𝗦𝗼𝗹𝗶𝗱𝗮𝗿𝗶𝘁𝗲́𝘀 𝗡𝗼𝘂𝘃𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗙𝗮𝗰𝗲 𝗮𝘂 𝗰𝗵𝗼̂𝗺𝗮𝗴𝗲 - 𝑃𝑟𝑒́𝑠𝑒𝑟𝑣𝑒𝑟 𝑙𝑒 𝑠𝑒𝑛𝑡𝑖𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑑’𝑎𝑝𝑝𝑎𝑟𝑡𝑒𝑛𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑠𝑜𝑐𝑖𝑎𝑙𝑒 𝐿’𝑒𝑚𝑝𝑙𝑜𝑖 𝑛𝑒 𝑠𝑒 𝑟𝑒́𝑠𝑢𝑚𝑒 𝑝𝑎𝑠 𝑎𝑢 𝑠𝑒𝑢𝑙 𝑎𝑠𝑝𝑒𝑐𝑡 𝑓𝑖𝑛𝑎𝑛𝑐𝑖𝑒𝑟.
Recréer le lien :
l’expérience de l’accompagnement SNC
L’accompagnement, la rencontre avec les autres (comme par exemple les accompagnateurs SNC) permettent un espace de reconstruction et de « re liaison » à autrui, de « re-subjectivation » : d’autres qui croient en moi, qui me consacrent du temps, à qui je peux parler, qui m’écoutent sans jugement et à mon rythme.
Ils
constitueront un filet soutenant dans les démarches et les recherches,
dans la préparation des rendez-vous et dans la possibilité d’en parler,
dans l’après coup.
Le chercheur d’emploi, avec le soutien et la confiance que lui manifestent les personnes accompagnantes sort de son isolement, reconstruit un rapport au temps plus structuré, est écouté dans la durée sans jugement et à son rythme.
Le chercheur d’emploi peut également exprimer son vécu reconnu comme légitime et se dégager de son sentiment de culpabilité.
Peu à peu, il reprend confiance en l’autre, puis en lui-même, retrouve une autre dynamique dans sa vie par le bais de ces nouvelles relations centrées sur la question du travail.
«
Votre intervention me redonne confiance, c’est un lien solide sur
lequel je m’appuie, on se voit régulièrement et cela me permet
d’installer de la confiance », témoigne ainsi Solange, chercheuse
d’emploi accompagnée par SNC. »
Préserver le sentiment d’appartenance sociale
L’emploi ne se résume pas au seul aspect financier.
Il
offre une organisation temporelle (horaires, jours de congé et de
travail, etc.) qui fournit des repères et permet aux individus de
développer un sentiment d’utilité.
Par-dessus tout, l’emploi définit une position. En effet, toute personne est un être social.
Or être au chômage, c’est sortir du cercle des « inclus » et entrer dans l’univers des exclus, une sorte de prison dont il est difficile de sortir et qui va perturber les relations aux autres.
Ces
souffrances sont d’autant plus fortes qu’elles ravivent des angoisses
archaïques et font revivre des expériences précoces douloureuses dans le
lien à l’autre.
La peur de l’autre et de soi-même,
celle d’agir et d’exister tout simplement sont là, tapies dans la
perspective d’un entretien d’embauche, dans une remarque désobligeante
d’un proche ou d’une relation, dans la nécessité d’une démarche à Pôle
emploi, dans un courrier qui inquiète, mettant ainsi en péril de
fragiles points de repère par lesquels la personne peut se sentir
appartenir encore au corps social.
C’est sans doute ce sentiment d’appartenance qu’il s’agit de préserver ou de reconstituer avant tout.
Dans
une société clivée où l’espace professionnel est l’espace de «
qualification » et de socialisation privilégié et où les actifs ont
tendance à rejeter les catégories non-productives, la personne au chômage s’isole, se désocialise, y compris parfois dans le cercle familial, comme en témoigne Pierre, 50 ans, chercheur d’emploi accompagné par SNC :
« On se replie, on se referme, on s’isole et peu à peu on s’exclut de son milieu habituel ».
La difficulté à s’insérer s’accompagne donc d’une forme ou l’autre de jugement qui tend à rendre les chercheurs d’emploi responsables de leur sort.
À la précarité
de l’emploi s’ajoute ainsi une deuxième souffrance, souvent bien pire
que la première, puisqu’elle stigmatise ces personnes au chômage, elle humilie.
Ce mépris n’est pas seulement une douleur psychologique,
il produit aussi des effets très concrets, bloquant, chez ceux qui le
subissent, le développement et l’expression de leurs capacités.
Ajoutons à tout cela que les exclus de l’emploi ont rarement de quoi se défendre : souvent très isolés et dépendants des institutions, ils ne peuvent se permettre de « hausser le ton » pour s’expliquer.
Bref, la marginalisation enferme dans une nasse d’où il est très difficile de sortir.
Il
faut donc aller à l’encontre de cette logique qui ordonne l’emploi
entre perdants et gagnants, afin que tout chercheur d’emploi puisse se
sentir utile en mettant en œuvre ses capacités.
Ceci nécessite la mise en place d’un véritable accompagnement
comportant un volet suivi et conseil et d’un système qui permette
d’indemniser des activités non marchandes jugées collectivement et
socialement utiles, telles que celles de l’expérimentation « Territoires
zéro chômeur de longue durée ».
L’ouverture
de ce type de perspective permettrait à ceux dont le chômage se
prolonge de s’engager dans une démarche de retour vers l’emploi et
contribuerait à lutter contre les effets dévastateurs du chômage sur les
personnes qui le vivent et particulièrement sur leur état de santé.
Sources : rapport chômage 2018 - SNC France
Chacun a la liberté d'imaginer le monde tel qu'il devrait être selon lui ou selon elle. Pour moi, nous devrions créer un monde dans lequel il n'y aurait plus de pauvreté càd qu'il n'y aurait plus de personne pauvre sur la planète, quel que soit l'endroit du monde ! Ce sera aussi un monde sans chômageMuhammad Yunus - Prix Nobel 2006 de la Paix


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