris les expressions non verbales de l'émotion !
Chaque fois qu'Albert Pesso faisait - un Témoignage -, le visage et le corps de Nancy se détendaient un peu, comme si - être vue - et - reconnue - la réconfortait !
Les calmes commentaires du thérapeutes semblaient renforcer son courage de continuer à creuser !
Quand elle s'est mise à pleurer, Albert Pesso a observé qu'on ne devrait jamais supporter seul - une aussi grande douleur et il a proposé à Nancy de choisir quelqu'un (une figure de - Contact ! -) Nancy a accepté et, après avoir longuement regardé les participants (dans le rôle de - Témoins-) Le contact choisi, est une quinquagénaire à l'air bienveillant. Albert Pesso, lui a demandé où elle voulait la placer ? Ici, a dit Nancy d'un ton décidé, en montrant un coussin à sa droite.
J'étais fasciné. L'être humain traite les - relations spatiales - avec le côté droit de son cerveau, et nos recherches en neuro-imagerie avaient montré que la trace du traumatisme se trouve essentiellement dans cet hémisphère !
L'attention, la réprobation et l'indifférence sont toutes transmises en grande partie par les traits du visage, les gestes et le ton de la voix !
D'après une étude récente, jusqu'à 90% de la communication se fait par l'hémisphère droit, dans le non verbal, et c'était à lui que s'adressait avant tout le travail de Pesso !
Dans la suite de l'atelier, j'ai été aussi frappé de voir comment la présence de la figure de contact semblait aider Nancy à supporter le vécu douloureux qu'elle évoquait !
Mais le plus singulier était la manière dont Pesso créait des tableaux ou, comme il est appelait : des - Structures - du passé des protagonistes !
À mesure que ceux-ci dévidaient leur récit, il demandait à d'autres participant de - jouer le rôle des proches - qui avaient marqué leur vie : père, mère, autres membres de la famille...
Pour que tout le monde intérieur prenne forme dans un espace tridimensionnel !
Albert Pesso faisait également appel au groupe pour incarner les - parents idéaux - qui leur apporteraient le soutien, l'amour et la protection qui leur avaient manqués à des moments cruciaux !
Les - Protagonistes - devenaient les - Metteurs en scènes - de leur propre pièce, en créant autour d'eux, le passé qu'ils n'avaient jamais eu !
À l'évidence, ils éprouvaient un profond soulagement, physique et mental, après avoir donné vie à ces scénarios imaginaires !
** je vais encore contredire - j'ai fait ce type de thérapie de groupe nommé aussi - Constellations Familiales - à la seule différence - que j'ai expérimentées plusieurs fois ! Dans ce cadre, c'est le thérapeute (animateur) qui note très rapidement un récit de vie qu'on souhaite guérir (et après un tirage au sort par des cartes de tarot comme exemple.) Il n'y a pas un - Témoignage - comme le faisait Pesso, mais un mise en scène du traumatisme évoquée - pour moi - à la-va-vite... Ce type de thérapie est complexe, parce que lorsqu'on est dans un trop grand groupe (15 personnes comprenant minimum deux thérapeutes un peu ou parfois très perchés - trop mystiques !), je n'étais pas certain d'évoquer - mon récit traumatique. - Et si c'était le cas - le raconter -, n'était pas toujours productif ! Je déplore depuis que j'ai écrit sur ce blog, que la thérapie et le développement personnel sont trop souvent des amuses gueules commerciaux qui vendent plus souvent - du vent - et qui profitent de la misère du monde et des vulnérabilités humaines. - Conclusion : ce type de thérapie (comme les autres) peuvent n'être qu'une rustine - un sparadrap - sur une plaie qui n'a pas guéri. Une journée en groupe reste très sympa à expérimenter mais dans le cas de récits traumatiques plus lourds, il faut impérativement, suivre une thérapie complémentaire avec un thérapeute compétent ! Sachez qu'une journée sur cette thématique coûte grosso modo 95 euros. **
En voyant cela, une question a commencé à me tarauder : cette technique pouvait-elle imprimer des traces de sécurité et de bien-être à côté des marques de terreur et d'abandon, plusieurs années après le modelages ( ** négatif) initial du cerveau et de l'esprit ?
Intrigué par le travail d'Albert Pesso, j'ai accepté son invitation à visiter sa ferme, perchée sur une colline de Hampshire.
Il m'a conduit dans sa grange au - bavardage rouge - transformée en atelier, pour tester sa méthode !
Comme, j'avais été longtemps en analyse, je ne m'attendais pas à des révélations majeures. J'étais un psychiatre installé et un père de famille et, dans mon esprit, - mes parents étaient juste devenu -, un vieux couple qui voulait vivre au mieux leurs dernières années.
Je ne croyais vraiment pas qu'ils exerçaient encore une grande influence sur moi !?
N'ayant personne pour se prêter au jeu de rôles que Pesso me proposait d'expérimenter. Albert m'a proposé de choisir dans sa grange, un objet ou un meuble qui incarnerait mon - père - !
J'ai opté pour un immense canapé en cuir et l'ai prié de le placer à la verticale, à deux bons mètres de moi, légèrement sur la gauche...
Puis Pesso m'a demandé si j'aimerais que ma - mère - soit aussi dans la pièce ?
J'ai jeté mon dévolu sur un - grand lampadaire - à peu près de la même taille que le divan.
Au fil de la séance, l'espace s'est peuplé des personnes qui comptaient dans ma vie : mon meilleur ami à droite, une mini boîte de Kleenex; ma femme, un petit coussin à côté de lui; mes enfants, des coussins miniatures...
Au bout d'un moment, j'ai contemplé la - projection - de mon paysage intérieur :
deux meubles imposants, sombres et menaçants qui figuraient mes parents, et des objets minuscules qui représentaient mes amis, ma femme et mes enfants !
J'étais stupéfait : j'avais recréé - l'image intérieure - que j'avais eue, petit - de mes stricts parents calvinistes !
Ma poitrine était oppressée et ma voix, j'en étais sûr, devait l'être encore plus !
Je ne pouvais nier que mon cerveau spatial révélait : la - structure - qui m'avait permise de visualiser ma propre carte implicite du monde !
Quand j'ai dit à Pesso, ce que je venais de découvrir, il a hoché la tête et m'a demandé - si je voulais changer de perspective ?
J'ai senti revenir mon scepticisme mais, comme je l'aimais bien et que sa méthode piquait ma curiosité, j'ai accepté avec hésitation !
Albert Pesso s'est placé directement entre moi et le divan (qui représentait mon père) et la lampe (qui elle représentait ma mère), les cachant à ma vue !
Aussitôt, j'ai éprouvé une profonde libération : l'étau s'est desserré autour de ma poitrine et ma respiration s'est détendue !
C'est à cet instant, que j'ai décidé de devenir l'élève de Pesso !
Projeter son monde psychique dans l'espace tridimensionnel d'une structure permet de voir ce qui se produit dans le théâtre de son esprit et donne un regard bien plus clair sur la manière dont on réagit aux personnes et aux événements passé !
En disposant des substituts aux figures marquantes de sa vie, on peut-être surpris par les souvenirs et les émotions qui remontent en soi !
On peut déplacer les pièces sur l'échiquier extérieur que l'on a créé, pour observer comment - on est affecté !
Même si les structures comprennent des dialogues, la - thérapie psychomotrice - ne cherche pas à expliquer ni à interpréter le passé !
Elle permet d'éprouver ce qu'on a ressenti à l'époque, de visualiser ce qu'on a vu (** et subi) et d'exprimer ce qu'on n'a pas pu dire !
C'est comme, si on pouvait revenir en arrière - dans le film de sa vie - pour en ré-écrire les scènes cruciales !
On peut demander à quelqu'un de faire ce qu'on n'a pas pu faire ** lors du traumatisme, comme par exemple : de ne pas permettre à son père de frapper sa mère !
Attention, ces tableaux sont capables de déclencher des émotions intenses !
** ce pourquoi, je le répète qu'il faut que les thérapeutes soient des pros et que le cadre de bienveillance, d'empathie, donc éventuellement, coexiste à une proposition de suivi après la séance de groupe soit proposé. On ne laisse pas ressortir une personne chamboulée (je l'ai vécu plusieurs fois dans ces types de thérapies de groupe) en rue, comme si rien ne c'était passé entre le traumatisme, le partage de celui-ci , la thérapie, la fin de séance... Parce que le thérapeute n'a pas invité le groupe à reprendre l'esprit une fois revenu sur terre. Ces thérapeutes-là peuvent être très dangereux et irresponsables. **
Quand on place dans un coin sa - vraie mère - tremblante de peur, on peut mourir d'envie de l'aider et mesurer à quel pôint on se sentait impuissant dans son enfance (même à l'âge adulte !)
Quand on place dans un coin sa - vraie mère - tremblante de peur, on peut mourir d'envie de l'aider et mesurer à quel point on se sentait impuissant dans son enfance (même à l'âge adulte !)
La tâche (normalement) du thérapeute et des autres participants est d'apporter - leur soutien - pour qu'on puisse explorer ce que la peur nous a empêché de creuser touts seuls.
La sécurité du groupe nous aide à remarquer des choses que l'on a occultées, souvent celles dont on le plus honte !
Quand, on n'a plus à se cacher, la - structure - permet de remettre la - honte - à sa place : dans les figures symbolisant les gens qui, autrefois, nous ont blessés et face auxquels nous, nous sentions désarmés !
Les structures n'effacent pas les - mauvais souvenirs - elles ne les neutralisent pas non plus !
Mais elle offre des options : une mémoire alternative où nos besoins élémentaires peuvent être satisfaits ?
** Si vous êtes curieux, l'auteur dévoile en page 404, comment - réviser le passé, un exemple complet est proposé sur une séance de Thérapie Psycho-corporelle !
Pour nouer de vraies relations, il faut pouvoir considérer les autres comme des êtres distincts, chacun avec ses propres motivations. Il est, certes, nécessaire de se défendre lorsque cela est urgent et utile pour soi; mais il faut arriver aussi à reconnaître que les autres (y compris la société civile) ont leurs propres objectifs personnels de survie !
Sources : Bessel van der Kolk
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Le sujet est vaste, je vous invite si vous avez lu cet article, jusqu'au bout, de débattre et de commenter ci-dessous, merci !
** mes interventions et commentaires perso !
Eddy Vonck
Rédacteur bénévole de Psycho'Logiques
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