𝗔𝗽𝗿𝗲̀𝘀 𝗾𝘂𝗮𝗿𝗮𝗻𝘁𝗲 𝗮𝗻𝘀 𝗱'𝗲𝘅𝗲𝗿𝗰𝗶𝗰𝗲, 𝗷𝗲 𝗺𝗲 𝘀𝘂𝗿𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱𝘀 𝗲𝗻𝗰𝗼𝗿𝗲 𝗮̀ 𝗺𝘂𝗿𝗺𝘂𝗿𝗲𝗿 : 𝗖'𝗲𝘀𝘁 𝗶𝗻𝗰𝗿𝗼𝘆𝗮𝗯𝗹𝗲... 𝗾𝘂𝗮𝗻𝗱 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗮𝘁𝗶𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗺𝗲 𝗽𝗮𝗿𝗹𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝘀𝗼𝘂𝗳𝗳𝗿𝗮𝗻𝗰𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗹𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗷𝗲𝘂𝗻𝗲𝘀 𝗮𝗻𝗻𝗲́𝗲𝘀. Bessel van der Kolk
Après quarante ans d'exercice, je me surprends encore à murmurer : C'est incroyable... quand des patients me parlent des souffrances de leurs jeunes années.
Ils sont souvent aussi perplexes que moi : comment des parents ont-ils pu infliger une telle torture à leur enfant ?
Une part d'eux-même continue d'affirmer qu'ils exagèrent pu ont dû inventer cette histoire. Ils ont tous ' honte ' de ce qu'ils (elles) ont subi et s'en rendent souvent responsables !
À un certain niveau, ils croient dur comme fer qu'on leur a fait ces choses terribles parce qu'ils (elles) sont eux-mêmes des personnes horribles !
En thérapie, on commence à explorer la manière dont, impuissant, le patient (patiente) avait appris à se fermer et à se soumettre involontairement à ce qu'on lui demandait !
Un enfant ne peut pas choisir ses parents. Il ne peut pas non plus comprendre qu'ils sont parfois trop déprimés, paumés ou furieux pour être présent. Les autres ne comprennent pas toujours les comportements troublants de ses enfants, où comme je l'ai invoqué dans un autre article : la famille et les voisins savent qu'il y a de la violence intra-familiale mais comme c'est tabou, d'en parler, l'omerta règne (la loi du silence !)
Les enfants sont forcés de s'organiser pour tenir dans la famille (dysfonctionnelle) qui leur est donné ! À la différence des adultes, ils ne peuvent pas demander de l'aide à d'autres autorités - parce que leurs parents incarnent l'autorité - ni louer un appartement pour leu échapper : hélas, leur survie même tourne autour de leurs parents !
Même s'ils ne sont pas explicitement menacés, les enfants sentent qu'on les punirait s'ils parlaient des violences qu'ils endurent ! À la place, ils mobilisent souvent toute leur énergie pour ne pas y penser et ne pas éprouver dans leur corps, les vestiges de leur peur et de leur panique !
Comme, ils ne peuvent pas non plus comprendre (exprimer) que leur colère, leur terreur et leur effondrement sont liés à cette expérience traumatique. Ils n'en parlent pas ! Et parfois, réagissent à leurs émotions par de la rage, une fermeture, la rébellion, ou la docilité !
De plus, les enfants sont foncièrement inconscients d'être loyaux envers leurs parents, même si leurs géniteurs les maltraitent ! La crainte augmente le besoin d'attachement, même si la source de réconfort est aussi celle de la peur !
Pour savoir qui ont est - pour se construire une identité - il faut savoir (ou du moins, avoir l'impression de savoir) ce qui a été ' réel ' ! On doit observer et mieux définir ce qu'on voit autour de soi; pouvoir se fier à ses souvenirs et arriver à les distinguer de ses fantasmes !
Perdre la faculté d'opérer ces distinctions est un signe de que le psychanalyste William Nederland appelait le ' meurtre de l'âme ! '
Effacer la conscience et cultiver le déni est souvent essentiel à la survie, mais on le paye ' tôt ou tard ' en perdant de vue :
- qui on est,
- ce qu'on ressent,
- et à qui on peut encore faire confiance !
Le traumatisme n'est pas mémorisé comme un récit bien ordonné, - avec un début, un milieu et une fin !
Les souvenirs, je l'ai dit au début de ce livre, reviennent sous forme de ' flash-back ' contenant des fragments de l'expérience traumatique vécue :
- des sensations,
- des images
- et des sons isolés,
sans autre contexte initial que de reproduire une forme de panique traumatique !
Les traumatisés n'avaient aucun moyen d'exprimer l'indicible quand ils (elles) étaient petits, généralement, beaucoup de patients insistent : çà n'aurait rien changé : personne m'écoutait ni me croyait, témoigne Marilyn !
Comme beaucoup de victimes de maltraitance infantile, Marilyn était l'illustration de la force vitale, de la volonté de vivre et de régir sa vie, de l'énergie de contrer l'anéantissement du traumatisme !
Avec le temps, j'en suis venu à comprendre que la seule chose qui permet de soigner les traumatisés, c'est un ' respect admiratif ' pour l'instinct de survie grâce auquel, ils ont supporté les coups, puis enduré les sombres nuits de l'âme, qui jalonnent inévitablement la route de la guérison !
** je ne suis à nouveau pas d'accord avec l'auteur du livre, je ne suis pas certain que les personnes traumatisées comme moi aient supporté les coups (ceux de la famille, ceux des faux-culs qui vous oublient ou vous jugent d'être dépressif...) Il y a une forme de fatalité, je me rappelle mon premier thérapeute, un certain Philippe insister que je devais presque remercier mon bourreau de père parce que mon thérapeute prétendait que mon père a fait ' de son mieux dans le contexte familiale ', et de pardonner quoi ? - sa violence qui me poursuit encore ? **
Pour nouer de vraies relations, il faut pouvoir considérer les autres comme des êtres distincts, chacun avec ses propres motivations. Il est, certes, nécessaire de se défendre lorsque cela est urgent et utile pour soi; mais il faut arriver aussi à reconnaître que les autres (y compris la société civile) ont leurs propres objectifs personnels de survie !
Sources : Bessel van der Kolk
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Le sujet est vaste, je vous invite si vous avez lu cet article, jusqu'au bout, de débattre et de commenter ci-dessous, merci !
** mes interventions et commentaires perso !
Eddy Vonck
Rédacteur bénévole de Psycho'Logiques





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