𝐥𝐞𝐜𝐭𝐮𝐫𝐞 Philosophique - « 𝐥’𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐢𝐝𝐞, 𝐥’𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐨𝐢𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐣𝐮𝐧𝐠𝐥𝐞 » de Pablo Servigne et de Gauthier Chapelle partie 6 et fin.
𝐥𝐞𝐜𝐭𝐮𝐫𝐞 Philosophique « 𝐥’𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐢𝐝𝐞, 𝐥’𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐨𝐢𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐣𝐮𝐧𝐠𝐥𝐞 » 𝐝𝐞 𝐏𝐚𝐛𝐥𝐨 𝐒𝐞𝐫𝐯𝐢𝐠𝐧𝐞 et de Gauthier Chapelle partie 3
À lire aussi :
Pierre Kropotkine, L’Éthique
PDF - l'entraide de Pierre Kropotkine
- 1) la croyance que la nature (dont la nature humaine) est fondamentalement compétitive et égoïste,
- 2) la croyance que nous devons nous extraire de celle-ci pour empêcher le « retour à la barbarie ».
L’être humain est-il naturellement bon ou mauvais ?
comme la « nature humaine » et l’« instinct ».
- Le système 1 correspond à la pensée rapide, intuitive et spontanée,
- le système 2 à la pensée du calcul, posée et rationnelle.
- Le premier, qui est le reflet de l’environnement culturel dans lequel baignent les individus, permet d’exprimer spontanément et rapidement les émotions et les comportements les plus habituels.
- Quant au second, il permet de s’adapter à de nouvelles
situations en fournissant une réponse inhabituelle (par la réflexion et l’apprentissage), ce qui modifie progressivement les automatismes du système 1 dans le sens souhaité.
- le mécanisme de comportements réputation (réciprocité indirecte),
- la récompense des comportements vertueux
- et la punition des comportements antisociaux
(récompense + punition = réciprocité renforcée).
- le sentiment de sécurité éprouvé par tous les membres du groupe et qui dépend de la constitution d’une bonne « membrane » (les règles que se fixe le groupe, sa raison d’être, son identité) ;
- le sentiment d’égalité et d’équité, qui permet d’éviter les effets néfastes du sentiment d’injustice (colère, ressentiment, comportements antisociaux et désir de punition) ;
- le sentiment de confiance, qui naît des deux précédents et qui permet à chaque individu de donner le meilleur de lui-même pour le bien du groupe.
Enfin, il faut être conscient que l’entraide au sein d’un groupe peut aussi s’évanouir en un clin d’œil, lorsque les normes sociales s’effilochent du fait d’une perte de confiance généralisée envers l’avenir du groupe.
- la présence d’un ennemi commun (la compétition entre les groupes),
- un milieu hostile,
- et l’existence d’un objectif commun.
- la néoténie (singe précoce et cerveau immature à la naissance),
- l’attachement maternel,
- la superposition de générations pour le soin aux jeunes (le rôle des grand-mères),
- le partage de nourriture, la chasse collective
- et la coopération entre mâles.
- une qui sélectionne les individus les plus performants à l’intérieur d’un groupe (les individus égoïstes et agressifs, qui détruisent la cohésion sociale),
- une autre qui sélectionne les groupes les plus performants (donc les individus les plus coopératifs).
- sélection de parentèle,
- réciprocité directe,
- réciprocité indirecte,
- sélection spatiale.
- l’effet domino (l’entraide appelle l’entraide),
- la fusion (1 + 1 = 1)
- et la création de nouveaux « étages » de complexité (des super organismes, ou carrément des « transitions évolutives majeures »).
- l’apparition de cellules,
- de la cellule à noyau,
- de la respiration,
- de la photosynthèse,
- des organismes multicellulaires,
- des sociétés,
- des sociétés de sociétés...
- 1) de création de diversité
- 2) de sélection des organismes en fonction du milieu.
À l’étape 1, les mutualismes constituent une source majeure d’innovation et de diversification du vivant.
À l’étape 2, l’entraide favorise la survie dans des conditions hostiles.
L’entraide participe donc à la création de diversité et donne les armes pour survivre.
Les grands principes de l’entraide
L’entraide est partout, depuis la nuit des temps, de manière bien plus claire que nous ne l’imaginions !
L’entraide acquiert sa puissance en milieu hostile. Il en découle un avantage compétitif :
elle permet de mieux survivre aux menaces.
« Au sein d’un groupe, l’égoïsme supplante l’altruisme, les groupes altruistes supplantent les groupes égoïstes, tout le reste n’est que commentaire. »
D.S. Wilson et E.O. Wilson
L’entraide atteint des niveaux exceptionnels chez l’être humain :
elle est puissante, profondément ancrée en nous, et peut se déployer à très grande échelle !
L’entraide est une force puissante, mais fragile et parfois dangereuse, qui apparaît dans des conditions bien précises, et qui disparaît ou devient toxique lorsque les conditions ne sont plus réunies.
L’architecture de l’entraide (y compris humaine) ressemble donc à des poupées russes où chaque poupée supérieure est plus complexe, et où les différentes tailles de poupées peuvent coopérer entre elles. L’ensemble de ces poupées forment un réseau de réseaux multicolores en perpétuelle évolution.
L’entraide est la principale source d’innovation du vivant, à toutes les échelles, depuis l’apparition de la vie. C’est la clé de la diversification du vivant, et l’un des piliers de la sélection naturelle.
Enfin, la compétition trouve sa place dans ce cadre.
Elle reste le deuxième grand pilier de la sélection naturelle, permet de renforcer l’entraide entre organismes et sert aux organismes à délimiter leurs territoires ou à faire connaître leurs besoins. Mais elle est coûteuse en énergie et risquée, ce qui la rend hasardeuse lorsqu’il s’agit de s’engager dans une « lutte pour la vie ».
Vers une nouvelle vision de l’entraide
Il reste sans doute beaucoup à découvrir de cet immense paysage. L’avenir des sciences comportementales situe à la fois dans une complexité croissante des hypothèses de travail, dans un enrichissement mutuel des différentes disciplines et dans la consolidation de cette architecture globale.
On pourrait par exemple creuser le lien entre l’entraide et la structure hiérarchique d’un groupe, ou encore, la question des différences homme/femme.
Nous pourrions former une grande équipe transdisciplinaire qui écrirait aisément une encyclopédie de 3 000 pages rien qu’avec la bibliographie que nous avons rassemblée au cours des dix dernières années.
Mais ne précipitons pas les choses. Il semble important de s’arrêter un instant sur ce que ce livre a changé dans le regard que nous portons sur l’entraide.
Sur notre imaginaire. Malgré nos intuitions de départ, ces découvertes ont fait vaciller nos croyances et remis en question notre rapport à la réalité.
L’une des grandes leçons de ce dernier demi-siècle de découvertes est qu’il est possible de réconcilier la vision continuiste et la vision discontinuiste de l’espèce humaine.
Comme l’écrivait déjà Darwin :
« la différence entre l’esprit de l’homme et celui des animaux supérieurs, si grande soit-elle, est à coup sûr une différence de degré, non de nature ».
Mais cette différence s’est amplifiée à cause de la rapidité des processus culturels (par rapport au rythme de l’évolution biologique), au point d’avoir fait émerger une réelle différence qualitative.
Dans la même logique, il paraît important d’apprendre à voir le monde avec les deux fenêtres temporelles du temps court (la vie de tous les jours) et du temps long (les millions d’années). C’est clairement un appel à la coopération entre sciences humaines et sciences biologiques...
Notre conception de l’entraide est devenue plus fine, plus mesurée et plus complexe.
Nous nous sommes rendu compte, que plusieurs chemins étaient possibles pour faire émerger un comportement altruiste chez une personne.
Enfin, on comprend mieux la complexité du tableau en se rappelant que, en ce moment précis, sur terre, coexistent toutes les manières de faire société, des grandes sociétés ultra sociales liées par la réciprocité invisible aux petits groupes de chasseurs-cueilleurs à la réciprocité, sans compter ce qui se passe chez les autres espèces !
Plus impressionnant encore, l’être humain, tel un soldat au combat, est simultanément capable d’altruisme et de cruauté extrêmes.
Plusieurs points ont aussi rendu notre vision de l’entraide moins naïve.
Il est vain de tenter de faire des généralités sur nos capacités d’altruisme et d’entraide si nous ne pensons pas l’implication simultanée des niveaux supérieurs dans lesquels se meuvent les individus :
la famille, la culture, la tribu (quartier, village, groupe affinitaire...), la région, le pays, la langue, etc.
Ensuite, pour ne pas se perdre, il est important de ne pas systématiquement voir l’entraide comme un acte moralement bon (même si elle peut l’être !).
S’associer n’est pas forcément bien en soi :
on peut s’entraider
- pour massacrer** l’autre,
- pour survivre,
- pour protéger des limites,
- pour réaliser de grandes choses
- ou pour respecter des ressources communes
** ce mot Massacrer me dérange, j'utiliserais plutôt les mots : domination / dominer l'autre par exemple par l'humiliation, la traîtrise, les jugements généralisés et mêmes les formes diverses de racismes... En CNV (Communication non Violente, on apprend ensemble à comprendre les besoins des uns et des autres et de soi-même. Pour moi, c'est un des apprentissages qui manquent dans le début de toutes scolarités de l'enfant, et cela reste valable avec les adultes.
Enfin, l’entraide ne doit pas être vue comme une panacée qu’il faudrait appliquer aveuglément.
Ses écueils (pathologies, risques de fermeture (**dissolution) du groupe, création d’un grand méchant loup, extases (**égotiques) collectives, démesure, etc.) sont autant de raisons de rester lucide pour éviter une fois de plus les « mauvaises surprises » des utopies réalisées parfois trop vite et même parfois avec les mauvaises personnes !
L’équilibre est délicat : il suffit d’un ingrédient oublié ou mal dosé pour que la recette (** relationnelle) soit totalement ratée !
Il nous est aussi apparu essentiel de distinguer l’action (entraide) de l’intention (altruiste) !
« Toutes les sociétés qui fonctionnent correctement requièrent des mécanismes qui coordonnent l’action et qui empêchent l’exploitation de l’intérieur. Savoir si ces mécanismes sont altruistes ou égoïstes (en termes de pensées et de sentiments) est sans importance, tant qu’ils font leur travail (en termes d’action). »
D’un point de vue évolutif, l’intention ne compte pas, seuls comptent les actes et les résultats. Mais d’un point de vue concret, ici et maintenant, les intentions comptent aussi !
Repérer ce distinguo contre-intuitif entre action et intention évitera bien des confusions à celles et ceux qui veulent construire de nouveaux modes d’organisation.
Pour l’entraide, nous sommes arrivés à un point où le « bon sens populaire » ne suffit plus.
La taille de nos sociétés et l’uniformisation des modes d’organisation (sans parler de leur indigence) ne permettent pas de compter sur le « bon fond » des plus altruistes.
Si nous voulons créer une véritable culture de l’entraide, il peut être intéressant de rendre ces processus intelligibles et cohérents. (**plus démocrates, plus éthiques où il y a un respect réciproque de toutes les parties concernées, je fais allusion à nos chers politiciens et à une communauté européenne de plus en plus décadente et autoritaire, et qui n'écoutent plus les cris des citoyens face aux multiples crises créent par une mondialisation qui démontre presque trente ans après, que nos gouvernements n'ont tenu aucun engagements et ont fait profiter l'installation de grands groupes mondiaux, monopolistiques et spéculatifs qui eux-même sont coupables présentement, des crises actuelles et d'une inflation galopante et dangereuse qui touchera de plus en plus de gens si rien ne change dans le court terme ! )
Le chemin vers de meilleurs modes d’organisation passe nécessairement par des comportements exemplaires de la part des personnes vues comme haut placées (les personnes légitimées politiquement, intellectuellement et spirituellement, ou les riches, qui servent aujourd’hui de modèles pour une majorité de la population).
« La sélection des meilleures stratégies doit être intentionnelle, car nous ne pouvons nous permettre d’attendre que la sélection naturelle agisse, et il n’y a pas de processus de sélection de planète qui favorise les meilleures organisations à l’échelle planétaire . »
Si l’entraide, l’altruisme, la bonté et la générosité (re)deviennent des normes sociales fortes, ils se convertiront progressivement en habitudes, puis en automatismes !
Nous avons très probablement les capacités pour renverser la tendance qui ronge actuellement nos sociétés (c’est bien un rapport de force !), et les souvenirs des dégâts que cause une planification d’entraide généralisée et uniforme à très grande échelle, imposée avec autorité par une clique d’autocrates zélés, sont encore présent dans nos mémoires.
Pour finir, nous ne pouvons passer sous silence un dernier élément dans notre recherche :
nous avons été profondément touchés par la finesse et la beauté infinies de ce monde.
L’entraide humaine met en jeu des capacités d’empathie, de réciprocité, d’évaluation des besoins du groupe, de mémorisation des comportements, de détection des émotions, de calcul, d’aversion à l’égard de l’inégalité, d’obéissance, d’amour, de compassion, d’amitié, de confiance, de compréhension...
L’écriture de ce livre nous a fait ressentir notre participation intense à une vague
« qui redéfinit en douceur ce que l’on est, et donc ce que l’on peut être ! »
Pour nous, le concept même d’individu a commencé à perdre un peu de son sens, comme si aucun être vivant n’avait jamais existé, n’existe ni n’existera seul.
Épilogue
Pour Quel Monde ?
« Il nous faut entrer en relation, en empathie, avec ce qu’il y a d’unique, de singulier, de merveilleux, de fragile et de menacé dans chaque être humain, et dans la nature qui nous entoure. Et nous demander ce que nous pourrions faire pour protéger, préserver, réparer, soigner, et empêcher de disparaître. [...] Dans le respect de l’extraordinaire vulnérabilité de ceux qui nous ont fait naître, de ceux qui nous entourent, et de ceux qui nous survivront. »
Jean Claude Ameisen, Dans la lumière et les ombres, 2008.
Allons-nous nous entre-tuer ?
Voilà la grande interrogation qui a guidé, ces derniers mois, nos pérégrinations autour de la question de l’effondrement des civilisations, la collapsologie !
Au cours d’un débat – que ce soit dans une grande
salle de conférence ou en petit comité dans un bistro –, les préoccupations climatiques et énergétiques se heurtent à une culture qui croit dur comme fer que la nature est foncièrement mauvaise, émerge toujours cette même idée : l’entraide n’est plus envisageable, faut-il se préparer au chaos social et à la violence extrême ?!
Or cette croyance contredit l’impression générale qui se dégage de ce livre :
Les humains possèdent de réelles dispositions à l’entraide, mais un milieu hostile ou et compétitif favorise ne favorisent nullement la guérison écologique de notre chère planète !
Un effondrement politique et social ne serait-il pas l’occasion d’enterrer les vieilles haches de guerre que nous traînons depuis tant d’années ?
Comment résoudre ce paradoxe ?
Quelle version croire ?
Voici donc une proposition un peu plus complexe qui réconcilie les deux visions grâce à une clé : un axe temporel.
Nous avons effectivement vu qu’une catastrophe soudaine et ponctuelle favorisait les comportements d’entraide, de calme et d’auto-organisation, car la plupart d’entre nous vivons au sein de cadres sociaux relativement soudés et dans des sociétés très structurées.
Cependant, nous avons aussi vu que l’entraide dans un groupe pouvait rapidement s’effondrer si la réciprocité n’était pas renforcée (récompense, punition et réputation), et si les trois sentiments fondamentaux n’étaient pas réunis (sécurité, égalité, confiance).** Je rajoute la démocratie citoyenne.
Par conséquent, il est logique de penser que, dans un premier temps, de graves catastrophes provoqueront l’émergence d’actes prosociaux (solidarité, altruisme, entraide), mais que, quelque temps plus tard, si aucun mécanisme institutionnel (même précaire) n’est mis en place, un chaos social s’installera.
Prenons maintenant du recul, et demandons-nous ce qui pourrait arriver si ce chaos généralisé se prolongeait ?
Des groupes se formeront, s’organiseront, et plus que probablement les plus cohésifs et coopératifs d’entre eux survivront, comme c’est le cas depuis des millions d’années.
Comment serait-il possible d’éviter ou de raccourcir ce passage chaotique ?
Pour répondre à cette question, il faut ajouter un autre paramètre : la Culture !
L’accumulation de biens matériels, tout comme les niveaux d’accaparement et d’inégalités, franchissent alors les seuils de démesure. La richesse accumulée maintient les personnes « hors sol », dans une bulle de confort qui les éloigne du monde vivant, ouvrant la possibilité d’une destruction bien plus aisée du milieu de vie.
Chronique d’une mort annoncée, la culture de l’égoïsme corrode lentement la société de l’intérieur, ** elle engendre des insécurités, des inégalités, des crises économiques, des guerres, une méfiance, une prise de pouvoir dominante des politiques sur les peuples...
Par le passé, un monde hostile et pauvre a fait émerger une culture de l’entraide (sinon, nos ancêtres n’auraient pas survécu !)
Présentement, cette culture de l’entraide a changé le rapport au monde, favorisant l’innovation et la création d’abondance ; ce monde d’abondance a fini par créer une culture de l’égoïsme !
Cette culture de l’égoïsme détruit, recréant un monde hostile et pauvre (exploitations injustes et irrationnelles des ressources).
Peut-être est-il possible d’éviter l’amplitude de ce genre de cycles malsains en créant une société basée sur une culture de l'entraide ( ** de renforcer l'entraide entre-nous ), et du respect des autres qu’humains, comme ont déjà pu le faire d’autres sociétés ( nos ancêtres ) disparues ou en voie de disparition ?
Les guerres qui éclatent ( en ce moment ) pour l’accaparement des dernières ressources accéléreront le chaos et précipiteront notre monde dans un grand tourbillon de sang et de poussière !
**pour moi le prétexte à faire la guerre, et d'abord, d'installer un climat de terreur (de peurs collectives); et c'est légitime qu'on puisse avoir peur de toutes ces émergences de violences accrues à nos portes depuis environ 2017, lors du premier mandat de Macron en France. Le mouvement démarrait bien, et il y a fallu une crise sanitaire ? Pour que le mouvement se disloque même en Belgique. Parce que ce problème n'est pas exclusivement français, Ces crises touchent toutes les personnes précarisées ou en devenir. Les guerres et les crises dites économiques rapportent beaucoup de fric aux riches (ceux, même qui créent les conflits dans le monde depuis des décennies...) Les guerres et les crises engendrent aussi plus d’égoïsme et de nombreuses distensions entre-nous !
Cette culture de l’égoïsme et de la compétition est particulièrement toxique lorsqu’elle infiltre les élites politiques, économiques, et intellectuelles, **puisque devenues autoritaires, dirigistes et irrespectueuses envers les populations, ils ne sont plus des élus représentatifs du peuple !
Au contraire, ce dont nous avons besoin en cas de catastrophe, ce sont des hommes et des femmes capables de réagir vite... dans le sens du bien commun !
La culture de la peur et de la préparation à la violence – qui est le résultat de tant d’années de mythologie de la compétition et de la « loi de la jungle » – entretient un climat de violence et de défiance tout à fait défavorable à l’entraide.
Elle ne participe pas à un mouvement de préparation aux catastrophes, mais bien à une accélération de celles-ci.
Il est donc des mythes dont il faut se défaire dès aujourd’hui.
L’idée qu’une société peut fonctionner toute seule, sans que personne n’ait le souci du bien commun, est l’un des thèmes majeurs de l’économie, remarque David S. Wilson.
Cette idée est aussi un grand défi à la notion d’altruisme, car, si elle se révélait vraie, elle suggérerait que l’altruisme (en termes de pensée et de sentiments) n’a pas besoin d’exister, et peut-être même ne devrait pas exister.
Heureusement, le voile se lève : l’altruisme existe, et une société ne peut fonctionner sans souci du bien commun.
De nos jours, les récits dominants parlent de technologie surpuissante, d’ingéniosité humaine sans limites, de compétition apportant la prospérité, d’une loi du plus fort qui permet de « réussir » sa vie, de l’implacable marche en avant linéaire du progrès, ou au contraire d’une apocalypse brutale et violente.
Ces mythes sont toxiques ; en particulier, le mythe de la
compétition n’est adapté ni à notre vie en société ni à notre planète.
Les nouveaux riches (grands patrons, Cac40, Mondialistes, politiques...) deviennent pathologiquement égoïstes et développent des comportements d’incivilité ahurissants.
Les étudiants qui passent par les écoles d’économie (et de politiques) et de business sont égoïstes à l’entrée, mais le deviennent encore plus à la sortie !
Les élites économiques et politiques sont devenues cyniques (et on appris à le montrer), car elles vivent effectivement en vase clos dans une arène artificielle et institutionnelle impitoyable qu’elles se sont elles-mêmes créée.
« Que le meilleur gagne » est non seulement une piètre interprétation de la théorie de l’évolution, mais surtout une très mauvaise idéologie pour maintenir la cohésion d’un groupe, et a fortiori la vie sur terre !
Pourquoi vouloir écraser l’autre ?
Pourquoi chercher à ce point la solitude, la division et l’aliénation ?
Ce mythe ne serait-il pas en réalité un puissant instrument de domination ?
La victoire culturelle de cette idéologie ne s’est pas faite en un claquement de doigts ; elle a mobilisé pendant des décennies des forces et des sommes d’argent considérables.
Peut-être est-il encore temps de prendre le chemin inverse ?
Chaque génération se raconte ses propres récits mythologiques, qui donnent un sens à son monde et l’aident à comprendre la réalité. Les récits sont des manières de lier des groupes, de faire naître des identités collectives pour former des communautés de destin.
Connectez-vous à un moment de votre vie où vous avez ressenti la chaleur de l’entraide, un moment exceptionnel, peut-être difficile, où vous avez reçu un coup de pouce, senti une main sur votre épaule, un regard de gratitude ou le frisson d’un groupe !
Comme le résume le psychologue Jonathan Haidt :
« nous ne sommes pas des saints, mais nous sommes parfois de bons équipiers ».
L’entraide est en chacun de nous ; il faut simplement arriver à y croire. **le cultiver
Il est aujourd’hui important non pas de chercher une nouvelle morale en prenant exemple sur les plantes ou les animaux, mais de changer notre imaginaire en nous inspirant du fonctionnement du monde vivant, en reconnaissant notre inscription dans une longue filiation bâtie sur un socle de coopération depuis l’apparition du vivant.
Les mythes de la compétition et de la séparation nature/culture sont sacrément ébranlés ; ils ne tiendront plus très longtemps !
Des brèches s’ouvrent. Ces nouvelles manières de voir l’entraide donneront peut-être confiance à celles et ceux qui n’osaient pas exprimer tout haut leurs intuitions de peur de passer pour utopistes ou naïfs.
Elles n’invitent pas à croire aux chimères d’un grand soir ou d’un quelconque paradis perdu, mais en la possibilité que des institutions (moins grandes) et des normes sociales efficaces et bienveillantes puissent maintenir une certaine cohésion, et, pourquoi pas, une certaine sagesse ?!
Les nouveaux récits ne feront évidemment pas disparaître les catastrophes de notre horizon, mais nous feront entrer dans l’Anthropocène avec une trousse à outils mieux fournie !
Au-delà de l’humanité
L’ultra socialité humaine a été à l’origine de notre phénoménale expansion, mais a aussi posé les bases de notre possible disparition.
Pour avoir une chance de rester longtemps sur terre, il n’y a pas de secret : il nous faut nous adapter aux principes du vivant et bien nous entendre avec les autres être !
Sans aucun doute, cela mènera à de nouveaux modes d’organisation !
Le chemin passera par l’extension de l’entraide et de la compassion aux autres êtres vivants, en développant une conscience étendue du soi, c’est-à-dire en étendant la « membrane de sécurité » au-delà de l’humanité.
Le slogan « Remettre l’humain au centre », si pertinent soit-il dans les luttes sociales, traduit donc un imaginaire qui prend une mauvaise direction !
Il n’y a pas assez de place pour une humanité qui se referme sur elle-même et s’oppose au reste du monde.
Il est impossible d’ignorer que notre survie en tant qu’espèce dépend tout autant des interactions que nous entretenons avec les autres espèces que de la richesse des interactions qu’elles tissent entre elles.
Comment recréer des liens de réciprocité, de confiance, de sécurité et d’équité avec ce(ux) qui nous entoure(nt) ?
Voilà le grand chantier qui arrive.
Cela ne se fera pas en effaçant les identités que chacun de nous a forgées aux niveaux « inférieurs » (ville, région, pays, parti, entreprise, club, etc.), mais au contraire en les acceptant, en les multipliant et en faisant en sorte qu’aucune ne devienne radicalement excluante ou aveuglante,**autoritaire et même narcissique.
Le défi est d’apprendre à jongler avec cet entrelacement d’identités afin de traverser les tempêtes sans se noyer dans les manifestations politiques de la tristesse, de la peur ou de la colère. **et de la haine !
C’est une étrange constatation, mais accepter notre propre vulnérabilité et recommencer à croire dans notre interdépendance avec les autres humains redonne de la joie, de la force et du courage !
Fin
À lire aussi :
** les commentaires et remarques viennent de moi, ce ne sont que mes points de vue !
Le sujet est vaste, je vous invite si vous avez lu cet article, jusqu'au bout, de débattre et de commenter ci-dessous, merci !
Eddy Vonck
Rédacteur bénévole de Psycho'Logiques







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