𝗟𝗮 𝗱𝗲́𝗽𝗲𝗿𝘀𝗼𝗻𝗻𝗮𝗹𝗶𝘀𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗼𝘂 𝗹𝗮 - 𝗽𝗲𝗿𝘁𝗲 𝗱𝘂 𝘀𝗲𝗻𝘁𝗶𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝘂 𝗺𝗼𝗶 𝘀𝗲 𝘀𝗶𝘁𝘂𝗲 𝘂𝗻 𝗰𝗿𝗮𝗻 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗯𝗮𝘀 𝗾𝘂𝗲 𝗹'𝗲́𝗰𝗵𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗹'𝗼𝘂𝗯𝗹𝗶 𝗱𝗲 𝘀𝗼𝗶 !
La dépersonnalisation ou la - perte du sentiment du moi se situe un cran plus bas que l'échelle de l'oubli de soi !
La dépersonnalisation est courante dans l'expérience traumatique !
J'ai été agressé tard, un soir, dans un parc proche de chez moi et, en flottant au-dessus de la scène, je me suis vu gisant dans la neige, cerné par trois ado qui jouaient avec un couteau !
Mes mains étaient en sang, je me suis dissocié de la douleur et n'ai éprouvé la moindre peur en négociant calmement la remise du portefeuille dont ils me délestaient.
Après cet incident, je n'ai pas développé de ' syndrome de stress post-traumatique ', sans doute parce que j'étais curieux de vivre une expérience que j'avais étudiée de près chez les autres et me berçais de l'idée de pouvoir faire, plus tard un portrait robot de mes agresseurs ! Ils n'ont jamais été arrêtés, mais mon fantasme de vengeance a dû me donner un sentiment de contrôle gratifiant !
Le psychanalyste Paul Schilder nous a donné une description de la dépersonnalisation en 1928 : pour l'individu traumatisé, le monde a des allures bizarres, obscures, oniriques.
Les émotions aussi subissent une altération marquée ! Les patients se plaignent de ne pouvoir éprouver ni plaisir ni douleur... ils sont devenus étrangers à eux-même !
J'ai été fasciné d'apprendre que des chercheurs en neurosciences de l'université de Genève, avaient réussi à induire des expériences extracorporelles similaires en appliquant un léger courant électrique à un point précis du cerveau : le ' carrefour temporo-pariétal.
Une femme avait ainsi eu la sensation d'être suspendue au plafond d'où elle regardait son corps d'en haut, et une autre, l'impression inquiétante d'avoir un rôdeur derrière elle.
Ces travaux confirment ce que nous disent nos patients : le Moi peut être détaché du corps et vivre séparément une expérience fantôme ! De même, en pratiquant des scanners sur des sujets qui se dissociaient de leur terreur, des chercheurs canadiens et néerlandais, ont découvert que les centres cérébraux de la peur se fermaient quand ils se rappelaient un choc traumatique !
Pour se remettre d'un traumatisme, il faut se familiariser et s'accorder avec ses sensations physiques !
Les personnes ' enragés ' vivent dans un corps en rage !
Les victimes de maltraitance (infantile) restent anxieuses, sur la défensives, jusqu'à ce qu'elles trouvent un moyen de se détendre et de se rassurer ! Pour ce faire, elles doivent prendre conscience de leurs sensations et des interactions entre le corps et leur environnement. La conscience physique est le premier pas pour se libérer de la tyrannie du passé !
Comment les patients peuvent-ils s'ouvrir et explorer le monde de leurs sensations et de leurs émotions ?
J'entame le processus en les aidant d'abord à observer, puis à décrire ce qu'ils perçoivent dans leurs corps, non pas des émotions comme l'angoisse, la colère ou la peur; mais les sensations sous-jacentes comme:
- la pression (la boule au vente ou à travers la gorge),
- la chaleur,
- la tension musculaire,...
Si un symptôme traumatique revient, c'est qu'il faut que j'en comprenne le sens et la maladie :
- la cause (pourquoi, à l'instanté, je suis malade, dépressif ?)
- puis le terrain (pourquoi le traumatisme, la maladie revient en quelques choses en moi, que veut-elle me dire peut-être sur ce que je vis au niveau écologique et environnementale ?) Eddy Vonck
Je les apprends à identifier les sensations liées à la détente et au plaisir !
Je les aide à prendre conscience de leur respiration et de leurs gestes !
Enfin, je leur demande de prêter attention à leurs subtiles réactions intérieures : comme un tiraillement d'estomac, une gêne respiratoire - quand ils reparlent d'événements négatifs qui, pour certains, prétendent exprimer que « cela ne les dérangent pas ? »
Remarquer, des sensations pour la première fois peut-être relativement pénible, voire causer des ' flash-back ' qui mènent parfois à se replier sur soi ou même de taire, le tabou bloquer par l'expression d'un vécu passé mais traumatisant voire extrêmement violent, que le patient (terrifié) ne souhaite pas raconter ! Dans ce cas, le patient peut prendre des attitudes défensives ou même abandonner la parole pendant la séance !
Ce sont des ' reviviscences somatiques ' du traumatisme non digéré, sans doute les postures que les patients ont adoptées quand il s'est produit ! Des images et des sensations peuvent submerger à ces moments critiques, et le thérapeute doit savoir endiguer ces torrents émotionnels et sensoriels pour les empêcher d'être de nouveau traumatisés par cet accès au passé.
On prescrit bien trop souvent aux patients des médicaments type anxiolytiques - au lieu d'enseigner aux personnes traumatisées des méthodes permettant d'enrayer des réactions physiques aussi pénibles. Les médicament ne font qu'émousser leurs sensations, mais évidemment rien pour résorber ni transformer ces ' agents toxiques ' en alliés !
La manière la plus naturelle de se calmer consiste pour l'homme (l'humain) à s'accrocher à un autre humain de confiance !Les patients qui ont été maltraités ou violés sont ainsi confronté à un dilemme : ils ont désespérément besoin de toucher, tout en étant terrifiés à cette idée. Il faut rééduquer leur esprit à éprouver des sensations, tout en aidant leurs corps à supporter et à apprécier le réconfort du toucher (par exemple par un massage aux huiles thérapeutiques.)
Les personnes privées de conscience émotionnelle peuvent, avec de la pratique, associer leurs sensations physiques à des événements psychologiques - ce qui leur permet de renouer lentement avec elles-mêmes !
Beaucoup de patients que je reçois sont incapables de me regarder dans les yeux; je mesure aussitôt l'ampleur de leur ' trouble ' à leur difficulté à soutenir mon regard.
Il s'avère souvent, que les personnes traumatisées se jugent parfois minables et ne peuvent supporter de se montrer ainsi aux autres y compris à un thérapeute !
Je ne pouvais douté que cette honte profonde se traduisait par une activité cérébrale anormale ! Le cerveau et l'esprit sont indifférenciables : ce qui se passe dans l'un est perçu dans l'autre !
Normalement, le ' cortex préfrontal ' aide à se faire une idée des personnes qui viennent vers nous, et les ' neurones miroirs ' à discerner leurs intentions !
Que peut-on en conclure sur leur capacité à se lier et à se détendre avec les autres ?
Les traumatisés peuvent-ils confier leurs peurs les plus profondes à un thérapeute ?
Pour nouer de vraies relations, il faut pouvoir considérer les autres comme des êtres distincts, chacun avec ses propres motivations. Il est, certes, nécessaire de se défendre lorsque cela est urgent et utile pour soi; mais il faut arriver aussi à reconnaître que les autres (y compris la société civile) ont leurs propres objectifs personnels de survie !
Sources : Bessel van der Kolk
** pour terminer ce chapitre, je pense personnellement, que pour qu'une personne traumatisée se guérisse, il lui faut un accompagnement presque sur mesure et il consiste d'abord que notre société mondialisée et égoïste change de focus, s'il y a des traumas collectifs dans notre société, c'est que notre ' Monde ' Terre est malade ! Mais, rendre MALADE les GENS, (oui, je suis en colère), profite à enrichir les acteurs de Big Pharma et ses actionnaires. Si notre MONDE était équitable, et surtout ' saint ' il n'y aurait pas de malades, pas de traumatisés ni de médecins incrédules qui malheureusement, sont les premiers prescripteurs de médicaments. L'homéopathie qui est une de mes passions, est le seul concept de médecine qui s'occupe de comprendre 1) l'infestation du terrain 2) de comprendre le symptôme. De plus, depuis trois ou quatre ans, les gouvernements français et belges et les sécurités sociales ne remboursent plus l'usage homéopathique alors que c'est de loin, une des formes médicamenteuses les moins chères à condition de trouver la perle rare : un homéopathe !je republie mes questions :
Si un symptôme traumatique revient, c'est qu'il faut que j'en comprenne le sens et la maladie :
- la cause (pourquoi, à l'instanté, je suis malade, dépressif ?)
- puis le terrain (pourquoi le traumatisme, la maladie revient en quelques choses en moi, que veut-elle me dire peut-être sur ce que je vis au niveau écologique et environnementale ?) Eddy Vonck
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Le sujet est vaste, je vous invite si vous avez lu cet article, jusqu'au bout, de débattre et de commenter ci-dessous, merci !
** mes interventions et commentaires perso !
Eddy Vonck
Rédacteur bénévole de Psycho'Logiques








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