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Aprรจs quarante ans d'exercice, je me surprends encore ร murmurer : C'est incroyable... quand des patients me parlent des souffrances de leurs jeunes annรฉes.
Ils sont souvent aussi perplexes que moi : comment des parents ont-ils pu infliger une telle torture ร leur enfant ?
Une part d'eux-mรชme continue d'affirmer qu'ils exagรจrent pu ont dรป inventer cette histoire. Ils ont tous ' honte ' de ce qu'ils (elles) ont subi et s'en rendent souvent responsables !
ร un certain niveau, ils croient dur comme fer qu'on leur a fait ces choses terribles parce qu'ils (elles) sont eux-mรชmes des personnes horribles !
En thรฉrapie, on commence ร explorer la maniรจre dont, impuissant, le patient (patiente) avait appris ร se fermer et ร se soumettre involontairement ร ce qu'on lui demandait !
Un enfant ne peut pas choisir ses parents. Il ne peut pas non plus comprendre qu'ils sont parfois trop dรฉprimรฉs, paumรฉs ou furieux pour รชtre prรฉsent. Les autres ne comprennent pas toujours les comportements troublants de ses enfants, oรน comme je l'ai invoquรฉ dans un autre article : la famille et les voisins savent qu'il y a de la violence intra-familiale mais comme c'est tabou, d'en parler, l'omerta rรจgne (la loi du silence !)
Les enfants sont forcรฉs de s'organiser pour tenir dans la famille (dysfonctionnelle) qui leur est donnรฉ ! ร la diffรฉrence des adultes, ils ne peuvent pas demander de l'aide ร d'autres autoritรฉs - parce que leurs parents incarnent l'autoritรฉ - ni louer un appartement pour leu รฉchapper : hรฉlas, leur survie mรชme tourne autour de leurs parents !
Mรชme s'ils ne sont pas explicitement menacรฉs, les enfants sentent qu'on les punirait s'ils parlaient des violences qu'ils endurent ! ร la place, ils mobilisent souvent toute leur รฉnergie pour ne pas y penser et ne pas รฉprouver dans leur corps, les vestiges de leur peur et de leur panique !
Comme, ils ne peuvent pas non plus comprendre (exprimer) que leur colรจre, leur terreur et leur effondrement sont liรฉs ร cette expรฉrience traumatique. Ils n'en parlent pas ! Et parfois, rรฉagissent ร leurs รฉmotions par de la rage, une fermeture, la rรฉbellion, ou la docilitรฉ !
De plus, les enfants sont fonciรจrement inconscients d'รชtre loyaux envers leurs parents, mรชme si leurs gรฉniteurs les maltraitent ! La crainte augmente le besoin d'attachement, mรชme si la source de rรฉconfort est aussi celle de la peur !
Pour savoir qui ont est - pour se construire une identitรฉ - il faut savoir (ou du moins, avoir l'impression de savoir) ce qui a รฉtรฉ ' rรฉel ' ! On doit observer et mieux dรฉfinir ce qu'on voit autour de soi; pouvoir se fier ร ses souvenirs et arriver ร les distinguer de ses fantasmes !
Perdre la facultรฉ d'opรฉrer ces distinctions est un signe de que le psychanalyste William Nederland appelait le ' meurtre de l'รขme ! '
Effacer la conscience et cultiver le dรฉni est souvent essentiel ร la survie, mais on le paye ' tรดt ou tard ' en perdant de vue :
- qui on est,
- ce qu'on ressent,
- et ร qui on peut encore faire confiance !
Le traumatisme n'est pas mรฉmorisรฉ comme un rรฉcit bien ordonnรฉ, - avec un dรฉbut, un milieu et une fin !
Les souvenirs, je l'ai dit au dรฉbut de ce livre, reviennent sous forme de ' flash-back ' contenant des fragments de l'expรฉrience traumatique vรฉcue :
- des sensations,
- des images
- et des sons isolรฉs,
sans autre contexte initial que de reproduire une forme de panique traumatique !
Les traumatisรฉs n'avaient aucun moyen d'exprimer l'indicible quand ils (elles) รฉtaient petits, gรฉnรฉralement, beaucoup de patients insistent : รงร n'aurait rien changรฉ : personne m'รฉcoutait ni me croyait, tรฉmoigne Marilyn !
Comme beaucoup de victimes de maltraitance infantile, Marilyn รฉtait l'illustration de la force vitale, de la volontรฉ de vivre et de rรฉgir sa vie, de l'รฉnergie de contrer l'anรฉantissement du traumatisme !
Avec le temps, j'en suis venu ร comprendre que la seule chose qui permet de soigner les traumatisรฉs, c'est un ' respect admiratif ' pour l'instinct de survie grรขce auquel, ils ont supportรฉ les coups, puis endurรฉ les sombres nuits de l'รขme, qui jalonnent inรฉvitablement la route de la guรฉrison !
** je ne suis ร nouveau pas d'accord avec l'auteur du livre, je ne suis pas certain que les personnes traumatisรฉes comme moi aient supportรฉ les coups (ceux de la famille, ceux des faux-culs qui vous oublient ou vous jugent d'รชtre dรฉpressif...) Il y a une forme de fatalitรฉ, je me rappelle mon premier thรฉrapeute, un certain Philippe insister que je devais presque remercier mon bourreau de pรจre parce que mon thรฉrapeute prรฉtendait que mon pรจre a fait ' de son mieux dans le contexte familiale ', et de pardonner quoi ? - sa violence qui me poursuit encore ? **
Pour nouer de vraies relations, il faut pouvoir considรฉrer les autres comme des รชtres distincts, chacun avec ses propres motivations. Il est, certes, nรฉcessaire de se dรฉfendre lorsque cela est urgent et utile pour soi; mais il faut arriver aussi ร reconnaรฎtre que les autres (y compris la sociรฉtรฉ civile) ont leurs propres objectifs personnels de survie !
Sources : Bessel van der Kolk
Autres sujets du livre :
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Le sujet est vaste, je vous invite si vous avez lu cet article, jusqu'au bout, de dรฉbattre et de commenter ci-dessous, merci !
** mes interventions et commentaires perso !
Eddy Vonck
Rรฉdacteur bรฉnรฉvole de Psycho'Logiques





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