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๐—ฃ๐—ฎ๐—ฟ๐—ฎ๐—บ๐—ฒ̀๐˜๐—ฟ๐—ฒ๐˜€ ๐—ฑ๐—ฒ ๐—น๐—ฎ ๐—ฐ๐—ผ๐—ป๐˜€๐—ฐ๐—ถ๐—ฒ๐—ป๐—ฐ๐—ฒ ๐—ฒ๐—ป ๐—ฃ๐˜€๐˜†๐—ฐ๐—ต๐—ผ๐˜€๐˜†๐—ป๐˜๐—ต๐—ฒ̀๐˜€๐—ฒ ๐—ฑ๐—ฒ ๐—ฅ๐—ผ๐—ฏ๐—ฒ๐—ฟ๐˜๐—ผ ๐—”๐˜€๐˜€๐—ฎ๐—ด๐—ถ๐—ผ๐—น๐—ถ - partie 5

๐Ÿšซ avant de lire cette partie 5, il est impรฉratif que vous lisiez ร  votre aise, les chapitres prรฉcรฉdent 1&2&3&4  Eddy

๐Ÿ“Œ ๐—ฃ๐—ฎ๐—ฟ๐—ฎ๐—บ๐—ฒ̀๐˜๐—ฟ๐—ฒ๐˜€ ๐—ฑ๐—ฒ ๐—น๐—ฎ ๐—ฐ๐—ผ๐—ป๐˜€๐—ฐ๐—ถ๐—ฒ๐—ป๐—ฐ๐—ฒ ๐—ฒ๐—ป ๐—ฃ๐˜€๐˜†๐—ฐ๐—ต๐—ผ๐˜€๐˜†๐—ป๐˜๐—ต๐—ฒ̀๐˜€๐—ฒ ๐—ฑ๐—ฒ ๐—ฅ๐—ผ๐—ฏ๐—ฒ๐—ฟ๐˜๐—ผ ๐—”๐˜€๐˜€๐—ฎ๐—ด๐—ถ๐—ผ๐—น๐—ถ - partie 1 - ( la prise de conscience)

๐Ÿ“Œ(partie 2) - (niveaux de conscience / sur la voie du centre)  

 
๐Ÿ“Œ(partie 3) - (Ouverture ร  l’inconscient)

๐Ÿ“Œ(partie 4) - (Fonctions psychologiques.)

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli 

Psychosynthรจse : Bien plus fondamental que la dรฉcouverte de l'espace cosmique est celle de notre identification et potentiel, donnant lieu ร  l'รฉlargissement de la conscience. 

Le prรฉsent chapitre concerne directement les items quatre, cinq et six du diagramme de l'ล“uf prรฉsentรฉ, c’est-ร -dire le champ de la conscience et ses niveaux, et le centre mรชme de cette conscience nommรฉ le moi personnel ou alors le Soi transpersonnel, y considรฉrant respectivement les domaines personnel et transpersonnel.

๐—ฃ๐—ฎ๐—ฟ๐—ฎ๐—บ๐—ฒ̀๐˜๐—ฟ๐—ฒ๐˜€ ๐—ฑ๐—ฒ ๐—น๐—ฎ ๐—ฐ๐—ผ๐—ป๐˜€๐—ฐ๐—ถ๐—ฒ๐—ป๐—ฐ๐—ฒ ๐—ฒ๐—ป ๐—ฃ๐˜€๐˜†๐—ฐ๐—ต๐—ผ๐˜€๐˜†๐—ป๐˜๐—ต๐—ฒ̀๐˜€๐—ฒ ๐—ฑ๐—ฒ ๐—ฅ๐—ผ๐—ฏ๐—ฒ๐—ฟ๐˜๐—ผ ๐—”๐˜€๐˜€๐—ฎ๐—ด๐—ถ๐—ผ๐—น๐—ถ  (partie 3) - (Ouverture ร  l’inconscient)

4. Le champ de la conscience
5. Le moi conscient ou soi personnel
6. Le Soi supรฉrieur, spirituel ou transpersonnel

les autres items sont 

1. L'inconscient infรฉrieur
2. L'inconscient moyen
3. L'inconscient supรฉrieur ou supraconscient

7. L'inconscient collectif 

 ๐Ÿ“Œ Le classement et les nomenclatures des niveaux de conscience varient selon les diffรฉrentes รฉcoles et auteurs en Psychosynthรจse.

La rรฉfรฉrence ร  des niveaux ou stades de conscience ne doit pas รชtre comprise dans le sens linรฉaire du terme. Il ne s'agit pas d'une localisation ร  proprement dite. On peut cependant imaginer le domaine conscient comme un spectre dont le rayonnement se prรฉsente avec des couleurs et intensitรฉs diffรฉrentes ! 

C'est dans cette perspective que l'on doit considรฉrer les niveaux distinctement identifiรฉs en psychosynthรจse par le biais du diagramme de l'ล“uf oรน il est question des domaines conscient et inconscient ร  des niveaux et dimensions distincts.

Le fait de considรฉrer diffรฉrentes prises de conscience plus ou moins amples ou et intenses et toujours passibles de modification ! Il y a, chez n’importe qui, possรจde des domaines ou stades plus ou moins conscients dont on doit tenir compte. Mais il ne serait pas correcte d'exprimer qu'il y aurait des individus, les uns conscients et les autres dรฉpourvus de conscience ???

Celle-ci est commune ร  tous, quoique les degrรฉs soient diffรฉrents concernant la prise de conscience de chacun !

๐Ÿšซ avant de lire cette partie 5, il est impรฉratif que vous lisiez ร  votre aise, les chapitres prรฉcรฉdent 1&2&3&4  Eddy

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๐Ÿ“Œ(partie 2) - (niveaux de conscience / sur la voie du centre)  

 ๐Ÿ“Œ(partie 3) - (Ouverture ร  l’inconscient) 

๐Ÿ“Œ(partie 4) - (Fonctions psychologiques.)

Ici, commence la partie 5

Chapitre 6 - Le rรดle de la volontรฉ

Il va sans dire que la psychosynthรจse n’est pas l’unique approche psychologique qui s’intรฉresse au fait existentiel de l’acte volitif. 

Elle se caractรฉrise cependant par la reconnaissance de la volontรฉ comme fonction psychologique centrale ayant un rรดle fondamental en tant qu’intermรฉdiaire entre le centre de conscience et toutes les autres fonctions de la psychรฉ.

Assagioli en tรฉmoigne : 

« La psychosynthรจse oรน se combinent les conceptions et les mรฉthodes empiriques, existentielles, humanistes et transpersonnelles, attribue ร  la volontรฉ une position prรฉรฉminente et la considรจre comme l’รฉlรฉment central et l’expression directe du ‘Je’ ou du ’Soi’».

Le thรจme de la volontรฉ se trouve au cล“ur de l’ล“uvre du pรจre de la psychosynthรจse. 

En accord avec l'assertion de Martha Crampton, on peut souligner que : 

« les intuitions d’Assagioli sur la nature et la formation de la volontรฉ sont probablement ses apports les plus importants ร  la psychologie moderne. »

Sa faรงon de comprendre la volontรฉ est ร  la fois profonde et trรจs diffรฉrente de la plupart des conceptions antรฉrieures. Cette diffรฉrence est surtout due au fait qu’Assagioli perรงut le lien intime qui unit la volontรฉ au centre d’identitรฉ, et envisagea la volontรฉ comme une expression directe du moi ou du Soi selon son niveau.

En effet, Assagioli lui-mรชme confirme ainsi le caractรจre et nouveautรฉ de son systรจme psychologique : 

« Un des points fondamentaux de la psychosynthรจse qui la distingue des autres conceptions psychologiques, psychothรฉrapeutiques et รฉducatives, c’est l’importance centrale attribuรฉe ร  la volontรฉ.» 

Par ce fait mรชme, Assagioli est devenu un pionnier dans le sens de redonner ร  cette fonction sa place au cล“ur de la psychologie et de la valoriser davantage. 

Nรฉanmoins, cette fonction psychologique a รฉtรฉ, par aprรจs, de plus en plus oubliรฉe et mรชme tombรฉe dans une forme de discrรฉdit, situation qu’il constate et dรฉplore, en mรชme temps au cours du vingtiรจme siรจcle, il deviendra le grand innovateur des temps modernes capable de lui redonner et rehausser la place dans le contexte plus spรฉcifique de la psychologie. 

Effectivement, le rรดle de la volontรฉ en tant que fonction centrale et intermรฉdiaire a dรฉjร  รฉtรฉ reconnu et spรฉcifiรฉ dans la philosophie ancienne, notamment chez Augustin, Anselme, et, plus ร  l’intรฉrieur de la Scolastique, dans la pensรฉe de Duns Scot, et de Bonaventure.

Celui-ci place l’apex mentis, c’est-ร -dire le sommet de l’รขme, en synonyme du Soi, au cล“ur de la volontรฉ. 

Duns Scot, s’inspirant d’Anselme, tient que : « la volontรฉ coopรจre avec les autres puissances ร  la faรงon d’un moteur » qui les met en mouvement. Il attribue ร  la volontรฉ une place primordiale plus centrale que l’intelligence, et, tel que Roberto Assagioli, il va presque ร  l’identification de la volontรฉ avec la nature de l’รขme. 

Comme l’explique Hubert Klug : « c’est toujours l’รขme qui agit au moyen de ses puissances et qui dirige les puissances par la volontรฉ. » 

Dรจs sa toute premiรจre contribution ร  la revue Leonardo, une recension publiรฉe en 1906, le jeune Assagioli met dรฉjร  en รฉvidence, en plus des รฉtats de conscience reliรฉs au Soi transpersonnel, les caractรฉristiques et le rรดle de la volontรฉ.

En 1907, dans son lรฉgendaire article « Fantasia in Re interiore » - Fantaisie sur le Roi intรฉrieur -, ayant rรฉfรฉrรฉ, il dรฉcrit : ce « Roi », c’est-ร -dire le Soi, comme รฉtant animรฉ d’un cล“ur pur et d’une volontรฉ inรฉbranlable ! » 

Quelques annรฉes aprรจs, en 1913, dans la revue Psiche, il souligne l’importance des travaux de E. Abramowski concernant le rapport entre la volontรฉ et les รฉtats รฉmotifs. 

Le 4 mai 1926, lors de l’inauguration ร  Rome de son Istituto di Cultura e Terapia Psichica, il donne une confรฉrence intitulรฉe « Come si educa la volontร  ? » - Comment on รฉduque la volontรฉ ?

En 1927, il annonce la publication d’un manuscrit, alors en prรฉparation, intitulรฉ " The Training of the Will "  - "L’entraรฎnement de la volontรฉ." 

En 1929, il publie un รฉcrit dans la revue Ultra dont le thรจme
est l’รฉducation de la volontรฉ. 

Le thรจme de la volontรฉ revient souvent dans ses cours de psychosynthรจse, notamment dans les annรฉes 1960 ร  1970 !

Finalement, en 1973, il publie son dernier livre, " The Act of Will ", entiรจrement consacrรฉ ร  l’acte volitif !

Roberto Assagioli met ainsi en relief l'importance centrale attribuรฉe ร  la volontรฉ, ainsi que les caractรฉristiques de son approche ร  cet รฉgard. 

Le thรจme de la volontรฉ apparaรฎt effectivement comme le plus traitรฉ et le plus รฉlaborรฉ dans les รฉcrits du concepteur de la psychosynthรจse. 

Pourquoi une telle insistance sur le sujet ? 

Certainement ร  cause de son importance mรชme pour la psychologie en gรฉnรฉral, et pour son systรจme en particulier, mais aussi compte tenu de conditionnements historiques de la psychologie moderne tendant soit ร  faire abstraction de la volontรฉ, soit ร  mal interprรฉter le vรฉritable rรดle de cette fonction psychologique.

Lui-mรชme explique :

« Jusqu’au dรฉbut du vingtiรจme siรจcle, la volontรฉ a fait l’objet d’un grand intรฉrรชt et d’une apprรฉciation marquรฉe de la part de philosophes, des thรฉologiens, des รฉducateurs et des moralistes. En revanche, ร  l’รฉpoque dite victorienne (qui coรฏncide avec le rรจgne de la reine Victoria d’Angleterre et englobe la majeure partie du dix-neuviรจme siรจcle), prรฉvalait une conception rigide et restreinte de la volontรฉ. »

Face ร  la tendance ร  cultiver des pouvoirs par eux-mรชmes, vรฉrifiรฉe dans son milieu, nommรฉment dans le cercle de la revue Leonardo, autour de Papini**, Assagioli peu ร  peu s’รฉloigne de celui-ci, sous la conviction que l’important c’est le pouvoir de la volontรฉ et non pas la volontรฉ de pouvoir.

** Le nom d’Assagioli apparaรฎt dans le journal de Papini, plus tard, en date du 12 janvier 1948, dans les termes suivants: «Dans une confรฉrence de Rebora sur Bernard Shaw, dans la maison Ricasoli, un homme bas de
taille, chauve, la barbe ร  moitiรฉ blanche et moitiรฉ noire s’adresse ร  moi comme s’il m’avait dรฉjร  connu. Je lui rรฉponds, mais sans savoir qui est-il ? Il me dit รชtre le docteur Roberto Assagioli qu'il m’avait rencontrรฉ non moins en 1904 et que je n'avais plus rencontrรฉ depuis presque quarante ans, Il a fait une thรจse sur Freud (la premiรจre en Italie et essaye de fonder la Psicosynthรจse. »

Assagioli regrette ce qu’il appelle, ร  plusieurs reprises, le « scandale de la psychologie » qui « aprรจs avoir perdu son รขme, a aussi perdu sa volontรฉ ! »

Il attribue une telle tendance aux concepts des sciences naturelles adoptรฉs par la psychologie lors de son รฉmancipation de la philosophie, notamment l’orientation dรฉterministe du comportement vรฉhiculรฉ par l’รฉcole freudienne, et aussi ร  une rรฉaction face ร  l’abstraction de certaines discussions philosophiques et thรฉologiques au sujet de la volontรฉ, de mรชme qu’aux exagรฉrations des moralistes et รฉducateurs du dix-huitiรจme siรจcle pour qui la volontรฉ se limitait ร  un rรดle rรฉpressif et coercitif par rapport ร  la nature humaine.

L’รฉpoque dite victorienne constitue un exemple historique d’une mauvaise comprรฉhension de la volontรฉ alors particuliรจrement alliรฉe ร  des procรฉdรฉs austรจres et rรฉpressives. 

Le fondateur de la psychosynthรจse remarque : 

« La psychologie classique n’a tenu compte que des motivations conscientes ! »

Par la suite, tout en contraste, la psychanalyse s’est intรฉressรฉe uniquement, ou presque, aux motivations inconscientes et aux instincts, aboutissant ainsi ร  toutes fins pratiques et ร  la nรฉgation de la volontรฉ. »

« De nos jours, la volontรฉ humaine est dรฉtruite, spรฉcialement dans le domaine de la psychologie.»  Rollo May - 1976

Contrairement ร  Carl Gustaaf Jung, Assagioli considรจre la volontรฉ comme une vรฉritable fonction psychologique de la conscience et que l’on doit toujours distinguer, malgrรฉ leur proximitรฉ, de la conscience elle-mรชme. C’est effectivement une fonction psychologique dont on peut รชtre plus ou moins conscient !

Assagioli s’รฉtonne de l’omission dont fait preuve l’ล“uvre de Jung ร  cet รฉgard !

En effet Jung s’occupe de la volontรฉ, sans cependant la considรฉrer comme fonction psychologique proprement dite. Il lui attribue toutefois un certain rรดle auprรจs des fonctions psychologiques. Selon lui :

« nous pouvons accroรฎtre l’รฉnergie spรฉcifique d’une fonction un acte de volontรฉ qui nous permet la diriger, de la rendre exclusive, en รฉduquant certains de ses registres aux dรฉpends de certains autres. » Jung -1962

« Tout en considรฉrant la volontรฉ comme - une grande magicienne -, Jung parle du - sentiment de libertรฉ - et lui donne donc une attention particuliรจre, mais loin du rรดle central reconnu par le bรขtisseur du systรจme psychosynthรฉtique. »

Le thรจme de la volontรฉ a pu faire parfois l’objet d’une certaine littรฉrature ร  caractรจre populaire et sensationnaliste, ou encore constituer un terrain de dรฉbats contradictoires et d’applications abusives, ce qui a eut pour rรฉsultat le discrรฉdit de cette fonction psychologique. 

La rรฉaction qui s’en suivit et dont la psychologie naissante alla jusqu’ร  mettre de cรดtรฉ cette fonction, ou du moins ร  la traiter de faรงon incomprise, d’oรน la remarque d’Assagioli : 

« La plupart de ceux qui en ont traitรฉ l’ont fait seulement de faรงon partielle, sans reconnaรฎtre son importance et son lieu central dans la vie humaine ! » 

« La force de l’รขme se trouve dans ses puissances, dans ses passions et dans ses tendances, qui toutes sont gouvernรฉes par la volontรฉ » 

(Saint Jean de la Croix, La montรฉe du Carmel, III

Interviewรฉ au sujet de cette fonction psychologique, Assagioli avoue :

« La volontรฉ est la cendrillon de la psychologie moderne: on l’a relรฉguรฉe ร  la cuisine. »

Il convient de tenir compte aussi de l’impact de la pensรฉe orientale sur la pensรฉe occidentale en ce qui concerne l’importance accordรฉe ร  la volontรฉ, notamment ร  l’intรฉrieur de la philosophie bouddhiste et dans les techniques de yoga !

Le travail d’Assagioli sur la volontรฉ, ainsi que ses remarques doivent donc รชtre compris dans leurs propres contextes historiques. 

Comme l’observe Stuart Miller, les conditions postรฉrieures ont changรฉ et l’insistance sur la volontรฉ, souvent mal comprise, s’est accentuรฉe sans รฉchapper au risque de survalorisation et d’inflation.

Comment prรฉciser et distinguer davantage la pensรฉe d’Assagioli de tous ces mouvements si variรฉs et souvent contradictoires au sujet de la volontรฉ ?

Pour expliciter ensuite le concept existentiel et le rรดle spรฉcifique de la volontรฉ ร  l’intรฉrieur de la psychosynthรจse, repรฉrons d’abord quelques remarques que l’on trouve dans son ล“uvre ร  propos de quelque auteurs, en vue de mieux comprendre ce que n’est pas la volontรฉ... selon lui.

Tout en valorisant l’ล“uvre d’Otto Rank, Assagioli y voit une confusion entre instinct, dรฉsir et volontรฉ. Il y remarque aussi un manque de distinction entre volontรฉ รฉgoรฏste et volontรฉ altruiste.

Il critique รฉgalement le concept nietzschรฉen de « volontรฉ- puissance » qui lui semble prรฉconiser un รฉgoรฏsme masquรฉ parfois d’apparence faussement spirituelle.

On compte encore parmi ses remarques : la conviction que la volontรฉ est traitรฉe de faรงon partielle et ou inadรฉquate chez E. Lรฉvy qui limite presque cette fonction ร  la suggestion ; chez Duchรขtel et Warcollier, qui mettent trop l’accent sur le pouvoir; chez R. May qui confond le « daimonique » (« ร‰ros ») grec et le « daimonique » chrรฉtien, et qui rapproche, sans les distinguer suffisamment, l’intention et l’action.

ร€ l’intรฉrieur de la psychosynthรจse, Assagioli revalorise la volontรฉ non seulement par les concepts, mais d’abord et avant tout par le rรดle central qu’il lui reconnaรฎt : 

« Les tentatives de rรฉsoudre le problรจme de la volontรฉ sur des bases thรฉoriques, intellectuelles, en plus de ne pas conduire ร  une solution, ont engendrรฉ surtout des contradictions, des confusions et des malentendus. 

La voie pour sortir d’un tel cercle vicieux devra รชtre cherchรฉe dans une autre direction si l’on veut obtenir des rรฉsultats utiles et pratiques. 

Une telle voie existe : son point de dรฉpart est l’expรฉrience
existentielle directe du vouloir libรฉrรฉ de prรฉjugรฉs. 

Elle se poursuit par le moyen de la description des donnรฉes recueillies et par l’institution d’expรฉriences sur les diffรฉrents stages, caractรฉristiques et utilisations de l’acte volitif. »

D’aprรจs l’approche assagiolienne, la volontรฉ est une fonction centrale, mais distincte du centre de conscience, autant au niveau personnel qu’au niveau transpersonnel.

 
L’illustration ci-jointe du diagramme de l’รฉtoile utilisรฉ par Assagioli, met en รฉvidence le rรดle central, ร  la fois existentiel et pratique de cette fonction psychologique, tout en tenant compte de son rapport soit avec le centre de conscience, soit avec les autres fonctions psychologiques.

Telle que reprรฉsentรฉe dans le diagramme de l’รฉtoile, Assagioli considรจre la volontรฉ comme la fonction en rapport le plus direct avec le centre de la conscience, et donc comme son expression la plus directe, soit au niveau personnel soit au niveau transpersonnel.

La fonction volitive est plus qu’un outil par rapport au Soi !

Celui-ci est en mรชme temps un centre d’auto-conscience et de volontรฉ. 

On dit alors que la volontรฉ est le Soi en action. Celui-ci est ร  la fois l’observateur et l’acteur.

L’auto-conscience et la volontรฉ sont insรฉparables du Soi, mais distinctes aussi.


L’identitรฉ du Soi persiste indรฉpendamment de la prise de conscience et de l’acte de volontรฉ. Puisque le Soi est en mรชme temps passif et actif, spectateur et acteur, il peut agir sur toutes les fonctions biopsychiques par le biais de la volontรฉ. 

La conscience y est l’aspect rรฉceptif du Soi et l’action son aspect actif. 

Le rรดle de la volontรฉ pour ce qui concerne les autres fonctions psychologiques est de les activer et utiliser sans forcer, et de les modifier sans rรฉpression. Assagioli lui attribue le rรดle de : « moteur central ».

On peut avoir des dรฉsirs et pratiquer des actions malgrรฉ notre volontรฉ, et, lorsque l’on dรฉsire et agit, on le fait avec l’apport des autres fonctions biopsychiques. 

Mais la volontรฉ peut transformer un simple dรฉsir spontanรฉ en une aspiration bien dรฉterminรฉe. Elle reprรฉsente mรฉtaphoriquement le systรจme musculaire de la conscience.

Elle est, ร  proprement dire, une facultรฉ humaine alliรฉe au raisonnement et aux motivations de la conscience, ce qui n’empรชche pas l’existence de l’acte volitif, d'รชtre en contradiction avec les instincts, la raison et la conscience รฉthique !**

** je traduirais le terme  - conscience รฉthique - par vos valeurs, celle que vous portez en vous sous formes d'รฉthiques ou et prises de choix personnelles ou collectives dans votre vie.**

Par analogie, on attribue la volition aux animaux et mรชme aux vรฉgรฉtaux, mais il est plutรดt question de manifestations instinctives en marge d’une conscience rรฉflexive, et donc en absence d’un acte dรฉterminรฉ de la volontรฉ. 

Plus spรฉcifiquement on peut parler, entre outre :  

  • de la volontรฉ de jouissance ou de plaisir, 
  • de la volontรฉ de puissance, 
  • de la volontรฉ d’action, 
  • de la volontรฉ morale, 
  • et surtout de la volontรฉ de vie 

et mรชme...

  • de l’affirmation de l’รชtre...

Mais, on ne doit pas confondre la fonction volitive avec ses contenus, ni limiter l’action ร  la volontรฉ.

1 – L’affirmation de l’รชtre

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli 

La volontรฉ est de l’ordre de l’รชtre plus que de l’avoir !

Assagioli offre, ร  propos de la rรฉfรฉrence suivante de Saint Augustin : 

‘Homines sunt voluntates’" les hommes sont des volontรฉs !"

« En effet, la volontรฉ constitue le centre intime le plus rรฉel de l’รชtre humain, celui qui le rend humain et vraiment soi-mรชme, celui qui le rend conscient, libre et responsable. 

Sans la volontรฉ, l’รชtre humain le plus intelligent et le plus habile ne serait qu’un trรจs ingรฉnieux automate. ร€ tous les robots les plus ingรฉnieux et les plus habiles, on ne pourrait jamais donner la volontรฉ ! » 

Roberto Assagioli - 1963

Le fait de pouvoir affirmer: " je suis une volontรฉ", amรจne ร  une telle proximitรฉ le centre de conscience et la volontรฉ, que le promoteur de la psychosynthรจse va jusqu’ร  estimer impossible la dรฉsidentification par rapport ร  cette fonction psychologique.

« Nous ne pouvons pas dire: ‘je ne suis pas ma volontรฉ’, puisque celle-ci est intimement inhรฉrente et intรฉgrรฉe au ‘Je’, insรฉparable de lui. »

D'ailleurs, il explique : 

« Le titre de mon livre " L’Acte de Volontรฉ " prรฉsuppose un acteur qui rรฉalise des actes de volontรฉ.»

Ainsi, en psychosynthรจse, la volontรฉ est considรฉrรฉe comme la manifestation directe du Je (moi personnel et du Soi transpersonnel), de sorte que le Je « n’a pas une volontรฉ ‘per se’, mais est un Je volitif [willing self].»

Bien comprise au niveau du Soi transpersonnel, la volontรฉ reste au cล“ur de l’identitรฉ humaine comme affirmation de l’รชtre et versus le fantรดme du nรฉant, parfois ressenti au niveau de la personnalitรฉ. 

Pourtant, mรชme ร  ce niveau et en accord avec la remarque de Nietzsche : 

« l’homme prรฉfรจre plutรดt avoir la volontรฉ du nรฉant que de ne point vouloir du tout.»

La volontรฉ y est l’affirmation de son existence. 

Ce n’est plus le ' cogito ergo sum ' - je pense, donc j’existe - cartรฉsien, 

mais le ' volo ergo sum ' - je veux, donc j’existe

accouplรฉ du ' agito ergo sum ' - j’agis, donc j’existe ! '

Puisque la volontรฉ est une expression du Soi, on doit plutรดt affirmer : 

' Sum ergo volo ' - Je suis, donc je veux ! 

La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli
 

1.1 Notion existentielle

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli

Parfois on fait la distinction entre la volontรฉ organique et la volontรฉ rรฉflรฉchie.

La volontรฉ organique reprรฉsente plutรดt le domaine des impulsions. La volontรฉ constitue la fonction active du centre de la conscience, pouvant ainsi รชtre considรฉrรฉe comme l’application de la conscience. La prise de conscience de cette fonction porte ร  distinguer trois รฉtapes :

  • La premiรจre consiste ร  croire ร  l'expรฉrience de la volontรฉ,
  • La deuxiรจme, ร  savoir que l'on possรจde une volontรฉ,
  • la troisiรจme, ร  รชtre conscient que l'on est volontรฉ.

La premiรจre รฉtape est de l’ordre plutรดt ontologique - la volontรฉ existe

la deuxiรจme est reliรฉe ร  l’aspect dynamique - j’ai une volontรฉ; 

la troisiรจme est essentiellement existentielle - je suis une volontรฉ.

Si, dans les deux premiers cas, il est possible d'une certaine dรฉsidentification de la conscience par rapport ร  la volontรฉ.

Dans le dernier, elles sont pratiquement insรฉparables - le Je ou Soi - en tant que force vitale, et la volontรฉ comme - agent directeur

« Moi et ma volontรฉ nous sommes ' un '. En fin de compte, la volontรฉ comme telle reste une abstraction. »

Ce qui est rรฉel, en termes existentiels, c’est l’acte de volontรฉ !

Plus important alors que d’avoir des notions abstraites au sujet de la volontรฉ, c’est d’en faire l’expรฉrience !

Y a-t il encore lieu de parler de la volontรฉ comme d’une fonction psychologique, en tant que contenu de conscience diffรฉrent de la conscience elle-mรชme ?

Malgrรฉ cette identification existentielle, entre รชtre et vouloir,
 

Assagioli distingue dans l’auto-conscience un aspect cognitif et un aspect dynamique dont la volontรฉ est une expression : 

« L’auto-conscience a deux aspects et deux caractรฉristiques insรฉparables : 

un aspect cognitif, on pourrait dire aussi contemplatif, et l’autre dynamique. 

Cela peut s’exprimer de plusieurs faรงons : par exemple ‘je suis un รชtre et un vouloir’, ou encore : ‘tant que je suis, je peux vouloir’. 

Un tel rapport intime et mรชme, dans un certain sens, une telle identitรฉ entre le Je et la volontรฉ, entre รชtre et vouloir, est le propre de la conception volontariste ! »

La corrรฉlation de ce rapport n’empรชche pas, dans un autre sens, d’admettre une distinction entre : 

‘je suis’ et ‘je veux’.

Tout en affirmant l’impossibilitรฉ d’une dรฉsidentification dans l’expรฉrience d’รชtre une volontรฉ, Assagioli semble attรฉnuer sa maniรจre de parler pour รฉviter que la non dรฉsidentification soit comprise comme auto-identification.


C’est pourquoi il insiste : 

« Prenez bien note de ceci : vous รชtes un ' Je ' et vous
avez une volontรฉ,
ou vous รชtes un ' Je ' qui possรจde une volontรฉ capable de vouloir ! »

D'ailleurs il prรฉcise : 

« Le ' Je ', notre รชtre rรฉel, centre d’auto-conscience, est diffรฉrent de toutes les forces psychiques dans lesquelles il plonge. Celles-ci sont, dans un certain sens, le ‘non-moi’, comme le prouve le fait que nous pouvons les observer, les รฉtudier, suivre leur dynamisme et leur transformation, et surtout leur faire subir l’influence de notre volontรฉ. Si nous pouvons objectiver et modifier ces forces, cela veut dire qu’elles ne sont pas une partie intรฉgrante du Je ou du Soi ! »

C’est quoi plus exactement la volontรฉ ? 

De mรชme que pour le Soi auquel elle se trouve รฉtroitement reliรฉe, il devient tรฉmรฉraire de risquer ici une dรฉfinition.


Avec Gaetano Russo, on doit cependant souligner qu’il s’agit d’une expรฉrience plutรดt que d’un concept.

La volontรฉ est quelque chose qui nous appartient et qui semble insรฉparable de notre propre identitรฉ. 

Selon Assagioli, il s’agit de :

« l’expression la plus directe du Je ! »

C’est pourquoi Sergio Bartoli prรฉsente cette fonction comme expรฉrience d’auto-conscience et comme la qualitรฉ la plus essentielle et dรฉterminante du ' Je '.

Il fournit, en mรชme temps, des รฉlรฉments permettant d’arriver ร  des distinctions plus claires : 

« l’auto-conscience est la capacitรฉ du ' Je ' de synthรฉtiser** et d’agir, la volontรฉ est l’activitรฉ autonome et distincte du'  Je ' dans la sphรจre de la personnalitรฉ. » 

** analyser

Fondamentalement, nous devons nous identifier ร  notre centre de conscience, qui est รฉgalement notre centre de volontรฉ, et non pas ร  la volontรฉ en tant que fonction psychologique. 

En fait, dans l’approche psychosynthรฉtique, il n’y a pas lieu de parler d’un primat de la volontรฉ par rapport aux autres fonctions psychologiques. 

Le vrai primat, en psychosynthรจse, appartient ร  la conscience dont l’expression la plus รฉlevรฉe est le ' Soi transpersonnel '.

De mรชme que pour le Soi : il ne s’agit pas de situer la volontรฉ dans un domaine spรฉcifique, et moins encore de sรฉparer l’acte volitif des autres fonctions psychologiques.

Selon la prise de conscience se trouve plus ou moins รฉlevรฉe, c’est-ร -dire soit au niveau personnel soit au transpersonnel, l’expรฉrience et l’expression de la volontรฉ se modifient. 

Assagioli distingue la volontรฉ (avec un ‘ v ‘ minuscule) et la Volontรฉ (avec un ‘V’ majuscule), selon qu’il s’agit d’une
expression du moi personnel ou du Soi transpersonnel.

Plus l’expรฉrience de la volontรฉ est รฉlevรฉe, plus la dรฉsidentification par rapport ร  cette fonction devient difficile, รฉtant donnรฉ son caractรจre insรฉparable par rapport au centre de conscience. On n’arrive plus ร  la dรฉfinir et mรชme encore ร  la dรฉcrire !

Lors d’une entrevue avec Beverly Besmer, Assagioli affirme : 

« La volontรฉ est une expรฉrience ร  faire. Nous pouvons รชtre conscients de la volontรฉ en l’appliquant. Elle est lร . ร€ nous de la dรฉcouvrir et de l’utiliser ! »

ร€ Sam Keen, dans une autre entrevue, lui demandait : 

« Pouvez-vous dรฉcrire ce qui est la volontรฉ ? »

Assagioli rรฉpond :


« Non, c’est indescriptible. Il s’agit d’une expรฉrience directe comme celle de la couleur ! »

Le caractรจre existentiel de la volontรฉ la rend effectivement indรฉfinissable. Plus la volontรฉ, ou mieux dit l’acte volitif atteint un niveau supรฉrieur, plus il devient inexprimable en termes de concepts. 


 

1.2 Niveaux et dimensions

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli 

Avec Vittorio Viglienghi, on peut distinguer dans l’acte volitif, en plus des niveaux personnel et transpersonnel, le niveau prรฉ-personnel. 

ร€ ce niveau, on parle alors de volontรฉ aveugle caractรฉrisรฉe par l’affirmation instinctive et tendances communes aux royaumes animal et vรฉgรฉtal. 

Quant on parle de la volontรฉ en psychosynthรจse :

on se situe habituellement au niveau du moi personnel. 

On parle alors de la volontรฉ personnelle. 

Lorsque cette fonction devient l’expression du Soi
transpersonnel, il y est question de volontรฉ transpersonnelle. 

Sur ce point, Assagioli clarifie : 

« La volontรฉ est la fonction la plus รฉtroitement reliรฉeau
moi. De plus, nous reconnaissons l’existence de la volontรฉ d’un Soi transpersonnel qui tend, soit ร  attirer vers les niveaux supรฉrieurs le moi personnel, soit ร  se manifester ร  travers lui et ร  diriger son comportement dans la vie ! »

D'ailleurs, il clarifie davantage : 

« Tout comme il existe une volontรฉ personnelle, il y a aussi une Volontรฉ transpersonnelle qui est l’expression du Soi transpersonnel et qui opรจre ร  partir de niveaux supraconscients de la psychรฉ. C’est son action qui est perรงue par le soi personnel, ou ‘ Je ’, comme un ‘ attrait ’ ou un ‘ appel ’.»

En effet, tel qu’il l’explicite encore : 

« l’un des buts auxquels vise la psychosynthรจse spirituelle est d’accรฉder ร  la prise de conscience de la volontรฉ du Soi supraconscient ! » 

Le but de la volontรฉ au niveau du Soi est d’identifier la volontรฉ individuelle avec la volontรฉ universelle**, faisant ainsi le pont entre la psychosynthรจse personnelle et la psychosynthรจse transpersonnelle, entre l’individuel et le collectif !

** collective

C’est par l’inclusion de l’aspect transpersonnel que la volontรฉ atteint sa plus haute expression !

Assagioli identifie la ' volontรฉ transpersonnelle ' ร  partir de manifestations telles que : 

  • le courage ( avoir un mon moral...),
  • la promptitude,  
  • la capacitรฉ d’assumer sa/ses responsabilitรฉ(s), 
  • de pouvoir faire face ร  toutes sortes de dangers, 
  • de risquer son propre bien-รชtre,
  • de risquer sa propre rรฉputation,
  • et aussi de risquer sa propre vie pour une cause mรฉritoire !

Limitรฉe ร  la dimension personnelle - la volontรฉ tend ร 

  • l'รฉgoรฏsme, 
  • ร  l'insรฉcuritรฉ ou et la survie, 
  • ร  la confrontation, 
  • et ร  l'incompatibilitรฉ avec la volontรฉ d'autrui.

Par contre, la ' volontรฉ transpersonnelle ' va de pair avec l'expรฉrience d'identification avec la volontรฉ universelle qui รฉcarte l'insรฉcuritรฉ et les conflits ร  caractรจre compรฉtitif et
donne plutรดt un sentiment d'inclusion et d'appartenance.

Avec le concepteur de la psychosynthรจse :

on peut y voir la vraie mystique d’un sacrifice qui mรจne ร 
une intรฉgration supรฉrieure et plus ample : 

« Le pouvoir le plus haut et le plus libre de la volontรฉ est celui de vouloir s'annihiler elle-mรชme en s'intรฉgrant dans une volontรฉ plus vaste et plus รฉlevรฉe ! »

Comme le levain dans la pรขte ร  pain , la ' volontรฉ transpersonnelle ' transforme sans dรฉtruire la ' volontรฉ personnelle '. 

Pourtant, elle peut bien agir de faรงon surprenante, hors des cadres et des conceptions de la personnalitรฉ !

Une fois atteint ce niveau transpersonnel, il n’y a plus de place pour l’รฉtroitesse de la personnalitรฉ et l’รฉgocentrisme. 

Alors, il est possible de nous libรฉrer de notre « myopie existentielle » pour utiliser l’expression de Sergio Bartoli pour qui : 

la volontรฉ transpersonnelle transcende l’attitude
รฉgocentrique de la personnalitรฉ pour s’activer dans une situation plus รฉtendue et d’une plus grande comprรฉhension !

Bartoli remarque que : 

« la volontรฉ transpersonnelle est caractรฉrisรฉe par une grande clartรฉ intรฉrieure et par la tendance ร  remplacer l’individuel par l’universel ! »

En effet, une des caractรฉristiques de la volontรฉ au ' niveau transpersonnel ' est, ( en plus de l’altruisme ) : l’universalitรฉ !

Au niveau de la volontรฉ transpersonnelle la psychosynthรจse devient donc insรฉparablement individuelle, sociale et universelle !

Ici, il n’y a plus de place pour la dรฉsidentification entre le ' Soi transpersonnel ' et la ' volontรฉ ' comme sa fonction immรฉdiate. 

Tel que soulignรฉ par Francesco Brunelli ร  la suite d’Assagioli : 

« il n’y a pas de distinction entre le ' Soi transpersonnel ' et la ' volontรฉ transpersonnel ', bien que celle-ci soit une qualitรฉ du ' Soi transpersonnel ' ! »

Il n’y a pas non plus de conflit entre la volontรฉ transpersonnelle et la volontรฉ universelle. 

En termes religieux, on peut alors parler de l’harmonisation de
la volontรฉ humaine avec la volontรฉ divine.

Puisque la ' volontรฉ universelle ' fait l’objet d’une ' expรฉrience transpersonnelle ' qui n’est pas nรฉcessairement reliรฉe ร  la foi en Dieu, elle n’est pas donc prรฉsentรฉe en psychosynthรจse comme l’expression de la volontรฉ divine. 

Cela n’empรชche pas une interprรฉtation religieuse ร  partir d’une donnรฉe psychologique, comme le fait Franรงois de Sales qui tient compte d’une :  « volontรฉ supรฉrieure » au niveau de la « pointe de l’esprit » toujours prรชte ร  l’accomplissement de la volontรฉ de Dieu !

Saint Franรงois de Sales, Introduction ร  la vie dรฉvote, 1619.

C’est dans le mรชme sens et perspective que Bernard
Hรคring parle de : 

« l’unitรฉ radicale de l’รขme et de la volontรฉ spirituelle, intimement et essentiellement orientรฉe vers le bien. »

Assagioli fait noter que l’expรฉrience de l’union de la volontรฉ personnelle / transpersonnelle avec la volontรฉ universelle-divine reรงoit le nom de sattva dans la philosophie hindoue et que dans la culture chinoise, elle est dรฉsignรฉe par l’expression Wu-wei, ou identification avec le Tao. 

Tandis que pour Spinoza et pour les stoรฏciens, cette union se limite ร  l’acceptation volontaire du : destin ! 

Pour le croyant, remarque Assagioli, il y a lieu d’aller plus
loin et de parler d’identification avec la volontรฉ divine.
 

En termes de modรจle, il prรฉsente le ' Christ ' comme : 

« la plus explicite et la plus haute affirmation de la volontรฉ d’unification», 

bien รฉvidente dans la parole : 

« Pรจre, que ta volontรฉ soit faite et non la mienne », et parfaitement exprimรฉe dans l’affirmation : « Moi et le Pรจre nous sommes un.» 

Il y a une soumission qui traduit l’intรฉgration et non pas l’abdication.  Bien plus qu’une rรฉfutation ou une annulation de la ' volontรฉ personnelle ', il y est question d’une sublimation oรน l’agrรฉment d'une adhรฉsion spontanรฉe !

La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli

2 Caractรฉristiques

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli 

ร€ partir de la prรฉsence, en l’absence de certains comportements et attitudes, on peut distinguer notamment trois caractรฉristiques ou aspects de la volontรฉ donnant lieu aux dรฉsignations suivante : 

  • volontรฉ forte, 
  • volontรฉ habille ou sage 
  • volontรฉ bonne ou bienveillante. 

De la prรฉsence et de l’harmonisation de ces trois aspects rรฉsulte la volontรฉ intรฉgrale aussi dรฉsignรฉe la volontรฉ parfaite !

Roberto Assagioli รฉnumรจre quatre aspects, y incluant la volontรฉ transpersonnelle !

Il semble cependant plus adรฉquat de considรฉrer la volontรฉ transpersonnelle sรฉparรฉment, plutรดt en rapport avec les niveaux et dimensions de l’acte volitif !

Psychosynthรจse - la Volontรฉ forte

2.1 la Volontรฉ forte

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli 

La volontรฉ forte est caractรฉrisรฉe par : 

  • la motivation, 
  • la fermetรฉ, 
  • la conviction,
  • la tรฉnacitรฉ, 

ce qui donne lieu ร  la persรฉvรฉrance inlassable oรน il y a : 

  • le dynamisme, 
  • l’intensitรฉ 
  • l’รฉnergie. 

Elle va de paire avec le courage !

Celui-ci compris, ne doit pas nรฉgliger l'absence de peur(s), mais plutรดt comme la capacitรฉ d’รฉviter mais de dรฉpasser autant la couardise que la tรฉmรฉritรฉ !

La volontรฉ forte n’est donc pas synonyme de la dรฉsignation volontรฉ victorienne : terme qui sert ร  dรฉsigner cet aspect de la volontรฉ par recours ร  une รฉpoque historique oรน la force oppressive du pouvoir a รฉtรฉ une caractรฉristique marquante, notamment dans les domaines de la politique et de l’รฉducation en gรฉnรฉral.**

** Cela n'a guรจre vraiment changer !?

L’excรจs d’une qualitรฉ a donnรฉ lieu ร  des extrรฉmismes et par consรฉquent ร  des rรฉactions dans le sens opposรฉ. 

On peut nommer comme des exemples le libรฉralisme, le laxisme et une sorte d’allergie envers la volontรฉ, ce qui affecte aussi le domaine de la psychologie !

Assagioli note : 

« La volontรฉ a une fonction de direction et de rรฉgulation; elle รฉquilibre et utilise de faรงon constructive toutes les autres รฉnergies et activitรฉs de l’รชtre humain sans en rรฉprimer ou annihiler ! »

Il y est question de force, mais pas nรฉcessairement d’effort, et moins encore d’entรชtement ou et d'impulsivitรฉ. 

Comme le remarque Luce Sannangelantonio, ร  la suite d’Assagioli, en matiรจre de psychosynthรจse :

« le pouvoir de la volontรฉ n’est pas portรฉ sur l’effort ni sur l’attention, mais sur le caractรจre mรชme de l’acte volitif oรน la persรฉvรฉrance constitue une ' constance reposante '.

Frank Haronian explicite davantage cette idรฉe : 

« La volontรฉ elle-mรชme se sert trรจs peu d’รฉnergie, lorsqu’elle fonctionne correctement. Elle contrรดle l’รฉnergie, mais elle n’est pas elle-mรชme cette รฉnergie. La volontรฉ est comme une clรฉ de contact ayant la capacitรฉ soit de propulser, soit de freiner les รฉnergies qu’elle choisit ! »

La volontรฉ peut รชtre considรฉrรฉe comme une ' force psychologique ' qui dรฉclenche l’รฉnergie. 

Lorsque cette force prรฉdomine et s’isole des autres qualitรฉs, il surgit alors le danger : 

  • de l’absolutisme, 
  • du despotisme, 
  • de l’obstination 
  • et de la rรฉpression, 

autant sur le plan intรฉrieur personnel que celui de la sociรฉtรฉ !

Mal comprise ou mal utilisรฉe, la force de la volontรฉ devient paradoxalement une faiblesse et un danger. 

Souvent, ceux qui pensent avoir dรฉveloppรฉ une volontรฉ forte ont plutรดt dรฉveloppรฉ une force qui rive la volontรฉ ร  l’obstination (** ou au perfectionnisme).

Assagioli en tient compte, tout en notant que : 

« l’obstination peut รชtre un effet de l’orgueil, d'รฉtroitesse ou et de rigiditรฉ mentales qui fait voir seulement un aspect de la rรฉalitรฉ polyรฉdrique et muable ! »

Il importe donc – remarque-t-il : 

de bien รฉtablir la diffรฉrence entre : 

  • obstination,
  • et volontรฉ.

Car elles peuvent aussi se confondre dans une observation superficielle.

Beaucoup de gens disent avoir une volontรฉ forte, tout en รฉtant simplement obstinรฉs et tรชtus !

Beaucoup de gens disent avoir une volontรฉ forte, tout en รฉtant simplement obstinรฉs et tรชtus !

La volontรฉ qui privilรฉgie la force au dรฉtriment des autres qualitรฉs n’est pas effectivement une volontรฉ forte... 

Mais plutรดt la force d’une impulsion qui cache les faiblesses de l’acte volitif. 

Pour mesurer la force de la volontรฉ, il faut tenir compte de sa rรฉsistance et de sa consistance dans toutes les phases de l’acte volitif. 

De mรชme que dans une chaรฎne, c’est le maillon le plus faible qui sert ร  mesurer la rรฉsistance rรฉelle !

Bien au contraire du volontarisme crispรฉ dans l’effort, la fonction volitive constitue en mรชme temps la voie et l’expression de l’รฉlan vital, tout en donnant lieu ร  la manifestation et ร  l’รฉpanouissement de nos virtualitรฉs. 

La volontรฉ forte n’a rien donc ร  voir avec l’entรชtement.

Dans le domaine de la volontรฉ, comme de n’importe quelle fonction psychologique, il y a toujours la possibilitรฉ de transformer une qualitรฉ en dรฉfaut ou rรฉciproquement. 

L’erreur de combattre les abus de la volontรฉ par : 

l’abdication, 

le mรฉpris 

ou l’oubli de cette fonction...

constitue une attitude regrettable qui a beaucoup contribuรฉ autant ร  l’abdication dรฉterministe qu’ร  des comportements anarchiques !

La reconnaissance de la force comme qualitรฉ de la volontรฉ ne justifie pas son utilisation comme moyen d’รฉquilibrer
des extrรชmes. 

La psychosynthรจse tient compte de la force, mais jamais
comme qualitรฉ isolรฉe ou dominante !

Assagioli souligne :

« la force, tout en รฉtant un aspect important de la volontรฉ, constitue seulement un de ses aspects »

C’est en rรฉagissant au concept de - volontรฉ de puissance - chez Alfred Adler que le pรจre de la psychosynthรจse รฉcrit : 

« Il ne me semble pas difficile de dรฉmontrer que la volontรฉ de pouvoir est loin de constituer l’unique mobile des actions humaines, comme ne l’est pas non plus la libido de Freud. »

Dans sa perspective, Alfred Adler รฉcrit : 

« La volontรฉ ne reprรฉsente pas autre chose qu’une tendance ร  passer d’un sentiment de l’insuffisance ร  un sentiment de suffisance ! »

L’acte suprรชme de la volontรฉ s’exprime dans le consentement plutรดt que dans la puissance.


Il est alors axรฉ dans l’acceptation et non pas dans la rรฉsistance !

Souvent, il n’est pas question de force, mais d’un oubli ou mรชme de manque de volontรฉ !

Dans le cas รฉchรฉant, il reste toujours la possibilitรฉ de croire soit ร  la qualitรฉ cachรฉe derriรจre un dรฉfaut, soit ร  l’existence d’un potentiel inconnu ou mal utilisรฉ. 

Assagioli enseigne ainsi ร  propos de ce potentiel volitif :
 

« Nous en avons tous au moins un peu. Bien mรชme son รฉtat embryonnaire est dรฉjร  suffisant pour commencer. »

Selon lui :

« tout le monde a la capacitรฉ de dรฉvelopper leur propre volontรฉ ! »

Effectivement chacun, dit-il : 

« Chacun possรจde assez de volontรฉ pour s’engager dans le processus de dรฉveloppement ! »

Et dans un de ses cours, il offre le commentaire suivant :


« Nombreux sont ceux qui souhaitent avoir une volontรฉ forte, mais peu nombreux sont ceux qui se proposent sรฉrieusement de la dรฉvelopper ! »**

** Peut-on sous-entendre que notre sociรฉtรฉ individualiste et conforme en outre รฉducative n'a pas la volontรฉ d'offrir ร  tous et ร  chacun une bonne รฉducation et un avenir plus serein, au vu des conflits mondiaux qui persistent en ce monde, je me pose encore et encore la question ? Dans un reportage que j'ai vu d'Anthony Bourbon, il exprimait que dans notre รจre, oรน ce monde, il n'y avait ni intรฉgration des diversitรฉs sociales ni d'inclusions parce qu'une forme de bourgeoisie dicte et classe les minoritรฉs parfois trรจs prรฉcaires au fond du rang ! Donc - L'รฉgalitรฉ des chances en 2023, c'est Bullshit, ce n'est que du blabla politicien. ** Eddy Vonck

En 1963, Assagioli considรจre la faiblesse de la volontรฉ aussi indรฉsirable que la force mal comprise

« Un homme dont la volontรฉ est faible est comme une
paille ร  la merci des ondes, victimes de ses propres passions, de la volontรฉ des autres et des circonstances extรฉrieures. » 

Il y a donc toujours la possibilitรฉ et l’opportunitรฉ d’une dรฉcision initiale qui prend sa racine dans le dรฉsir de dรฉvelopper ce qui est dรฉjร  lร , mรชme ร  l’รฉtat รฉlรฉmentaire. 

En contrepartie, la volontรฉ forte, tout en รฉtant une qualitรฉ,
devient un dรฉfaut et un danger, une fois isolรฉe et cultivรฉe au dรฉtriment de la volontรฉ sage et de la volontรฉ bienveillante


2.2 Volontรฉ sage

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli

La volontรฉ sage, appelรฉe aussi volontรฉ habille ou volontรฉ souple, a pour objectif d’atteindre le meilleur rรฉsultat, avec le moindre effort !

Dรจs un de ses touts premiers รฉcrits, Assagioli souligne : 

l’importance du rรดle de la volontรฉ habile en la comparant mรฉtaphoriquement, ร  la suite d’Edward Carpenter, au conducteur d’un vรฉhicule automobile, lequel pour avancer,
freiner, ou changer de direction, utilise non pas directement sa propre force, mais celle du vรฉhicule qu’il conduit.

En guise du mythe d’Apollon : 

la volontรฉ devient le cocher qui conduit et รฉlรจve ร  la condition humaine les chevaux qu’elle conduit. 

L’enseignement taoรฏste suggรจre l’image de l’eau qui coule autour des obstacles et s’adapte ร  leurs contours sans arrรชter sa marche.

La volontรฉ est รฉtroitement reliรฉe ร  la maรฎtrise de soi, plus axรฉe celle-ci sur une volontรฉ habile que sur une volontรฉ forte !

Il va dans cette ligne de pensรฉe le commentaire d’Assagioli : 

« Souvent, les personnes douรฉes d’une volontรฉ forte
dรฉpensent leurs รฉnergies et gaspillent leur outil prรฉcieux dans des actions violentes, des frottements รฉpuisants, des efforts inopportuns contre les rรฉsistances intรฉrieures et les obstacles extรฉrieurs. 

Au contraire, avec des procรฉdรฉs plus sages et harmonieux, fondรฉs sur la connaissance de la structure et du fonctionnement du mรฉcanisme merveilleux de la psychรฉ humaine, 

on peut traverser les rรฉsistances sans leur faire face et, souvent, avec la possibilitรฉ de canaliser les รฉnergies opposรฉes et ainsi, de les mettre ร  son profit ! »

La volontรฉ sage, comme le note Ida Palombi รฉvite l’anรฉantissement : 

« Maรฎtriser une passion ne veut pas dire la dรฉtruire, mais l’utiliser, tout en mettant ร  profit la force, la vie et le feu qui la caractรฉrisent ! »

La volontรฉ sage s’habille toujours de la souplesse qui ne dispense pas la maรฎtrise et l’effort adรฉquats. 

Tel est le sens du proverbe arabe : 

« Ne donne pas l’รฉpรฉe ร  celui qui ne sait pas danser ! » 

Sans รชtre dรฉpourvue d’รฉnergie, elle fait la synthรจse entre l’impulsion et la suavitรฉ. 

Il peut arriver que la volontรฉ habile poursuive des objectifs รฉgoรฏstes une fois mise aux services de la manipulation ou de l’exploitation d’autrui. 

Dans ce cas, la volontรฉ habile n‘est plus le synonyme de volontรฉ sage mais d'une volontรฉ rusรฉe**. La dรฉviance
sera encore pire, lorsqu’un individu (un groupe d'individus...) gouverne(nt) par la force !

** d'une volontรฉ perverse selon moi !

Assagioli tient compte d’une telle possibilitรฉ : 

« Un homme de volontรฉ forte et habile, capable d’utiliser efficacement ses dons, de les concentrer sur un seul but รฉgoรฏste, sans considรฉrations et lois morales et du sens de l’amour, 

peut faire sa ruine ou celle des autres. 

De la mรชme faรงon, une femme dotรฉe d’une volontรฉ froide et dure et capable d’utiliser son charme pour attirer les hommes et les soumettre ร  ses propres objectifs, peut semer la douleur et la ruine partout oรน elle passe ! »

La force de la volontรฉ doit s’exprimer par la maรฎtrise de soi-mรชme et jamais par le contrรดle exercรฉ sur les autres. 

Une foi en syntonie avec la dimension transpersonnelle, elle ne constitue plus une imposition, mรชme ร  notre รฉgard.

Martha Crampton remarque : 

« Assagioli s’efforรงa de dรฉmontrer que la volontรฉ du Soi est sereine et libre et qu’elle nous permet de choisir ce qui est en harmonie avec nos besoins les plus profonds, plutรดt que de nous imposer des comportements qui ne nous conviennent pas ! »

Molly Brown prรฉsente la psychosynthรจse comme รฉtant : 

« l’affirmation du pouvoir et de la sagesse inhรฉrentes ร  chaque personne ร  l’intรฉrieur du Soi de chacun ! » 

 

2.3 Volontรฉ bienveillante

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli 

La vraie synthรจse de la force et de la sagesse de l’acte volitif culmine dans la bienveillance, ce qui nous mรจne au classement de ' volontรฉ bienveillante ' ou ' volontรฉ bonne ' que l’on peut nommer aussi : ' volontรฉ accueillante '. 

Dans les notes personnelles d‘Assagioli, on trouve la remarque suivante : 

« La ‘ volontรฉ bonne ’ n’est pas seulement 

‘ bonne volontรฉ ’! »

Il conรงoit la ' volontรฉ bonne ' ou ' bienveillante ' comme
รฉtant en mรชme temps : 

un propos ferme**

un pouvoir 

et une ardeur.

** d'affirmation (de soi).

Reprรฉsentant une union de la force et de la bontรฉ, la force qui veut รชtre/ devenir bonne !

Assagioli fait comprendre qu’il s’agit de plus que d'une simple vellรฉitรฉ, laquelle reste au niveau d’une idรฉologie et se contente de bons propos : 

« La bonne volontรฉ est quelque chose de plus que la simple expression d’une bonne disposition; elle signifie aussi, une volontรฉ qui veut le bien ! »

C’est ร  partir de cette notion que l’on donne ici, la prรฉfรฉrence ร  la dรฉsignation de ' volontรฉ bienveillante ', autant plus que la ' volontรฉ forte ' et la ' volontรฉ habile ' qui mรฉritent รฉgalement le qualificatif de bonne volontรฉ !

Tout en incluant la bonne volontรฉ, la volontรฉ bienveillante doit toujours dรฉpasser le stade des bonnes intentions. 

Elle est douรฉe d’une impulsion qui mรจne ร  dรฉfaire les barriรจres de sรฉparation et ร  bรขtir les ponts de communication et de partage entre individus et peuples. 

Cette caractรฉristique se manifeste comme l’atout par
excellence de l’acte volitif.

Au contraire d’une volontรฉ rigide, intransigeante, obsessionnelle, pour ne pas parler de volontรฉ sadique, masochiste, ou et รฉgoรฏste... 

La ' volontรฉ bienveillante ' est identifiรฉe ร  la bontรฉ ontologique du Soi transpersonnel. 

Elle fait appel ร  la ' volontรฉ universelle ' ne fait pas de place pour l’รฉgoรฏsme, l’รฉgocentrisme, et moins encore pour l’รฉgotisme ! 

l'รฉgoรฏsme est un mot franรงais qui signifie amour excessif de soi ; l'รฉgotisme signifie la manie de parler de soi. Bien que la racine latine du mot, « รฉgo » soit la mรชme, l'รฉgoรฏste, qui accorde une attention excessive ร  ses propres intรฉrรชts, est bien diffรฉrent de l'รฉgotique, qui s'aime d'un amour dรฉmesurรฉ.

Une caractรฉristique de la ' volontรฉ bienveillante ' est l’idรฉal de la pratique du service inspirรฉ par l’amour universel, dans lequel la volontรฉ individuelle peut รชtre sacrifiรฉe, mais ne dois jamais รชtre mรฉprisรฉe ou annihilรฉe. 

Assagioli observe que : 

« la volontรฉ individuelle qui librement adhรจre, plonge et se fond dans la volontรฉ universelle, n’est pas diminuรฉe ou annulรฉe pour autant; ร  l’instant oรน elle semble ‘mourir’, elle renaรฎt transfigurรฉe. »

Le concepteur de la psychosynthรจse valorise ce caractรจre de la volontรฉ au point de proposer de vraies initiatives envers sa promotion de ce qu’il nomme : 

« les campagnes de bonne volontรฉ 

dans les รฉcoles et partout ! »

Il n’y est pas question pour lui de dรฉvaloriser ou mettre de cรดtรฉ les autres aspects qualitatifs de la volontรฉ, puisqu’ils sont toujours complรฉmentaires : 

« Il est nรฉcessaire, tant pour le bien-รชtre gรฉnรฉral que pour
notre propre bien-รชtre, que notre volontรฉ soit bonne, autant que forte et habile ! »

La force, 

la sagesse,

et la bienveillance 

sont trois aspects ou caractรฉristiques majeures qui demeurent insรฉparables et harmonisรฉes dans l’expression et l’expรฉrience bien comprises de l’acte volitif. 

Il s’agit, selon Assagioli : « de trois notes qui forment un accord ou une synthรจse donnant lieu ร  la ' volontรฉ intรฉgrale ' ou ' volontรฉ parfaite '. » 

Il y voit une source de joie, de bonheur et d’accomplissement, nonobstant des difficultรฉs en cours de route qui peuvent constituer dรฉjร  l’annonce joyeuse d'un bonheur garanti !

Au niveau le plus รฉlevรฉ, cette ' volontรฉ intรฉgrale ' s’identifie avec l’amour, tout en รฉtant en mรชme temps son expression. 

Amour et volontรฉ c’est une dyade ร  considรฉrer plus loin.


3 - Qualitรฉs

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli 

Pour mieux comprendre les diffรฉrents aspects ou caractรฉristiques de la volontรฉ, il faut d’abord tenir compte des propriรฉtรฉs reliรฉes ร  cette fonction psychologique. 

Sans รชtre exhaustif, Assagioli รฉnumรจre une sรฉrie de qualitรฉs ou aspects qui se trouvent assemblรฉs que l’on passe ร  considรฉrer et ร  rรฉsumer.

Ce sont des รฉlรฉments ร  la fois reliรฉs et complรฉmentaires, parfois presque synonymes.

Note - En plus des qualitรฉs de la volontรฉ, on peut aussi considรฉrer leurs dรฉfauts qui sont ร  proprement dire des mauvaises utilisations de cette fonction. 

Avec Sergio Levantesi, on peut alors tenir compte de la
mauvaise volontรฉ consacrรฉe ร  des fins รฉgoรฏstes et destructrices.

  • 3.1 
  • ร‰nergie, 
  • puissance dynamique,
  • et intensitรฉ :

Il s’agit d’un potentiel ou « voltage » plus ou moins prรฉsent dans la volontรฉ, et duquel nous pouvons รชtre plus ou moins conscient. La conscience de ces รฉlรฉments se trouve reliรฉe au processus de l’auto-identification.

  • 3.2 
  • Maรฎtrise, 
  • contrรดle, 
  • et discipline :

En plus d’รชtre plus ou moins conscients du potentiel de la volontรฉ, nous en sommes ou non les responsables. Dans
ce domaine, il peut avoir toute une gamme de comportements qui vont de : 

la libre expression au refoulement, 

et de l’inhibition ร  la suppression. 

De pair avec l’actualisation du potentiel humain, il y a l’appel ร  la discipline, de faรงon ร  conjuguer l’efficacitรฉ avec l’entraรฎnement et l’utilisation avec la sagesse.

  • 3.3 
  • Concentration, 
  • unification, 
  • attention, 
  • et focalisation :

Assagioli recours ร  l’analogie d’une lentille qui concentre les rayons de lumiรจre et intensifie la chaleur. Il y a un rapport รฉtroit avec le pouvoir et l’intensitรฉ de l’acte volitif qui fait appel en mรชme temps ร  l’esprit d’observation qui mรจne ร  la dรฉcouverte de plusieurs dimensions oรน et niveaux de la rรฉalitรฉ, y incluant celle de nous-mรชmes jusqu’ร  l’identification transpersonnelle. 

L’attention s’oppose ร  la tension !

Tout au contraire d’un effort, il y a dans la focalisation une sorte de libre passivitรฉ qui peut constituer en mรชme temps une co-identification avec le sujet ou objet observรฉs, pouvant atteindre une expรฉrience de contemplation mystique.

  • 3.4 
  • Dรฉtermination, 
  • dรฉcision, 
  • rรฉsolution, 
  • et promptitude : 

Ces qualitรฉs de la volontรฉ se rapportent directement avec la capacitรฉ et processus de dรฉcision oรน il est question de choisir et de concrรฉtiser. 

Cela requiert d’abord la vision et la capacitรฉ de mener des projets ร  bon terme, fermement sans impulsivitรฉ, parfois sans dรฉlais dans le temps, ce qui peut rendre la dรฉcision pรฉnible !

Assagioli prรฉsente l’alternative suivante : 

« Prendre une dรฉcision dans une ligne d’action, laquelle semble la plus sage et la meilleure entre toutes les autres, ou attendre, en reculant (patientant) pour trouver un sens (chemin de vie) intรฉrieur d'une direction, tout en sachant que nous allons trouver en prenant du temps et en ayant une seule porte ouverte parmi toutes les autres... est la voie ร  suivre. »

  • 3.5 
  • Persistance, 
  • endurance, 
  • et patience : 

Le temps et les circonstances y sont des facteurs toujours ร  considรฉrer, lesquelles font souvent appel ร  l’effort et la tรฉnacitรฉ qui doivent s’allier ร  la souplesse et ร  la rรฉsistance. Celle-ci en termes de persรฉvรฉrance faisant face au dรฉcouragement dans les รฉpreuves et transformant les รฉchecs en leรงons. 

La caractรฉristique รฉnoncรฉe fait penser ร  la lรฉgende du chercheur d'รฉmeraudes qui aprรจs avoir cassรฉ 999 pierres se sent fatiguรฉ et tente ร  ne plus poursuivre. Dรฉsespรฉrรฉ et prรชt ร  abandonner son travail, il prend encore une autre, la derniรจre, non pas pour la casser mais pour la jeter contre un grand bloc rocheux. Sous le choc, la pierre s'ouvre et rรฉvรจle le trรฉsor cachรฉ d'une prรฉcieuse รฉmeraude.

  • 3.6 
  • Initiative, 
  • courage, 
  • et audace :

L’initiative doit aller de pair avec la conscience du risque, faisant du courage un acte de rรฉflexion et accompagnant l’audace de toutes les prรฉcautions, tout en considรฉrant que la sรฉcuritรฉ absolue est une utopie et que le risque n’est pas une fin en soi.

L’hรฉroรฏsme est contraire autant ร  la peur qu’ร  la tรฉmรฉritรฉ. 

La grandeur de ce qu’on fait provient de ce qu’on est. 

Comme le remarque Pier Bonacina : 

« la rรฉalitรฉ intime d’une personne se reconnaรฎt ร  partir des petites รฉpreuves et de comment elle fait face ร  des รฉvรจnements banals. »

  • 3.7 
  • Organisation, 
  • intรฉgration, 
  • et synthรจse : 

Il s’agit d’un processus de synergie propre autant ร  la vie qu’ร  l’action, requรฉrant de celle-ci une collaboration avec un ordre รฉtabli, y incluant la conscience autant de la multiplicitรฉ que de l’unitรฉ. 

La volontรฉ du moi personnel doit alors รฉvoquer et invoquer les รฉnergies du Soi transpersonnel qui est l’auteur et le collaborateur de la synthรจse, aux plans autant individuel, social et universel.

4 - L’acte volitif 

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli 

Le prรฉ requis indispensable ร  tout acte volitif est la conscience de la volontรฉ comme telle. 

« Avant d’utiliser la volontรฉ, il faudra la dรฉcouvrir en nous-mรชmes, et en avoir une prise de conscience claire. » Assagioli

Assagioli n’oublie pas cette exigence : 

« Avant d’utiliser la volontรฉ, il faudra la dรฉcouvrir en nous-mรชmes, et en avoir une prise de conscience claire. »

Cette prise de conscience suit ordinairement le processus dรฉjร  mentionnรฉ : 

  • conscience de l’existence de la volontรฉ, 
  • conscience d’avoir une volontรฉ, 
  • conscience d’รชtre une volontรฉ.

En rรฉalitรฉ, la volontรฉ humaine n’est pas toujours un fait conscient ! 

Parfois il y a des actions que l’on croit provenir de la volontรฉ, mais qui sont plutรดt le fruit d’une rรฉaction instinctuelle,
comme c’est le cas des enfants et mรชme des animaux. 

Il y a un lien รฉtroit ร  considรฉrer entre l’exercice de la libertรฉ et la prise de conscience d’avoir ou non une volontรฉ et surtout d’รชtre une volontรฉ !

Tout en associant l’auto-identification et la volontรฉ, Assagioli note que : 

« la dรฉcouverte du Soi, et consรฉquemment celle de la volontรฉ, n’arrive pas normalement avant l’adolescence. » 

La conscience de la volontรฉ doit effectivement constituer une donnรฉe prรฉalable ou concomitante ร  l’acte volitif comme fait existentiel et comme degrรฉ de responsabilitรฉ face ร  cette fonction psychologique.

 


4.1 Stades

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli 

La volontรฉ, de mรชme que les autres fonctions psychologiques, possรจdent des racines dans l’inconscient. 

Elle se manifeste au niveau conscient suivant des stades ou รฉtapes d’un processus รฉvolutif. 

Francesco Brunelli en distingue cinq :

Stade primitif :

L’รชtre humain, encore inconscient de la volontรฉ comme telle,
reste soumis aux pulsions instinctives dont il subit les actions-rรฉactions.

Stade du rรฉveil : 

La conscience de l’existence de la volontรฉ est dรฉjร  un fait !

Stade รฉlรฉmentaire :

Il y a la conscience, au niveau du moi personnel, d’avoir
une volontรฉ !

Stade avancรฉ :

On est conscient, au niveau du Soi transpersonnel, d’รชtre
une volontรฉ !

Stade total :

Il se caractรฉrise par l’intรฉgration et l’harmonie de la volontรฉ
aux niveaux personnel, transpersonnel et universel.

C’est ร  partir des trois derniers stades รฉnoncรฉs qu’il est possible de parler d’un vรฉritable acte volitif !

4.2 Phases

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli 

En plus des diffรฉrents stades de la volontรฉ, il y aussi plusieurs phases ร  considรฉrer. 

Pour celles-ci, Assagioli utilise le terme : stade ! 

Il semble cependant plus adรฉquat de rรฉserver ce terme aux stades de conscience que l’on vient de considรฉrer concernant la volontรฉ comme telle. 

Il n’y a pas d’uniformitรฉ dans la conception et la prรฉsentation des diffรฉrentes phases ou รฉtapes de l’acte volitif.

Les expositions qui s’en suivent se trouvent plus ou moins รฉlaborรฉes et en mรชme temps prรฉsentรฉes de faรงon un peu diffรฉrente dans les รฉcrits d’Assagioli !

L’รฉtude comparative de ces รฉcrits sur le sujet prรฉsente une certaine variรฉtรฉ dans la systรฉmatisation.
 

D'abord, en 1933, le thรฉoricien de la psychosynthรจse offre un cours oรน il nomme quatre phases : 

la comprรฉhension, 

l’รฉvaluation, 

le choix 

et le plan d’action !

Plus tard, en 1958, il prรฉsente de ce qu’il dรฉsigne les quatre ‘aspects’ dรฉsignรฉs comme :

dรฉlibรฉration, 

dรฉcision, 

planification, 

et exรฉcution.

Les รฉlรฉments qu’il regroupe et distingue dans chaque phase semblent ร  vrai dire assez conventionnels. Leur prรฉsentation et leur jumelage varient d’un รฉcrit ร  l’autre, et mรชme ร  l’intรฉrieur d’un mรชme รฉcrit. 

Une sรฉquence synthรฉtique et peut-รชtre plus claire pourrait รชtre la suivante :

Observation : 

Prise de conscience d’une intervention possible. 

Discernement :

ร‰tude et distinction des enjeux en prรฉsence. 

Prรฉvision : 

Prรฉvision des rรฉsultats de diffรฉrents gestes ร  poser ou ร  omettre.

Dรฉcision :

Choix des รฉlรฉments ร  garder ou ร  mettre de cรดtรฉ, aussi bien que le sens ร  suivre (Constitution des objectifs).

Programmation : 

Prรฉvision en dรฉtail des moyens et des outils nรฉcessaires
pour rรฉaliser les objectifs formulรฉs.

Concrรฉtisation : 

Exรฉcution et actualisation, jusqu’ร  l’atteinte des objectifs
visรฉs.

ร‰valuation : 

Vรฉrification des rรฉsultats (et de la finalitรฉ objective).


On peut encore, plus sommairement, considรฉrer ainsi les six รฉtapes psychosynthรฉtiques suivantes concernant l’acte volitif :

Investigation :

Questionnement sur ce que l’on veut faire et des motivations
subjacentes.

Dรฉlibรฉration : Choix et sรฉlection parmi les possibilitรฉs, au niveau des motivations, y considรฉrant les alternatives et leurs consรฉquences.

Dรฉcision : 

Formulation dos objectifs et des prioritรฉs, dans la conscience de ce que l’on prend et de ce que l’on met de cรดtรฉ au plan de l’action.

Affirmation :

Expression de la volontรฉ par le maintien et renforcement de la
dรฉcision faite, et donc sans abdication.

Planification : 

Organisation d’un programme d’action y considรฉrant les
moyens qui mรจnent ร  la concrรฉtisation de l’objectif.

Exรฉcution : 

Concrรฉtisation, pas ร  pas, du plan รฉlaborรฉ par le biais des
moyens (et des ressources disponibles) appropriรฉs.

Roberto Assagioli

La prรฉsentation qui suit constitue un rรฉsumรฉ des six phases ou stages de l’acte volitif qui correspondent aux derniers รฉcrits du thรฉoricien de la psychosynthรจse, les plus รฉlaborรฉs sur le sujet. 

La sรฉquence qui s’en suit n’est pas ร  prendre linรฉairement de faรงon rigide. 

Elle reprรฉsente surtout un enchaรฎnement de donnรฉes complรฉmentaires oรน il devient important de considรฉrer que l’acte de volontรฉ reste aussi fort que chaรฎnon le plus faible, ce qui porte ร  valoriser tous les รฉlรฉments qui l’on passe ร  considรฉrer.

  • 4.2.1 
  • But, 
  • รฉvaluation, 
  • motivation,
  • et intention...

En 1967, Assagioli inclut dans cette phase trois รฉlรฉments

but, 

รฉvaluation, 

et ses (vos) motivations. 

En 1973, il ajoute un quatriรจme รฉlรฉment :

l’intention :

celle-ci doit รชtre comprise non pas, comme un simple dรฉsir, mais comme l’utilisation effective de la volontรฉ.

ร€ l’intรฉrieur de cette phase, il est question de la prise de conscience d’un but ou des buts/ objectifs ร  atteindre, comme finalitรฉ immรฉdiate du discernement, ayant trait aux motivations et ร  l’intention ou direction envisagรฉes. 

Assagioli observe que : 

« le but, le dessin est le premier stade, qui est essentiel, car,
sans but conscient il n’y a pas de volontรฉ vรฉritable. Le choix du but est basรฉ  sur l’รฉvaluation, l’apprรฉciation, qui suscite l’intention de l’atteindre et รฉvoque la motivation.»

L’รฉvaluation ou discrimination concerne chacun des รฉlรฉments, lesquels sont interdรฉpendants, mais sans ordre fixรฉ au prรฉalable. 

Note - L’รฉvaluation est souvent nรฉcessaire, mais pour รฉviter une sorte de moralisme reliรฉ au terme de jugement, Assagioli y prรฉfรจre le mot discrimination !

La prรฉsence de tous ces รฉlรฉments n’est pas nรฉcessaire pour la manifestation de l’acte de volontรฉ. On peut toujours dรฉcouvrir des motivations jusque-lร  inconscientes. Cette premiรจre phase est รฉtroitement reliรฉe ร  la visualisation !

  • 4.2.2 
  • Dรฉlibรฉration

Il s’agit d’une sรฉquence qui est donnรฉe ร  la phase
antรฉrieure, par l’approfondissement de l’รฉtude de chaque situation, ร  partir des possibilitรฉ et alternatives prรฉsentรฉes. 

La dรฉlibรฉration fait appel au discernement, de mรชme qu’ร  l’inspiration et ร  l’intuition, de faรงon ร  fournir les donnรฉes nรฉcessaires au choix et ร  la dรฉcision qui s’ensuivent. 

Il y a de la place pour l’esprit critique en vue de la discrimination. 

Toutefois, Assagioli รฉvoque le danger d’une attitude critique excessive qui peut รฉtouffer l’inspiration **(celui qui ressent une forme de critique discriminatoire comme le racisme, le jugement de classes...**)

C’est une phase d’รฉtude oรน la mรฉditation constitue un exercice important au cล“ur de l’acte volitif.

Lorsqu’il s’agit de dรฉlibรฉrations collectives, l’avis de chaque รฉlรฉment du groupe devient indispensable.

  • 4.2.3 
  • Choix et dรฉcision 

Tout en incluant comme รฉlรฉments de cette phase le
« choix » et la « dรฉcision », Assagioli, les sรฉpare l’un de l’autre dans ses รฉcrits oรน l’on trouve d’autres combinaisons, par exemple : 

  • « dรฉlibรฉration-dรฉcision »,
  • « dรฉcision-affirmation », 
  • « dรฉlibรฉration-choix-dรฉcision ».

Dans ce dernier cas, les termes figurent ensemble comme
titre, mais dans le texte n’apparaรฎt que le terme « choix », ce qui porte ร  conclure qu’il les prend plutรดt comme des synonymes !

Il observe que : 

« le choix implique prรฉfรฉrence, et prรฉfรฉrer quelque chose, une action ou une voie exige nรฉcessairement de mettre de cรดtรฉ et d’en รฉliminer d’autres, c’est-ร -dire de les exclure. »

L’opportunitรฉ de choisir constitue souvent un dรฉfi majeur, face aux alternatives propres ร  la disjonction. 

Dans les choix les plus fondamentaux, la volontรฉ est alors tiraillรฉe par des forces opposรฉes, voire par l’attrait ou
de menace(s) d’รฉlรฉments incompatibles. 

Alors, le choix est vรฉcu comme une vรฉritable ‘dรฉ/cision’, une coupure ressentie en mรชme temps comme :  option et comme abdication, comme appropriation et ou comme renoncement !

Selon Assagioli : 

« l’expรฉrience de la volontรฉ divisรฉe est universelle ! ». 

Ainsi : 

« il y a toujours certains conflits chez tout individu normal ! »

ce qui est valable et vรฉritable, autant dans les petits choix de tous les jours que dans les options majeures de la vie.

« chaque choix entraรฎne un conflit : rester chez soi et lire, ou sortir et faire une promenade..., tout en considรฉrant qu’on ne peut pas faire les deux en mรชme temps ! »

En citant Paul Tournier selon lequel 

« vivre,  c’est choisir ? », 

il note que beaucoup n’arrivent pas ร  choisir et cรจdent ร  la tentation de tout avoir, ou de tout faire. 

Il offre ร  ce sujet la considรฉration suivante : 

« Une faรงon simple et efficace d’y arriver consiste ร  se rappeler souvent et ร  rรฉaffirmer : ‘Cela vaut la peine’. 

Ainsi, le choix et les renonciations auxquels il est associรฉ peuvent se faire de bonne grรขce et mรชme joyeusement ! »

Une telle attitude est compatible avec les consรฉquences indรฉsirables des risques mais assumรฉs. Ces risques ne correspondent pas ร  un รฉchec, mais plutรดt ร  un exercice de la volontรฉ et, comme tel, et toujours valable. 

L’attitude idรฉale, c’est d’envisager une dรฉcision en termes de prรฉfรฉrences et non pas de pertes !

Le choix ne concerne pas seulement l’alternative : 

entre bien et mal, 

le bon et le mauvais.

mais aussi l’alternative entre : 

un bien majeur 

et un bien mineur, 

ou entre 

un mal mineur 

et un mal majeur.

Face ร  des changements fondamentaux, parfois imposรฉs par le dynamisme des nouveaux temps (dit moderne**), Assagioli essaie de trouver la synthรจse des opposรฉs, sans considรฉrer ni l’ostracisme misonรฉiste ni l’aventurisme nรฉophile. 

Il croit que :

« le renouvellement peut et doit รชtre rรฉglรฉ par des choix sages et une volontรฉ ferme. »

Il faut bien souligner que le choix est, d’abord et avant tout : une responsabilitรฉ personnelle et intransmissible.

Il est รฉgalement et ร  la fois le libรฉrateur du ' puer aeternus', de l’enfant รฉternel, du prisonnier et de l’indรฉcision, et l’assurance que seulement dans la libertรฉ, il peut effectivement se manifester !

Il est รฉgalement et ร  la fois le libรฉrateur du ' puer aeternus', de l’enfant รฉternel, du prisonnier et de l’indรฉcision, et l’assurance que seulement dans la libertรฉ, il peut effectivement se manifester !
 

Assagioli essaie de faire comprendre l’importance de choisir dans l’ici et maintenant... sans se laisser tenter ni par l’impulsion hรขtive ni par l’indรฉcision paralysante.

 « Les indรฉcis doivent clairement reconnaรฎtre que dรฉcider est une chose inรฉvitable ! »

En effet, comme Assagioli remarque : l’indรฉcision, est dรฉjร  paradoxalement une dรฉcision, et peut-รชtre nรฉfaste : 

« Les indรฉcis devraient devenir clairement conscients qu’il est inรฉvitable de dรฉcider et que le fait de ne pas dรฉcider constitue dรฉjร  une dรฉcision, parfois la pire ! » 

En d’autres termes : le choix de ne pas choisir devient paradoxalement un vrai choix, celui de l’abstention peut aussi
constituer ou non une bonne dรฉcision !

Les obstacles principaux ร  une bonne dรฉcision sont : 

  • la prรฉcipitation, 
  • la peur de l’erreur, 
  • le manque 
  • ou l’exagรฉration du sens de la responsabilitรฉ, 
  • la conscience scrupuleuse, 
  • l’attitude excessivement critique, 
  • l’attachement aveugle ร  une autoritรฉ extรฉrieure, 
  • l’amour-propre attachรฉ ร  la recherche de la jouissance et de l’avoir. 

Dans le processus psychosynthรฉtique :  la dรฉcision la plus importante est celle du choix de l’authenticitรฉ, qui est
fondamentalement le choix de l’auto-identification, celui de l’identification avec le Soi.

On part alors de la sรฉcuritรฉ d’un alignement avec soi-mรชme ! 

Mais les รฉtats supรฉrieurs de conscience ne constituent pas en eux-mรชmes un garant d’une bonne interprรฉtation et d’un
bon choix. 

Toutes les informations et toutes les fonctions psychologiques
sont nรฉcessaires en tant qu’รฉlรฉments constitutifs de la moralitรฉ d’un choix.

L’indรฉcision est une paralysie qui n’atteint la volontรฉ qu’au niveau de la personnalitรฉ. 

La volontรฉ, surtout ร  son niveau transpersonnel, favorise les
dรฉcisions, sans pour autant la dรฉterminer. 

Il est possible ร  tous les niveaux de conscience de prendre autant les bonnes que les mauvaises dรฉcisions.

La promise du ' errare humanum ' - ' c’est le propre de l’humain de faire des erreurs ' -  porte ร  ne pas dramatiser l’expรฉrience effective de notre propre faillibilitรฉ (** vulnรฉrabilitรฉ).

  • 4.2.4 
  • Affirmation 

Selon le thรฉoricien de l’approche psychologique, celle-ci peut รชtre considรฉrรฉe comme : 

un commandement, 

un ordre donnรฉ avec autoritรฉ.

Cette autoritรฉ peut provenir d’une position, d’une fonction extรฉrieure; mais il s’agit avant tout et essentiellement : 

  • d’une qualitรฉ, 
  • d’une rรฉalitรฉ intรฉrieure, psychologique ou spirituelle ! 

La vraie affirmation, remarque Assagioli, prend ses
racines dans l’auto-identification : 

« L’affirmation est un acte direct de la volontรฉ; nous pouvons affirmer ce que nous voulons. Ce fait si simple est fondรฉ sur une vรฉritรฉ profonde et importante : l’affirmation est un acte
d’identification. »

Il voit dans l’affirmation « le ‘fiat’ de la volontรฉ », c’est ร  dire ' son ainsi soit-il ' qui constitue le pivot et une phase cardinale
de l’acte volitif.

c’est par la nรฉgation que l’on doit affirmer la conviction fruit d’une volontรฉ libre - Assagioli

Pourtant, parfois, c’est par la nรฉgation que l’on doit affirmer la conviction fruit d’une volontรฉ libre, d’oรน sa remarque :

« Savoir dire non aux autres et surtout ร  nous-mรชmes est un acte difficile, mais souvent nรฉcessaire, qui constitue un des meilleurs exercices de la volontรฉ ! »

Savoir dire non aux autres et surtout ร  nous-mรชmes est un acte difficile, mais souvent nรฉcessaire, qui constitue un des meilleurs exercices de la volontรฉ

Il y est question de savoir conjuguer comme remarque Assagioli : 

la gentillesse avec la fermetรฉ !

Et Ferrucci commente :

« La capacitรฉ de dire non est ร  la base de la capacitรฉ de dire oui ! »

« Osez exprimer un refus ร  une personne morale ou mรชme ร  une entitรฉ sociale est un signe de grand courage, ce courage est signe aussi d'une maturitรฉ sous forme d'un renforcement respectueux et authentique de soi ! » Eddy Vonck

« Osez exprimer un refus รฉthique ร  une personne morale ou mรชme ร  une entitรฉ sociale est un signe de grand courage, ce courage est signe aussi d'une maturitรฉ sous forme d'un renforcement respectueux et authentique de soi ! » Eddy Vonck  

Le premier acte de volontรฉ consiste dans l’affirmation : 

« je veux vouloir ! »

Cette affirmation peut aussi advenir paradoxalement sous la forme du : 

‘je ne veux pas !’

Le caractรจre valide de l’affirmation est la cohรฉrence avec la volontรฉ, tout en syntonie avec le respect de soi-mรชme. 

En fait, la grande victoire de la volontรฉ ne consiste pas ร  s’affirmer face aux autres, mais par rapport ร  soi-mรชme !

« Si tu ne me respecte pas, comment veux-tu que moi-mรชme je te respecte ? Le respect est un รฉtat qui doit fonctionner dans la rรฉciprocitรฉ » - Eddy Vonck 

En psychosynthรจse, l’affirmation fait l’objet d’une technique spรฉcifique reliรฉe ร  celle : 

  • des mots รฉvocateurs, 
  • de la rรฉpรฉtition, 
  • et de l’utilisation de l’imagination !

Puisque l’affirmation constitue un acte d’identification, il y a un rapport รฉtroit entre la technique de l’affirmation et celle de l’auto-identification. 

Chez quelqu’un qui est bien identifiรฉ** avec soi-mรชme, l’affirmation se caractรฉrise en mรชme temps par la fermetรฉ et par de la souplesse

Elle est simultanรฉment conviction et relativisation !

Le fait d’รชtre bien identifiรฉ** avec soi-mรชme porte ร  รชtre effectivement dรฉsidentifiรฉ de ses propres convictions, et ร  compter aussi (ou pas) sur la conviction des autres, et cela sans absolutiser ni sa conviction ni celle d’autrui !

** certain

  • 4.2.5 
  • Planification et programmation

Pour distinguer et prรฉciser la signification de ces termes, il faut relier la planification ร  la dรฉtermination prรฉcise des objectifs, aussi bien que : 

la programmation ร  la structuration des actions, 

des moyens, 

des facteurs d’intervention, 

tout en tenant compte des รฉchรฉanciers et de l’attente des objectifs formulรฉs. 

Le fondateur de la psychosynthรจse relie la planification au plan global, et la programmation aux dรฉtails. Il compare la premiรจre ร  la stratรฉgie, et la deuxiรจme ร  la tactique !

 

Dans la programmation :

il est important de savoir ce qu’Assagioli appelle la

« vision trifocale » :

  • qui embrasse en mรชme temps le but lointain (objectif
    terminal), 
  • les stades intermรฉdiaires (objectifs intermรฉdiaires), 
  • et le prochain pas ร  faire (objectif immรฉdiat), 

de telle faรงon qu’on puisse voir :

la montagne ร  gravir,  

le chemin qui mรจne au sommet, 

et le bon endroit oรน placer le pied !


Tant que la planification et la programmation de la vie individuelle ne sont pas convenablement faites, il y a le danger de planifier et de programmer dans le plan collectif ร  partir de promises faussรฉes. 

L’intรฉrรชt et l’expertise dans la planification et la programmation centrรฉes sur l’avoir courent le risque d’un รฉchec s’ils n’accordent pas prioritรฉ au domaine de l’รชtre. 

Le qui ' Nous Sommes ' dรฉtermine et caractรฉrise nos actions et omissions.

Qui manque de planifier planifie la faillite. 

Cette phase de l’acte volitif constitue un lieu privilรฉgiรฉ pour les exercices de l’auto-identification et du modรจle idรฉal.

La phase de planification et de programmation fait appel au dรฉveloppement des qualitรฉs de clartรฉ et de souplesse, alliรฉes au sens du rรฉel et au respect humain, de sorte que l’รชtre humain soit toujours le sujet et jamais l’esclave de quelque objectif que ce soit. 

Il y faut toujours considรฉrer : 

le rรฉalisme de chaque situation, 

le sens de la coopรฉration, 

l’รฉveil des motivations, 

ainsi que les รฉvaluations en cours de route, menant aux
corrections et adaptations,
ce qui fait appel aussi ร  de la flexibilitรฉ !

  • 4.2.6 
  • Direction de l’exรฉcution

Cette phase met en รฉvidence le rรดle de la volontรฉ en tant qu’intermรฉdiaire entre le centre de conscience et les autres fonctions psychologiques !

Il y a leur mise en action, en vue d’atteindre le but/ objectif envisagรฉ, aussi bien que leur direction tout au cours du dรฉroulement de l’action. 

C’est le centre de conscience qui dรฉtermine la direction de l’exรฉcution. 

Comme le souligne Assagioli :  

« ce centre de conscience n’est pas un simple observateur, mais peut รชtre aussi ' actif ', en modifiant la personnalitรฉ - C’est-ร -dire qu’il est le ' sujet-volontรฉ ' qui dirige et rรจgle les diffรฉrentes fonctions de la psychรฉ. » 

C’est ร  noter, avec lui, que la direction de l’exรฉcution dรฉpend de la capacitรฉ d’utiliser la volontรฉ - de faรงon juste ! et - dans la bonne direction.

Selon la consigne d'Assagioli, on doit tenir compte aussi du fait que - la volontรฉ n’est pas effort : choix et dรฉcision. En d’autres termes, c’est un pouvoir qui dirige, qui commence et qui oriente

La phase direction de l’exรฉcution est รฉtroitement reliรฉe ร  la troisiรจme phase ' choix et dรฉcision '

ainsi qu’ร  la capacitรฉ :

de s’affirmer par une volontรฉ ร  la fois :  

  • forte, 
  • sage 
  • et bienveillante. 

C’est la phase de direction de l’exรฉcution qui met ร  l’รฉpreuve la vraie comprรฉhension du rรดle de la volontรฉ et qui sert ร  la tester. 

Assagioli observe que :  

la fonction spรฉcifique de la volontรฉ est de diriger et non pas d’exiger !

La volontรฉ est le moteur en scรจne des actions mais qui ne sont pas des acteurs !

Pour que celle-ci puisse bien diriger l’exรฉcution, il y faut, comme condition prรฉalable, la conscience d’un sens.

Assagioli - Pour que celle-ci puisse bien diriger l’exรฉcution, il y faut, comme condition prรฉalable, la conscience d’un sens.
La phase de direction de l’exรฉcution reste alors รฉtroitement reliรฉe au postulat du sens de la vie et de l’action que l’on propose ou que l’on accepte !

Elle postule la connaissance de soi et la maรฎtrise de soi au niveau de la psychosynthรจse individuelle, et l’assurance des bonnes relations en ce qui concerne la psychosynthรจse sociale ou ** universelle !

4.3 Lois de rรฉciprocitรฉ

Il ne suffit pas de vouloir !

Il est tout aussi important 

de vouloir le bien et de bien vouloir !

L’entraรฎnement de la volontรฉ postule non seulement la
connaissance des lois de bonnes relations
concernant la psychosynthรจse interpersonnelle, mais d'abord et avant tout celle des lois intra personnelles relatives ร  l’interaction des diffรฉrentes fonctions psychologiques !

L’idรฉal d’une volontรฉ bien entraรฎnรฉe et intรฉgrรฉe prรฉsuppose une bonne comprรฉhension de son rรดle alliรฉ ร  la connaissance du rapport entre toutes les fonctions psychologiques, oรน il y a des lois spรฉcifiques ร  considรฉrer. 

Psychosynthรจse - Il s’agit de forces psychologiques soumises ร  des combinaisons et rapports d’influence mutuelle.
Il s’agit de forces psychologiques soumises ร  des combinaisons et rapports d’influence mutuelle. 

Assagioli observe que : 

« les diverses fonctions psychologiques peuvent s’interpรฉnรฉtrer et interagir, mais la volontรฉ est dans une position permettant de diriger leur interpรฉnรฉtration et leur interaction. La position centrale de la volontรฉ assure une sorte de suprรฉmatie ร  travers son pouvoir rรฉgulateur, ce pouvoir รฉtant par contre gouvernรฉ par ces lois psychologiques. »

Il identifie quelques-unes de ces lois, huit et plus tard dix, un nombre que l’on passe ร  considรฉrer dans le rapport avec les diffรฉrentes fonctions psychologiques, tenant compte particuliรจrement du rรดle de l’acte volitif.

4.3.1 

Les images ou reprรฉsentations mentales et les idรฉes ont tendance ร  produire des รฉtats physiques et des actes extรฉrieures qui leurs correspondent.

ร€ partir de cette premiรจre loi :

Assagioli observe que : 

« la volontรฉ peut รชtre consciemment ou et intentionnellement utilisรฉe par l’individu pour choisir et รฉvoquer :

des images 

et des idรฉes 

qui l’aideront ร  produire les actions souhaitรฉes ! »

Il s’inspire du principe formulรฉ par William James, selon lequel : chaque image a en elle-mรชme un รฉlรฉment moteur en rapport avec le systรจme musculaire !

Il appartient ร  la volontรฉ de mobiliser cette รฉnergie de l’imagination et de la pensรฉe, par le biais d’exercices appropriรฉs comme l’รฉvocation, la suggestion et l’autosuggestion !

4.3.2 

Les attitudes, les mouvements et les actions ont tendance ร  รฉvoquer des images et des idรฉes qui leur correspondent; celles-ci en retour (selon la loi suivante) รฉvoquent ou intensifient les รฉmotions et les sentiments correspondants !

Cette loi psychologique permet de mieux comprendre le rรดle du corps et son interaction avec l’esprit par :

  • La voix, 
  • les mouvements, 
  • la mimique, 
  • la danse, 
  • le thรฉรขtre, 
  • la gymnastique, 
  • la catharsis, l
  • a dรฉtente... 

servirons alors de moyens ร  l’esprit pour susciter des images, des idรฉes et des attitudes que l’on dรฉsire รฉvoquer ou et renforcer. 

Ces moyens se trouvent en rapport รฉtroit avec la maรฎtrise de soi documentรฉe en Orient par la technique do ' mudra ' destinรฉe ร  exprimer les รฉtats dรฉsirรฉs par le mouvement et le geste symbolique !

4.3.3 

Les idรฉes et les images 

ont tendance ร  รฉveiller les รฉmotions et les sentiments qui leur correspondent !

Il s’agit d’une loi qui est en rapport รฉtroit avec les deux premiรจres dรฉjร  prรฉsentรฉes... Mais aussi avec les deux derniรจres รฉnumรฉrรฉes ci-aprรจs.

L’influence rรฉelle des idรฉes et des images sur la vie รฉmotive et sentimentale est trรจs รฉvidente dans la production littรฉraire et cinรฉmatographique. 

En lien avec cette loi psychologique, la psychosynthรจse privilรฉgie la technique dite : 

des mots รฉvocateurs

ainsi que : 

la lecture, 

l’รฉtude, 

et les exercices de rรฉpรฉtition.

La volontรฉ a le rรดle de l’initiative qui mobilise les รฉnergies des รฉmotions et des sentiments !

4.3.4 

Les รฉmotions et les impressions tendent ร  รฉveiller 

et ร  intensifier les idรฉes et les images qui leur correspondent ou qui leur sont associรฉes !

Dans la rรฉciprocitรฉ des รฉlรฉments psychologiques en interaction, il y a toujours une sorte de rรฉpรฉtition, plus รฉvidente ici que par rapport ร  la premiรจre et ร  la troisiรจme loi prรฉsentรฉs. 

Dans cette quatriรจme loi : 

le point de dรฉpart est la vie รฉmotive et la sensibilitรฉ. 

Comme le remarque Assagioli : 

on peut tomber

« dans un cercle vicieux oรน une รฉmotion crรฉe une image qui affecte la condition physique qui produit d’autres รฉmotions ! »

Pour รฉviter ce genre de  - cercle vicieux, ou pour - s’en sortir -, il recommande la dรฉsidentification, comme รฉtant la technique la plus efficace ร  cet รฉgard !

4.3.5 

Les besoins, 

les instincts, 

les impulsions 

et les dรฉsirs 

ont tendance ร  soulever des images, des idรฉes et des รฉmotions correspondantes. 

En retour, les images et les idรฉes (selon la loi 1) amรจnent des actions correspondantes !

Face ร  l’ambiguรฏtรฉ rรฉelle de la vie instinctive, beaucoup de gens se rรฉfugient soit dans l’intolรฉrance, ou l’abdication, tout en รฉtant reliรฉes. La premiรจre ร  une fausse maรฎtrise de la situation, et la deuxiรจme ร  un esclavage par rapport ร  soi-mรชme. 

Le danger rรฉside dans les extrรชmes : 

soit la force coercitive de la conviction ou celle de la crainte, soit la paresse capricieuse qui trouve ร  justifier mรชme la non-intervention, oรน en se rรฉfugiant par exemple dans le sophisme !

L’attrait pour la rationalisation et ou ร  la tendance ร  justifier nos penchants prouvent la force de cette loi, surtout au niveau de la volontรฉ forte !

La prise de conscience du chaos psychologique provenant des tensions entre les bonnes et les mauvaises tendances, ou entre les vrais et les faux besoins, peut faire appel ร  la volontรฉ accueillante en vue du discernement et de l’harmonie propres ร  la psychosynthรจse. 

Assagioli observe que : 

« lorsqu’on utilise la volontรฉ sage, on a pas besoin de rรฉprimer les รฉmotions nรฉgatives ou de les piรฉtiner durement. En plus d’รชtre inefficaces, pareilles procรฉdures coรปtent bien cher !»

** en neuroscience - des รฉtudes (voir mes dossiers - sur le traumatisme - syndrome de stress post traumatique et le Docteur Bessel van der Kolk) prouvent que le corps, l'รขme et l'esprit encaissent mal (maux et maladies) lorsqu'on refoule nos รฉmotions ou et nos sensations nรฉgatives souvent corporelles ou somatiques. Refouler, vous rend malade ! **

Les exercices les plus adaptรฉs ร  cette loi sont : 

la dรฉsidentification, 

l’observation dite objective (** authentique envers soi)

la rรฉtrospective de la journรฉe, (sous forme par exemple d'un cahier personnel oรน vous รฉcrivez tous ce qui passent ร  travers l'esprit autant les belles choses et les moins bonnes !)

et le carnet psychologique !

4.3.6 

L’attention, 

l’intรฉrรชt, 

les affirmations 

et les rรฉpรฉtitions 

renforcent les idรฉes, les images et les formulations psychologiques sur lesquelles ils sont centrรฉes !

En suivant Assagioli, on peut comparer l’attention ร  une lentille qui concentre la lumiรจre et qui rend plus claires les images, tandis que l’intรฉrรชt provoque leur agrandissement !

Dans l’affirmation et la rรฉpรฉtition :

on peut voir respectivement l’attention dispensรฉe ร  un dรฉtail donnรฉ et l’insistance sur un objectif prรฉcis. 

C’est sur cette loi psychologique en particulier que se
fonde par exemple la publicitรฉ/ le marketing. 

En psychosynthรจse, cette loi est en lien direct avec les
exercices : 

  • de concentration, 
  • de mรฉditation, 
  • d’affirmation 
  • et de rรฉpรฉtition.

Lorsqu’il s’agit d’idรฉes et d’images indรฉsirables, ce sont surtout les techniques de dรฉsidentification et de substitution qui sont les plus recommandables par leur pouvoir de dรฉconnecter volontairement la volontรฉ et de l’orienter vers un autre objectif !

Pour changer de focus des idรฉes nรฉgatives, 

il est nรฉcessaire de trouver une stratรฉgie plaisante sur du long terme, 

sinon il y a un risque que l'idรฉe nรฉgative revienne amplifiรฉe 

et 

renforcent aussi une maladie ou un syndrome traumatique soit conscient ou inconscient ou mรชme refoulรฉ. 

En prendre conscience est un premier pas vers une guรฉrison possible !  

Eddy Vonck 

4.3.7 

La rรฉpรฉtition des actions intensifie 

le besoin de les rรฉitรฉrer 

et 

rend leur exรฉcution plus facile et meilleure, 

jusqu’au point 

oรน elles peuvent รชtre exรฉcutรฉes inconsciemment !

Par cette loi :

on peut mieux comprendre le mรฉcanisme qui mรจne aux
habitudes et ร  la maรฎtrise inconscientes, et qui fait souvent place : 

ร  l’automatisme, 

ร  la routine, 

de faรงon ร  enraciner autant les vertus que les vices !

Il appartient ร  la volontรฉ d’intervenir soit par la rรฉpรฉtition, lorsqu’on veut dรฉvelopper davantage de bonnes habitudes, soit par un changement de geste, de posture ou et d’action, lorsqu’il est question d’รฉliminer celles qui ne conviennent plus. 

Avec William James, Assagioli maintient :  

au principe de notre propre responsabilitรฉ face aux habitudes acquises (apprises), sans croire pour autant que celles-ci nous enlรจvent toute libertรฉ d’action et d’intervention. 

En plus... 

  • de la rรฉpรฉtition, 
  • la mรฉditation, 
  • l’invocation 
  • et la rรฉtrospective de la journรฉe 

sont parmi les exercices les plus directement reliรฉs ร  cette loi psychologique !

4.3.8 

Toutes les diverses fonctions et leurs multiples combinaisons complexes et en sous-personnalitรฉs utilisent indรฉpendamment les moyens pour atteindre leurs fins sans que nous en soyons conscients, et mรชme parfois contre notre volontรฉ consciente !

Chaque fonction psychologique a son cรดtรฉ inconscient lequel n’est pas toujours en harmonie avec l’aspect conscient. 

Cette loi dont l’importance est soulignรฉe par Assagioli fait prendre conscience de l’existence de l’inconscient et de son rรดle vรฉrifiรฉ dans les effets au niveau de chaque fonction, y compris celle de la volontรฉ !

L’harmonisation entre le conscient et l’inconscient devient possible et effective dans la mesure oรน la volontรฉ
consciente accepte la spontanรฉitรฉ des manifestations
inconscientes, en prenant la responsabilitรฉ de contacter et de maรฎtriser ce que Charles Baudouin, appelle les « lois de finalitรฉ subconsciente. »

Une telle maรฎtrise concerne la ' volontรฉ sage ' et bonne ou bienveillante plutรดt que la ' volontรฉ forte ' !

Au sujet des complexes, pour Assagioli, il s’agit d’un conglomรฉrat d’รฉlรฉments psychologiques ayant une grande charge รฉmotive !

Il y a, alors, une paire :  une รฉmotivitรฉ et une complexitรฉ, d'oรน la difficultรฉ d’en prendre conscience !

Le travail sur les sous-personnalitรฉs 

en vue de leur intรฉgration n’est pas possible que dans la mesure oรน l’on tient compte du monde rรฉel 

( tel qu'il est **) 

et de l’inconscient lequel a constituรฉ l’objet d’รฉtude d'un de mes autres chapitres partagรฉs sur ce blog !

 4.3.9 

Les instincts, 

les impulsions, 

les dรฉsirs 

et les รฉmotions tendent ร  s’exprimer et demandent leur expression !

Le besoin d’expression provient du caractรจre essentiellement dynamique de tous les รฉlรฉments de la psychรฉ. 

La connaissance de cette loi porte ร  รฉviter plus facilement la voie des extrรชmes, autant que celle du refoulement, que celle
du dรฉfoulement... La premiรจre รฉtant reliรฉe aux impรฉratifs d’une volontรฉ forte, et la deuxiรจme ร  l’abdication du contrรดle de l’acte volitif. 

L’exercice de dรฉsidentification rend plus facile le rรดle de la volontรฉ ร  l’รฉgard de l’expression des รฉnergies biopsychiques, 

tout en considรฉrant aussi l’รฉnoncรฉ de la loi suivante.

4.3.10 

Les รฉnergies psychologiques 

peuvent trouver 

leur expression : 

1) directement (dรฉcharge – catharsis) ; 

2) indirectement, par l’action symbolique ; 

3) par un processus de transmutation !

Cette loi ร  caractรจre technique postule un ensemble de donnรฉes reliรฉes ร  : 

la connaissance de soi 

et ร  la maรฎtrise de soi, 

oรน 

ร  l’intervention de la volontรฉ !

 
Qui doit compter sur l’ensemble des lois juste รฉnoncรฉes, notamment cette derniรจre !

L’expression directe ou indirecte des รฉnergies psychologiques fait appel ร  la considรฉration des circonstances dictant le meilleur critรจre, toujours de faรงon ร  รฉviter le refoulement. 

Il y a toute une gamme de possibilitรฉs d’expression 

des รฉnergies biopsychiques, 

incluant leur transformation et leur sublimation.

Eddy Vonck - Psycho Synthรจse - Roberto Assagioli
 

5 - Entraรฎnement de la volontรฉ

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli

L’importance accordรฉe par Assagioli ร  l’acte de volontรฉ comme tel porte ร  considรฉrer combien chez lui le cรดtรฉ pratique existentiel y est fondamental !

En fait, remarque-t-il : 

« une รฉtude historique des problรจmes reliรฉs ร  la volontรฉ dรฉmontre que les tentatives de rรฉsolutions de ces problรจmes sur des bases thรฉoriques et conceptuelles, non seulement ne conduisent ร  aucune solution, mais conduisent ร  la contradiction, la confusion et la perplexitรฉ ! »

La Volontรฉ est donc prioritaire, ce qui n’exclut pas et ne
doit pas non plus se dispenser de l’apport toujours complรฉmentaire de formulations thรฉoriques quoique subsรฉquentes !

C’est ร  souligner, encore une fois, le rรดle de la volontรฉ ร  l'รฉgard des autres fonctions psychologiques. 

Pour Assagioli : 

« le dรฉveloppement de la volontรฉ constitue, dans un certain sens, la tรขche centrale de la psychosynthรจse, รฉtant donnรฉ que la volontรฉ devient le principe unificateur et directif de toutes les fonctions psychologiques. »

ร€ la suite d’Hermann Keyserling

il compare le rรดle de la volontรฉ ร  celui 

d’un chef d’orchestre !

Celui-ci n’est ni l’auteur de la musique, qui appartient au centre de conscience, ni celle qui joue les diffรฉrents instruments confiรฉs ร  chacune des autres fonctions psychologiques !

Le rรดle spรฉcifique de la volontรฉ est de ce fait allรฉgoriquement prรฉsentรฉ par le thรฉoricien de la psychosynthรจse dans les termes suivants : 

« La volontรฉ centrale distribue les tรขches aux autres
รฉlรฉments de la personnalitรฉ. Elle est semblable au chef d’orchestre qui, au lieu de dominer, se met au service du compositeur et de la musique. »

Ailleurs, il prรฉcise davantage : 

« Sa vรฉritable tรขche est de ‘mobiliser’ les autres fonctions psychologiques : 

  • pensรฉe, 
  • sentiment, 
  • imagination, 
  • dรฉsir,
  • impulsion, 

et ensuite d’en diriger et d'utiliser les activitรฉs. 

Il ne s’agit donc pas d’imposer, ni de commander, mais de : 

  • susciter, 
  • de promouvoir, 
  • de coordonner, 
  • de diriger, 
  • de rรฉgler d’autres fonctions. 

Cela ne nรฉcessite aucun effort violent, pas plus que la personne qui conduit une voiture ou tient le gouvernail d’un bateau ne fait d’effort ! » 

En d’autres termes de comparaison : 

La fonction de la volontรฉ ressemble ร  elle du timonier d’un navire. Il sait quelle devrait รชtre la direction du navire et il maintient cette direction de faรงon stable, malgrรฉ les dรฉrivations causรฉes par le vent et le courant. 

Mais le pouvoir dont il a besoin pour tenir la barre est tout ร  fait diffรฉrent de celui qui est nรฉcessaire pour le faire avancer. 

Ce serait une erreur de voir dans ce rรดle intermรฉdiaire ou de mรฉdiateur une fonction d'automate. La mรฉdiation et la
coordination peuvent รชtre hautement crรฉatrices et originales !

Assagioli souligne que : 

la volontรฉ - dirige, rรจgle et รฉquilibre - les autres fonctions de la personnalitรฉ de maniรจre crรฉatrice !

Chez Gabriello Cirenei : 

la 'Volontรฉ ' est รฉgalement prรฉsentรฉe comme รฉtant essentiellement une รฉnergie libรฉratrice, affirmative et crรฉatrice !

Une fois bien maรฎtrisรฉe, l’รฉnergie de la volontรฉ peut devenir effectivement innovatrice et libรฉratrice; mais lorsqu'elle devient incontrรดlรฉe, elle peut devenir impรฉrative, dรฉmolisseuse et dรฉvastatrice. 

Assagioli dรฉfini - « la volontรฉ est la plus haute et en mรชme temps la plus dangereuse des facultรฉs de l’รขme humaine ! »

C’est pourquoi, il fait voir que cette fonction psychologique, comme les autres fonctions, ne doit pas faire l’objet d’une รฉducation appropriรฉe !

Il y voit mรชme le point de dรฉpart de toute ล“uvre รฉducative, une fois considรฉrรฉ l’acte volitif comme le centre et l’รฉnergie propulsive de l’action psychosynthรฉtique dans tous les domaines : 

  • formation et dรฉveloppement individuel, 
  • thรฉrapie, 
  • รฉducation, 
  • rapports interpersonnels, 
  • et vie sociale.

Si l’on revient soit aux qualitรฉs soit aux dรฉviations de la volontรฉ, on est portรฉ ร  considรฉrer et de tenir compte soit des vertus ou forces, telles que : 

le propos, 

la fermetรฉ, 

la persรฉvรฉrance, 

la fidรฉlitรฉ, 

la conviction, 

la patience, 

la tolรฉrance 

et l’humilitรฉ, 

soit de la possibilitรฉ des abus par rapport ร  cette fonction psychologique, tels que : 

l’orgueil, 

l'obstination, 

l’arrogance,

l’agressivitรฉ, 

ou alors des dรฉfauts tels que : 

l’indiffรฉrence 

et l’abdication. 

Quelqu’un dรฉpourvu de volontรฉ serait un automate en guise de comparaison d’un robot qui ne possรจde ni la volontรฉ autonome ni le sens de la responsabilitรฉ !

Lorsqu’on parle de perte de volontรฉ, ou volontรฉ nulle,
on pense plutรดt ร  l’hypoboulie en tant que faiblesse de la volontรฉ. 

Cela n’est pas synonyme d’indรฉcision. 

L’indรฉcis veut que les autres, le temps, ou les รฉvรจnements lui apportent la solution !

L’indรฉcis veut que les autres, le temps, ou les รฉvรจnements lui apportent la solution !
Assagioli souligne le rรดle รฉducatif de la fonction volitive non seulement pour ce qui concerne les autres aspects de la personnalitรฉ, mais aussi et avant tout par rapport ร  elle-mรชme : 

« La volontรฉ qui a le pouvoir 

de se dรฉvelopper 

et de se renforcer elle-mรชme, 

et 

qui peut diriger 

les autres fonctions
psychologiques, 

peut aussi, et cela 

constitue son plus haut pouvoir : 

se maรฎtriser elle-mรชme ! »

Mais le centre de conscience, distinct de n’importe quelle fonction psychologique, est toujours le premier agent qui peut intervenir, par le biais de la volontรฉ, non seulement sur les autres fonctions psychologiques mais sur la volontรฉ elle-mรชme !

Fondamentalement, c’est au centre de conscience qu’appartiennent : 

  • la dรฉcision, 
  • l’engagement, 
  • le choix 
  • et l’action !

Toutefois, c’est par la volontรฉ que le centre de conscience peut se faire l’intรฉgration, l’harmonisation et la synthรจse de tous les รฉlรฉment de la personnalitรฉ. 

Tant que l’รฉnergie de la volontรฉ n’est pas elle-mรชme reconnue, maรฎtrisรฉe et intรฉgrรฉe, toute l’ล“uvre รฉducative reste compromise. 

C’est pourquoi Assagioli considรจre que : 

« le centre, 

est le pivot de toute l’action intรฉrieure 

de l’รฉducation de la volontรฉ ! »

Il y voit :

« un bien le plus prรฉcieux pour l’รชtre humain, bien souvent nรฉgligรฉ et mal connu par celui-ci.»

Plus encore, il y a le fait et le danger de mal l’utiliser, d’oรน son observation sur - le fait qu’il s’agit de la facultรฉ humaine simultanรฉment la plus haute et la plus dangereuse ! »

L’รฉducation de la volontรฉ prend sa source et va de pair avec l’auto-identification et la conscience du lien รฉtroit et pratiquement insรฉparable entre l’expรฉrience de l’existence et celle de l’acte volitif. 

L’intimitรฉ d’un tel rapport est mise en รฉvidence par Assagioli en ces termes : 

« La dรฉcouverte que le moi et la volontรฉ sont intimement liรฉs 

peut 

transformer entiรจrement la conscience 

que l’individu a de lui-mรชme 

et du monde extรฉrieur. 

Il comprend qu’ 

' il est un sujet vivant ' , un ' acteur '

dotรฉ de pouvoir de choisir,
d’รฉtablir une relation, 

de changer sa personnalitรฉ propre et celle d'autrui 

et 

les รฉvรฉnements. 

Cette prise de conscience donne naissance ร  un sentiment d'entiรจretรฉ, de sรฉcuritรฉ et de joie. 

En nรฉgligeant la dimension centrale de la volontรฉ, 

la psychologie moderne a niรฉ que nous ayons une expรฉrience directe du moi. 

Mais si l’on est convaincu que tout รชtre humain a une volontรฉ, on perรงoit la relation รฉtroite 

entre 

la volontรฉ et le moi ! »

La dรฉcouverte de ' soi-mรชme ' et celle de sa propre volontรฉ font l’objet d’une rรฉvรฉlation, quoique parfois prรฉcรฉdรฉe de crises d’identitรฉ et de dรฉcouragement.

Une des grandes faiblesses de la psychologie moderne, on l’a dรฉjร  notรฉ, a รฉtรฉ de mรฉpriser le concept de volontรฉ !

« La volontรฉ peut vรฉritablement รชtre appelรฉe le facteur inconnu ou nรฉgligรฉ par la psychologie dite moderne, la psychothรฉrapie et l’รฉducation ! »

Si les abus de la volontรฉ sont ร  l’origine de la tyrannie, son ignorance donne lieu ร  l’anarchie !

Selon Gabriello Cirenei : 

« pour sortir du dilemme tyrannie-anarchie, il y a seul moyen : donner ร  la volontรฉ sa juste place dans l’รฉducation ! »

Il ne suffit pas d’รชtre conscient et d’avoir une volontรฉ ou d’รชtre une volontรฉ ! 

Il est tout aussi nรฉcessaire de connaรฎtre ses forces et ses faiblesses, sa portรฉe et ses limites. 

La voie de nos possibilitรฉs dรฉbute par l’humble reconnaissance de nos insuffisances. 

Selon un proverbe : 

« lร  oรน il y a la volontรฉ, il y a aussi une voie ! »

Il y a cependant une diffรฉrence entre : 

la dรฉcouverte du potentiel de la volontรฉ 

et la capacitรฉ de le mettre ร  profit. 

Avant que la volontรฉ soit un levier de libertรฉ, elle doit faire l’objet d’une dรฉlibรฉration !

C’est ร  remarquer, avec Assagioli que :  

« la volontรฉ n’est pas une valeur - c’est une รฉnergie ! »

Le grand objectif de l’รฉducation de la volontรฉ est : 

d’apprendre ร  connaรฎtre, 

ร  maรฎtriser 

et ร  utiliser celle-ci en tant qu’intermรฉdiaire entre le centre de conscience et la personnalitรฉ !

Autrement dit : 

il ne s’agit pas de crรฉer la volontรฉ mais de la dรฉcouvrir davantage et de mieux l’utiliser. 

Le premier pas et manifestation spontanรฉe dans l’acte de volontรฉ est l’aspiration. Celle-ci gรฎt au cล“ur de la vie et prรฉcรจde, de faรงon inconsciente, la tendance et le dรฉsir conscients !

L’รฉducation de la volontรฉ concerne l’expression d’une potentialitรฉ intรฉrieure en rapport avec l’expรฉrience d’un fait existentiel tout ร  fait personnel. 

Cette expรฉrience, comme celle de la vie, s’acquiert directement !

Elle n’est pas transmissible, et elle ne peut pas รชtre dictรฉe non plus !

Celui qui impose sa volontรฉ ร  quelqu’un ne transmet
pas de la volontรฉ !

C'est quatre volontรฉs !!!!!!!!!!!!!!!

Au contraire : il risque de neutraliser la volontรฉ de la personne qui obรฉit jusqu’ร  pouvoir la transformer dans un sujet-objet automate, aliรฉnรฉ, ou et irresponsable !

Seul dans le respect pour sa propre autonomie et celle des autres on doit contribuer ร  l’รฉducation de la fonction
volitive !

L’รฉducation de la volontรฉ est fondamentalement l’entraรฎnement d’une fonction qui s’exerce en acte : 

il faut vouloir pour apprendre ร  mieux vouloir.


Assagioli parle de ' gymnastique psychologique ' ou de l’ ' entraรฎnement systรฉmatique ' ร  propos du dรฉveloppement des fonctions psychologiques.

Lorsqu’il y est question de l’acte volitif : il parle alors de ' gymnastique de la volontรฉ '.

Selon Assagioli : 

« l’exercice physique 

apporte 

une contribution prรฉcieuse 

ร  l’รฉducation de la volontรฉ 

et du 

caractรจre en gรฉnรฉral ! »

Beaucoup d’exercices de gymnastique corporelle semblent รชtre des mouvements inutiles, tant que l’on ne connaรฎt
pas leur signification et leurs objectifs !

Il en est de mรชme lorsqu’il est question de l’entraรฎnement de la volontรฉ. 

ร€ la suite de William James, Assagioli suggรจre la mรฉthode des exercices ‘inutiles’ dans l’entraรฎnement de l’acte volitif : faire systรฉmatiquement de petites choses, apparemment perรงus comme des bagatelles !

Assagioli :   « l’exercice physique   apporte   une contribution prรฉcieuse   ร  l’รฉducation de la volontรฉ   et du   caractรจre en gรฉnรฉral ! »

 

Pourtant, un tel entraรฎnement n’est pas du tout une futilitรฉ !

Selon Gabriello Cirenei : 

« la volontรฉ est affirmation de l’Esprit dans la matiรจre dont la manifestation premiรจre et la plus รฉlรฉmentaire est le sport. 

ร‰duquer la volontรฉ, 

c’est faire du sport ร  une octave supรฉrieure ! »

La dรฉcouverte de la volontรฉ va de pair avec la connaissance de soi-mรชme.


Autrement dit : 

elle est รฉtroitement reliรฉe et dรฉpendante de l’auto identification !

Selon Assagioli : 

« la dรฉcouverte de la volontรฉ 

coรฏncide avec la dรฉcouverte de ' nous-mรชmes '

le notre vrai 

' Je '  ou ' Soi '.»

Alors, il ne suffit pas de dire que l’on est une volontรฉ ! 

Il est plus fondamental encore de savoir tout court qui l’on est, bien que - connaissance de soi -  et  - connaissance d’รชtre une volontรฉ - aillent ensemble !

Il fait voir que : 

« la dรฉcouverte de la volontรฉ en soi, et mรชme plus, la prise de conscience que le Soi et la volontรฉ sont intimement liรฉes, peuvent s’avรฉrer une vรฉritable rรฉvรฉlation capable de modifier, souvent radicalement, la conscience qu’on a de soi et toute son attitude envers soi-mรชme, envers les autres et envers
l’univers ! »

Avec Assagioli , il faut considรฉrer que : 

« l’entraรฎnement de la volontรฉ est une tรขche permanente qui demande de la persistance, de la patience, une intention soutenue et ferme ! »

Le grand dรฉfi, la grande รฉpreuve, est aussi une grande opportunitรฉ pour la volontรฉ personnelle est la volontรฉ des autres ! 

Tant que notre volontรฉ n’est pas confrontรฉe ร  la volontรฉ d’autrui, nous sommes encore loin d’รฉprouver la qualitรฉ et la portรฉe de cette fonction psychologique !

Francesco Brunelli, fait voir en 1974 que : 

« la finalitรฉ du dรฉveloppement de la volontรฉ est celui d’exprimer l’homme intรฉgral.» 

Au sujet des mรฉthodes de dรฉveloppement de la volontรฉ, Assagioli mentionne, entre autres : 

  • l’activitรฉ physique, 
  • les activitรฉs crรฉatrices, 
  • la concentration, 
  • la mรฉditation 
  • et l’invocation.

En effet, remarque-t-il :

« toute technique demande l’utilisation de la volontรฉ qui pourrait รชtre considรฉrรฉe comme le ‘deus ex machina’ dans chaque cas ! »

Parmi les exercices plus directement centrรฉs sur l’รฉducation de la volontรฉ, il y en a d'autres comme : 

  • la mรฉditation, 
  • l’auto-identification 

et aussi : 

  • l’acceptation. 

Celle-ci n’a rien ร  voir avec la rรฉsignation ! Elle ne signifie pas nรฉcessairement non plus l’approbation ! 

Savoir accepter, c’est savoir collaborer d’abord avec l’inรฉvitable, soit pour un bien meilleur soit pour รฉviter un plus grand mal !

Dans cette optique, 

il y a des lois psychodynamiques destinรฉes 

non pas 

ร  contrรดler, 

mais 

ร  favoriser

la bonne expression 

de la volontรฉ !


 

5.1 Coaction et libertรฉ

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli 

Psychologiquement, on comprend la libertรฉ :

comme la capacitรฉ de choix oรน affectivement et effectivement, il n’y a pas des contraintes, ร  commencer par les conditionnements ร  caractรจre dรฉterministe. 

Il s’agit alors d’une prรฉrogative de la volontรฉ dรฉsignรฉe : 

le libre-arbitre !

Cependant, elle ne s’exprime jamais ni en termes de concepts ni ร  caractรจre dรฉfinitif. 

Il y a existentiellement une dรฉcouverte permanente qui ne peut pas se limiter ร  des donnรฉes acquises. 

Cette dรฉcouverte se rรฉfรจre ร  quelqu’un, plutรดt qu’ร  quelque chose. Autrement dit, selon Alberti : 

« la libertรฉ ne peut pas รชtre une conquรชte, mais tout simplement une constatation ! » 

รŠtre libre est plus fondamental que d’avoir la libertรฉ ! 

C’est pourquoi le mรชme auteur poursuit tout en disant que : 

« ce n’est pas la volontรฉ qui rend l’homme libre, mais tout au contraire, c’est la libertรฉ qui rend authentique et vraie la volontรฉ ! »

Au niveau du Soi, nous sommes toujours libres !

Cela ne dispense pas l’intรฉrรชt et l’engagement pour ce qui concerne la conscience et l’expression de la libertรฉ extรฉrieure. 

Quand on parle de libertรฉ, on la comprend souvent
par rapport ร  une situation oรน l’on est libre des grillons par rapport ร  quelque chose ou ร  quelqu’un. Mais il ne suffit pas d’en รชtre dรฉbarrassรฉ. Il faut surtout se sentir libre pour agir en rรฉponse aux propres limitations. 

En fait la libertรฉ n’est pas une fin, mais une condition et un moyen pour l’expression de la volontรฉ !

La libertรฉ est plus proche de ce qu’on est que de ce qu’on a !

Cela porte ร  mieux comprendre le sens de l’affirmation radicale de Sartre : 

« La personne n’est rien autre que sa libertรฉ ! »

Le fait d’รชtre libre est plus fondamental que celui de bien utiliser ou non la libertรฉ. 

Celle-ci est manifestation 

et 

goรปt de notre propre identitรฉ. 

Pour Cirenei, un proche collaborateur d’Assagioli : 

« la libertรฉ est la grande clรฉ de la vie ! »

Dรฉjร  autrefois Duns Scot parlait de l’activitรฉ appรฉtitive, et de nos jours, surtout avec Abraham Maslow, on parle de besoins fondamentaux, en rapport avec l’acte volitif !

 

La volontรฉ est reliรฉe et souvent identifiรฉe, voir soumise au dรฉsir, cela voulant pratiquement dire : 

  • je dรฉsire, 
  • donc j’ai besoin,
  • je veux. 

Le cas contraire, surtout au niveau de la dรฉcision, la volontรฉ semble s’opposer ou, au moins limiter le dรฉsir. 

Rollo May rรฉflรฉchit lร -dessus en disant : 

« Je suggรจre que le mot ’ dรฉcision’ reprรฉsente l’acte humain qui rรฉunit ensemble la volontรฉ et le dรฉsir. Prise dans ce sens, la dรฉcision ne nie pas le dรฉsir ni exclut, mais l’incorpore et le transcende ! » 

En fait, « la volontรฉ donne au dรฉsir l’orientation, la libertรฉ et la maturitรฉ ! »

Il y est question non pas seulement de la volontรฉ, mais aussi d’un ' niveau de conscience plus รฉlevรฉ '

Selon Assagioli : 

« tout besoin รฉveille, 

provoque tรดt ou tard, 

une volontรฉ correspondante ! »

Le besoin est plus ample et plus fondamental que le dรฉsir...

le premier reprรฉsente : une nรฉcessitรฉ qui n’est pas nรฉcessairement consciente et non plus alliรฉe ร  l’envie de la satisfaire ! 

Tandis que le deuxiรจme est directement alliรฉ ร  l’acte de volontรฉ, pouvant oui ou non provenir d’un vrai besoin !

Tant que l’on est obsรฉdรฉ par le dรฉsir d’une libertรฉ purement personnelle et individualiste, il y a la tentation de sacrifier la volontรฉ de l’autre ร  notre รฉgoรฏsme ou รฉgocentrisme !

** pour Moi, c'est l'apogรฉe et une des raisons que le monde humain est perpรฉtuellement en crises, en conflits, pire en guerres contre d'autres peuples ! Eddy Vonck

Alberti se rรฉfรจre en prรฉcisant que : 

« la vraie libertรฉ est toujours accompagnรฉe de l’amour (envers soi-mรชme et envers les autres), sans quoi elle peut รชtre dangereuse ! » 

En effet, cet amour se rapporte d’abord ร  la libertรฉ comme telle, au sens que l’on doit l’accepter et l’apprรฉcier sans rรฉserves !

Alberti considรจre que :  « la libertรฉ a un besoin intrinsรจque d’รชtre aimรฉe. Pour aimer la libertรฉ c’est nรฉcessaire d’รชtre libre, de mรชme que pour รชtre libre il faut aimer la libertรฉ ! »

Le mรชme auteur va jusqu’ร  identifier les deux termes sous la
conviction qu’il n’existe : aucune diffรฉrence entre amour et libertรฉ

l’amour est libertรฉ d’aimer et d’รชtre aimรฉ, 

et la libertรฉ est amour de libรฉrer et d’รชtre libรฉrรฉ !

On peut radicaliser davantage l’identification tout en faisant de la libertรฉ le synonyme de la vie, en accord
avec la disjonctive amรฉricaine : 

« live free or die » 

' vivre en libertรฉ ou mourir ! '

Cela vaut comme devise, ร  condition de l’appliquer au bien commun, et en accord avec la maxime bouddhiste

« Je renonce ร  mon salut jusqu’ร  que tous les รชtres vivants soient sauvรฉs et je me consacre ร  travailler non pour ma libertรฉ mais pour celle de tous ! » 

Il faut bien faire la distinction entre libertรฉ et libรฉration !

Le mรชme auteur va jusqu’ร  identifier les deux termes sous la conviction qu’il n’existe : aucune diffรฉrence entre amour et libertรฉ :   l’amour est libertรฉ d’aimer et d’รชtre aimรฉ,   et la libertรฉ est amour de libรฉrer et d’รชtre libรฉrรฉ !

La libertรฉ est un acquis plutรดt qu’un objectif !

Il va dans ce sens la rรฉflexion de Khalil Gibran :

« Vous ne saurez รชtre libres que lorsque mรชme le dรฉsir de parvenir ร  la libertรฉ deviendra pour vous un harnais et lorsque vous cesserez de parler de la libertรฉ comme d’un but et d’un achรจvement ! »

La libertรฉ concerne le libre-arbitre qui permet de choisir autant le bien que le mal, alors que la libรฉration ne peut arriver que de la bonne utilisation de la libertรฉ. 

L'une et l’autre ne se manifestent jamais humainement ร  l’รฉtat idรฉal, d’oรน le besoin permanent de les promouvoir en nous et partout. 

Personne ne peut transfรฉrer aux autres sa volontรฉ, et non plus leur enlever la libertรฉ intรฉrieure ! Telle conviction est partagรฉe par Gandhi

«  Je suis absolument convaincu que personne ne perd sa libertรฉ, si ce n’est du fait mรชme de sa propre faiblesse ! »

Cependant, il y a  bien des facteurs intรฉrieurs et extรฉrieurs qui peuvent la conditionner !

Mais la libertรฉ n’est pas quelque chose qui a sa source ร  l’extรฉrieur. 

Elle constitue une rรฉalitรฉ prรฉsente ร  dรฉcouvrir au cล“ur de nos vies, en provenance de l’acceptation totale envers nous-mรชmes, et d'un amour inconditionnel vers autrui, sans l’attachement ร  ce qui nous plaรฎt ou dรฉplaรฎt !

Le sens de la libertรฉ intรฉrieure peut devenir encore plus profond, lorsqu’on doit faire face ร  des conditionnements extรฉrieurement imposรฉs !

Nous sommes tous conditionnรฉs par des facteurs externes ร  un moment donnรฉ de nos vies !

Une dรฉcision fondamentale de la vie consiste ร  choisir d’รชtre libre, voire ร  dรฉcouvrir que personne ni rien a le pouvoir de nous soustraire le don de la libertรฉ !

Cependant, le choix de la libertรฉ n’est que le dรฉbut de la libรฉration !

Bien plus qu’un pas, la libรฉration est une voie !

Il s’agit d’une conquรชte progressive et non pas d’un point de dรฉpart, ou d’une donnรฉe naturelle acquise une fois pour toute !

Il ne faut pas donc identifier le postulat de la libertรฉ humaine ร  une libรฉration dรฉjร  accomplie. 

En fait, limiter la libertรฉ ร  un postulat :  

c’est transformer son potentiel dans une prison. 

Pratiquement, la libertรฉ est le tรขtonnement de notre volontรฉ sur la voie de la libรฉration !

Tel que soulignรฉ par Assagioli ร  un groupe de ses รฉtudiants :

« on doit accepter que notre volontรฉ n’est pas du tout libre ร  cent pour cent. Elle se trouve encore dans un stade embryonnaire. » 

Tel que soulignรฉ par Assagioli ร  un groupe de ses รฉtudiants :  « on doit accepter que notre volontรฉ n’est pas du tout libre ร  cent pour cent. Elle se trouve encore dans un stade embryonnaire. »
 Il y a « un but ร  atteindre, et ce but ne sera jamais atteint ร  cent pour cent. Alors il y a un processus de libรฉration de la volontรฉ  ! »

C’est ร  considรฉrer ร  la fois l’existence de la volontรฉ et son dรฉploiement. 

On doit alors tenir compte d’un processus oรน la libertรฉ contribue ร  la libรฉration, et celle-ci donne place ร  une plus grande libertรฉ. 

Le rรดle de la volontรฉ est d’รฉvoquer et de dรฉvelopper cette libertรฉ intรฉrieure, sans se laisser prendre au piรจge du dรฉterminisme de la vie psychique !

Le sens de nos limitations dans ce domaine est propre de l’identification au niveau de la personnalitรฉ !

La vraie libertรฉ n’est pas un produit de consommation que l’on acquiert ou que l’on vend ! C’est une dรฉcouverte intรฉrieure que l’on fait personnellement !

Elle est plus proche du savoir-รชtre que du savoir-faire. 

La volontรฉ d’รชtre libre dรฉpend avant tout du courage de vouloir รชtre nous-mรชmes. 

L’auto-identification mรจne ร  la libรฉration.

Cela traduit non pas l’absence des contraintes, mais la capacitรฉ de les surmonter et de les utiliser de faรงon
crรฉatrice. 

Selon Assagioli le fait :  « prendre son chemin ร  contre-courant et de rรฉsister dans toutes les occasions possibles du mouvement gรฉnรฉral de la mode**, prรฉsuppose une force de volontรฉ dont trรจs peu font preuve ! »

** je parlerais plutรดt de mode matรฉrialiste ou consommatrice !

Il considรจre que : 

« la libertรฉ ร  laquelle l’individu aspire 

plus ou moins consciemment 

est 

surtout une libertรฉ psychologique et spirituelle 

qui dรฉpend avant tout de lui-mรชme !

Les groupes et la sociรฉtรฉ peuvent, de plusieurs faรงons, lui crรฉer des obstacles avec leurs pressions, mais ils ne peuvent pas l’empรชcher ! » 

C’est donc dans la volontรฉ d’รชtre que notre libertรฉ prend ses racines et qu’elle peut toujours รชtre sauvegardรฉe dans son originalitรฉ. 

La volontรฉ des autres ne peut bloquer que l’aspect extรฉrieur de notre volontรฉ d’agir !

Il peut y avoir des raisons pour sacrifier sa propre volontรฉ ร  une autre, mais jamais, ce sacrifice sera lรฉgitime de le
faire au dรฉtriment de sa libertรฉ !

Sans libertรฉ intรฉrieure, il n’y a plus de vrai rรดle pour la volontรฉ !

Assagioli observe combien cette libertรฉ s’enracine dans
le Soi
, au niveau de l’auto-identification : 

« L’identification avec le Soi nous libรจre de toutes les limitations et restrictions de la vie personnelle, pourvu que le superconscient soit suffisamment dรฉveloppรฉ – et apporte la
libertรฉ et la volontรฉ d’agir dans le monde, en concordance avec les besoins perรงus, le dessin transpersonnel et pour le plus grand bien de tous ! »

pourvu que le superconscient soit suffisamment dรฉveloppรฉ – et apporte la libertรฉ et la volontรฉ d’agir dans le monde, en concordance avec les besoins perรงus, le dessin transpersonnel et pour le plus grand bien de tous
Souvent, par ignorance ou par irresponsabilitรฉ :

on ne croit pas ร  l’existence de sa propre libertรฉ, ou on ne veut pas l’assumer. 

Alors, on s’en remet aux forces d’un dรฉterminisme quelconque, que ce soient : 

celles de lois dites naturelles, ** les lรฉgislations ou les promesses รฉlectorales politiciennes et toutes sources mรฉdiatiques...

les forces occultes, 

le destin, 

ou la volontรฉ divine. 

Une telle attitude peut encouragรฉe soit par un psychologisme dรฉterministe (** totalitaire), soit par une รฉducation autoritaire et (**somatique et obรฉissante) !

Mais, lorsque la conscience de libertรฉ n’est plus lร , l’expรฉrience de l'รฉchec survient. 

en 1968, Assagioli fait ร  ce propos la rรฉflexion suivante :

« Les conceptions de la vie les plus rรฉpandues ont un caractรจre dรฉterministe : l’homme se croit conditionnรฉ par des facteurs hรฉrรฉditaires, constitutionnels, ou par des influences et pressions extรฉrieures par lesquelles il se sent dominรฉ !

Cela donne lieu ร  deux attitudes opposรฉes :

l’une est l’acquiescement passif, l’adaptation et le conformisme ressentis comme quelque chose de non satisfaisant qui laisse un fond de mรฉcontentement.

L’autre rรฉaction est celle de la rรฉbellion violente dont nous avons de nos jours des exemples รฉvidents et extrรชmes. 

Il s’agit d’une rรฉaction destructive oรน il manque la contrepartie nรฉcessaire constructive et de rรฉรฉdification, donnant lieu au sens d’isolement, et a des attitudes anti-sociales, et
subjectivement un ennui et une angoisse qui peuvent aller jusqu’au dรฉsespoir ! »

Au niveau du Soi, tel que dans le « quantum mรฉcanique » : 

la libertรฉ se trouve au-dessus de la rigiditรฉ et du rรฉductionnisme d’un systรจme !

La libertรฉ figure parmi les principes et les droits les plus prรฉconisรฉs, et bien souvent les moins respectรฉs !

Lors d’une imposition et soumission sans alternative, le choix disparaรฎt et la volontรฉ est menacรฉe !

Lorsque le besoin d’expression est rรฉprimรฉ, l’รฉquilibre bio-psychique est en danger et alors la neurasthรฉnie** s’en suit par la voie de consรฉquence !

** en d'autres termes, tous les conflits humains impactent la neuro plasticitรฉ du cerveau humain !

** en neuroscience - des รฉtudes (voir mes dossiers - sur le traumatisme - syndrome de stress post traumatique et le Docteur Bessel van der Kolk) prouvent que le corps, l'รขme et l'esprit encaissent mal (maux et maladies) lorsqu'on refoule nos รฉmotions ou et nos sensations nรฉgatives souvent corporelles ou somatiques. Refouler, vous rend malade ! **

Le choix d’รชtre libre et la libertรฉ de choisir sont insรฉparables : il n’y a pas de libertรฉ sans la possibilitรฉ de choix, et non plus du choix sans libertรฉ !

Plus la libertรฉ se dรฉveloppe, plus grande sera la capacitรฉ de choisir ! 

Le rรดle fondamental de la volontรฉ est d’intervenir librement ร  partir d’une dรฉcision รฉgalement libre !

Le fait d’รชtre libre ne va pas de pair avec la conviction d’avoir une libertรฉ !

Quelqu’un peut รชtre esclave mรชme de sa propre volontรฉ soumise ร  des caprices et illusions !

Assagioli conjugue la libertรฉ intรฉrieure avec la libรฉration des autres fonctions : 

«C’est nรฉcessaire de souligner adรฉquatement l’importance de cette libertรฉ intรฉrieure, sans quoi toutes les autres sont insuffisantes ! » 

 

Cette considรฉration d'Assagioli ce fait d'un tรฉmoignage personnel suivant : 

« Mon objectif est celui d’aider les hommes et les femmes ร  se libรฉrer de leurs prisons intรฉrieures ! »

C’est ร  souligner que notre propre libรฉration et celle des autres se conjuguent insรฉparablement ! 

La libertรฉ s’oppose ร  l’isolement. 

Il n’a pas de libertรฉ sans partage autant des responsabilitรฉs que des bienfaits inhรฉrents dans une sociรฉtรฉ !

La libรฉration passe par le fait de reconnaรฎtre chez l’autre la libertรฉ d’รชtre lui-mรชme !

ร€ partir de cas particuliers et de conditionnement occasionnels, la psychologie est parfois tombรฉe dans des gรฉnรฉralisations plus proches du fatalisme que de la libertรฉ. 

De son cรดtรฉ, le systรจme รฉducatif attribue souvent ร  l’autoritรฉ, sinon la force du dรฉterminisme, du moins celle d’une dรฉtermination sans appel !

Encore lร , l’รชtre humain peut dรฉcouvrir en lui-mรชme la possibilitรฉ de rester libre dans le choix de ses comportements et ses attitudes. 

Comme le dit Viktor Frankl : « il n’est pas libre de ces
conditionnements, mais libre pour quelque chose, c’est-ร -dire libre pour une prise de position face ร  tous les conditionnements.
Et c’est prรฉcisรฉment cette possibilitรฉ proprement humaine que le pan-dรฉterminisme nรฉglige et
oublie ! »

Comme remarque Luigi Peresson : 

« la libertรฉ n’est pas une donnรฉe du dรฉpart, mais plutรดt de l’arrivรฉe ; c’est une conquรชte lente, progressive, sรปrement difficile ! »

Au moins en termes existentiels et en ce qui nous concerne le niveau de notre conscience et le vรฉcu actuel : il n’existe pas - ร  titre d’exemples : le choix des parents qu’on a eu, le lieu et l’รฉpoque de notre naissance, notre race et notre pays... Et pour ne pas parler des conditionnements inchangeables tels que une vie ร  l’orphelinat ou de certains handicaps physiques...

En circonstances pareilles, il y a un conditionnement qui ne dรฉtruit pas la libertรฉ. Il reste toujours la possibilitรฉ d’accepter positivement et activement de tels faits / รฉtats qui peuvent ou non nous plaire, tout en y considรฉrant le rรดle de la volontรฉ et l’existence de la libertรฉ !

Cela peut รชtre facilitรฉ moyennement la :
«collaboration avec l’inรฉvitable», รฉtant celle-ci d'un des exercices proposรฉs par Assagioli. 

La libertรฉ y est, sinon pour changer ces faits/ รฉtats, au moins dans la possibilitรฉ de choisir notre attitude ร  leur รฉgard. 

C’est dans ce sens que l’on doit comprendre la symbolique trouvรฉe dans l’art รฉgyptien et utilisรฉe dans les arts divinatoires, oรน l’on prรฉsente des effigies dont la main gauche reรงoit, alors que la droite donne et agit, toutes les deux portant une inscription, celle de «prรฉdestination» pour la gauche et celle de la «modification du destin» pour la droite. 

Il y a alors une sorte de paradoxe oรน les limites, au
prime abord associรฉes ร  des incapacitรฉs, donnent place ร  un nombre illimitรฉ de possibilitรฉs qui รฉcartent ainsi la rรฉsignation fataliste !

Comme le note Viktor Frankl : 

« la libertรฉ humaine n’est pas libertรฉ par rapport aux
conditions, mais plutรดt libertรฉ de se maintenir ferme quelles que soient les circonstances avec lesquelles on est confrontรฉ ! »

La libertรฉ qui conduit ร  la libรฉration se manifeste fondamentalement par la capacitรฉ de dรฉcider au sujet de nous-mรชmes, y incluant : 

l’รฉlimination de nos masques, 

l’รฉlimination de nos soucis, 

le non endoctrinement de nos idoles,

et de nos attachements...

en bref, l’รฉlimination de nos illusions !

C’est propre de notre libรฉration d’รชtre un fait permanent d'un ' idรฉal utopique ', oรน il y a toujours une nouvelle marche ร  franchir et un bout de chemin ร  faire...

La conception psychosynthรฉtique de la libertรฉ est aussi lointaine du fatalisme dรฉroutant que d’un destin imposรฉ, que de l’esclavage d’une obรฉissance aveugle !

Dรจs ses premiers รฉcrits, Assagioli prend position contre le
dรฉterminisme en psychologie qu’il classifie de «prรฉtextes et sophismes» en vue de la justification de la faiblesse et de la lรขchetรฉ humaine.

Le fait de subir des influences ne signifie pas pour lui la perte de l’autonomie

« Nous sommes naturellement conditionnรฉs par le passรฉ, mais nous pouvons toujours le renier, partir et nous transformer. » 

Assagioli ne voit pas non plus, ni dans les prรฉmonitions ni dans la foi dans une providence divine, de fondement pour le dรฉterminisme psychologique, รฉtant donnรฉ que celles-ci laissent toujours de la place pour la libertรฉ humaine !

Cette libertรฉ n’a rien ร  voir avec l’autosuffisance. 

La capacitรฉ humaine peut faire des choix face aux alternatives qui se conjuguent avec la conviction humble, responsable et reconnaissante au sujet de l’origine de nos ressources inรฉpuisables, lร , oรน les contraintes n’atteignent plus la libertรฉ.

La volontรฉ de libertรฉ doit faire face aux binรดmes - autoritรฉ-obรฉissance - et ' tyrannie / anarchie ' qui souvent se prรฉsentent comme des alternatives ou des  dilemmes. 

Celui-ci se trouve d’abord ร  l’intรฉrieur de chaque individu : avoir la vraie libertรฉ au prix de la responsabilitรฉ, ou la sacrifier aux caprices d'un certain libertinage. 

Assagioli constate et observe :

« une constatation que mรชme les adultes รฉprouvent
de la difficultรฉ ร  supporter la libertรฉ; fondamentalement, ils ne la dรฉsirent pas, mรชme quand ils s’agitent pour l’avoir ! » 

Le terme responsabilitรฉ provient des termes latins : respondere (rรฉpondre) et habilittas (aptitude), ce qui suppose que la capacitรฉ et le fait d’une rรฉponse adรฉquate, et donc non รฉvasives, aux requรชtes de la vie, y incluant le bien collectif !

La vraie libertรฉ est une expรฉrience qui prรดne ร  jamais un apprentissage !

«La libertรฉ n’est pas le dernier mot. Libertรฉ est seulement part de l’histoire et moitiรฉ de la vรฉritรฉ. La libertรฉ n’est que l’aspect nรฉgatif de la totalitรฉ du phรฉnomรจne dont l’aspect positif est
la responsabilitรฉ. En fait, la libertรฉ est en danger de dรฉgรฉnรฉrer en comportement arbitraire, ร  moins que soit vรฉcue en termes de responsabilitรฉ ! »
Viktor Frankl

Notre libertรฉ aura toujours des limites ! 

Une premiรจre limite est fixรฉe par la libertรฉ des autres. 

C’est en tenant compte de la volontรฉ d’autrui que quelqu’un peut รฉlargir et mieux affirmer sa libertรฉ personnelle. 

En fait, la volontรฉ des autres, au lieu d’รชtre une limite, devient une condition de la nรดtre. 

Il est alors possible de faire de la libertรฉ des autres le sens et la source de sa propre libertรฉ, de mรชme que notre propre libertรฉ contribue ร  la libertรฉ d’autrui. 

Au dire d’Assagioli : 

« quand nous nous libรฉrons nous- mรชmes, nous prenons aussi conscience que nous donnons une petite contribution pour la libรฉration de toute l’humanitรฉ ! »

Ce qui a รฉtรฉ dit sur les qualitรฉs et l’entraรฎnement de la volontรฉ concerne le rapport entre la volontรฉ personnelle et celle d’autrui dans l’objectif mutuel de respecter et de valoriser la libertรฉ de tous. 

Seule une volontรฉ ร  la fois forte, sage et bienveillante pourra รฉviter une forme d'imposition qui mรฉprise la volontรฉ des autres, soit la fausse soumission qui sacrifie la volontรฉ propre aux mirages d’une fausse harmonie. 

Comme le note Gabrielo Cirenei :

« l’รฉducation de la volontรฉ pourra trรจs difficilement avoir lieu dans l’รฉcole traditionnelle, oรน aucune initiative n’est encouragรฉe et oรน l’unique forme de volontรฉ admise est la volontรฉ d’obรฉir, faussement appelรฉe bonne volontรฉ ! »

Il y a souvent un cercle vicieux dans la situation de ne pas รชtre libre parce que l’on craint la responsabilitรฉ, ou d"รชtre tellement รชtre obsรฉdรฉ par cette responsabilitรฉ qui nous fait aussi perdre la libertรฉ. La peur est le premier obstacle ร  la
libertรฉ !

Selon Assagioli : 

« seulement, celui qui est libรฉrรฉ de la peur est vraiment libre ! »

La volontรฉ de libertรฉ et l’acceptation du risque vont ensemble. 

Il n’y a pas de libertรฉ sans risque. 

C’est dans la libertรฉ dialogique et non dans l’assujettissement que l’on peut dรฉcouvrir les possibilitรฉs libรฉratrices de l’obรฉissance. 

Celle-ci doit รชtre nรฉcessairement une syntonisation ou, selon une expression plus propre ร  la psychosynthรจse, un alignement avec le Soi ou l’Esprit. 

Pour Assagioli : 

« Au niveau du moi, la volontรฉ est joie; au niveau du Soi, elle est bรฉatitude ! »

Bien souvent dans nos sociรฉtรฉs, l’obรฉissance a รฉtรฉ conรงue et mรชme prescrite comme l’abdication et le sacrifice de notre propre volontรฉ en fonction d’une volontรฉ supรฉrieure. 

Cela peut donner lieu aussi ร  la conviction de devoir soumettre chez nous-mรชmes une volontรฉ personnelle ร  la volontรฉ transpersonnelle, dans une sorte d’abdication du connu ร  l’inconnu, tout en tombant, pratiquement, soit dans l’aboulie soit dans la confusion, voire mรชme l’esclavage !

De la mรชme faรงon que le moi personnel est perรงu comme le reflex du Soi transpersonnel. 

Ainsi la volontรฉ personnelle doit รชtre vue comme l’expression de la volontรฉ et รฉnergie du Soi qu’il faut ร  la fois identifier comme telle, tout en essayant de vรฉrifier si elle est ou non distordue au niveau personnel. 

La soumission ร  la volontรฉ transpersonnelle y est donc
un processus d’alignement et d’intรฉgration
, et jamais de l’abdication ou coupure. 

Selon Assagioli :

« l’un des buts auxquels vise la psychosynthรจse spirituelle est d’atteindre la prise de conscience de la volontรฉ du Soi supraconscient ! » 

L’alignement et harmonisation avec la volontรฉ du Soi est une sorte de soumission sans dรฉpendance, ou  une adhรฉsion sans distinction. 

Au lieu d’enlever la libertรฉ, la volontรฉ transpersonnelle nous rend plus libres. 

Mais il faut bien รฉviter l’idรฉe d’un Moi prisonnier face ร  un Soi libรฉrateur. 

En termes existentiels : c’est le Soi qui se prรฉsente paradoxalement embastillรฉ par la personnalitรฉ. 

C’est dans ce sens qu’Assagioli le compare ร  un Roi emprisonnรฉ dans son chรขteau et qui attend sa libรฉration !

Gabriello Cirenei prรฉsente la psychosynthรจse comme - un chemin vers la libertรฉ intรฉrieure !

Celle-ci se manifeste au niveau du Soi transpersonnel qui s’ouvre ร  la dimension universelle, alors loin de l’รฉtroitesse du moi personnel qui a la tendance ร  faire de la volontรฉ
individuelle un absolu ou une idole, ou ร  se prendre pour le Soi spirituel, en se donnant l’illusion d’avoir cru saisir la volontรฉ universelle qui devrait guider tout le monde. 

Tant que notre volontรฉ est exclusive, notre libertรฉ devient paradoxalement plus limitรฉe. 

Lorsque notre volontรฉ ou celle des autres n’est pas celle du bien commun, notre propre libertรฉ est dรฉjร  menacรฉe. 

La volontรฉ des autres est un dรฉfi pour notre propre volontรฉ et notre libertรฉ, avec ses conditionnements ร  considรฉrer. 

Effectivement - comme le dit Assagioli : 

« l’homme n’est pas isolรฉ, mais stressรฉ non seulement dans la vie interindividuelle et sociale, mais dans le courant et le devenir de la vie universelle. Ainsi, chaque but et chaque objectif individuels devront รชtre en harmonie avec la fin universaliste de la vie ! »

La perspective universaliste de la psychosynthรจse inscrit le rรดle de la volontรฉ personnelle ร  l’intรฉrieur de la volontรฉ transpersonnelle s’ouvrant ร  la volontรฉ cosmique qui, selon Sergio Bartoli :

« reprรฉsente l’รฉlรฉment moteur du plan รฉvolutif prรฉsent dans toutes les manifestations, du cristal jusqu’au systรจme planรฉtaire ! »

ร€ la question de savoir s'il y a alors danger de perdre la volontรฉ personnelle ?


Assagioli rรฉpond : 

- Je ne crois pas que la volontรฉ universelle veuille faire
disparaรฎtre quoi que ce soit ! Elle est plus raisonnable que cela !

C’est quoi cette volontรฉ universelle ?

Il s’agit de la volontรฉ du Soi universel qui tient toujours en considรฉration la volontรฉ individuelle. 

Naomi Emmerling y voit une force motrice qui peut guider
notre volontรฉ autant au plan personnel que transpersonnel !

Cette pensรฉe se confirme dans une des notes personnelles du fondateur de la psychosynthรจse : 

« La volontรฉ de l’individu qui librement se plie ร  la volontรฉ universelle, qui y plonge et se fond, ne reste pas pour cette raison diminuรฉe ou annulรฉe; dans le mรชme instant oรน elle semble mourir, elle renaรฎt transfigurรฉe .»

Pour traduire un tel processus, il tient compte des รฉtats dรฉsignรฉs en Orient par : 

  • « samadhi », 
  • « prajna », 
  • « satori »,


et en Occident par : 

« extase de la conscience »,  

et « conscience cosmique », 

sorte de disparition ou d’oubli de l’identitรฉ individuelle absorbรฉe par l’univers.


Toutefois, avec Abraham Maslow et Lama Govinda :

voit toujours dans l’individuel non seulement le complรฉment de l’universel, mais aussi l’unique moyen de faire l’expรฉrience de l’universalitรฉ !

On a mentionnรฉ, plus haut, le fait des exagรฉrations des moralistes et d"รฉducateurs, particuliรจrement au dix-huitiรจme siรจcle, pour qui la volontรฉ joue un rรดle plutรดt rรฉpressif et coercitif par rapport ร  la nature humaine. 

On pourra se demander jusqu’ร  quel point la morale peut contribuer comme facteur soit de coaction soit de libรฉration, et ร  quel point elle est un sujet ร  considรฉrer par la psychosynthรจse.

D’abord celle-ci ne constitue ni un credo ni un code d’รฉthique. 

Il s’agit d’un outil/ concept neutre psychologique au service de l’รชtre humain !

Pourtant une telle neutralitรฉ n’empรชche pas que la psychosynthรจse en tant que science puisse tenir compte de la
moralitรฉ. 

Tel que remarquรฉ par Rollo May :

« la psychologie et l’รฉthique sont insรฉparables. »

Il y a une composante morale, voire son fondement mรชme, dans la prise de conscience de notre รชtre, une fois accompagnรฉe de l’expรฉrience de la diffรฉrence entre ce que nous sommes et ce que nous devrions รชtre, en termes de comportement. 

Assagioli fait voir l’existence de valeurs morales ร  l’รฉtat latent dans la vraie nature de l’homme, lesquelles, - une fois violรฉes -, รฉveillent une protestation consciente ou inconsciente qui crรฉent des conflits (parfois) violents !

La volontรฉ y a ร  son rรดle qui fait simultanรฉment appel ร  la libertรฉ et ร  la responsabilitรฉ.


Il y a toujours une รฉthique ร  considรฉrer dans l’approche psychosynthรฉtique :
 

tout en rapport aux dรฉviations qui menacent son intรฉgritรฉ. 

Susanne Nouvion et Chevron Villette alertent de trois dangers trรจs subtils de dรฉviation qui menacent l’รฉthique de la psychosynthรจse, c’est-ร -dire : 

« La recherche de pouvoirs qui se transforment en volontรฉ de puissance. L’interprรฉtation analytique abusive avec les dangers de manipulation qu’elle comporte et qui n’est pas propre ร  la psychosynthรจse. La confusion entre mystique et manifestations du plan psychique.»

Le fait d’une morale parfois colorรฉe d’un moralisme paralysant ne doit pas justifier une รฉducation amorale, et moins encore constituer une raison pour exclure les valeurs ร  caractรจre รฉthique. 

Selon Assagioli : 

« les principes moraux et les aspirations spirituelles ne peuvent pas รชtre รฉliminรฉs aussi facilement que beaucoup semblent le croire ; ils continuent ร  vivre dans l’inconscient et ils existent ร  l’รฉtat latent dans la nature spirituelle de l’homme. Lorsqu’ils sont violรฉs, ils engendrent une rรฉvolte consciente ou inconsciente, crรฉant ainsi de violents conflits.»

Mais il fait la distinction entre la morale comme valeur en elle-mรชme et les bonnes ou mauvaises perceptions et applications de cette valeur. 

En fait, observe-t-il : 

« la moralitรฉ n’a pas besoin d’รชtre dรฉmontrรฉe; 

il s’agit d’une expรฉrience interne. 

Mรชme dans le langage ordinaire, 

on parle de ‘voix de la conscience’, 

de ‘morsures de la conscience’, 

de ‘

remords’. 

Il existe en nous une instance, 

une perception interne, 

une intuition 

– 

qu’on la nomme comme on voudra 


qui a le sens des valeurs 

et 

qui parfois nous ‘parle’ 

presque comme un รชtre sรฉparรฉ, 

approuvant ou dรฉsapprouvant 

ce que nous pensons ou faisons ! » 

Il faut bien noter

la psychosynthรจse n’est pas un systรจme moral. 

Mais, tout loin d’รชtre amorale, elle fait appel ร  la moralitรฉ fruit d’un acte de volontรฉ libre et responsable. 

Assagioli y voit :

« la voix de la conscience» reliรฉe ร  la connaissance du bien et du mal est un acte bon รฉlรจve qui rend noble ! » 

Tout loin de s’opposer ร  la morale, il la considรจre indispensable, sous peine de crรฉer et de tomber dans l’esclavage :


« La moralitรฉ, loin de nous limiter et de retarder inutilement notre progrรจs, est l’unique chose qui nous rende vraiment libres. Toute immoralitรฉ, tout moralisme ou supra moraliste, quelle que soit la faรงon de se couvrir de libertรฉ apparente et d’importance, nous rendent aussi esclaves que la mesure de nos illusions et de notre ignorance par rapport ร  nos chaรฎnes ! »

Avec le fondateur de la psychosynthรจse, on peut reconnaรฎtre les erreurs des mauvaises utilisations de la morale : 

« Les moralistes se sont trop occupรฉs de dire : 

ceci est bon et cela est mauvais’; ‘

on doit faire ceci, on ne doit pas faire cela’. 

Mais en gรฉnรฉral, ils ont nรฉgligรฉ d’observer les diverses conditions et capacitรฉs psychiques de ceux auxquels ils s’adressaient, et plus encore de leur indiquer les bonnes mรฉthodes pratiques qui puissent les guider dans l’application des prรฉceptes donnรฉs ! Il me semble que les moralistes ont souvent trop une illusions naรฏves. »

En tant que thรฉrapeute et croyant, il a eu l’opportunitรฉ de vรฉrifier les dommages d’une religion et d’une morale mal comprises, sans pourtant confondre les mauvaises applications avec les valeurs sous-entendues. 

Assagioli a gardรฉ dans une note personnelle le
commentaire suivant : 

« Dans la morale, la mรฉthode de condamner et de
rรฉprimer les tendances naturelles vitales, sans leur donner aucune issue ou moyen d’expression, sans les transmuter, a produit un cortรจge d’infirmes de mutilรฉs psychiques, d’hypocrites, ou encore de rebelles et de violents. »

Tant qu’un prรฉcepte n’est pas axรฉ sur la libertรฉ et la rรฉvรฉrence, il devient immoral. 

Tout en considรฉrant que si  “ ce type de ‘moralitรฉ’ dรฉrivant de l’introjection d’influences extรฉrieures est 

rigide, 

sรฉvรจre, 

intransigeant...

l’auteur de la psychosynthรจse fait appel ร  : ' la conscience morale ' qui a sa source dans le Soi transpersonnel” laquelle est : 

comprรฉhensive 

et bienveillante, 

aussi bien envers soi-mรชme qu’envers autrui !

Dans ce cas, - ce type de conscience morale n’est pas rigide; elle transcende les jugements et les codes de conduites particuliers, conditionnรฉs par les diffรฉrentes รฉpoques et cultures !

Il s’agit, selon lui :  

de la conscience qui est droite, juste, bonne, et qui se manifeste comme voix de la conscience, dans le sens
de responsabilitรฉ et de la justice !

Un tel sens de responsabilitรฉ et de justice dรฉpasse le domaine personnel et conventionnel pour arriver ร  ce qui est nommรฉ par Kohlberg et Gilligan : 

la moralitรฉ post-conventionnel qui dรฉpasse la sphรจre รฉgocentrique, pour inclure les dimensions sociale et universelle, et encore plus, de l’avis de Ken Wilber sur l’aspect thรฉocentrique.

 

รŠtre libre, ce n’est pas seulement se dรฉbarrasser de ses chaรฎnes ; c’est vivre d’une faรงon qui respecte et renforce la libertรฉ des autres.

Nelson Mandela

5.2 Amour et volontรฉ

Sources : Joao D'Alcor - La Psychosynthรจse de Roberto Assagioli 

En psychosynthรจse, la volontรฉ y est considรฉrรฉe non seulement comme une fonction psychologique parmi les autres, mais aussi comme รฉtant la principale parmi elles ! 

L’amour, par contre, reste une simple qualitรฉ sans y รชtre catรฉgorisรฉ comme fonction psychologique !

l’amour devient plus proche de quelqu’un que de quelque chose !

L’insistance sur la volontรฉ et son rรดle dans le processus psychosynthรฉtique peuvent mener ร  la conviction que l’amour est relรฉguรฉ ร  une place et rรดle secondaires par rapport ร  l’acte volitif, et ainsi conclure que le thรฉoricien de la psychosynthรจse, par le biais de cette approche psychologique, tombe dans la contradiction d’accentuer le dรฉsรฉquilibre qu’il se propose d’รฉviter lorsqu’il est question de valoriser la dyade amour et volontรฉ.

C’est quoi ou qui est l’amour ?

Ce mot est devenu une sorte de passe-partout qui peut autant tous dire ou presque rien !

Assagioli remarque ร  propos : 

« c'est un mรชme mot a une multiplicitรฉ de significations, parfois carrรฉment contrastantes. Un exemple รฉvident est celui de la parole ‘amour’, laquelle signifie une quantitรฉ de : 

  • sensations, 
  • d'impulsions 
  • et de sentiments divers. »

En considรฉrant la ' dyade amour-volontรฉ ' dans leur nature et signification, Alberti* souligne : 

« Ce ne sont pas des concepts ร  dรฉfinir de faรงon thรฉorique, mais des expรฉriences rรฉelles et existentielles ! »*

Tout en risquant une sorte de dรฉfinition en disant* que : 

« l’amour est une force d’attraction qui meut et oriente l’homme vers une union totale !»*, 

*il y voit : « une expรฉrience existentielle laquelle ne peut pas รชtre convenablement comprise qu’ร  partir du vรฉcu !»

Viktor Frankl ose cette sorte de dรฉfinition : 

« L’amour, je dirais, est cette capacitรฉ qui rends la personne humaine capable de saisir l'amour dans son caractรจre unique ! »

Il y a alors une expรฉrience de co-identification, de pair avec la conscience de l’altรฉritรฉ et celle de l’รฉmerveillement !

La communion dans l’amour se traduit par l’affirmation
simultanรฉe autant de l’unitรฉ que de l’altรฉritรฉ. 

En fait, l’amour devient plus proche de quelqu’un que de quelque chose !

l’amour devient plus proche de quelqu’un que de quelque chose !

 

Il est vu par l’auteur de : ' Le nuage de la connaissance '** comme une extase contemplatif qui dรฉpasse et va jusqu’ร  remplacer la raison et toutes les fonctions psychologiques : 

« Lorsque Benjamin fรปt nรฉ, Rachel sa mรจre dรฉcida. Ici, Benjamin reprรฉsente la contemplation et Rachel reprรฉsente la raison ! »**

Dans cette allรฉgorie inspirรฉe de la Bible : 

« Benjamin figure tous ceux qui ont รฉtรฉ transportรฉs par le
truchement et au-delร  de leurs sens dans l’extase de l’amour ! » 

** L’auteur de ' Le Nuage de la connaissance ', chap. 8 est une allรฉgorie est utilisรฉe par Antoine de Lisbonne !

Et, dans l’extase, il n’a pas de mots ร  dire !

Le silence y est le premier fruit, faisant voir combien l’amour est ineffable et discret.

De mรชme que pour la volontรฉ, il y a une gradation et une distinction ร  faire entre :  ' avoir de l’amour ' et ' รชtre amour ' !

Le caractรจre relationnel inhรฉrent ร  ce fait existentiel porte alors ร  parler d’une personne qui aime comme รฉtant une personne en amour, de quelqu’un d'amoureux !

Assagioli attribue ร  ' l’amour un pouvoir d’union et de fusion ', tout en voyant dans la volontรฉ l’agent de la synthรจse; mais autant la volontรฉ que l’amour se rรฉfรจrent ร  quelqu’un de prรฉfรฉrence ร  quelque chose : 

« Il n’a pas de volontรฉ sans une personne qui veut. Il y a une expรฉrience de l’amour, mais il n’a pas d’amour sans un sujet qui aime quelques chose ou quelqu'un ! »

L’amour n’est pas quelque chose, 

mais plutรดt quelqu’un !

En d’autres mots :

il n’est pas quelque chose de nous, mais nous-mรชmes. 

Il est en mรชme temps : 

  • essence et manifestation, 
  • immanence et transcendance. 

Le fait d’รชtre en amour et celui d’รชtre un amour deviennent insรฉparables, puisque l’amour est en mรชme temps entase et extase !

Il y a une synthรจse au niveau du Soi transpersonnel justement appelรฉ aussi le ' Soi amoureux '

Dans cette perspective, on peut considรฉrer la psychosynthรจse comme l’expression amoureuse de la volontรฉ au niveau d’une vraie identification par rapport ร  nous-mรชmes et les autres !

Assagioli est d'avis que : 

« l'une des causes principales des dรฉsordres de notre
รฉpoque est le manque d'amour
de la part de ceux qui ont de la volontรฉ², et le manque de volontรฉ de la part de ceux qui sont malgrรฉ tous bons et pleins d'amour !
»

² je traduirais ce texte par une volontรฉ รฉgoรฏste que certains et certaines ne souhaitent pas partager ร  ceux qui ont le souhait d'apprendre ร  la renforcer !, c'est frรฉquent, en outre dans le partage des ressources รฉducatives et formatives par une sรฉlection absurde mรฉritocratique, le meilleur ou celui qui possรจde l'argent, sera privilรฉgier par le systรจme de sรฉlection ! **

Il fait noter que : 

« l’amour et la volontรฉ se trouvent gรฉnรฉralement prรฉsents chez tout individu ! »

Avec Assagioli, on peut bien reconnaรฎtre qu’un tel
dรฉsรฉquilibre constitue
une des causes principales des troubles (**รฉgoรฏstes) qui nous tourmentent, autant individuellement que collectivement !

On est donc portรฉ ร  conclure : 

combien, il devient important de promouvoir : 

  • l’intรฉgration, 
  • l’harmonisation 
  • et l’unification 

de cette dyade 'amour-volontรฉ ' au niveau de la synthรจse. 

Une telle synthรจse, remarque le thรฉoricien du systรจme
psychosynthรฉtique, devient fondamentale :  

« elle fait partie du dรฉveloppement intรฉgral et harmonieux de la personnalitรฉ et est particuliรจrement nรฉcessaire pour rรฉsoudre la crise par laquelle passe l'humanitรฉ actuelle ! »

C’est par le biais de la volontรฉ que l’amour se manifeste . Selon Assagioli :
 

une " volontรฉ froide, sรฉvรจre, et mรชme cruelle " est le fruit d'une "volontรฉ immodรฉrรฉe et dรฉpourvue de cล“ur !

Alors qu'un amour sans volontรฉ peut rendre l'individu fragile, vulnรฉrable, sentimental, dรฉpressif, hyperรฉmotif et inefficace !

Tant que nous sommes focalisรฉs sur une de ces polaritรฉs, les conflits et les tensions ne peuvent pas รชtre adรฉquatement rรฉsorbรฉs. 

C'est seulement dans une perspective supรฉrieure, celle du ' Soi spirituel '

que l'union et la synthรจse de ces polaritรฉs est possible et ainsi produire une expรฉrience :d'une volontรฉ aimante et d'un amour volitif ! 

Le Soi est douรฉ d’une volontรฉ intelligente et aimante ! Il est pratiquement insรฉparable de la volontรฉ et fonciรจrement identifiรฉ ร  l’amour !

Il est effectivement amour en action !

Il n’est pas question d'un compromis entre l'amour et la volontรฉ, il s'agit d'une synthรจse dans laquelle les deux
รฉlรฉments sont absorbรฉs dans une unitรฉ
plus haute douรฉe de qualitรฉs qui transcendent celles de l’un et de l’autre !

Une telle transcendance se traduit par le dรฉpassement de la perception de quelque chose vers une conscience de ce qu’on est !

Au niveau du Soi : il y aura l’expรฉrience de trouver dans l’amour en mรชme temps :  

l’essence et la libre expression de notre vraie identitรฉ !

L’attrait d’Assagioli par la voie du cล“ur est notoire, autant en ce qui concerne sa vie que ses รฉcrits !

L’attirance par les mystiques de la voie affective tels que Platon, Franรงois d’Assise et Blaise Pascal, entre autres, est
bien prรฉsente aussi dans son ล“uvre. 

Il ne me semble pas que dans son approche psychologique, qu'Assagioli veuille  รฉtouffรฉ l'amour en privilรฉgiant la volontรฉ. Toutefois, il propose une emphase plutรดt sur la volontรฉ, sans avoir trop dรฉvelopper un travail moins considรฉrable sur l’amour.

D’autres auteurs, tels Erich Fromm et Rollo May, offrent ร  ce sujet des รฉtudes assez รฉlaborรฉes dont il convient de tenir compte en psychosynthรจse, autant dans la thรฉorie que
dans la pratique, sous peine d’un dรฉbordement vers un volontarisme psychologique !

Logos et ร‰ros trouvent effectivement leur synthรจse dans ce
que Dante conรงoit comme รฉtant : 

« la lumiรจre intellectuelle pleine d’amour ! »

Lorsqu’Assagioli systรฉmatise la ' psychologie diffรฉrentielle ', il y inclut et distingue, ร  l’intรฉrieur d’un cadre septรฉnaire : d’abord le type volontรฉ et tout de suite le type amour. 

ร€ celui-ci appartiennent tous ceux

chez qui la qualitรฉ de l’amour est prรฉdominante et dรฉterminante !

En contrepartie : 

le type volontรฉ y est caractรฉrisรฉ par la prรฉdominance de la fonction psychologique qui dรฉtermine l’acte volitif. 

Assagioli prรฉsente donc l’amour comme รฉtant tout simplement une qualitรฉ, tout en relevant que : 

' l’amour est un sujet d’intรฉrรชt vital pour tout le monde ! '

L’unification de la volontรฉ et de l’amour est d’ailleurs par lui prรฉsentรฉe comme un objectif majeur en psychosynthรจse. 

Fonciรจrement, cette ล“uvre de synthรจse provient du centre de conscience, aux niveaux personnel et transpersonnel, lequel, paradoxalement, doit utiliser la volontรฉ pour synthรฉtiser les diverses รฉtapes de l’amour et de la volontรฉ !

Toutefois, au niveau de leur synthรจse, la volontรฉ est : 

expression de l’amour 

et l’amour devient l’expression de la volontรฉ !

C’est de cette synthรจse que parle Ida Palombi, longtemps secrรฉtaire d’Assagioli, exprime que :

“ la volontรฉ du bien constitue une expression de l’amour et que l’amour constitue l’expression la plus haute de la volontรฉ !

Malgrรฉ le principe de nous dรฉsidentifier par rapport ร  nos fonctions psychologiques, Assagioli n’hรฉsite pas ร  s’identifier comme : 

une รขme vivante, aimante et qui veut !

Il semble alors dire : 

Je suis une รขme vivante qui veut aimer !

En fait, c’est le fait d’aimer et d’รชtre aimรฉ qui nous mรจne au sens de l’existence.


D’oรน, l’affirmation de Martin Grey : 

« L’homme est rien quand son cล“ur est vide ! »

Amour et volontรฉ font toujours appel ร  une synthรจse oรน la bienveillance s’harmonise avec l’action et collaboration altruistes, y incluant l’esprit un sacrifice basรฉ sur le sens รฉtymologique du mot, sacrum facere : rendre
sacrรฉ !,
tout en caractรฉrisant ce qu’on est et ce qu’on fait par un sens profond des rapports humains. 

Au niveau transpersonnel : 

la volontรฉ est toujours volontรฉ d’amour qui, ร  l’opposรฉ de l’attachement รฉgoรฏste, donne, aux relations interpersonnelles et sociales un caractรจre altruiste et le sens humanitaire ou pas !

Alors, l’instinct personnel de conservation et d’auto-affirmation donne lieu ร  l’amour oblatif oรน la volontรฉ peut conduire jusqu’ร  des actes de vรฉritable hรฉroรฏsme !

C’est ร  ce niveau que volontรฉ et amour s’identifient, dans
une synergie qui constitue le sommet de la psychosynthรจse.
 

Normalement il y a tout un processus qui porte Assagioli ร  parler de :  

« la fusion graduelle entre l’amour et la volontรฉ ! »

Il considรจre que : 

« le juste รฉquilibre de l’amour et de la volontรฉ, constitue l’un des buts de la psychosynthรจse ! »

Toujours dans la logique de son approche psychologique, il souligne que :

ce n’est pas un compromis entre l’amour et la volontรฉ que l’on tente d’atteindre, mais une synthรจse !

Alors, ici comme dans toute autre synthรจse : 

les deux รฉlรฉments sont absorbรฉs dans une unitรฉ supรฉrieure douรฉs des qualitรฉs qui transcendent celles de l’une et de l’autre !

C’est par le fait qu'habituellement une de ces polaritรฉs est plus forte, qu’Assagioli propose comme moyen de leur harmonisation une synthรจse, de dรฉvelopper davantage la polaritรฉ la plus faible, afin de parvenir par la suite
aux aspects supรฉrieurs ร  la fois de l'une et de l'autre, tout en y cherchant leur รฉquilibre qui est le fruit de la sagesse

« Il peut avoir trop d’amour proportionnellement ร  la volontรฉ, ou trop de volontรฉ proportionnellement ร  l’amour. La clรฉ c’est l’amour sage et l'utilisation sage de la volontรฉ ! » 

Comme remarque Alberti : 

« une volontรฉ authentique tient comme objet et comme but l’amour, c’est-ร -dire la volontรฉ d’aimer ! »

Avec lui, est ร  souligner : « combien, il est important de jamais oublier que la volontรฉ n’est pas en soi-mรชme ni origine ni fin, mais seulement un ‘moyen’ pour exprimer l’origine et le but de la vie humaine, qui est essentiellement un profond soupir d’amour et de libertรฉ ! » 

Le mรชme auteur exprime :

« l’amour donne de la libertรฉ autant ร  qui donne l’amour comme ร  qui le reรงoit ! », il y voit aussi :  « la rencontre de deux libertรฉs ! »

 

Amour et volontรฉ

voilร  le comble d’une dyade, oรน chaque terme se livre ร  l’autre et forme un tout, au niveau existentiel, ce qui nous porte ร  mieux comprendre le sens et la portรฉe de cet aveu de Roberto Assagioli : 

« Je ne me concentre pas sur l’Amour; l’Amour me concentre ! »

La vraie libertรฉ rรฉclame le rรดle de la volontรฉ y incluant son cรดtรฉ transcendent ! 

La libertรฉ individuelle se conjugue et se complรจte avec la
libertรฉ des autres, tout en ayant alors son expression la plus รฉlevรฉe dans l’amour libre, c’est-ร -dire de l’amour sans contraintes !

Une telle libertรฉ traduit la dรฉtente en provenance de la fusion et donc de l’harmonie entre l’รชtre et l’agir. 

Le verbe ' aimer ' comprend deux termes : 

l’aimant,

et l’aimรฉ. 

Hors ces deux rรฉfรฉrences : 

il y a le danger de se fermer dans le solipsisme, et de glisser
soit dans la dรฉpendance ou mรชme dans la mรฉfiance. 

Amour et confiance sont les parents lรฉgitimes de la libertรฉ et les grands parents de l’amabilitรฉ qui garde, en hรฉritage, les traits de l’amour altruiste et de la volontรฉ bienveillante !

Tout en considรฉrant la portรฉe de la ' dyade amour-volontรฉ ', au sujet de leur interaction, et l’avis de dรฉvelopper en nous les points le plus faibles de chaque รฉlรฉment, aussi bien que le soin d'รฉveiller et de manifester leurs aspects les plus รฉlevรฉs, et finalement de les conjuguer ensemble, nous pouvons bien croire que le rรฉsultat obtenu soit progressivement leur fusion et donc du processus psychosynthรฉtique, le fruit d’une telle synergie !

C'est ร  partir de lร  seulement qu'il sera alors possible de rรฉduire graduellement l'oscillation entre logos et รฉros, entre ethos et pathos...

jusqu'ร  faire de cette synergie d'une expรฉrience la plus rรฉvรฉlatrice de ce qui constitue le fondement et le couronnement de la psychosynthรจse, tout en y considรฉrant les dimensions : 

  • individuelle, 
  • sociale 
  • et universelle.

Celles-ci constituera l’objet des trois parties qui suivront sur une partie N°6...

La volontรฉ, que l’on passe ร  considรฉrer, tient un rรดle
stratรฉgique,
en rapport avec l'intentionnalitรฉ qui porte toutes et chacune de ces fonctions ร  se dรฉployer harmonieusement dans la synthรจse de la vie !

ร€ SUIVRE ! 

๐Ÿ“Œ ๐—ฃ๐—ฎ๐—ฟ๐—ฎ๐—บ๐—ฒ̀๐˜๐—ฟ๐—ฒ๐˜€ ๐—ฑ๐—ฒ ๐—น๐—ฎ ๐—ฐ๐—ผ๐—ป๐˜€๐—ฐ๐—ถ๐—ฒ๐—ป๐—ฐ๐—ฒ ๐—ฒ๐—ป ๐—ฃ๐˜€๐˜†๐—ฐ๐—ต๐—ผ๐˜€๐˜†๐—ป๐˜๐—ต๐—ฒ̀๐˜€๐—ฒ ๐—ฑ๐—ฒ ๐—ฅ๐—ผ๐—ฏ๐—ฒ๐—ฟ๐˜๐—ผ ๐—”๐˜€๐˜€๐—ฎ๐—ด๐—ถ๐—ผ๐—น๐—ถ - partie 1 - ( la prise de conscience)

๐Ÿ“Œ(partie 2) - (niveaux de conscience / sur la voie du centre)  

 
๐Ÿ“Œ(partie 3) - (Ouverture ร  l’inconscient)

๐Ÿ“Œ(partie 4) - (Fonctions psychologiques.)


Fin de la retranscription de la partie 5, la partie 6 suivra mais patience...

๐Ÿ’ซ Lร , je prends le relais en tant que blogueur, le travail de recherche personnelle que je vous partage ร  un but, aussi, c'est le « partage et la collaboration », il est clair, que ces concepts ne sont pas simples ร  intรฉgrer, un conseil, prenez le temps de digรฉrer le contenu sans le mentaliser. Ce Blog comme d'autres, ont un but premier, « votre participation », en laissant des commentaires ou en posant des questions sur le lien oรน en bas du blog par le biais du formulaire, ainsi vous participez aux travaux, cela prend du temps que j'offre gratuitement parce que pour le moment, sur Psycho'Logiques, je ne vous vends rien, merci.

Eddy Vonck - Fondateur du Blog Psycho'Logiques

Eddy Vonck - Fondateur du Blog Psycho'Logiques

 

 











 

 












 




 





 






 





 

 

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