Lecture - « Bienvenue dans mon monde » de Paul El Kharrat – Édition Harper Collins - syndrome Asperger
« je voulais vous raconter, derrière les fards et les paillettes, ce que c’est, de percevoir le monde différemment. Ce qu’il en coûte, aussi. Parce que je ne suis pas le seul dans ma singularité, parce que mon témoignage parlera sans doute à bien d’autres personnes comme moi ainsi que, je l’espère de tout coeur, à la norme, c’est à dire au plus grand nombre. »
extrait : « Bienvenue dans mon monde » de Paul El Kharrat – page 12
« Dans mon monde idéal, les gens sont respectueux les uns des autres, ils sont consciencieux dans leurs actes ; honnête, précis dans leurs dialogues.
Dans mon monde idéal, les hommes sont pacifiques, et l’harmonie règne sur terre… »
« Mais, mon monde idéal n’est qu’une chimère ! Dans le nôtre, j’ai juste l’impression de concentrer toute mon énergie à essayer de mettre de l’ordre dans une vie que le chaos rend insupportable, et je n’y arrive pas ! »
extrait : « Bienvenue dans mon monde » de Paul El Kharrat – page 76
Les neurotypiques passent leurs temps à vous faire sentir que vous n’êtes pas normal, que tout ce qui n’est pas ‘ comme eux ‘ ne l’est pas !
extrait : « Bienvenue dans mon monde » de Paul El Kharrat – page 77
« Notre monde exige, pour être jugé digne d’intérêt, que l’on soit festif, connecté, léger, auto-promotionnel, productif, performant, riche, beau, jeune et j’en passe ! Il est vrai que je ne suis pas grand-chose de tout ça ! C’est compliqué pour moi de faire la fête tant ça me cause de fatigue, cette fatigue² que personne de comprend et qui me colle aux os depuis toujours, parce que m’adapter me demande des efforts constants, surhumains, pour maintenir ne serait-ce qu’un semblant de conversation. Les neurotypiques ne s’en rendent pas compte, mais c’est une faculté que d’être face à quelqu’un ou au sein d’un groupe social et de savoir : meubler, discuter, écouter ou même d’être présent ! »
« Je me sens tel un étranger dans beaucoup de situations de la vie ! »
extraits : « Bienvenue dans mon monde » de Paul El Kharrat – page 81 –
² je remplacerais le mot ‘ fatigue’ par le terme épuisement psychologique qui amène souvent à un burn-out ou et à une dépression nerveuse.
Porter un masque
Comme nous le savons, les femmes (et quelques hommes) présentant le syndrome d’Asperger portent souvent un ‘ masque’ afin de dissimuler leurs véritables ressentis et leur vraie personnalité aux yeux des autres, de peur d’être rejetées.
Le choix de ‘masquer’ ses émotions constitue une stratégie d’adaptation à la fois intelligente et constructive et fait office de remèdes attrayant, mais temporaire.
« j’ai tellement bien fait semblant d’être normale qu’on a vraiment du mal à croire que je présente le syndrome d’Asperger ! »
Seulement voilà, « faire semblant » ou masquer ses vraies émotions et son moi véritable pour être accepté et apprécié peut engendrer un sentiment chronique d’aliénation latente, de solitude et d’inaptitude.
Mener une double vie peut être exténuant et ainsi conduire à la dépression !
Sources : Asperger : comment vaincre coups de blues et dépression ? » de Tony Attwood & Michelle Garnett – page 30 – Édition de Boeck supérieur.
« Le masque ne fait pas illusion , Il embrasse les souffrances que nous tentons de cacher. »
Michel Giliberti
« Au fond, ce qu’on appelle les ‘ codes sociaux ‘, les règles formelles de la vie sociale, me pose un problème ! J’y vois, moi, une forme d’hypocrisie. Je ne les comprends ni ne les maîtrise, me reconnaissant même une vraie ‘ naïveté sociale ! ‘ »
extraits : « Bienvenue dans mon monde » de Paul El Kharrat – page 83 –
« À L’intérieur de moi, caché derrière mon sourire, mes maladresses de grand garçon, mon regard qui s’enfuit parfois, il y a bien un démon ! »
« Je suis un Être dédoublé ! J’en ai une conscience très aiguës, mais je ne l’exprime jamais à personne, ou très rarement ! »
« Et, il y a Paul gentil, souriant, content, qui obéit, fait ce qu’on lui demande. Et, il y a le Paul démoniaque, en rébellion contre la violence du monde et qui souffre ! Une terrible douleur qui provient de cette lutte acharnée que je mène depuis des années pour me faire ‘ accepter ‘ de la norme, et pour me ‘normaliser ‘ dans un monde où rien de l’est ! »
« Le relativisme, le cynisme ambiants me rendent littéralement fou ! Tout comme l’inadéquation perpétuelle, l’incompréhension constante entre moi et le monde ! »
« Je tente de rester la belle personne que je pense être, bien que de temps à autre le doute m’assaille ! »
extraits
: « Bienvenue dans mon monde »
de Paul El Kharrat – pages
100 +101
+103
« Mes émotions évoluent très rapidement ! Quand je suis content, ça ne dure pas ! Quand ça ne va pas, j’espère que ça ira mieux ! Et dès que je ça va mieux, je me dis que ça n’ira plus, bientôt !»
extrait
: «
Bienvenue dans mon monde » de Paul El Kharrat – pages
116
« Je n’ai pas vraiment d’amis, juste deux ou trois copains ! Quand une relation commence bien, elle se finit mal, en général. Soit c’est la personne qui s’éloigne, soit c’est moi, un peu comme deux berges d’un fleuve dont le pont s’effondrerait, en mille morceaux ! À toujours vouloir creuser profond dans les conversations, à toujours devoir y trouver mon intérêt propre, à toujours être installé dans mon monde, j’ai souvent le sentiments que mes relations sont superficielles.
Et, de facto, elles ne me satisfont pas. J’imagine que je finis par agacer mon interlocuteur. J’ai conscience que ma personnalité peut faire un peu peur, parfois ! »
extrait : « Bienvenue dans mon monde » de Paul El Kharrat – page 119
« Peut-être ai-je fini par assimiler le regard des autres sur moi, ceux qui me voient comme quelqu’un qui se rapproche plus du ‘ petit génie ‘, de la bête de foire, de l’ordinateur, que de l’être humain. On me déshumanise, je le sens bien ! Les gens se disent : « il sait tellement de choses, ce n’est pas possible, ça n’existe pas un type pareil ! » »
« Difficile dans ce cas de se lier avec les autres, n’est-ce pas ? »
extraits
: « Bienvenue dans mon
monde » de Paul El Kharrat – pages
120
+121
« Dans ces périodes de désarroi, j’écris encore plus que d’habitude ! J’écris pour décharger ma tristesse, ma colère, mon angoisse. »
extrait : « Bienvenue dans mon monde » de Paul El Kharrat – pages 136
« On dit que les autistes ne ressentent pas d’émotions et n’ont pas d’empathie pour les autres.
C’est une fausse croyance !
Je crois plutôt que nous ressentons trop d’émotions !
Nous avons du mal à en reconnaître la nature, à en comprendre le contexte et nous ne savons pas comment les exprimer pour les rendre compréhensibles aux neurotypiques, ce qui peut ainsi faire penser à des réactions inappropriées, incongrues… Je ressens très fort, pour ma part, la souffrance des autres personnes, des animaux ; simplement, je n’ai pas le moyen d’y répondre de manière attendue ! »
extrait : « Bienvenue dans mon monde » de Paul El Kharrat – pages 140
« Pourquoi, celui qui est ‘ différent ‘ doit-il toujours être déconsidéré ?
Qui pense que le ‘ handicap ‘ est accepté et valorisé dans nos sociétés ?
Toutes ces questions, me semble-t-il, sont liées, et le sentiment permanent que j’ai d’être incompris et où que le monde m’échappe me paraît dépasser mon simple cas personnel.
C’est aussi pour ‘ ceux ‘ qui se sentent comme moi, pour réfléchir sur ce qui nous fonde à la fois individuellement et collectivement, pour interroger notre regard sur la ‘ norme ‘, que j’ai voulu écrire ce livre. »
extrait
: « Bienvenue dans mon
monde » de Paul El Kharrat – pages
144
« Finit-on un jour par s’habituer à être déconsidéré ? Jamais ! »
extrait : « Bienvenue dans mon monde » de Paul El Kharrat – pages 145
Alors, est-ce un handicap ?
« La société dans laquelle nous vivons considère que tout ce qui n’est pas normal est handicapant. De ce fait, oui, être porteur d’autisme² se révèle handicapant… »
extrait
: « Bienvenue dans mon
monde » de Paul El Kharrat – pages
145
² je préfère le terme : syndrome autistique de l’Asperger.
« Tous les jours, je progresse ! Tous les jours, je redouble d’efforts pour m’adapter au monde tout en essayant de rester – droit dans mes bottes – comme dirait l’autre, fidèle à ce que ‘ je suis !’ »
extrait : « Bienvenue dans mon monde » de Paul El Kharrat – pages 177
« J’aimerais tant que les gens de mon entourage, à commencer par mes proches, soient conscients des efforts démesurées que j’accomplis tous les jours pour être ‘ normal ’ ! »
extrait : « Bienvenue dans mon monde » de Paul El Kharrat – pages 182
Le sujet est vaste, je vous invite si vous avez lu cet article, jusqu'au bout, de débattre et de commenter ci-dessous, merci !
Eddy Vonck
Rédacteur bénévole de Psycho'Logiques





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