𝗤𝘂𝗲 𝘀𝗲 𝗽𝗮𝘀𝘀𝗲-𝘁-𝗶𝗹 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲 𝗰𝗲𝗿𝘃𝗲𝗮𝘂 𝗱𝗲𝘀 𝘁𝗿𝗮𝘂𝗺𝗮𝘁𝗶𝘀𝗲́𝘀 𝗾𝘂𝗮𝗻𝗱 𝗶𝗹𝘀 𝗻𝗲 𝗽𝗲𝗻𝘀𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗮𝘂 𝗽𝗮𝘀𝘀𝗲́ ?
Au fil des ans, notre équipe de recherche avait déjà souvent observé que les ' violences psychologiques ' et les ' carences affectives ' peuvent être aussi ravageuses que les sévices corporels et les abus sexuels !
Ne pas être vu ni reconnu, n'avoir aucun lieu où se réfugier, est destructeur à tout âge, et plus particulièrement, chez les jeunes enfants qui tâtonnent pour trouver leur place dans le monde et la société !
Dès l'instant où quelqu'un nous nourrit quand on a faim, nous couvre quand on a froid, ou nous berce quand on est effrayé ou blessé; on commence à apprendre des moyens de réguler plus positivement nos sentiments !
Mais si personne n'a porté un regard aimant sur nous, lors d'une épreuve difficile; ne nous fait pas de grand sourire en nous voyant; ou n'est pas secouru en cas de besoin d'aide; il nous faut d'autres moyens de satisfaire nos besoins : drogue, alcool, automutilation, boulimie, addictions parfois inconscientes...
De plus, les gens traumatisés sont très souvent déconnectés de leurs corps ! Lorsque les gens dont étouffés, on n'a l'impression parfois de ne plus être vivant !
Les premières études de ' neuro-imagerie ' sur les traumatisés étaient presque toutes centrées sur la manière dont les sujets réagissaient à des rappels de leur traumatisme.
Que se passe-t-il dans le cerveau des traumatisés quand ils ne pensent pas au passé ?
Ses études sur le cerveau inactif, ont ouvert un tout nouveau champ dans la compréhension de l'impact traumatique sur la conscience - notamment sensorielle - de soi-même !
On a demandé à un groupe témoin de seize cobayes de s'allonger dans un scanner sans penser à rien de particulier ! Cela n'est facile pour personne - tant qu'on est éveillé, notre cerveau bouillonne -, mais on les a invités à se concentrer sur leur respiration en faisant le plus possible le vide dans leur esprit.
Que fait le cerveau quand on n'a rien de spécial en tête ?
En fait, il s'avère que l'on prête attention à soi : cet état par défaut actives les aires cérébrales qui servent à créer le sentiment du ' Moi .'
Lorsqu'on a examiné les scanners du groupe témoin, on a constaté une activation des zones en mode par défaut que d'autres chercheurs avaient déjà décrites. J'aime appeler ces zones là la - crête iroquoise de la conscience de soi -, car elles partent juste au dessus des yeux et courent vers l'arrière du crâne le long de la ligne médiane.
Toutes ces structures sont impliquées dans le sentiment du Moi. L'aire brillante la plus grande, à l'arrière du cerveau, correspond au ' cortex cingulaire postérieur ', qui donne la sensation physique de l'endroit où nous sommes : c'est notre GPS interne !
Il est fortement lié au ' cortex préfrontal médian ', la tour de guet, et à des zones cérébrales qui enregistrent des sensations du reste du corps :
l’insulta : qui retransmet des messages des viscères aux centres émotionnels; les lobes pariétaux : qui intègrent l'information sensorielle; et le ' cortex cingulaire antérieur ': qui coordonne les émotions et la pensée.
Toutes ces aires contribuent au fonctionnement de la conscience !
Le contraste avec les scanners de dix-huit personnes atteintes du ' syndrome de stress post-traumatique ' était saisissant !
On n'observait quasiment pas chez elles d'activation des aires cérébrales qui servent au sentiment de soi : aucune illumination du ' cortex préfrontal médian', du 'cingulaire antérieur ' ni de l' ' insula '; la seule zone quelque peu activée était le ' cingulaire postérieur ' qui est responsable de l'orientation de base dans l'espace !
La seule explication à cela était qu'en réaction au traumatisme et face à la terreur persistante, ces patients avaient appris à fermes les zones du cerveau qui transmettent les émotions et les sensations viscérales associées à l'effroi. Or, dans la vie quotidienne, c'est dans ces mêmes zones que s'enregistre toute la gamme émotionnelle et sensorielle formant la base de la conscience de soi !
Les scanners de ces patients témoignaient d'une adaptation tragique : pour tenter de faire barrage à leurs sensations terrifiantes, ils avaient aussi endormi leur capacité à se sentir pleinement vivant !
La disparition de l'activation préfrontale médiane pourrait expliquer pourquoi tant de traumatisés perdent la motivation et leur sens de l'orientation !
Je pouvais aussi comprendre que leur lien avec leur réalité intérieure était altéré !
Comment réussir à prendre des décisions, à mettre en œuvre un projet, s'ils ne pouvaient définir ce qu'ils voulaient ou, plus précisément, ce que leurs sensations - (la base de toutes les émotions) - cherchaient à leur dire ?
Les victimes d'un traumatisme (infantile) chronique manque parfois de ' conscience de soi ', au point de ne pas pouvoir se reconnaître dans un miroir !
Les scanners cérébraux montrent alors que cela ne vient pas d'une simple inattention : il se peut que les structures chargées de la reconnaissance de soi aient été coupées, tout comme celles liées à l'expérience de soi !
Les conséquences à en tirer étaient claires : pour se sentir présent, on doit savoir où on est et avoir conscience de qui nous arrive.
Si le système de sensation de soi tombe en panne, il faut trouver des moyens de le réactiver** !
** terme mieux approprié : guérir !
Sources : Bessel van der Kolk
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Eddy Vonck
Rédacteur bénévole de Psycho'Logiques







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