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๐ฅ๐ž๐œ๐ญ๐ฎ๐ซ๐ž Philosophique - « ๐ฅ’๐ž๐ง๐ญ๐ซ๐š๐ข๐๐ž, ๐ฅ’๐š๐ฎ๐ญ๐ซ๐ž ๐ฅ๐จ๐ข๐ฌ ๐๐ž ๐ฅ๐š ๐ฃ๐ฎ๐ง๐ ๐ฅ๐ž » de Pablo Servigne et de Gauthier Chapelle partie 6 et fin.

 

 ๐ฅ๐ž๐œ๐ญ๐ฎ๐ซ๐ž Philosophique « ๐ฅ’๐ž๐ง๐ญ๐ซ๐š๐ข๐๐ž, ๐ฅ’๐š๐ฎ๐ญ๐ซ๐ž ๐ฅ๐จ๐ข๐ฌ ๐๐ž ๐ฅ๐š ๐ฃ๐ฎ๐ง๐ ๐ฅ๐ž » ๐๐ž ๐๐š๐›๐ฅ๐จ ๐’๐ž๐ซ๐ฏ๐ข๐ ๐ง๐ž et de Gauthier Chapelle partie 3

๐ฅ๐ž๐œ๐ญ๐ฎ๐ซ๐ž Philosophique « ๐ฅ’๐ž๐ง๐ญ๐ซ๐š๐ข๐๐ž, ๐ฅ’๐š๐ฎ๐ญ๐ซ๐ž ๐ฅ๐จ๐ข๐ฌ ๐๐ž ๐ฅ๐š ๐ฃ๐ฎ๐ง๐ ๐ฅ๐ž » ๐๐ž ๐๐š๐›๐ฅ๐จ ๐’๐ž๐ซ๐ฏ๐ข๐ ๐ง๐ž et de Gauthier Chapelle


ร€ lire aussi :

Partie 1 Au siรจcle dernier, notre monde est devenu extrรชmement performant en matiรจre de mรฉcanismes de compรฉtition.

Partie 2 Les mรฉcanismes du groupe La tendance spontanรฉe des individus ร  l’entraide, si surprenante et solide soit-elle, ne suffit pas ร  expliquer toute la complexitรฉ de l’entraide humaine, et encore moins ร  faire sociรฉtรฉ !

Partie 3 L’esprit du groupe Cette revue des mรฉcanismes qui font รฉmerger l’entraide au sein d’un groupe (rรฉciprocitรฉ, rรฉcompense, punition, rรฉputation, normes,...) peut nous laisser une lรฉgรจre impression de manque. Tout semble trop mรฉcanique, trop formel, bien รฉloignรฉ des passions de la vie de tous les jours, des mystรจres du « sentiment collectif » ou des moments « magiques » qui font naรฎtre des dynamiques de groupe incroyables.

Partie 4 La question est maintenant de comprendre ce qui se passe ร  l’extรฉrieur du groupe. Pour cela, il reste deux angles morts ร  รฉclaircir : quel rรดle joue le « reste du monde » dans l’entraide ร  l’intรฉrieur d’un groupe ? Et, surtout, quelles sont les conditions pour que des groupes s’entraident ?

Partie 5 Qui aura survรฉcu ร  tout cela ? Quels mรฉcanismes auront permis ร  certains humains de survivre (ou pas) ? L’entraide humaine telle que nous la dรฉcrivons aujourd’hui, dans toute sa complexitรฉ, nous permettra-t-elle de maintenir notre existence sur terre ?

 
Le nouveau visage de l'entraide - conclusion des auteurs
 
 « Le cรดtรฉ sociable de la vie animale joue dans la nature un rรดle beaucoup plus grand que l’extermination mutuelle. Il a aussi une extension beaucoup plus vaste. [...] L’entraide est le fait dominant de la nature. Mais, si l’entraide est si largement rรฉpandue dans la nature, c’est parce qu’elle donne aux espรจces animales qui la pratiquent des avantages tels que le rapport de forces s’en trouve complรจtement changรฉ, au dรฉsavantage des animaux de proie. Elle constitue la meilleure arme dans la grande lutte pour l’existence que les animaux mรจnent constamment contre le climat, les inondations, les orages, les tempรชtes, la gelรฉe, etc. ; elle exige constamment d’eux de nouvelles adaptations aux conditions sans cesse changeantes de la vie. »

Pierre Kropotkine, L’ร‰thique
PDF - l'entraide de Pierre Kropotkine
 
Il est temps de rassembler toutes les piรจces du puzzle et de dresser un bilan. 
 
Qu’avons-nous appris sur cette « autre loi de la jungle » ? Comment est-elle structurรฉe ? 
 
Et dans quelles conditions รฉmerge l’entraide ? 
Bien plus qu’une simple loi de la jungle !
 
Il est temps de rassembler toutes les piรจces du puzzle et de dresser un bilan.    Qu’avons-nous appris sur cette « autre loi de la jungle » ? Comment est-elle structurรฉe ?    Et dans quelles conditions รฉmerge l’entraide ?


Au premier chapitre, nous avons revu l’image que nous nous faisions du monde vivant. Il est รฉvident que le lion chasse les antilopes et qu’il lui arrive de tuer les rejetons de son prรฉdรฉcesseur ; que les bactรฉries et les plantes entrent en compรฉtition avec leurs voisines pour l’espace et les ressources ; que l’รชtre humain agit de maniรจre รฉgoรฏste et agressive. Il est inutile et dangereux de le nier.

Mais pourquoi nier l’opposรฉ ?
 
Les lionnes coopรจrent pour chasser ; d’innombrables bactรฉries s’associent entre elles et avec d’autres espรจces – dont nous – pour notre plus grand bien ; les plantes sont aussi solidaires entre elles et coopรจrent volontiers avec d’autres organismes, qu’ils soient champignons, bactรฉries, insectes pollinisateurs ou oiseaux frugivores ; l’espรจce humaine possรจde aussi des capacitรฉs coopรฉratives et altruistes trรจs puissantes. La science a rassemblรฉ assez d’arguments pour pouvoir dire ce qui aurait toujours dรป rester une consternante banalitรฉ : 
 
l’entraide est un fait omniprรฉsent dans le monde vivant.
 
C’en est mรชme l’un des grands principes. Il n’y a lร  aucune รฉnigme  !

ร€ travers un petit voyage au pays des idรฉologies et de la philosophie politique, nous avons tentรฉ de comprendre pourquoi notre imaginaire collectif n’arrivait pas ร  voir cette รฉvidence !
 
Le  principal obstacle ร  l’assimilation de ces travaux est la puissance de deux mythes fondateurs de notre imaginaire collectif :
  • 1) la croyance que la nature (dont la nature humaine) est fondamentalement compรฉtitive et รฉgoรฏste,
  • 2) la croyance que nous devons nous extraire de celle-ci pour empรชcher le « retour ร  la barbarie ».
Baignรฉs dans cette mythologie hรฉmiplรฉgique depuis plus de quatre cents ans, nous sommes devenus des experts en compรฉtition, considรฉrant que ce mode constituait l’unique principe de vie.
 
Les institutions politiques se trouvent depuis trop longtemps empรชtrรฉes dans ce paradoxe de devoir « faire sociรฉtรฉ » dans un bain idรฉologique totalement contraire !

Une vision du monde beaucoup plus rรฉaliste serait de considรฉrer le vivant comme le rรฉsultat d’un รฉquilibre entre compรฉtition et coopรฉration, deux forces contraires intimement liรฉes et qui n’ont pas de sens l’une sans l’autre.
 
Une sorte de yin et de yang. 
Une vision du monde beaucoup plus rรฉaliste serait de considรฉrer le vivant comme le rรฉsultat d’un รฉquilibre entre compรฉtition et coopรฉration, deux forces contraires intimement liรฉes et qui n’ont pas de sens l’une sans l’autre.   Une sorte de yin et de yang.
 
Mais, pour cela, il faut d’abord comprendre l’autre cรดtรฉ du miroir !

Au chapitre 2, nous nous sommes intรฉressรฉs aux capacitรฉs d’entraide spontanรฉe chez les humains. 
 
Jusqu’ร  prรฉsent, de nombreux thรฉoriciens รฉtaient d’accord sur le fait que nos tendances ร  l’entraide provenaient de nos capacitรฉs cognitives rationnelles.
 
Selon eux, nous aurions plutรดt spontanรฉment des pulsions รฉgoรฏstes que seule la puissance de notre raison pourrait inhiber. Nous savons aujourd’hui que cela ne correspond pas ร  la rรฉalitรฉ.

L’รชtre humain est-il naturellement bon ou mauvais ?
La question est mal posรฉe !
 
Dรฉjร , au XVIIIe siรจcle, le philosophe David Hume avait proposรฉ que l’homme naissait ร  la fois altruiste et รฉgoรฏste, et que la sociรฉtรฉ pouvait le rendre aussi bien l’un que l’autre.

Nous avons aujourd’hui les moyens de prรฉciser sa pensรฉe, en รฉvitant les modรจles simplistes ou le flou laissรฉ par les notions
comme la « nature humaine » et l’« instinct ».

L’รฉpigรฉnรฉtique montre que l’innรฉ et l’acquis sont indissociables, profondรฉment entrelacรฉs depuis la naissance (et mรชme avant).

La « nature » et la « culture » sont des notions abstraites et inutilisables lorsqu’elles sont pensรฉes seules (voilร  un autre type d’hรฉmiplรฉgie !).

En effet, ce qui fait de nous des รชtres ultra-sociaux provient ร  la fois de notre passรฉ de mammifรจre et de primate, de descendant des bactรฉries, de l’entrelacement que nous avons tissรฉ avec l’environnement durant des dizaines de milliers d’annรฉes, et aussi de notre longue histoire culturelle et de nos interactions sociales prรฉsentes.

Concernant les mรฉcanismes, le double systรจme cognitif proposรฉ par Daniel Kahneman permet d’expliquer ร  la fois la puissance, la souplesse et la spontanรฉitรฉ des comportements d’entraide humaine observรฉs partout autour du globe.
  • Le systรจme 1 correspond ร  la pensรฉe rapide, intuitive et spontanรฉe,
  • le systรจme 2 ร  la pensรฉe du calcul, posรฉe et rationnelle. 
  • Le premier, qui est le reflet de l’environnement culturel dans lequel baignent les individus, permet d’exprimer spontanรฉment et rapidement les รฉmotions et les comportements les plus habituels.
  • Quant au second, il permet de s’adapter ร  de nouvelles
    situations en fournissant
    une rรฉponse inhabituelle (par la rรฉflexion et l’apprentissage), ce qui modifie progressivement les automatismes du systรจme 1 dans le sens souhaitรฉ. 
Nous sommes donc nรฉs avec la capacitรฉ d’intรฉgrer trรจs rapidement des mรฉcanismes d’entraide spontanรฉe, mais, pour les maintenir, il nous faut รฉvoluer dans un environnement oรน les interactions coopรฉratives sont frรฉquentes. **(existentielles, solidaires...)
 
C’est bien le cas la plupart du temps, en partie parce que les comportements coopรฉratifs provoquent un รฉtat de plaisir et de satisfaction que nous souhaitons retrouver.
 
L’environnement ultra-social dans lequel la plupart des humains baignent depuis leur naissance (et mรชme avant) faรงonne un systรจme 1 extrรชmement coopรฉratif, et un systรจme 2 extrรชmement rรฉactif et sensible ร  la tricherie et ร  la malveillance.

Cela explique pourquoi la grande majoritรฉ des humains rรฉagissent spontanรฉment par l’entraide, mais possรจdent aussi cette formidable capacitรฉ de se mรฉfier et de faire volte-face rapidement lorsque l’occasion se prรฉsente.

Ainsi, dans les situations de stress ou d’inconnu, lorsqu’une rรฉponse rapide et intuitive s’impose, le systรจme 1 prend le dessus, expliquant les actes de bravoure, d’altruisme et d’auto-organisation que les sociologues observent presque toujours en cas de catastrophe.

Ce double systรจme cognitif est construit et affinรฉ par notre entourage proche, par les normes et les institutions de la sociรฉtรฉ. ** sans oublier nos apprentissages et notre รฉducation reรงue qui ont faรงonnรฉs nos croyances et mรชmes nos propres visions envers nous-mรชme et les autres y compris le monde !
 
En de rares occasions, il peut donc fonctionner ร  l’envers.
 
Ainsi, un environnement familial austรจre ou violent ajoutรฉ ร  une sociรฉtรฉ compรฉtitive et hostile favorisera des comportements spontanรฉs d’รฉgoรฏsme, d’agression et de compรฉtition, qui pourront รชtre dรฉsamorcรฉs ร  l’occasion par un systรจme 2 (rationnel) favorisant l’entraide... si cette derniรจre se rรฉvรจle รชtre la meilleure stratรฉgie du moment. 
 
L’entraide, loin d’รชtre un automatisme dรฉterministe, peut donc provenir aussi bien d’un acte spontanรฉ que d’un raisonnement logique : il y a toujours le choix d’inhiber ou d’exhiber ces comportements.
 
Au chapitre 3, nous nous sommes intรฉressรฉs aux interactions entre individus. L’entraide trouve son origine dans un acte de don qui produit chez le receveur une obligation trรจs puissante de rรฉciprocitรฉ. Cette logique de donner-recevoir-et-rendre est le cล“ur de l’entraide et, in extenso, de tout lien social.

Mais, si puissante que soit l’obligation de rรฉciprocitรฉ entre deux personnes, elle tend ร  se « diluer » avec l’augmentation du nombre d’individus dans un groupe
 
Le maintien d’une rรฉciprocitรฉ gรฉnรฉralisรฉe ร  l’ensemble du groupe se fait donc grรขce ร  des mรฉcanismes qui l’รฉtendent et la renforcent : 
  • le mรฉcanisme de comportements rรฉputation (rรฉciprocitรฉ indirecte), 
  • la rรฉcompense des comportements vertueux 
  • et la punition des comportements  antisociaux
    (rรฉcompense + punition = rรฉciprocitรฉ renforcรฉe)
    .
Quelle que soit la taille du groupe (famille, clan, association, entreprise, club, religion, nation, etc.), ses membres obรฉissent ร  des normes sociales partagรฉes qui favorisent sa cohรฉsion.

Ces normes permettent une transmission rapide et efficace des codes de rรฉciprocitรฉ ร  travers l’espace et le temps. Toutefois, dans les grands groupes, elles ne peuvent se maintenir qu’ร  travers des institutions stables et pรฉrennes.

Ces derniรจres ont le dรฉfaut de faire apparaรฎtre une rรฉciprocitรฉ plus "froide" **totalitariste, mรฉritocratique et technocratique donc inhumaine !

La rรฉciprocitรฉ, ou plus prรฉcisรฉment la rรฉciprocitรฉ sous toutes ses formes (directe, indirecte, renforcรฉe et invisible), est le pilier de l’entraide humaine.

Le chapitre 4 s’est attachรฉ ร  dรฉcrire la dynamique plus fine des groupes humains, en particulier les conditions qui font que des individus se mettent au service du groupe.

Pour faire รฉmerger cette entraide puissante et gรฉnรฉralisรฉe – ce « dรฉclic »
 
trois ingrรฉdients se rรฉvรจlent indispensables :
  • le sentiment de sรฉcuritรฉ รฉprouvรฉ par tous les membres du groupe et qui dรฉpend de la constitution d’une bonne « membrane » (les rรจgles que se fixe le groupe, sa raison d’รชtre, son identitรฉ) ; 
  • le sentiment d’รฉgalitรฉ et d’รฉquitรฉ, qui permet d’รฉviter les effets nรฉfastes du sentiment d’injustice (colรจre, ressentiment, comportements antisociaux et dรฉsir de punition) ; 
  • le sentiment de confiance, qui naรฎt des deux prรฉcรฉdents et qui permet ร  chaque individu de donner le meilleur de lui-mรชme pour le bien du groupe.
Ces trois sentiments peuvent รชtre stimulรฉs par les principes d’organisation dรฉcouverts par Elinor Ostrom lors de ses recherches sur les biens communs.
 
Ses quelques principes semblent gรฉnรฉralisables ร  l’organisation des collectifs et se rapprochent probablement de ce qui ressemble ร  des principes gรฉnรฉraux d’รฉmergence de l’entraide.
 
Si les trois sentiments sont prรฉsents et que des mรฉcanismes permettent de stabiliser la rรฉciprocitรฉ dans le groupe, alors le « dรฉclic » se produit : le groupe devient (temporairement) un organisme vivant ร  part entiรจre, un super organisme particuliรจrement efficace. 
 
Cependant, cette fabuleuse capacitรฉ de cohรฉsion comporte des limites et des รฉcueils. 
 
Poussรฉ ร  son paroxysme, l’effacement de l’individu au profit du groupe peut gรฉnรฉrer soit des pathologies individuelles qui dissolvent le soi de maniรจre excessive, soit des extases collectives – extrรชmement puissantes – qui peuvent conduire au meilleur comme au pire...
 
De plus, nous (les humains, et les hommes encore plus que les femmes) adorons nous rassembler derriรจre des banniรจres, des clubs, des รฉquipes, des drapeaux ou des idรฉologies...
 
Dans certains cas, la solidaritรฉ exacerbรฉe entre les membres d’un groupe peut mener ร  une prรฉfรฉrence communautaire qui tend ร  rejeter ceux qui n’en font pas partie, c’est-ร -dire ร  replier le groupe sur lui-mรชme en favorisant la rivalitรฉ avec les autres groupes. 
 
Je vous invite ร  lire ๐—•๐—ฒ๐˜€๐˜€๐—ฒ๐—น ๐˜ƒ๐—ฎ๐—ป ๐—ฑ๐—ฒ๐—ฟ ๐—ž๐—ผ๐—น๐—ธ - ๐—ง๐—ต๐—ฒ́๐—ฟ๐—ฎ๐—ฝ๐—ฒ๐˜‚๐˜๐—ฒ - ๐——๐—ฎ๐—ป๐˜€ ๐—น๐—ฒ ๐—บ๐—ผ๐—ป๐—ฑ๐—ฒ ๐—ฎ๐—ฐ๐˜๐˜‚๐—ฒ๐—น, ๐—ฐ'๐—ฒ๐˜€๐˜ ๐—น๐—ฒ ๐—ฐ๐—ผ๐—ฑ๐—ฒ ๐—ฝ๐—ผ๐˜€๐˜๐—ฎ๐—น, ๐—ฝ๐—น๐˜‚๐˜€ ๐—ฒ๐—ป๐—ฐ๐—ผ๐—ฟ๐—ฒ ๐—พ๐˜‚๐—ฒ ๐—น๐—ฒ ๐—ฐ๐—ผ๐—ฑ๐—ฒ ๐—ด๐—ฒ́๐—ป๐—ฒ́๐˜๐—ถ๐—พ๐˜‚๐—ฒ, ๐—พ๐˜‚๐—ถ ๐—ฑ๐—ถ๐—ฐ๐˜๐—ฒ ๐—น๐—ฒ๐˜€ ๐—ฐ๐—ต๐—ฎ๐—ป๐—ฐ๐—ฒ๐˜€ ๐—ฑ๐—ฒ ๐—บ๐—ฒ๐—ป๐—ฒ๐—ฟ ๐˜‚๐—ป๐—ฒ ๐˜ƒ๐—ถ๐—ฒ ๐˜€๐—ฎ๐—ถ๐—ป๐—ฒ ๐—ฒ๐˜ ๐˜€๐—ฒ๐—ฟ๐—ฒ๐—ถ๐—ป๐—ฒ.  

Enfin, il faut รชtre conscient que l’entraide au sein d’un groupe peut aussi s’รฉvanouir en un clin d’ล“il, lorsque les normes sociales s’effilochent du fait d’une perte de confiance gรฉnรฉralisรฉe envers l’avenir du groupe.
 
Au chapitre 5, nous avons dรฉcouvert quels sont les facteurs extรฉrieurs qui influencent l’entraide au sein d’un groupe.
 
Il en existe trois : 
  • la prรฉsence d’un ennemi commun (la compรฉtition entre les groupes), 
  • un milieu hostile,
  • et l’existence d’un objectif commun.
Ces trois facteurs alignent les objectifs de tous les individus du groupe, ce qui rend la rรฉciprocitรฉ plus fluide et permet d’acquรฉrir plus facilement les sentiments de sรฉcuritรฉ, d’รฉgalitรฉ/ รฉquitรฉ et de confiance. 
 
L’introduction d’une menace supรฉrieure a pour effet de transformer les anciennes rivalitรฉs en solidaritรฉ. 
 
Le danger et les dรฉfis favorisent donc considรฉrablement l’entraide. Il est effectivement possible que ces derniers renoncent ร  leur rivalitรฉ et entament une relation de rรฉciprocitรฉ et d’entraide... 

Cependant, un groupe n’est pas un individu, et le changement d’รฉchelle apporte des diffรฉrences significatives, c’est-ร -dire de possibles limites ร  l’expansion infinie de l’entraide.
 
En effet, de la mรชme maniรจre que la rรฉciprocitรฉ se dilue entre les individus lorsqu’un groupe grandit, elle se dilue avec le nombre de groupes qui coopรจrent. 
 
Cette limite structure l’architecture globale de l’entraide humaine, dont la tendance est d’รชtre – ร  l’image du monde vivant – dรฉcentralisรฉe, horizontale, changeante et organique.
 
Peut-on toutefois envisager une entraide gรฉnรฉralisรฉe du genre humain (et mรชme au-delร ) en prenant comme « grand mรฉchant loup » le rรฉchauffement climatique ?

Peut-on toutefois envisager une entraide gรฉnรฉralisรฉe du genre humain (et mรชme au-delร ) en prenant comme « grand mรฉchant loup » le rรฉchauffement climatique ?
 
C'est une bonne opportunitรฉ, mais le pari est loin d'รชtre gagnรฉ ! 
 
D'une part, les conditions ne sont pas rรฉunies pour que la population mondiale se comporte en « superorganisme » (il manque surtout le paramรจtre clรฉ de l’รฉgalitรฉ et de l’รฉquitรฉ entre groupes) ; d’autre part, la dรฉmesure du dรฉfi nous entraรฎne vers les รฉcueils typiques de toute dรฉmesure :
 
le danger de la concentration du pouvoir et l'ingรฉrable complexitรฉ des grandes organisations**.
**les multinationales qui se foutent de l'รฉcologie et qui pratiquent le green-washing, prรฉfรจre les bรฉnรฉfices et la rentabilitรฉ que de sauver le monde. Maintenant, il est aussi temps que nous consommateurs prenons aussi nos responsabilitรฉs dans notre maniรจre de consommer autant des aliments (transformรฉs ou pas) qui ne sont pas bon pour votre santรฉ ni pour l'รฉcologie (votre planรจte). Je pense aux terres agricoles qui puent divers pesticides, il y a aussi, vos achats pas cher qui viennent de l'autre cรดtรฉ de la planรจte, fabriquรฉs par des pauvres gens, et qui rarement, sont de bonnes qualitรฉs. ร€ mรฉditer
 
Arriverons-nous ร  relever cet incroyable dรฉfi en quelques annรฉes ? 
 
** Qu'allez-vous changer maintenant dans votre comportement de consommateur, et avec quelle prise de conscience ?
 
Le chapitre 6 nous a plongรฉs dans le temps long. La combinaison de plusieurs caractรฉristiques a permis ร  notre espรจce de devenir ultra sociale : 
  • la nรฉotรฉnie (singe prรฉcoce et cerveau immature ร  la naissance), 
  • l’attachement maternel, 
  • la superposition de gรฉnรฉrations pour le soin aux jeunes (le rรดle des grand-mรจres), 
  • le partage de nourriture, la chasse collective 
  • et la coopรฉration entre mรขles.
Le facteur crucial pour la survie de ce petit singe immature et vulnรฉrable a sans doute รฉtรฉ la capacitรฉ cognitive et รฉmotionnelle de comprendre ce qui se passait dans la tรชte de l’autre. 

Le milieu hostile et la compรฉtition entre les groupes ont donnรฉ ร  notre espรจce l’opportunitรฉ d’exploiter ร  fond ces capacitรฉs ร  fonctionner ensemble, qui sont allรฉes de pair avec des aptitudes ร  inhiber les comportements antisociaux.

Les groupes les plus coopรฉratifs ont รฉtรฉ sรฉlectionnรฉs, transmettant ainsi aux futures gรฉnรฉrations des attributs et des cultures prosociaux.

En vivant en groupes unis et qui se partagent le travail, nos ancรชtres sont devenus interdรฉpendants les uns des autres.

Puis c’est l'emballement !
 
L’environnement prosocial, la culture et le langage ont contribuรฉ ร  renforcer les caractรฉristiques nรฉotรฉniques(1) des cerveaux humains.
(1) La nรฉotรฉnie est, en biologie du dรฉveloppement, la conservation de caractรฉristiques juvรฉniles chez les adultes d'une espรจce, ou le fait d'atteindre la maturitรฉ; dans ce cas : la maturitรฉ du cerveau.
 
Ces derniers, dรฉveloppรฉs et plus complexes, dopรฉs ร  la socialitรฉ, ont fait รฉmerger des systรจmes culturels et sociaux toujours plus complexes... jusqu’ร  produire ce que l’historien Yuval Harari appelle la rรฉvolution cognitive (–70 000 ans).

Celle-ci est marquรฉe par le passage ร  un monde essentiellement symbolique, qui s’est stabilisรฉ et a pris une ampleur considรฉrable depuis la rรฉvolution nรฉolithique (–10 000 ans) grรขce ร  des institutions pรฉrennes garantes de la rรฉciprocitรฉ gรฉnรฉralisรฉe.

Ainsi, cet autre paradoxe : l’ultra socialitรฉ humaine est bien une exception... qui s’inscrit dans une continuitรฉ avec le monde vivant.

Pour le monde vivant en gรฉnรฉral, plusieurs forces รฉvolutives font รฉmerger l’entraide. Ces forces ne sont pas les mรชmes au sein d’une espรจce (entre semblables) et entre espรจces (entre รชtres trรจs diffรฉrents).

Au sein d’une espรจce, une sรฉlection multi-niveaux (aussi appelรฉe sรฉlection de groupe) semble รชtre la force principale.

Elle est composรฉe de deux forces opposรฉes :
  • une qui sรฉlectionne les individus les plus performants ร  l’intรฉrieur d’un groupe (les individus รฉgoรฏstes et agressifs, qui dรฉtruisent la cohรฉsion sociale), 
  • une autre qui sรฉlectionne les groupes les plus performants (donc les individus les plus coopรฉratifs).
Il y a entre ces tendances un รฉquilibre qui dรฉpend aussi du milieu dans lequel รฉvolue tout ce beau monde : 
 
plus il est hostile, plus l’entraide a tendance ร  voir le jour et ร  se renforcer !

ร€ cela s’ajoutent quatre forces รฉvolutives dont l'importance varie suivant les conditions et les espรจces :
  • sรฉlection de parentรจle,
  • rรฉciprocitรฉ directe, 
  • rรฉciprocitรฉ indirecte, 
  • sรฉlection spatiale.
Le principe gรฉnรฉral reste le mรชme : les groupes les plus coopรฉratifs sont ceux qui survivent le mieux.

Schรฉmatiquement, les organismes prennent chez les autres ce dont ils ont besoin pour vivre (prรฉdation et parasitisme). Ceux qui font l’objet de cet accaparement (les proies) dรฉveloppent des mรฉcanismes de dรฉfense, de fuite ou de contrรดle.
 
Au fil des gรฉnรฉrations, ces interactions mutualistes รฉmergent lorsque les bรฉnรฉfices que tire chaque espรจce surpassent les dรฉsavantages des interactions, puis se stabilisent et s’approfondissent lorsque chaque partenaire se trouve renforcรฉ par la bonne santรฉ de l’autre. 
 
Les effets de ces interactions (positives, neutres ou nรฉgatives) sont toutefois rรฉversibles ร  la fois sur le temps court (en fonction du milieu) et sur le temps long (l’รฉvolution).

C’est lร  le cล“ur de la diversitรฉ du vivant !

Plus largement, la vie innove grรขce ร  l’entraide suivant trois principes : 
  • l’effet domino (l’entraide appelle l’entraide), 
  • la fusion (1 + 1 = 1) 
  • et la crรฉation de nouveaux « รฉtages » de complexitรฉ (des super organismes, ou carrรฉment des « transitions รฉvolutives majeures »).
L’entraide a รฉtรฉ ร  l’origine de la complexitรฉ de la vie telle que nous la connaissons :
  • l’apparition de cellules,
  • de la cellule ร  noyau,
  • de la respiration, 
  • de la photosynthรจse,
  • des organismes multicellulaires,
  • des sociรฉtรฉs,
  • des sociรฉtรฉs de sociรฉtรฉs...
Virtuellement, toutes les espรจces prรฉsentes sur terre sont impliquรฉes dans une ou plusieurs interactions mutuellement bรฉnรฉfiques.

Omniprรฉsente dans le monde vivant, l’entraide est ce qui fait รฉmerger le vivant !

Schรฉmatiquement, on peut se reprรฉsenter la sรฉlection naturelle comme un double mรฉcanisme 
  • 1) de crรฉation de diversitรฉ 
  • 2) de sรฉlection des organismes en fonction du milieu.

ร€ l’รฉtape 1, les mutualismes constituent une source majeure d’innovation et de diversification du vivant.

ร€ l’รฉtape 2, l’entraide favorise la survie dans des conditions hostiles.

L’entraide participe donc ร  la crรฉation de diversitรฉ et donne les armes pour survivre.

Les grands principes de l’entraide

L’entraide est partout, depuis la nuit des temps, de maniรจre bien plus claire que nous ne l’imaginions !

L’entraide acquiert sa puissance en milieu hostile. Il en dรฉcoule un avantage compรฉtitif : 

elle permet de mieux survivre aux menaces.

« Au sein d’un groupe, l’รฉgoรฏsme supplante l’altruisme, les groupes altruistes supplantent les groupes รฉgoรฏstes, tout le reste n’est que commentaire. » 

D.S. Wilson et E.O. Wilson

L’entraide atteint des niveaux exceptionnels chez l’รชtre humain : 

elle est puissante, profondรฉment ancrรฉe en nous, et peut se dรฉployer ร  trรจs grande รฉchelle !

L’entraide est une force puissante, mais fragile et parfois dangereuse, qui apparaรฎt dans des conditions bien prรฉcises, et qui disparaรฎt ou devient toxique lorsque les conditions ne sont plus rรฉunies.

L’architecture de l’entraide (y compris humaine) ressemble donc ร  des poupรฉes russes oรน chaque poupรฉe supรฉrieure est plus complexe, et oรน les diffรฉrentes tailles de poupรฉes peuvent coopรฉrer entre elles. L’ensemble de ces poupรฉes forment un rรฉseau de rรฉseaux multicolores en perpรฉtuelle รฉvolution.

L’entraide est la principale source d’innovation du vivant, ร  toutes les รฉchelles, depuis l’apparition de la vie. C’est la clรฉ de la diversification du vivant, et l’un des piliers de la sรฉlection naturelle.

Enfin, la compรฉtition trouve sa place dans ce cadre.

Elle reste le deuxiรจme grand pilier de la sรฉlection naturelle, permet de renforcer l’entraide entre organismes et sert aux organismes ร  dรฉlimiter leurs territoires ou ร  faire connaรฎtre leurs besoins. Mais elle est coรปteuse en รฉnergie et risquรฉe, ce qui la rend hasardeuse lorsqu’il s’agit de s’engager dans une « lutte pour la vie ».

Vers une nouvelle vision de l’entraide

Il reste sans doute beaucoup ร  dรฉcouvrir de cet immense paysage. L’avenir des sciences comportementales situe ร  la fois dans une complexitรฉ croissante des hypothรจses de travail, dans un enrichissement mutuel des diffรฉrentes disciplines et dans la consolidation de cette architecture globale.

On pourrait par exemple creuser le lien entre l’entraide et la structure hiรฉrarchique d’un groupe, ou encore, la question des diffรฉrences homme/femme.

Nous pourrions former une grande รฉquipe transdisciplinaire qui รฉcrirait aisรฉment une encyclopรฉdie de 3 000 pages rien qu’avec la bibliographie que nous avons rassemblรฉe au cours des dix derniรจres annรฉes. 

Mais ne prรฉcipitons pas les choses. Il semble important de s’arrรชter un instant sur ce que ce livre a changรฉ dans le regard que nous portons sur l’entraide. 

Sur notre imaginaire. Malgrรฉ nos intuitions de dรฉpart, ces dรฉcouvertes ont fait vaciller nos croyances et remis en question notre rapport ร  la rรฉalitรฉ.

L’une des grandes leรงons de ce dernier demi-siรจcle de dรฉcouvertes est qu’il est possible de rรฉconcilier la vision continuiste et la vision discontinuiste de l’espรจce humaine.

Comme l’รฉcrivait dรฉjร  Darwin :
« la diffรฉrence entre l’esprit de l’homme et celui des animaux supรฉrieurs, si grande soit-elle, est ร  coup sรปr une diffรฉrence de degrรฉ, non de nature ».

Mais cette diffรฉrence s’est amplifiรฉe ร  cause de la rapiditรฉ des processus culturels (par rapport au rythme de l’รฉvolution biologique), au point d’avoir fait รฉmerger une rรฉelle diffรฉrence qualitative.

Dans la mรชme logique, il paraรฎt important d’apprendre ร  voir le monde avec les deux fenรชtres temporelles du temps court (la vie de tous les jours) et du temps long (les millions d’annรฉes). C’est clairement un appel ร  la coopรฉration entre sciences humaines et sciences biologiques...

Notre conception de l’entraide est devenue plus fine, plus mesurรฉe et plus complexe. 

Nous nous sommes rendu compte, que plusieurs chemins รฉtaient possibles pour faire รฉmerger un comportement altruiste chez une personne.

Enfin, on comprend mieux la complexitรฉ du tableau en se rappelant que, en ce moment prรฉcis, sur terre, coexistent toutes les maniรจres de faire sociรฉtรฉ, des grandes sociรฉtรฉs ultra sociales liรฉes par la rรฉciprocitรฉ invisible aux petits groupes de chasseurs-cueilleurs ร  la rรฉciprocitรฉ, sans compter ce qui se passe chez les autres espรจces !

Plus impressionnant encore, l’รชtre humain, tel un soldat au combat, est simultanรฉment capable d’altruisme et de cruautรฉ extrรชmes.

Plusieurs points ont aussi rendu notre vision de l’entraide moins naรฏve.

Il est vain de tenter de faire des gรฉnรฉralitรฉs sur nos capacitรฉs d’altruisme et d’entraide si nous ne pensons pas l’implication simultanรฉe des niveaux supรฉrieurs dans lesquels se meuvent les individus : 

la famille, la culture, la tribu (quartier, village, groupe affinitaire...), la rรฉgion, le pays, la langue, etc.

Ensuite, pour ne pas se perdre, il est important de ne pas systรฉmatiquement voir l’entraide comme un acte moralement bon (mรชme si elle peut l’รชtre !).

S’associer n’est pas forcรฉment bien en soi :
on peut s’entraider

  • pour massacrer** l’autre, 
  • pour survivre, 
  • pour protรฉger des limites, 
  • pour rรฉaliser de grandes choses 
  • ou pour respecter des ressources communes

** ce mot Massacrer me dรฉrange, j'utiliserais plutรดt les mots : domination / dominer l'autre par exemple par l'humiliation, la traรฎtrise, les jugements gรฉnรฉralisรฉs et mรชmes les formes diverses de racismes... En CNV (Communication non Violente, on apprend ensemble ร  comprendre les besoins des uns et des autres et de soi-mรชme. Pour moi, c'est un des apprentissages qui manquent dans le dรฉbut de toutes scolaritรฉs de l'enfant, et cela reste valable avec les adultes.

Enfin, l’entraide ne doit pas รชtre vue comme une panacรฉe qu’il faudrait appliquer aveuglรฉment. 

Ses รฉcueils (pathologies, risques de fermeture (**dissolution) du groupe, crรฉation d’un grand mรฉchant loup, extases (**รฉgotiques) collectives, dรฉmesure, etc.) sont autant de raisons de rester lucide pour รฉviter une fois de plus les « mauvaises surprises » des utopies rรฉalisรฉes parfois trop vite et mรชme parfois avec les mauvaises personnes ! 

L’รฉquilibre est dรฉlicat : il suffit d’un ingrรฉdient oubliรฉ ou mal dosรฉ pour que la recette (** relationnelle) soit totalement ratรฉe ! 

Il nous est aussi apparu essentiel de distinguer l’action (entraide) de l’intention (altruiste) !

« Toutes les sociรฉtรฉs qui fonctionnent correctement requiรจrent des mรฉcanismes qui coordonnent l’action et qui empรชchent l’exploitation de l’intรฉrieur. Savoir si ces mรฉcanismes sont altruistes ou รฉgoรฏstes (en termes de pensรฉes et de sentiments) est sans importance, tant qu’ils font leur travail (en termes d’action). »

D’un point de vue รฉvolutif, l’intention ne compte pas, seuls comptent les actes et les rรฉsultats. Mais d’un point de vue concret, ici et maintenant, les intentions comptent aussi !

Repรฉrer ce distinguo contre-intuitif entre action et intention รฉvitera bien des confusions ร  celles et ceux qui veulent construire de nouveaux modes d’organisation.

Pour l’entraide, nous sommes arrivรฉs ร  un point oรน le « bon sens populaire » ne suffit plus. 

La taille de nos sociรฉtรฉs et l’uniformisation des modes d’organisation (sans parler de leur indigence) ne permettent pas de compter sur le « bon fond » des plus altruistes.

Si nous voulons crรฉer une vรฉritable culture de l’entraide, il peut รชtre intรฉressant de rendre ces processus intelligibles et cohรฉrents. (**plus dรฉmocrates, plus รฉthiques oรน il y a un respect rรฉciproque de toutes les parties concernรฉes, je fais allusion ร  nos chers politiciens et ร  une communautรฉ europรฉenne de plus en plus dรฉcadente et autoritaire, et qui n'รฉcoutent plus les cris des citoyens face aux multiples crises crรฉent par une mondialisation qui dรฉmontre presque trente ans aprรจs, que nos gouvernements n'ont tenu aucun engagements et ont fait profiter l'installation de grands groupes mondiaux, monopolistiques et spรฉculatifs qui eux-mรชme sont coupables prรฉsentement, des crises actuelles et d'une inflation galopante et dangereuse qui touchera de plus en plus de gens si rien ne change dans le court terme ! )

Le chemin vers de meilleurs modes d’organisation passe nรฉcessairement par des comportements exemplaires de la part des personnes vues comme haut placรฉes (les personnes lรฉgitimรฉes politiquement, intellectuellement et spirituellement, ou les riches, qui servent aujourd’hui de modรจles pour une majoritรฉ de la population).

« La sรฉlection des meilleures stratรฉgies doit รชtre intentionnelle, car nous ne pouvons nous permettre d’attendre que la sรฉlection naturelle agisse, et il n’y a pas de processus de sรฉlection de planรจte qui favorise les meilleures organisations ร  l’รฉchelle planรฉtaire . »

Si l’entraide, l’altruisme, la bontรฉ et la gรฉnรฉrositรฉ (re)deviennent des normes sociales fortes, ils se convertiront progressivement en habitudes, puis en automatismes !

Nous avons trรจs probablement les capacitรฉs pour renverser la tendance qui ronge actuellement nos sociรฉtรฉs (c’est bien un rapport de force !), et les souvenirs des dรฉgรขts que cause une planification d’entraide gรฉnรฉralisรฉe et uniforme ร  trรจs grande รฉchelle, imposรฉe avec autoritรฉ par une clique d’autocrates zรฉlรฉs, sont encore prรฉsent dans nos mรฉmoires.

Pour finir, nous ne pouvons passer sous silence un dernier รฉlรฉment dans notre recherche : 

nous avons รฉtรฉ profondรฉment touchรฉs par la finesse et la beautรฉ infinies de ce monde.

L’entraide humaine met en jeu des capacitรฉs d’empathie, de rรฉciprocitรฉ, d’รฉvaluation des besoins du groupe, de mรฉmorisation des comportements, de dรฉtection des รฉmotions, de calcul, d’aversion ร  l’รฉgard de l’inรฉgalitรฉ, d’obรฉissance, d’amour, de compassion, d’amitiรฉ, de confiance, de comprรฉhension...

L’รฉcriture de ce livre nous a fait ressentir notre participation intense ร  une vague 

« qui redรฉfinit en douceur ce que l’on est, et donc ce que l’on peut รชtre ! »

Pour nous, le concept mรชme d’individu a commencรฉ ร  perdre un peu de son sens, comme si aucun รชtre vivant n’avait jamais existรฉ, n’existe ni n’existera seul. 

Notre libertรฉ semble s’รชtre construite ร  travers cette toile d’interactions, grรขce ร  ces liens qui nous maintiennent **courageusement debout depuis toujours !
Notre libertรฉ semble s’รชtre construite ร  travers cette toile d’interactions, grรขce ร  ces liens qui nous maintiennent **courageusement debout depuis toujours !

ร‰pilogue 

Pour Quel Monde ? 

« Il nous faut entrer en relation, en empathie, avec ce qu’il y a d’unique, de singulier, de merveilleux, de fragile et de menacรฉ dans chaque รชtre humain, et dans la nature qui nous entoure. Et nous demander ce que nous pourrions faire pour protรฉger, prรฉserver, rรฉparer, soigner, et empรชcher de disparaรฎtre. [...] Dans le respect de l’extraordinaire vulnรฉrabilitรฉ de ceux qui nous ont fait naรฎtre, de ceux qui nous entourent, et de ceux qui nous survivront. »

Jean Claude Ameisen, Dans la lumiรจre et les ombres, 2008.

Allons-nous nous entre-tuer ?  Voilร  la grande interrogation qui a guidรฉ, ces derniers mois, nos pรฉrรฉgrinations autour de la question de l’effondrement des civilisations, la collapsologie !

Allons-nous nous entre-tuer ?

Voilร  la grande interrogation qui a guidรฉ, ces derniers mois, nos pรฉrรฉgrinations autour de la question de l’effondrement des civilisations, la collapsologie !

Au cours d’un dรฉbat – que ce soit dans une grande
salle de confรฉrence ou en petit comitรฉ dans un bistro –, les prรฉoccupations climatiques et รฉnergรฉtiques se heurtent ร  une culture qui croit dur comme fer que la nature est fonciรจrement mauvaise, รฉmerge toujours cette mรชme idรฉe : l’entraide n’est plus envisageable, faut-il se prรฉparer au chaos social et ร  la violence extrรชme ?!

Or cette croyance contredit l’impression gรฉnรฉrale qui se dรฉgage de ce livre :

Les humains possรจdent de rรฉelles dispositions ร  l’entraide, mais un milieu hostile ou et compรฉtitif favorise ne favorisent nullement la guรฉrison รฉcologique de notre chรจre planรจte !

Un effondrement politique et social ne serait-il pas l’occasion d’enterrer les vieilles haches de guerre que nous traรฎnons depuis tant d’annรฉes ? 

Comment rรฉsoudre ce paradoxe ? 

Quelle version croire ?

Voici donc une proposition un peu plus complexe qui rรฉconcilie les deux visions grรขce ร  une clรฉ : un axe temporel.

Nous avons effectivement vu qu’une catastrophe soudaine et ponctuelle favorisait les comportements d’entraide, de calme et d’auto-organisation, car la plupart d’entre nous vivons au sein de cadres sociaux relativement soudรฉs et dans des sociรฉtรฉs trรจs structurรฉes.

Cependant, nous avons aussi vu que l’entraide dans un groupe pouvait rapidement s’effondrer si la rรฉciprocitรฉ n’รฉtait pas renforcรฉe (rรฉcompense, punition et rรฉputation), et si les trois sentiments fondamentaux n’รฉtaient pas rรฉunis (sรฉcuritรฉ, รฉgalitรฉ, confiance).** Je rajoute la dรฉmocratie citoyenne.

Par consรฉquent, il est logique de penser que, dans un premier temps, de graves catastrophes provoqueront l’รฉmergence d’actes prosociaux (solidaritรฉ, altruisme, entraide), mais que, quelque temps plus tard, si aucun mรฉcanisme institutionnel (mรชme prรฉcaire) n’est mis en place, un chaos social s’installera.

Prenons maintenant du recul, et demandons-nous ce qui pourrait arriver si ce chaos gรฉnรฉralisรฉ se prolongeait ?

Des groupes se formeront, s’organiseront, et plus que probablement les plus cohรฉsifs et coopรฉratifs d’entre eux survivront, comme c’est le cas depuis des millions d’annรฉes.

Comment serait-il possible d’รฉviter ou de raccourcir ce passage chaotique ?

Pour rรฉpondre ร  cette question, il faut ajouter un autre paramรจtre : la Culture !

L’accumulation de biens matรฉriels, tout comme les niveaux d’accaparement et d’inรฉgalitรฉs, franchissent alors les seuils de dรฉmesure. La richesse accumulรฉe maintient les personnes « hors sol », dans une bulle de confort qui les รฉloigne du monde vivant, ouvrant la possibilitรฉ d’une destruction bien plus aisรฉe du milieu de vie.

L’accumulation de biens matรฉriels, tout comme les niveaux d’accaparement et d’inรฉgalitรฉs, franchissent alors les seuils de dรฉmesure. La richesse accumulรฉe maintient les personnes « hors sol », dans une bulle de confort qui les รฉloigne du monde vivant, ouvrant la possibilitรฉ d’une destruction bien plus aisรฉe du milieu de vie.

Chronique d’une mort annoncรฉe, la culture de l’รฉgoรฏsme corrode lentement la sociรฉtรฉ de l’intรฉrieur, ** elle engendre des insรฉcuritรฉs, des inรฉgalitรฉs, des crises รฉconomiques, des guerres, une mรฉfiance, une prise de pouvoir dominante des politiques sur les peuples...

Par le passรฉ, un monde hostile et pauvre a fait รฉmerger une culture de l’entraide (sinon, nos ancรชtres n’auraient pas survรฉcu !) 

Prรฉsentement, cette culture de l’entraide a changรฉ le rapport au monde, favorisant l’innovation et la crรฉation d’abondance ; ce monde d’abondance a fini par crรฉer une culture de l’รฉgoรฏsme !

Cette culture de l’รฉgoรฏsme dรฉtruit, recrรฉant un monde hostile et pauvre (exploitations injustes et irrationnelles des ressources).

Peut-รชtre est-il possible d’รฉviter l’amplitude de ce genre de cycles malsains en crรฉant une sociรฉtรฉ basรฉe sur une culture de l'entraide ( ** de renforcer l'entraide entre-nous ), et du respect des autres qu’humains, comme ont dรฉjร  pu le faire d’autres sociรฉtรฉs ( nos ancรชtres ) disparues ou en voie de disparition ?

Les guerres qui รฉclatent ( en ce moment ) pour l’accaparement des derniรจres ressources accรฉlรฉreront le chaos et prรฉcipiteront notre monde dans un grand tourbillon de sang et de poussiรจre !
Les guerres qui รฉclatent ( en ce moment ) pour l’accaparement des derniรจres ressources accรฉlรฉreront le chaos  et prรฉcipiteront notre monde dans un grand tourbillon de sang et de poussiรจre !

**pour moi le prรฉtexte ร  faire la guerre, et d'abord, d'installer un climat de terreur (de peurs collectives); et c'est lรฉgitime qu'on puisse avoir peur de toutes ces รฉmergences de violences accrues ร  nos portes depuis environ 2017, lors du premier mandat de Macron en France. Le mouvement dรฉmarrait bien, et il y a fallu une crise sanitaire ? Pour que le mouvement se disloque mรชme en Belgique. Parce que ce problรจme n'est pas exclusivement franรงais, Ces crises touchent toutes les personnes prรฉcarisรฉes ou en devenir. Les guerres et les crises dites รฉconomiques rapportent beaucoup de fric aux riches (ceux, mรชme qui crรฉent les conflits dans le monde depuis des dรฉcennies...) Les guerres et les crises engendrent aussi plus d’รฉgoรฏsme et de nombreuses distensions entre-nous ! 

Cette culture de l’รฉgoรฏsme et de la compรฉtition est particuliรจrement toxique lorsqu’elle infiltre les รฉlites politiques, รฉconomiques, et intellectuelles, **puisque devenues autoritaires, dirigistes et irrespectueuses envers les populations, ils ne sont plus des รฉlus reprรฉsentatifs du peuple !

Au contraire, ce dont nous avons besoin en cas de catastrophe, ce sont des hommes et des femmes capables de rรฉagir vite... dans le sens du bien commun !

La culture de la peur et de la prรฉparation ร  la violence – qui est le rรฉsultat de tant d’annรฉes de mythologie de la compรฉtition et de la « loi de la jungle » – entretient un climat de violence et de dรฉfiance tout ร  fait dรฉfavorable ร  l’entraide.

Elle ne participe pas ร  un mouvement de prรฉparation aux catastrophes, mais bien ร  une accรฉlรฉration de celles-ci. 

Il est donc des mythes dont il faut se dรฉfaire dรจs aujourd’hui.

L’idรฉe qu’une sociรฉtรฉ peut fonctionner toute seule, sans que personne n’ait le souci du bien commun, est l’un des thรจmes majeurs de l’รฉconomie, remarque David S. Wilson.

Cette idรฉe est aussi un grand dรฉfi ร  la notion d’altruisme, car, si elle se rรฉvรฉlait vraie, elle suggรฉrerait que l’altruisme (en termes de pensรฉe et de sentiments) n’a pas besoin d’exister, et peut-รชtre mรชme ne devrait pas exister. 

Heureusement, le voile se lรจve : l’altruisme existe, et une sociรฉtรฉ ne peut fonctionner sans souci du bien commun.

De nos jours, les rรฉcits dominants parlent de technologie surpuissante, d’ingรฉniositรฉ humaine sans limites, de compรฉtition apportant la prospรฉritรฉ, d’une loi du plus fort qui permet de « rรฉussir » sa vie, de l’implacable marche en avant linรฉaire du progrรจs, ou au contraire d’une apocalypse brutale et violente.

Ces mythes sont toxiques ; en particulier, le mythe de la
compรฉtition n’est adaptรฉ ni ร  notre vie en sociรฉtรฉ ni ร  notre planรจte.

Les nouveaux riches (grands patrons, Cac40, Mondialistes, politiques...) deviennent pathologiquement รฉgoรฏstes et dรฉveloppent des comportements d’incivilitรฉ ahurissants.

Les รฉtudiants qui passent par les รฉcoles d’รฉconomie (et de politiques) et de business sont รฉgoรฏstes ร  l’entrรฉe, mais le deviennent encore plus ร  la sortie !

Les รฉlites รฉconomiques et politiques sont devenues cyniques (et on appris ร  le montrer), car elles vivent effectivement en vase clos dans une arรจne artificielle et institutionnelle impitoyable qu’elles se sont elles-mรชmes crรฉรฉe.

Les รฉlites รฉconomiques et politiques sont devenues cyniques (et on appris ร  le montrer), car elles vivent effectivement en vase clos dans une arรจne artificielle et institutionnelle impitoyable qu’elles se sont elles-mรชmes crรฉรฉe.

« Que le meilleur gagne » est non seulement une piรจtre interprรฉtation de la thรฉorie de l’รฉvolution, mais surtout une trรจs mauvaise idรฉologie pour maintenir la cohรฉsion d’un groupe, et a fortiori la vie sur terre !

Pourquoi vouloir รฉcraser l’autre ?

Pourquoi chercher ร  ce point la solitude, la division et l’aliรฉnation ?

Ce mythe ne serait-il pas en rรฉalitรฉ un puissant instrument de domination ?

La victoire culturelle de cette idรฉologie ne s’est pas faite en un claquement de doigts ; elle a mobilisรฉ pendant des dรฉcennies des forces et des sommes d’argent considรฉrables.

Peut-รชtre est-il encore temps de prendre le chemin inverse ?

Chaque gรฉnรฉration se raconte ses propres rรฉcits mythologiques, qui donnent un sens ร  son monde et l’aident ร  comprendre la rรฉalitรฉ. Les rรฉcits sont des maniรจres de lier des groupes, de faire naรฎtre des identitรฉs collectives pour former des communautรฉs de destin.

Connectez-vous ร  un moment de votre vie oรน vous avez ressenti la chaleur de l’entraide, un moment exceptionnel, peut-รชtre difficile, oรน vous avez reรงu un coup de pouce, senti une main sur votre รฉpaule, un regard de gratitude ou le frisson d’un groupe !

Comme le rรฉsume le psychologue Jonathan Haidt : 

« nous ne sommes pas des saints, mais nous sommes parfois de bons รฉquipiers ».

L’entraide est en chacun de nous ; il faut simplement arriver ร  y croire. **le cultiver

Il est aujourd’hui important non pas de chercher une nouvelle morale en prenant exemple sur les plantes ou les animaux, mais de changer notre imaginaire en nous inspirant du fonctionnement du monde vivant, en reconnaissant notre inscription dans une longue filiation bรขtie sur un socle de coopรฉration depuis l’apparition du vivant.

Les mythes de la compรฉtition et de la sรฉparation nature/culture sont sacrรฉment รฉbranlรฉs ; ils ne tiendront plus trรจs longtemps !

Des brรจches s’ouvrent. Ces nouvelles maniรจres de voir l’entraide donneront peut-รชtre confiance ร  celles et ceux qui n’osaient pas exprimer tout haut leurs intuitions de peur de passer pour utopistes ou naรฏfs.

Elles n’invitent pas ร  croire aux chimรจres d’un grand soir ou d’un quelconque paradis perdu, mais en la possibilitรฉ que des institutions (moins grandes) et des normes sociales efficaces et bienveillantes puissent maintenir une certaine cohรฉsion, et, pourquoi pas, une certaine sagesse ?!

Les nouveaux rรฉcits ne feront รฉvidemment pas disparaรฎtre les catastrophes de notre horizon, mais nous feront entrer dans l’Anthropocรจne avec une trousse ร  outils mieux fournie !

Au-delร  de l’humanitรฉ

L’ultra socialitรฉ humaine a รฉtรฉ ร  l’origine de notre phรฉnomรฉnale expansion, mais a aussi posรฉ les bases de notre possible disparition. 

Pour avoir une chance de rester longtemps sur terre, il n’y a pas de secret : il nous faut nous adapter aux principes du vivant et bien nous entendre avec les autres รชtre !

Sans aucun doute, cela mรจnera ร  de nouveaux modes d’organisation !

Le chemin passera par l’extension de l’entraide et de la compassion aux autres รชtres vivants, en dรฉveloppant une conscience รฉtendue du soi, c’est-ร -dire en รฉtendant la « membrane de sรฉcuritรฉ » au-delร  de l’humanitรฉ.

Le slogan « Remettre l’humain au centre », si pertinent soit-il dans les luttes sociales, traduit donc un imaginaire qui prend une mauvaise direction !

Il n’y a pas assez de place pour une humanitรฉ qui se referme sur elle-mรชme et s’oppose au reste du monde.

Il est impossible d’ignorer que notre survie en tant qu’espรจce dรฉpend tout autant des interactions que nous entretenons avec les autres espรจces que de la richesse des interactions qu’elles tissent entre elles.

Comment recrรฉer des liens de rรฉciprocitรฉ, de confiance, de sรฉcuritรฉ et d’รฉquitรฉ avec ce(ux) qui nous entoure(nt) ?

Voilร  le grand chantier qui arrive. 

Cela ne se fera pas en effaรงant les identitรฉs que chacun de nous a forgรฉes aux niveaux « infรฉrieurs » (ville, rรฉgion, pays, parti, entreprise, club, etc.), mais au contraire en les acceptant, en les multipliant et en faisant en sorte qu’aucune ne devienne radicalement excluante ou aveuglante,**autoritaire et mรชme narcissique.

Le dรฉfi est d’apprendre ร  jongler avec cet entrelacement d’identitรฉs afin de traverser les tempรชtes sans se noyer dans les manifestations politiques de la tristesse, de la peur ou de la colรจre. **et de la haine !

C’est une รฉtrange constatation, mais accepter notre propre vulnรฉrabilitรฉ et recommencer ร  croire dans notre interdรฉpendance avec les autres humains redonne de la joie, de la force et du courage !

Fin  

laisse encore une petite chance ร  des « groupes » – ou ร  des « groupes de groupes » – de se coordonner, de mettre en place des normes sociales et de tisser un nouveau rรฉcit commun... en lien avec les autres habitants de la Terre.

ร€ lire aussi :

Partie 1 Au siรจcle dernier, notre monde est devenu extrรชmement performant en matiรจre de mรฉcanismes de compรฉtition.

Partie 2 Les mรฉcanismes du groupe La tendance spontanรฉe des individus ร  l’entraide, si surprenante et solide soit-elle, ne suffit pas ร  expliquer toute la complexitรฉ de l’entraide humaine, et encore moins ร  faire sociรฉtรฉ !

Partie 3 L’esprit du groupe Cette revue des mรฉcanismes qui font รฉmerger l’entraide au sein d’un groupe (rรฉciprocitรฉ, rรฉcompense, punition, rรฉputation, normes,...) peut nous laisser une lรฉgรจre impression de manque. Tout semble trop mรฉcanique, trop formel, bien รฉloignรฉ des passions de la vie de tous les jours, des mystรจres du « sentiment collectif » ou des moments « magiques » qui font naรฎtre des dynamiques de groupe incroyables.

Partie 4 La question est maintenant de comprendre ce qui se passe ร  l’extรฉrieur du groupe. Pour cela, il reste deux angles morts ร  รฉclaircir : quel rรดle joue le « reste du monde » dans l’entraide ร  l’intรฉrieur d’un groupe ? Et, surtout, quelles sont les conditions pour que des groupes s’entraident ?

Partie 5 Qui aura survรฉcu ร  tout cela ? Quels mรฉcanismes auront permis ร  certains humains de survivre (ou pas) ? L’entraide humaine telle que nous la dรฉcrivons aujourd’hui, dans toute sa complexitรฉ, nous permettra-t-elle de maintenir notre existence sur terre ?

Aperรงu du livre

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** les commentaires et remarques viennent de moi, ce ne sont que mes points de vue !

Le sujet est vaste, je vous invite si vous avez lu cet article, jusqu'au bout, de dรฉbattre et de commenter ci-dessous, merci !

Eddy Vonck

Rรฉdacteur bรฉnรฉvole de Psycho'Logiques

Eddy Vonck  Rรฉdacteur bรฉnรฉvole de Psycho'Logiques

 

 























 

 
 






















 









 


 
 




 

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